William James, le père du pragmatisme
08.07.2010 - 21:00
Ce qu’il y a de troublant avec la philosophie américaine, c’est qu’il n’est nul besoin de l’avoir lue pour en avoir une idée. C’est un peu comme le chewing-gum qui a débarqué avec les soldats américains au port de La Rochelle en 1910, et qui fut distribué à tout va aux Français ébahis. Il est connu de tous - le chewing-gum - mais une majorité de personnes pense qu’il a rejoint l’Europe après 1945. Le pragmatisme, c’est un peu la même chose. En sens inverse, il est vrai. L’adjectif pragmatique fait aujourd’hui partie du langage commun. Il est d’un usage courant chez certains hommes politiques. Mais en tant que courant d’idées, il a connu bien des vicissitudes.
Le pragmatisme était à la mode au début du XX siècle. Bergson suivait de près l’évolution de cette philosophie expérimentale d’un genre nouveau. Il le fut moins au tournant des années 1930 en raison de l’introduction en France de la nouvelle philosophie allemande, la phénoménologie. Il fut à nouveau en odeur de sainteté dans les années 1970. Il s’éclipsa encore. Et depuis dix ans, il fait un retour remarqué.
Cela n’empêche pas que durant très longtemps le plus célèbre des « pragmatistes pluralistes », j’ai nommé William James (1842-1916), était à l’université et hors de son enceinte un illustre inconnu.
Il fallu de nombreux passeurs pour le sortir de l’ombre.
Après Bergson, il y eut Jean Wahl, Gilles Deleuze, Isabelle Stengers. En France, il y eut récemment le jeune Stéphane Madelrieux.
Et cette année, cent ans après la mort du philosophe, il y a Michel Meulders, professeur émérite de neurophysiologie et ancien pro-recteur de l’Université catholique de Louvain. Il a publié ce printemps un livre magnifique sur le père du pragmatisme.
Nous l’avons invité pour qu’il nous parle à son tour de son admiration pour ce grand intellectuel bostonien que fut William James…
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