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Le Gai savoir

Le Gai savoir | 13-14

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Emission Le Gai savoir

le dimanche de 16h à 17h

Ecoutez l'émission 59 minutes

Moins on se connaît, mieux on se porte 23

02.03.2014 - 16:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Clément Rosset ©

 

Connais-toi toi-même ! Γνῶθι σαυτόν, Nosce te ipsum... L’étonnante postérité du plus ancien des trois préceptes gravés sur le fronton du temple de Delphes, tient peut-être aux malentendus qui s’attachent à cette formule. Connais-toi toi-même ne veut pas dire : sache qui tu es. Mais plutôt : sache quelle est ta place en ce monde.

 

Qui suis-je ? difficile à dire. Où suis-je ? Là est la question. A tous ceux dont la psychanalyse dégénère en complaisance parce qu’ils sont sous le charme de leur propre reflet, Clément Rosset rappelle, dans un petit livre génial intitulé « Loin de moi » que La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s’examine n’avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.

 

 

A la lecture : Raphaël + Paola et Georges Claisse

A la réalisation : François Caunac

Invité(s) :
Georges Claisse, comédien

Thème(s) : Idées| 20e siècle| Essai| Littérature Française| Philosophie| Clément Rosset

23 commentaires

Portrait de Anonyme hpa08.06.2014

Bonjour.
Mon commentaire étant très tardif, sans doute ne recevrais-je pas de réponse à ma question : Quelle est la meilleure traduction de du traité de la nature humaine de Hume cité dans l'émission ?
À tout hasard, merci d'avance.

Portrait de Anonyme Pierre30.04.2014

Bonjour,
Lorsqu'il est question de la superficialité du moi, cela me fait penser à Oscar Wilde.
Quel lien peut on faire entre ces deux façons de penser l'individu ?
Une émission sur Wilde, qui n'était pas philosophe, serait elle néanmoins envisageable?
Merci à tous les deux pour cette excellente émission.
Pierre

Portrait de Anonyme Coutris16.04.2014

Pourquoi ces remarques grinçantes sur le carême protestant et catholique ?
Je venais d'entrevoir un chemin grace à Pascal, grace à Hume , à Montaigne .
On aurait pu chercher un homme .

Et vous ricanez sur le passage d'un homme qui a tout donné par amour.

Portrait de Anonyme Alan C.08.04.2014

Merci infiniment pour cette brillante émission qui m'a enfin permis d'y voir un peu plus clair sur un tas d'idées qui n'étaient qu'entamées. Et puis vous avez raison, c'est sans doute la providence qu'il faut remercier pour vos vacances forcées : mon métabolisme est lent et cette jachère de temps m'offre déjà le loisir de me replonger dans vos émissions précédentes (j'ai déjà ré-écouté celle-ci trois fois). Bien à vous, et vivement La Boétie !

Portrait de Anonyme Alpator27.03.2014

Je ne connaissais pas cet auteur, j'ai découvert "le régime des passions" grâce à vous. J'espère que vous revenez très bientôt, ne partez pas trop loin surtout.

Bises.

Portrait de Anonyme françoise prudham04.03.2014

Emission très intéressante, j'ai enfin compris et aimé C.Rosset.
Merci et dommage qu'il yait une aussi longue interruption!

Portrait de Anonyme Rodriguez04.03.2014

Moins on se porte mieux on se connait... & plus on pédale moins vite plus on avance plus lentement.

L'apologie de l'esthétique structuralodéconsructiphénoménologale qui a réduit à néanr notre culture, c'est à dire l'humanisme français.

Portrait de Anonyme destartin03.03.2014

Je ne sais pas ce que veut dire "se connaître". Ca supposerait qu'on sache, par avance, toutes nos réactions, tous nos comportements, dans toutes les situations et circonstances possibles. Et puis, nous sommes des êtres dynamiques, nous changeons tous les jours, et nous sommes faits aussi de ce que les autres nous apportent.
On voit bien que "se connaître" n'a pas de sens. Heureusement que je ne me connais pas. La vie serait vraiment absurde, autrement.

