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le vendredi de 18h15 à 19h

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ETA, l'adieu aux armes 9

20.01.2012 - 18:20 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobilevideoaudio

Le 20 octobre 2011 ETA annonçait la fin de la lutte armée. Qu'en est-il de la lutte politique ? Notre reporter Florence Sturm s'est rendue au Pays basque, côté français et espagnol pour rencontrer les principaux protagonistes, dont certains, comme Aurore Martin, sont toujours recherchés par la justice.

 

CHRONOLOGIE

- 31 juillet 1959 : Création, en pleine dictature espagnole, de ETA (Euskadi Ta Askatasuna: Pays basque et Liberté) par un groupe d'étudiants nationalistes s'inspirant des mouvements de libération révolutionnaires

- 20 décembre 1973 : Spectaculaire assassinat à Madrid de l'amiral Carrero Blanco, homme fort du régime franquiste. Sa voiture est pulvérisée par une bombe placée au passage de sa voiture.

- 15 octobre 1977 : Amnistie générale pour les prisonniers politiques, dont ceux de l'ETA.

 

- 28 avril 1978 : Création de Herri Batasuna (HB), bras politique de l'ETA.

- 25 octobre 1979 : Approbation du statut d'autonomie du Pays Basque.

- décembre 1983 : Apparition des GAL, Groupe Antiterroriste de Libération, organisation para-policière responsable de 28 assassinats de militants basques et de civils français, jusqu'en 1987.

- 19 juin 1987 : Attentat le plus meurtrier de ETA: 21 morts dans l'explosion d'une voiture piégée à Barcelone.

- 10 avril 1989 : Echec des premières négociations de paix entre des représentants de ETA et le gouvernement espagnol à Alger.

- 12 juin 1997 : Assassinat de l'élu conservateur Miguel Angel Blanco et mobilisation populaire sans précédent contre le terrorisme.

- 29 juin 2002 : Entrée en vigueur d'une loi visant à interdire Batasuna.

- 22 mars 2006 : Etat annonce un "cessez-le-feu permanent". Nouvelles négociations avec le gouvernement.

- 10 janvier 2011 : ETA, sous la pression de sa branche politique, décrète un "cessez-le-feu permanent" et "vérifiable', trêve jugée insuffisante par Madrid.

- 7 février 2011 : En prévision des élections locales, Batasuna lance un nouveau parti, "rejetant" pour la première fois la violence du groupe armé.

- fin avril 2011 : ETA renonce à "l'impôt révolutionnaire", l'une de ses principales sources de financement.

- 22 mai 2011 : Aux municipales, la coalition indépendantiste Bildu devient la deuxième force politique du Pays basque et remporte la mairie de Saint-Sébastien

- 20 octobre 2011 : Les membres de l'ETA annoncent la fin de la lutte armée.

 

LEXIQUE UTILE

 

L'Euskara, la langue basque, est l’une des plus anciennes langues d’Europe, antérieure à l’implantation des langues indo-européennes, et dont l’origine est toujours inconnue à ce jour.

Euskadi ou Euskal Herria : le Pays basque

Euskadi Ta Askatasuna : E.T.A : Pays basque et liberté.

Etarra : militant d'ETA

 

Abertzale : littéralement "patriote", par extension "nationaliste". On parle des partis abertzale

Iparralde : littéralement "côté nord" pour désigner le Pays basque français. Les milieux nationalistes parlent de Pays basque Nord.

 

Hegoalde : "côté sud" pour le Pays basque espagnol. Pays basque Sud.

 

Ikurrina : le drapeau basque

 

Zazpiak bat : "les sept en une". La revendication de réunification des 7 provinces du Pays basque.

Preso, au pluriel presoak : les prisonniers

Herri Batasuna ou Batasuna : Unité populaire, parti politique considéré comme le bras politique d'ETA, déclaré illégal en 2002 en Espagne. La formation reste légale en France.

 

Notre reporter Florence Sturm a passé plusieurs au Pays Basque, côté espagnol et français. Elle a rencontré la plupart des acteurs d'ETA. Les plus anciens, comme Julen de Madariaga ou encore Aurore Martin, militante sous le coup d'un mandat d'arrêt. Rencontre également avec les familles de prsionniers basques.

Sur place, on ne sait pas comment va se passer la réconciliation entre les composantes de cette histoire douloureuse. Une chose est sûre, la lutte armée est bien finie:

Lecture
 

 

Invité du magazine de la rédaction, Jean-Pierre Massias, professeur de droit public à l'université de Pau et des pays de l'Adour. Expert indépendant pour la commission "Démocratie par le droit" du Conseil de l'Europe, et spécialisé dans les transitions démocratiques et les sorties de crises.

