Refonder l'économie. / Visite de l'exposition "Sublimations" au CREDAC avec Mathieu Mercier.
1ère partie : Refonder l'économie.
L’Empire de la valeur c’est le titre du dernier essai de l’économiste André Orléan, paru cet été aux éditions du Seuil. Il vient de recevoir le premier prix Paul Ricœur. Comme l’ont justifié les membres du jury, Olivier Abel, Sylvie Hubac, Sandra Laugier, François Dosse et Olivier Mongin, « autour d’une réflexion sur la valeur et l’évaluation, il y déploie à la fois une critique latérale des irrationalités économiques et une refondation de l’intérieur des grands concepts de l’économie. Par ce geste, il fait écho à la pensée de Ricœur sur une question d’actualité aujourd’hui brûlante. »
André Orléan est directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS. Il travaille depuis longtemps sur la monnaie et le pouvoir de la finance, il a notamment publié un livre avec Michel Aglietta La monnaie, entre violence et confiance (2002, Ed. Odile Jacob). Il est l’un des signataires du manifeste des économistes atterrés, qui viennent de publier Changer d’économie, nos propositions pour 2012 (Ed. Les liens qui libèrent). Il préside l’association française d’économie politique qui milite, notamment, pour le pluralisme dans l’enseignement et la recherche en économie.
Son livre part du constat que la crise financière a montré les limites de la science économique : « L ‘économie en tant que discipline traverse aujourd’hui une grave crise de légitimité alors qu’elle aurait dû être un guide pour nos sociétés, les conduisant vers plus de rationalité et de clairvoyance. Elle s’est révélée être une source de confusions et d’erreurs. En son nom a été menée une politique suicidaire de dérégulation financière sans que jamais l’ampleur des dangers encourus n’ait fait l’objet d’une mise en garde appropriée. » Elle n’est pas remise en question, en particulier par les économistes, et c’est donc à une refondation de l’économie que ce livre s’emploie.
Avec :
Michaël FOESSEL
François CUSSET
Daniel COHEN,
professeur à l’Ecole Normale Supérieure, il suit les travaux d’André Orléan depuis un certain nombre d’années. Il a d’ailleurs édité son livre en 2009, De l’euphorie à la panique. Penser la crise financière (Ed. de la Rue d’Ulm.).
2ème partie : Visite de l'exposition "Sublimations" au CREDAC avec Mathieu MERCIER.
Mathieu MERCIER ©Jennifer Westjohn
C’est sa première exposition en France depuis sa rétrospective au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris en 2007. Et c’est le CREDAC, le Centre d’art contemporain d’Ivry, qui présente un ensemble d’œuvres récentes, dont plusieurs productions inédites, après avoir exposé Mircea Cantor qui était venu nous en parler le 28 octobre dernier.
Mathieu MERCIER est né en 1970. En 2003 il reçoit le prix d’art contemporain Marcel Duchamp, le plus grand prix d’art contemporain français. On a souvent dit de son art qu’il s’inspirait de la logique duchampienne, notamment dans sa façon de faire passer les objets du supermarché au musée, et de jouer sur les frontières entre l’objet usuel et son image. De fait, l’art de Mathieu Mercier est dans un entre deux irrésolu : entre le projet des avant-gardes qui accordaient à l’objet artistique une valeur pratique, et le geste duchampien donnant à l’objet d’usage une valeur symbolique.
Intiulée Sublimations, son exposition se divise en trois espaces, qui correspondent aux trois salles du CREDAC. Elle a été pensée par l’artiste en lien avec les plateaux entourés de verrières qui offrent au spectateur un panorama urbain hétéroclite. On entre dans une salle musée baignée de lumière, tout comme la deuxième dite salle de la rue, puis la visite se termine par la salle du musée d’histoire naturelle qui contraste avec les deux précédentes car elle est plongée dans l’obscurité. Des objets domestiques pour commencer, une place publique pour continuer, la terre et ses origines pour finir : c’est une exposition que l’on peut voir ou ressentir comme un élargissement progressif de son horizon spatiotemporel.
Archives diffusées :
- Telefon Tel Aviv, "Even deeper".
- Telefon Tel Aviv, "A Genuine Display".
- Lecture d'un passage de la nouvelle de Julio Cortazar Axolotl (1959).
- Boards of Canada, "The Beach at Redpoint".
Sans titre ©André Morin / le Crédac
Mathieu Mercier
Sans titre (éponge/nuancier), 2012
Eponge, sublimation sur socle en Corian
83 x 35 x 35 cm
Vue de l’exposition Sublimations, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, du 20 janvier au 25 mars 2012
Courtesy de l’artiste
Invité(s) :
Mathieu MERCIER
Thème(s) : Arts & Spectacles| Economie| Exposition| Art contemporain| science économique
Document(s)
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Les stratégies absurdes : comment faire pire en croyant faire mieux Seuil - Collection Sciences humaines, 2009



