Qu'avons-nous fait de la psychanalyse ?
17.06.2010 - 21:00
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Noir de la psychanalyse, et il ne faut pas compter sur elle pour instruire à
charge le procès du petit père Freud et celui du grand original que fut Lacan. Anne
Millet n’est pas Michel Onfray, elle n’a pas la hargne du philosophe
d’Argentan, elle ne partage pas son goût de la revanche, et ne se complaît pas
dans les attaques ad hominem. Il n’empêche ! Docteur en psychanalyse,
psychologue clinicienne, cette thérapeute est une dissidente. Elle ne se sent pas
vraiment du sérail et porte sur ses pairs un regard sévère. Elle tient sur la
psychanalyse française des propos amers. Sans frôler l’hérésie et sans jamais
se départir d’un souci de clarté et de rigueur, sa condamnation de l’orthodoxie
freudienne pourrait cependant lui valoir des réprobations de la part des
gardiens du temple. Dans son livre qui vient de paraître, Psychanalystes,
qu’avons-nous fait de la psychanalyse ?,
elle revisite l’héritage freudien et ne craint pas de se demander
pourquoi la pratique analytique, qui devrait libérer l’analyste et l’analysant,
produit des figures rigides, des dogmatismes, et des conflits violents. Elle
observe avec finesse “tous les moments de glissement où les concepts se figent
et où les hypothèses se muent en certitudes”.
Anne Millet n’est pas loin de penser
comme François Roustang que la psychanalyse n’existe pas, et que seuls les
psychanalystes existent.
La doctrine freudienne est-elle une
simple croyance? Est-ce une pratique si relative qu’elle ne peut prétendre à
une méthode universelle? Nous avons invité Anne Millet et deux de ses
lecteurs, Christian Godin et Roland Gori, pour qu’ils nous aident
à y voir clair…
Thème(s) : Idées| Psychanalyse