Portrait de Anonyme Zaza05.03.2014

Mais, même si nous sommes "des êtres dynamiques", est-ce que "se connaître" ne serait pas simplement le moyen de comprendre a posteriori ce que nous avons été avant de changer?

Portrait de Anonyme Vincent03.03.2014

Merci pour cette émission remarquable ! Dense, complexe, et pourtant intelligible et éclairante. Tachons de ne pas être malheureux deux fois en regrettant votre absence sur les ondes pendant 6 semaines. Je suis néanmoins déjà impatient de vous retrouver.

Portrait de Anonyme leclerc04.03.2014

Tout à fait juste

Portrait de Anonyme Kercoz03.03.2014

Grand merci pour cette tres belle émission qu'il faudra réécouter ....
"c'est l'autre qu' on porte en moi" ....tres bien vu .La Sociologie avec Goffman dans ses "rites interactifs" expose bien mieux que la philo ces concepts importants.
G. Montre que lors d' une premiere interaction, la "face" exposée , plus influencée par un mauvais repas que par une unicité, va etre prise pour vraie par les autres acteurs ....Et il nous faudra s' y conformer pour ne pas "perdre la face" .
Ce processus est controlable pour tout couple muni d'au moins un enfant ...Les faces présentées dans les interactions binaires etant assez différentes pour que, lors d' une interaction triangulaire , les acteurs se sentent 'trahis" par un "role" joué médian .....et qu' a cette trahison , ils vont répliquer par une agression ou froideur ...etc.

Portrait de Anonyme Thomas02.03.2014

Le Gai Savoir ou comment l'intelligence sombre dans la digression. Alors que l'émission est censée évoquer le livre de Rosset, il n'est jamais question de lui (Diderot, Rousseau, Montaigne...) ! Insupportable. Il manque de plus en plus une colonne verterbrale à cette émission.

Portrait de Anonyme Alan C.08.04.2014

Etrange critique. Si vous avez bien écouté l'émission, Il ne vous aura pourtant pas échappé qu'on ne peut saisir le singulier que par analogie. Si une conversation "à partir" de Rosset vous intéresse moins qu'un exposé "sur" Rosset, le mieux à faire est de vous inviter à la lecture "de" Rosset, et rien d'autre qui ne fera que décevoir votre attente !

Portrait de Anonyme Hugues02.03.2014

Bonjour,
A la fin de l émission un extrait d un texte de pascal est lu, puis savoir de quel texte est extrait ce passage lu? Merci

Portrait de Anonyme luroluro02.03.2014

Max Weber soutient que les hommes ont besoin de raisons morales fortes pour adhérer au capitalisme. Pour Weber l’esprit du capitalisme doit impérativement permettre aux acteurs de combiner deux types de rationalité : une rationalité en finalité : un actant agissant pour la réalisation du profit et une rationalité axiologique : un actant qui juge au nom de principes universels les actes du premier. L’accord sur ces principes universels est une convention très générale orientée vers le bien commun et prétendant à une validité universelle, modélisée sous le concept de cité.
Ainsi, les raisons individuelles ne suffisent pas et l’on doit ajouter une seconde source de justification en termes de bien commun.
Il faut ainsi à la fois trouver des motifs pour s’engager et comprendre en quoi l’engagement sert le bien commun. L’esprit du capitalisme n’est alors plus défini par un contenu substantiel mais il devient une forme pouvant faire l’objet d’un « remplissage » très différent.
C’est un ensemble de croyances associé à l’ordre capitaliste qui contribue à justifier cet ordre et à soutenir, en les légitimant, les modes d’action et les dispositions qui sont cohérents avec lui, c’est l’idéologie qui justifie l’engagement dans le capitalisme.

NECESSITE D’UN DEVELOPPEMENT DE L’ANALYSE THEORIQUE DE MAX WEBER :

La critique à l’égard du capitalisme est aussi ancienne que le capitalisme lui-même et elle s’exprime à un premier niveau sous la forme de l’indignation qui se décline autour de quatre thèmes :
- le désenchantement du monde et la destruction de l’authenticité des personnes et des objets,
- l’oppression des faibles et des petits,
- le développement des inégalités
- la persistance de la misère, les conduites égoïstes et opportunistes des grands qui conduisent à la destruction des liens sociaux.

