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La Chronique de Brice Couturier

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Le Chronique de Brice Couturier

du lundi au vendredi de 8h16 à 8h19

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Pour l'Euroland, c'est l'heure des choix 2

24.11.2011 - 08:16 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Hé bien cette fois, on y est : les Allemands eux-mêmes ne trouvent plus preneurs pour leurs émissions de dettes… Non pas que les marchés doutent vraiment de la capacité de Berlin à payer ses dettes. Mais ils savent que l’Allemagne, de bon ou de mauvais gré, devra bien contribuer à rembourser celle des autres. Vous disiez, à l’instant Jean Pisani-Ferry qu’à l’heure actuelle, il fallait considérer l’euro comme un échec. Et en effet, notre monnaie est en train de dévisser : 1,33 face au dollar qui, lui-même, n’est pas au mieux de sa forme.

On savait bien, en créant une monnaie commune sans harmoniser les politiques budgétaires que l’on mettait la charrue avant les bœufs. Mais enfin, l’intégration européenne a toujours marché comme ça. C’est la méthode Monnet : on crée des solidarités, des institutions et chaque nouveau champ de compétence transféré à l’Union est censé entraîner la nécessité d’en ouvrir un autre. C’est le marché unique qui rendait nécessaire la monnaie commune. Celle-ci était censée faire converger les politiques fiscales, puis les économies. C’est le contraire qui s’est produit. Pendant une dizaine d’années, cela ne s’est pas vu. Certains Etats ont bénéficié des taux d’intérêt exceptionnellement bas procurés par l’euro pour s’endetter hors de toute raison. D’autres ont misé sur l’emballement des prix de l’immobilier pour doper leur croissance. Certains ont remis de l’ordre dans leur maison et ont profité de la forte demande chez leurs voisins pour doper leurs exportations. Et lorsque la crise financière s’est abattue, comme un tsunami, de notre côté de l’Atlantique, on s’est aperçu que la zone euro, était dans un état inquiétant.

 

A coup de gouvernance chaotique, d’annonces peu crédibles (de quelle planète pourraient bien venir les 1 000 milliards du Fonds européen de stabilité financière ?), on a inquiété les marchés et exaspéré les populations

 

Et maintenant ? Que faire ? Il y a plusieurs options sur la table.


La mutualisation de la dette : les euro-obligations. C’est faire l’hypothèse que, sur un marché obligataire européen, les pays tenus en suspicion par les marchés, bénéficieraient de la crédibilité des pays réputés bons payeurs de dettes. Le résultat le plus probable serait d’aboutir à des taux intermédiaires. Les pays du Nord y perdraient. Ils ne sauraient s’y résoudre qu’en l’échange d’un contrôle strict des budgets des Etats du Sud. Les peuples sont-ils prêts à y consentir ?

 

La monétisation de la dette : la BCE annonce qu’elle rachètera toutes les obligations d’Etats surendettés jusqu’à ce que les taux redescendent jusqu’au niveau qu’elle estime supportable. Elle le fait en fabriquant de l’argent. A un moment ou un autre, l’inflation s’envole, ruinant les épargnants. C’est un transfert déguisé des pays du Nord au profit de ceux du Sud. Et c’est un pousse au crime pour tous les dirigeants démagogues à la Berlusconi : pourquoi faire des efforts, sachant que les autres paieront pour eux ?

 

 

La dévaluation. Pour certains pays, une dévaluation de l’euro permettrait de retrouver de la compétitivité. D’où l’idée d’une « dévaluation interne », lancée par Olivier Blanchard. Soit par le biais d’une baisse massive et coordonnée, de tous les prix et de tous les salaires. Soit par une augmentation de la TVA. Le Portugal va très probablement servir de cobaye. Mais cela risque de rendre toutes les dettes de ces pays encore plus insoutenables.

 

Le défaut de la Grèce. Mais cela suffira-t-il à éteindre l’incendie ? Les banques qui ont été incitées à détenir des Bons du Trésor grec peuvent-elles supporter le choc d’une perte de cette ampleur ? Qui nous dit que le Portugal, voire l’Espagne elle-même ne se retrouvent pas alors en première ligne ?

 

Enfin, le démantèlement. Ou bien l’euro éclate en deux, voire trois zones, qui tentent de de coordonner entre elles. Soit chacun reprend sa monnaie nationale d’avant l’euro. Mais l’addition serait salée pour la plupart d’entre nous. Et dans l’état actuel des choses, c’est la recette assurée d’une guerre des monnaies digne des années 30.


Bref, il n’y a pas de scénario idéal. Quel est le meilleur ? Quel est le pire ?

Thème(s) : Idées| Europe| dette| euro

2 commentaires

Portrait de Anonyme Bonnevoie24.11.2011

Brice Couturier, ce matin vous avez demandé à M. Pisani-Ferry pourquoi les medias français répètent à l'envi que la meilleure solution, c'est que les Allemands contribuent avec les eurobonds à rembourser avec leurs économies la dette des autres pays, "par solidarité", et qu'en cela ils relaient le message des hommes politiques français, sans se poser de questions.

Mon hypothèse, c'est que le niveau intellectuel moyen des journalistes français est en chute libre et que beaucoup se contentent de répéter les dépêches et les dossiers de presse sans réfléchir. Certaine de vos collègues de France Culture prononçait "la-ho-ré" quand elle lisait un bulletin d'information parlant du Pakistan :-)

Heureusement qu'il en reste encore beaucoup d'autres sur France Culture pour nous proposer des analyses et des points de vue. Merci.

Portrait de Anonyme obregon24.11.2011

Ce jeudi matin,24 novembre 2011, vous avez fait une erreur qui, à mon sens , est importante:
Vous avez parlé deux fois dans vos interventions de l'europe et de sa MONNAIE COMMUNE, alors qu'il s'agit d'une MONNAIE UNIQUE.
Je pense que si nous avions une MONNAIE COMMUNE, plus plexible, nous n'en serions pas là où nous en sommes.
Par ailleurs, mais là il s'agit d'un problème purement politique, vous et/ou votre invité, avez parlé de "RACHAT" (aux banques secondaires?)par la BCE,alors que ce qui serait souhaitable c'est L'ACHAT direct par la BCE, et dans ce cas les banques (secondaires) n'interviendraient pas,ce qui ferait baisser les taux d'interets de la dette.
Bonne journée
J.Obregon