Les usages de l’héroïsme, processus d'héroïsation et de déshéroïsation
Après une lecture du Chant Premier du "Don Juan" de Lord Byron, réclamant au début des années vingt du XIX ème siècle, nos invités nous expliquent comment, vers 1820-1830, le théâtre, le roman et les premiers historiens ont développé des figures héroïques. Les rois mérovingiens ont ainsi eu leur heure de gloire avant, à la fin du siècle, de devenir fainéants et barbares aux yeux de tous...
Jean-Pierre Albert explique comment, avec d'autres anthropologues, il a travaillé sur les liens qui unissent héros et héroïnes et construction nationale. Les mouvements nationaux du XIX ème siècle ont donc eu besoin de multiplier ces personnages rassembleurs, au risque de les voir disparaître quand les groupes sociaux qui les portaient disparaissent eux-mêmes.
Durant ce débat nous détaillons donc les heurs et les malheurs des héros, ballottés par l'histoire. Et abandonnés par les créateurs eux-mêmes qui, tel le cinéaste John Ford, a "déshéroïsé" à la fin de sa vie les conquérants de l'Ouest qu'il avait, quelques décennies plus tôt porté au pinacle.
Débat avec :
Jean-Pierre Albert, directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, Paris), chercheur au Centre d'Anthropologie Sociale (CAS) du Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires (LISST, UMR 5193) à l'Université Toulouse II-Le Mirail. Il a participé à l'ouvrage collectif "La fabrique des héros" publié à la Maison des Sciences de l'Homme (1998).
Et trois participants au colloque "Le spectacle de l'histoire" qui se tient la semaine prochaine à l'IMEC près de Caen :
Agnès Graceffa,chargée de cours à l’Université de Lille III, LAMOP Paris I
Isabelle Scaviner, doctorante en Arts du Spectacle à l'université de Caen Basse-Normandie, membre de l'axe de recherche "Cultures et politiques à l'époque moderne et contemporaine" du CRHQ (Centre de recherche d'Histoire Quantitative), université de Caen/CNRS.
Jean-Louis Libois, enseignant en cinéma à l’Université de Caen
Invité(s) :
Jean-Louis Libois
Isabelle Scaviner
Jean-Pierre Albert
Agnès Graceffa
Thème(s) : Histoire| 19e siècle| 20e siècle




3 commentaires
Je suis mal satisfait d'un commentaire un peu cynique entendu sur le martyre. Distinguons les choses, pour être justes! D'une part, contrairement à ce que disait Pascal, le sacrifice d'un martyr n'éclaire en rien la valeur de la cause qu'il défend: on a vu des hommes mourir pour tant d'idées contradictoires et parfois peu recommandables! D'ailleurs, les exaltés sont souvent peu lucides. La question de l'utilité du sacrifice, invoquée ici à propos de Galilée, est tout à fait différente: cela dépend des cas, évidemment, et il vaut parfois mieux se conserver pour le bien même de la cause, surtout si elle n'est pas loin de triompher, mais le dévouement jusqu'au sacrifice de ses adorateurs n'a quand même jamais nui à une grande idée! Un troisième critère, tout différent, est que le martyre illustre la capacité de certains hommes à ne rien céder, quitte à se faire supplicier, sur ce qu'ils croient. A cet égard, tout cynisme mis à part, il faut avouer qu'il y a plus de noblesse dans l'attitude de Giordano Bruno que dans celle de Galilée. S'imagine-t-on soi-même aller au bûcher par refus de se renier? Auprès de cette grandeur d'âme, la question de l'utilité du sacrifice importe sans doute bien peu!
merci de me communiquer les renseignements de la musique (chants) que nous venons d'entendre (musique médiévale ?)
bonne journée
marlyse LM
Bonjour,
Il s'agit de "La conversion de Clovis" d'Antonio Caldara par l'ensemble le Parlement de Musique dirigé par Martin Gester édité par Accord.
Merci pour votre écoute
Emmanuel Laurentin