Ces ingrédients doivent être intégrés dans un cadre théorique pour qu’un travail critique puisse être effectué.

Leur hétérogénéité conduit, de fait, à distinguer deux axes critiques privilégiés :
- Le premier : « la critique artiste » s’appuie sur les deux premiers thèmes exposés ci-dessus : l’inauthenticité et l’oppression.
- Le second, en recouvrant les deux derniers thèmes fonde « la critique sociale » déployée sur une théorie de l’exploitation.

Les critiques ont sur l’esprit du capitalisme trois types d’effets possibles :
- elles peuvent le délégitimer et lui enlever son efficacité ;
- elles contraignent les porte-parole du capitalisme (les grands patrons, les directeurs salariés de grandes entreprises, les gestionnaires de fonds) à le justifier en termes de biens communs par une opération de récupération éventuelle du contenu de la critique,
- le capitalisme peut aussi manœuvrer de telle sorte qu’il réussisse à se soustraire à l’obligation de justification en déplaçant l’objet de la critique (on ferme par exemple les usines fortement utilisatrices de main-d’œuvre peu qualifiée et on les implante à l’étranger).

Quelles que soient les manœuvres opérées, le redéploiement du capitalisme va créer de nouveaux problèmes, de nouvelles injustices, parce qu’il n’est pas dans son essence de se poser la question de la justice. Progressivement, de nouvelles analyses des situations ainsi créées s’élaborent favorisant une reprise de la critique qui conduit à la formation de nouveaux points normatifs avec lesquels le capitalisme doit composer. La critique naît lorsqu’est constaté un écart entre la réalité observée et la réalité désirable définie par la convention de justice. Or cet écart se creuse considérablement depuis les années 1980 au point de légitimer une critique radicale du système qui devrait aboutir à plus ou moins brève échéance à une révolution.
Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme riccardo17.03.2014

Ce que vous dites est joliment dialectique mais comme un fait social n'est jamais de pure nécessité, il est donc imprévisible et ne pourra être possible qu'après avoir eu lieu. Postuler la révolution, la craindre ou bien l'espérer est arbitraire.

Bien à vous

Portrait de Anonyme PARSAY02.03.2014

Etre débarrassé de son identité comme d'un fardeau inutile - une illusion pure et simple, en somme - voilà quelle serait la panacée, selon Clément Rosset, pour fuir la lourdeur intempestive....

Mon grand-père, à qui l'on avait "proposé" d'échanger la sienne, contre une suite de numéros tatoués sur son bras, n'eut pas été du même avis, mais pas du tout! Il était pourtant appelé à devenir le plus heureux des hommes, n'est-ce pas? Enfin soulagé.....

L'allégresse nietzschéenne qui consiste à philosopher à coups de marteau, même lorsque l'outil ne sonde que les réflexes, par délicate percussion des rotules, peut sembler aussi très futile à d'autres, qui n'ont pas le goût d'arborer les paradoxes comme des pochettes versicolores au revers de leur costume rayé...

Portrait de Anonyme Brooklyn6502.03.2014

Lacan disait "Là où je pense je ne suis pas"

Portrait de Anonyme abscons02.03.2014

Moins on se connait mieux on se porte...
J'avais déjà dit ici la perplexité dans laquelle me laissait cette formule. Je n'avais pas saisit alors contre qui la charge était porté ...

Mais s'il peut sembler pertinent de s'attaquer au romantisme de l'identité, peut être est il intéressant aussi de poser la question du caractère, de la sensibilité, de l'idiosyncrasie; de ce qui reste du soi quand il est au repos... pas le moi donc, qui est une fable, mais ce quelque chose qui assure sinon une unité au moins une continuité dans l'etre; ce qui ne faisant que dissembler au fil du temps, me permet au moins de me reconnaître dans cette suite de dissemblances.

