Trois fois par jour, rendez-vous au 29
Un documentaire d’Anaïs Kien, réalisé par Séverine Cassar
Partons de là, sur les marches de cet escalier de pierre, on y patiente, serrant ses pièces de monnaies au creux de la main, on y discute, on y trépigne, on y espère, où l’on anticipe. La salle de projection de la cinémathèque sise au 29 de la rue d’Ulm a vu passé les cinéphiles parisiens, ceux des ciné-clubs, ceux de la Sorbonne voisine, ceux des lycées du quartier latin et ceux de l’école normale supérieure.
Henri Langlois projette sa collection au gré de ses humeurs dans cette salle Jules Ferry à partir de 1955 et ouvre ainsi un lieu de vie aux jeunes gens qui y découvrent le patrimoine cinématographique mondial bien avant l’ère du cinéma à la demande. Les films sont alors des trésors qu’on accoure voir de peur de les rater définitivement au moment où la Nouvelle Vague bouleverse les codes cinématographiques. Après la génération des Rivette, Rohmer et Truffaut, ils sont nombreux a avoir formé leur œil sur les sièges en bois de cette salle mythique. Voyage dans un lieu de mémoire de la cinéphilie, dans l’antre de la salle Jules Ferry avec Carole Desbarats, responsable de la diffusion des savoirs à l’école normale supérieure et l’équipe de la Cinémathèque de Serge Toubiana, venue repérer les lieux.
Avec : Bernard Eisenschitz, Michel Mourlet, Marc Augé, Albert Fert, Costa Gavras, Carole Desbarats, Serge Toubiana, Jean Narboni, Luc Moullet et Michel Ciment.
Thème(s) : Histoire| 20e siècle




1 commentaire
Bonjour et bravo
Bravo en effet pour l'émission de ce mardi sur les débuts de cette fameuse Cinémathèque, que je n'ai pas connue mais c'était en vous écoutant comme si je l'avais fréquentée. En revanche, je suis allé au Palais de Chaillot avant son déménagement rue de Bercy et, en plus des films, je me souviens de la démarche hésitante, aidée d'une canne de Monsieur Jean Rouch, accueilli avec émotion par deux ou trois personnes. C'était peu avant sa mort. J'en suis encore très impressionné.
Etant à présent un fan de la Cinémathèque rue de Bercy avec sa programmation incroyable (bravo à Mr Rauger) je ne peux que confirmer ce qui a été dit. Le regret que j'ai est en effet que ce soit consensuel, que personne n'ose manifester son désaccord ponctuel sur tel ou tel film.
Etant compositeur je suis la plupart du temps horripilé par le son niaiseux, "guimauvant" des ces images magnifiques (heureusement quelques divines exceptions). Et lorsque les spectateurs applaudissent, cela ne fait qu'accroître ma tension et ma vitesse de sortie.
Recevez mes très cordiales salutations