Pour terminer cette semaine, nous vous proposons un débat sur les finances publiques et l'Etat en faillite.
Depuis le XIII ème siècle, les souverains doivent financer des guerres entre Etats européens en formaton. France et Angleterre se disputent ainsi des portions de territoire continental et mobilisent des sommes importantes dans ces conflits de grande envergure.
Les Anglais, premiers dans ce domaine dans l'Europe de l'époque, mettent en place une fiscalité permanente dont la contrepartie est le consentement du peuple aux actions mises en oeuvre par le souverain.
La guerre est ainsi, selon un de nos invités, Jean-Philippe Genet, auteur d'une "Genèse de l'Etat moderne", le point de départ des déséquilibres financiers des Etats en cours de construction.
Marie-Laure Legay, spécialiste des finances publiques dans le France moderne, nous explique quant à elle que les guerres de Louis XIV ont provoqué de telles dépenses que Colbert s'est décidé à créer une comptabilité publique plus rigoureuse que ses prédécesseurs. Mais la réforme fiscale qui aurait dû l'accompagner n'est jamais venue et ses successeurs du XVIII ème siècle n'ont que trop tardivement mis en oeuvre un politique financière moins catastrophique.
A l'exception de la période de la Régence, pendant laquelle le duc de Noailles a tenté de réblir des comptes du pays. Alexandre Duplet, notre quatrième invité, a consacré sa thèse à cette période et au rêve de la "polysynodie", sorte de modèle d'administration qu'il réévalue dans son travail.
Pierre-Cyrille Hautcoeur, notre dernier invitén nous explique pour finir comment la bourgeoisie XIX ème, sortie des guerres de la Révolution et de l'Empire, met en place une économie rentière et prudente qui rééquilibre les comptes d'un Etat perpétuellement au bord de la faillite.
Marie-Laure Legay,
professeur d'histoire moderne à l'Université de Lille 3 et
est spécialiste de l'histoire des finances publiques, auteur notamment de «La
banqueroute de l’état royal » (éd. EHESS)
Alexandre Dupilet, docteur en histoire de l’Université de Paris VIII Vincennes-Saint-Denis, poursuit ses recherches sur les structures et le fonctionnement de la monarchie d’Ancien Régime, auteur notamment de «La Régence absolue - Philippe d'Orléans et la polysynodie (1715-1718) » (éd. Champ Vallon).
Pierre-Cyrille Hautcoeur, historien et économiste, directeur d'études à l’EHESS et à Paris School of Economics-Ecole d’économie de Paris.
Jean-Philippe Genet, professeur d'Histoire Médiévale à l'U.F.R. d'Histoire, Paris I, spécialiste de la genèse de l'Etat moderne, auteur notamment de «La genèse de l’état moderne. Culture et société politique en Angleterre» (éd. PUF).
Thème(s) : Histoire| Crise| finances publiques







6 commentaires
Autant l'émission étant plutôt ennuyeuse (j"aime pourtant bien Bourdieu), autant la dernière avec les historiens abordant les finances publiques était extrêmement passionnante. Bien heureuse de l'avoir podcastée et de pouvoir la réécouter!!!
J'ai trouvé cette émission passionnante mais frustrante du fait que chaque auteur n'avait que peu de temps.. La comparaison des systèmes britanniques et français est également très éclairante. J'aimerais que vous consacriez plus de temps à ce sujet du mode de financement des Etats et aux différents modèles qui se sont succédés depuis, disons le début de l'ère industrielle.
Merci pour l'ensemble de votre travail et votre ton toujours agréable.
Bonjour,
Je suis d'accord avec le commentaire précédent.
L'émission de ce jour était vraiment intéressante et bien menée et je pense qu'il y aurait certainement matière à consacrer une semaine au sujet (dettes et état) et ce d'autant plus qu'a priori vous avez déjà des intervenants pointus sur le sujet.
Merci pour cette émission.
Romain
Très belle émission avec de brillants intervenants. Un de ses mérites est d'avoir montré qu'autrefois les souverains n'avaient pas de ressources sous la main comme aujourd'hui. Les taxes sur l'essence sont bien pratiques pour la trésorerie de l'Etat. Certes il y avait la gabelle ce dont, sauf erreur, on n'a pas parlé ce matin. Même Louis 14 dépendait de l'entregent et des relations de Fouquet pour financer ses actions.
Maintenant avec l'agence France Trésor, on peut emprunter sur le marché international. Gros progrès mais attention à ne pas déborder.
Ch. Peyrelade
Bonjour
Certes bref ce concentré de quelques siècles d'histoire, mais rendu à la vie par les paroles démêlant les fils qui les tissent.
Donner de la profondeur,du sens à ce qui nous est présenté comme une Tragédie inhérente à notre époque, rôle d'historiens pluridisciplinaires.
Dettes, guerres, paix, partages, mots à remettre dans le bon ordre, à relier avec le verbe pour en faire un bon usage, un bien collectif.
Et de bons livres à acheter pour creuser, mais les paroles des auteurs écoutées à la radio demeurent irremplaçables.
Bonjour
J'aime beaucoup vos émissions, surtout parcequ'elles prennent le temps de traiter une question à fond au lieu de papillonner comme le font beaucoup d'émissions sur d'autres chaines. Mais cette semaine je trouve que l'émission d'aujourd'hui, fort intéressante, m'a laissée sur ma faim, chaque intervenant n'a pas eu assez de temps et n'a fait qu'effleurer un sujet très complexe, j'aurais préféré que vous y consacriez 2 émissions au lieu d'en avoir 2 sur l'ENA ou à peu près.
Malgré cette crtitique, je vous répète que je trouve vos émissions passionnantes et j'espère que vous continuerez encore longtemps
Chantal LE MOAL