Comme le note Rimbaud, dans sa lettre au voyant que vous m'avez fait découvrir, on a jamais bien jugée le romantisme. Si je est un autre, persiste une affectivité qu'il convient sinon de connaitre au moins de travailler.

Portrait de Anonyme luroluro02.03.2014

Merci de tout cœur pour cette émission brillante et profonde.
Selon Shakespeare « nous sommes faits de l’étoffe des songes ».
« La véritable poésie est la plus feinte », déclare t’il par ailleurs. Comment faut-il interpréter, dans « le Roi John », le récit que fait le dauphin de sa rencontre avec Lady Blanche ? :
[« … J’ai trouvé dans son œil
Une merveille, quelque miracle merveilleux :
L’ombre de moi-même y était reproduite,
Laquelle, n’étant que l’ombre de votre fils,
Devenait un soleil, et faisait à son tour de votre fils une ombre.
Je proteste que je ne me suis jamais aimé
Avant de m’être ainsi contemplé
Dans la flatteuse tablette de son œil. »]
Interprétation : le moi est une ombre ou un reflet et n’a donc aucune permanence.

A propos de votre émission précédente et de votre réflexion sur les nuages, voici un autre extrait de Shakespeare, dans Hamlet cette fois :
[Hamlet : Apercevez-vous, là-bas, ce nuage qui usurpe presque la forme d’un chameau ?
Polonius : J’en distingue les contours, et il ressemble bien à un chameau, vraiment.
Hamlet : Je crois plutôt qu’il ressemble à une belette.
Polonius : Il a le dos d’une belette.
Hamlet : Ou à une baleine
Polonius : Il ressemble beaucoup à une baleine.]
Ne s’agit-il pas là d’une image-devinette, significative du « double jeu » perpétuel que pratiquait l’homme de Stratford qui pourrait ainsi être soupçonné de schizophrénie ?
Polonius n’a ici pas de perception personnelle. Il n’a aucune consistance et ne fait que voir ce que lui désigne (ou propose) Hamlet.
« Je est un autre » est ici parfaitement illustré.
Voir le lien sur l’article « «Je est un autre (Rimbaud et Nietzsche, contre Descartes et les moralistes classiques) ».
Rappel d’une émission des NCC du 07 01 2009 sur Clément Rosset:
http://www.franceculture.fr/emission-clément-rosset-35-2009-01-07.html

Quelle désolation ! Le carême va remplacer cette émission si appétissante pour l’esprit !
Du carême nous aurons de ce fait au moins la face…
http://www.philophil.com/dissertation/autrui/Je_est_un_autre.htm
Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme PARSAY02.03.2014

Le vacillement de l'identité, tel que l'évoque Rosset, reste néanmoins entaché de romantisme, car c'est une trop belle déconstruction!
Qui pourrait, par exemple, vivre une histoire d'amour en suivant à la lettre, le précepte lacanien: aimer, c'est donner ce que l'on n'a pas, à quelqu'un qui n'en veut pas?
Même lorsque Proust dit que nous ne sommes faits que de l'accumulation d'êtres morts successivement, en lesquels nous ne saurions jamais nous reconnaître, il atteste pourtant bien l'existence d'un palimpseste, dont les mues abandonnées nous définissent à titre potentiel.
La constitution d'une identité à soi fait problème dès lors qu'elle élague certains éléments, pour chercher une logique de cohérence, le plus souvent exigée par la nécessité de consister dans le présent.
Que nous soyons faits à l'image du moyeu d'une roue de bicyclette, dont seuls les rayons convergents lui donnent consistance, n'empêche nullement de les inclure, dans la direction globale de l'engin qui vient d'un point et se rend à un autre. L'identité serait ce parcours....

Portrait de Anonyme Clo (anonyme)02.03.2014

Votre émission "le gai savoir " est trop courte,
une heure de bonheur .
Que nous annoncez-vous cher Raphaël?
cette heure délicieuse nous est retirée
pendant 6 semaines ?
Les voies des programmes de France Culture
deviennent impénétrables...
"moins on se connaît , mieux on se porte"
tout à vous deux , Clo

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