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Le Billet politique d'Hubert Huertas

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Les impôts, les impôts, les impôts 2

26.01.2012 - 07:36 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

       Le décor de la campagne est fixé : c’est le chômage qui bat des records. Le thème central aussi. Ce sera l’argent des impôts. Enfin les deux acteurs centraux. Non ! Ce ne sont pas ceux que vous croyez. Ce sont les ouvriers, symbolisés par le casque de chantier que les candidats portent sur leur tête, comme des couronnes,  lors des visites dans les usines, et « la classe moyenne », sans visage déterminé.

 

       La classe moyenne peut ressembler à Catherine, jeune professeur des écoles, 1600 euros par mois, ou à Pierre, cadre très supérieur, 12 000 euros par mois, cité par le Président de la république comme une victime des projets fiscaux de François Hollande.

       Les impôts… Voilà ce qui relie la chaîne. Jean Luc Mélenchon veut tout prendre au dessus de 25 000 euros par mois, François Hollande fait de la réforme fiscale le moteur de son projet, Nicolas Sarkozy évoquera sans doute la TVA sociale dimanche, en l’appelant par un nom plus gracieux, François Bayrou répète qu’il faut réduire la dette, qui serait l’impôt le plus lourd, Marine le Pen veut « faire table rase de la fiscalité française », en cessant, dit-elle, de la faire supporter… A la classe moyenne.

       L’idée la plus répandue est que la classe dite ouvrière, ne paie aucun impôt, parce qu’elle est souvent dispensée d’impôts sur le revenu. Cela revient à dire que l’impôt sur le revenu, c’est le seul impôt, ce qui est donc une sottise.

       Car l’impôt sur le revenu, qui est progressif, ne représente qu’un cinquième des ressources de l’état, alors que la TVA et la taxe sur les produits pétroliers, en représente, par exemple, 57%. Cette part tout le monde la paye avec une "magnifique" égalité. Quand Bernard Tapie s’achète une tranche de jambon il paie la même TVA que la caissière qui tape son addition.

       Qui sait si en mettant tous les impôts bout à bout, CSG et impôts locaux compris, et dépenses sociales en plus, les ouvriers n’auraient d’ailleurs pas droit au bouclier fiscal de Liliane Bettencourt…

       C’est surprenant mais c’est comme ça. Quand on entre dans ce qui est prélevé d’une manière ou d’une autre, le maquis est si dense qu’il démolit la rassurante subdivision de la société en ouvriers, classes moyennes, riches, très riches. Dès lors, toucher à un détail est politiquement dangereux.

      Evoquez le quotient familial et la colère de Pierre et de ses 12000 euros par mois pourra déteindre sur Catherine et ses 1600 euros : ils sont tous deux des « classe moyenne ». Et touchez à la TVA, aussitôt l’indifférence du riche, (quelques centimes, « ma chère », ce n’est pas grand chose, par les temps qui courent) scandalisera celui qui compte ses pièces, une par une.

      Voilà pourquoi les jours qui viennent seront déterminants. Nous entrons dans le vif du sujet. Toute erreur politique se paiera cash, au mois d’avril…

Thème(s) : Information| Gouvernement

2 commentaires

Portrait de Anonyme FX Priour26.01.2012

Je suis assez d'accord avec le fond de votre chronique, à ceci près que vous l'avez émaillée d'une remarque qui me semble contre-productive. Comment peut-on benoîtement affirmer que la TVA est un impôt égalitaire (la tranche de jambon de Bernard Tapie) alors que c'est le plus inégalitaire qui soit - ce qui est d'ailleurs le fond de votre pensée?

S'il est vrai que la place trop importante accordée à l'impôt sur le revenu dans "l'imaginaire fiscal" français a quelque chose de fallacieux, et si vous avez raison de souligner que la TVA et la TIPP pèsent infiniment plus lourd dans les revenus de l'Etat, il ne faudrait pas oublier que que par surcroît, certains ont les moyens de s'en affranchir, et surtout qu'elle pèse d'autant plus lourd dans un budget que la part de la consommation courante y est considérable. Encore une fois, c'est peu ou prou ce que vous avez dit, à juste titre, mais il me semble que cela va plus loin.

Un SDF paie la TVA sur 100% de ses revenus parce qu'il les consacre intégralement à couvrir ses besoins primaires. Bernard Tapie (un exemple quelque peu daté entre parenthèses) a les moyens d'en mettre une grande partie à gauche, d'une part, et il a également la possibilité de consommer en récupérant la TVA, d'autre part, si c'est une entité commerciale qui règle son repas ou met un véhicule - et des bons d'essence - à sa disposition, par exemple (cette part de son revenu ne sera pas imposée, du moins pas à titre personnel par le biais de la TVA, or la nourriture et le transport représentent une part énorme du budget des ménages, nous sommes d'accord?). Tout ce qui, dans les grandes et petites entreprises, passe en notes de frais est dispensé de TVA - il est bien clair que les bénéfices personnels liés à ce mécanisme sont proportionnels à l'intégration sociale et professionnelle d'une part, et au niveau de responsabilité et de rémunération de l'autre. Vous avez dit égalitaire?

Donc il s'agit clairement d'une facteur d'inégalité considérable, et pour une raison simple: il s'agit d'un impôt sur les dépenses et non sur les revenus. Le législateur considère qu'après tout, plus on dépense, plus on a les moyens de contribuer (car plus on est riche). Ce n'est pas faux, à ceci près que le mode d'imposition pénalise en fait largement les plus humbles, et que c'est surtout la capacité à épargner (investir, spéculer, rayez les mentions inutiles) qui signale l'aisance financière. Une augmentation de la TVA ne saurait être qualifée de "sociale", ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il s'agit du levier favori des gouvernements de droite: c'est la mesure mensongère et inégalitaire par excellence.

Portrait de Hubert Hubert26.01.2012

Je pensais que l'exemple de Bernard Tapie et de la caissière suffisait à indiquer que la "magnifique égalité" était entre guillemets, et que j'étais dans l'ironie plutôt que dans la "benoîterie". Votre courrier me rappelle donc qu'il faut se méfier du second degré à la radio...

Amitiés

HH