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Concordance des temps | 06-07

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le samedi de 10h à 11h

La comédie française et les pouvoirs politiques

21.10.2006 - 10:00

La polémique née en mai dernier de la décision de l'administrateur général de la Comédie-Française, Marcel Bozonnet, de déprogrammer une pièce de Peter Handke en raison de son soutien à l'ex-dirigeant serbe Slobodan Milosevic, puis sur celle suscitée autour du non-renouvellement de Marcel Bozonnet à la tête de la Comédie-Française et autour de l'utilisation de " l'argument paritaire de la promotion des femmes mis en avant par le ministre, Renaud Donnedieu de Vabres " pour justifier la nomination de Muriel Mayette à cette fonction (cf. " Le Monde " du 4 août 2006) rappelle d'autres crises de la vénérable institution survenues depuis sa création en 1680. En réunissant les deux grandes troupes rivales de l'Hôtel de Bourgogne et de l'Hôtel Guénégaud (héritière de la troupe de Molière), Louis XIX a créé une troupe unique soumise à sa seule autorité. Légalisant sa protection tacite, il a encadré de fait la liberté des comédiens. Pour Emile Fabre, administrateur de la Comédie Française, révoqué suite au scandale des représentations de « Coriolan » de Shakespeare en 1933, puis réintégré, tirant le bilan de création de la Comédie Française souligne : « En fait, la Société n'a plus de droits ; elle est dans la main du gouvernement. Qu'on le veuille ou non, la Compagnie, dès sa fondation, a porté la marque de sa servitude. » En compagnie de l'historien Pascal Ory, Jean-Noël Jeanneney s'interroge entre concordance et discordance sur les rapports entre la Comédie française et le pouvoir, de sa création à la crise de 1959.

Invité(s) :
Pascal Ory, professeur d'histoire à la Sorbonne (Paris 1). Il enseigne aussi à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et à Sciences Po (École de Journalisme).