 

 

Galerie : ETA, l'adieu aux armes

9 photos
Photos prises par Florence Sturm

Thème(s) : Information| Géopolitique| Société| ETA

9 commentaires

Portrait de Anonyme Euskal Herritik27.01.2012

Cela fait plaisir d´entendre cette émission à mon avis assez bien préparée et bien faite... Car le silence des médias francais sur ce sujet est très inquiétant et questionnable. La fin de l´ETA n´est certes pas la fin du problème... le conflit doit être résolu et le peuple basque reconnu en tant que basque. Ceci mériterait bien une/des émission(s)! La route sera longue et dure... les journalistes francais vont-ils suivre le processus?! Ne pas en parler serait très inquiétant et interrogeable.
Merci. Je n´écris jamais de commentaire... mais il faut bien vous remercier et vous motiver à continuer de même!

Portrait de Anonyme Ph O25.01.2012

C'est particulièrement excellent et bien construit.
Très intéressant sur un sujet qu'on aurait pu croire réservé à quelques initiés. Gros travail sur le fond.
Pour finir, c'est du vrai journalisme, qu'on ne trouve plus vraiment en dehors de Radio France.
.....

Portrait de Anonyme Bixente24.01.2012

Je tiens tout d'abord à dire qu'il s'agit d'un travail sérieux et se voulant le plus objectif possible.

Malgré tout, ETA n'est pas le problème de fond, le problème central: il y a un peuple ou même une nation en Euskal Herria qui n'est pas reconnue comme telle. Oui il y a bien un conflit et je ne suis pas entrain de justifier les actes violents d'ETA.

Bien que la lutte armée était parfaitement légitime pendant le régime fasciste de Franco (comme nous le voyons avec le témoignage de Julen Madariaga) , la poursuite de la lutte armée après la transition est très critiquable: il aurait été possible de régler le conflit politique par des moyens strictement politiques et démocratiques.

Maintenant, il s'agit à court terme de régler les conséquences du conflit: le rapprochement des prisonniers, le désarmement, et la dissolution. A long terme, il n'y a qu'une manière pour que le plus vieux peuple d'Europe puisse connaître la liberté: conquérir le pouvoir tout d'abord dans la communauté autonome basque et Amaiur peut le faire puis libérer l'ensemble d'Euskal Herria. Que personne ne se trompe: la fin de l'ETA est une très mauvaise nouvelle pour l'état Espagnol et Français et une très bonne nouvelle pour les basques. Plus d'arguments occultant le vrai problème pour les uns et possibilité de choisir librement pour les autres.

Sans une seule action violente à partir de maintenant, par des moyens strictement démocratiques il est temps qu'Euskal Herria devienne un état libre et démocratique car c'est la seule solution qui s'offre à nous, sinon une poursuite d'assimilation Française et Espagnole se poursuivra.

Irabaziko dugu!!!!

Portrait de Anonyme txotx23.01.2012

Juste une toute petite information qui a du echappé à France Culture et à 100% des médias français:474 c'est le nombre de victimes du terrorisme de l'état espagnole dans le conflit Basque depuis 1960(soit depuis la naissance d'ETA) et plus de 7000 plaintes pour torture.Apart ça l'analyse de Jean Pierre Massias est bonne,elle est surtout beaucoup plus constructive que le commentaire de Siwel.

Portrait de Anonyme Anonyme22.01.2012

Siwel, il faudrait apprendre à écrire pour être un peu crédible...

Portrait de Anonyme Siwel21.01.2012

Il ne faut pas se laisser tromper par ETA, ils sont une bande d'assasins, avec -comme vous dites-825 assasinats,et pas tous on demandé pardon aux victimes ou leurs familles,en plus ils n'ont pas rendu les armes. Les familles des terroristes qui sont en prison, au moins, peuvent aller les visiter et les embrasser, même s'ils doivent faire 1000kms et payer 200€, par contre les familles des victims assasinées ne peuvent qu'emmener des fleurs sur sa tombe et pleurer. Je suis d'accord avec Mujica "que la loi soit appliquée aux assasins", pas de concessions, ni regroupement des bandits. Il y a une partie de la societé basque qu'ont perdu le nord et est malade, puisque ils ont voté pour avoir des terroristes dans les institutions de l'État comme des maires et fonctionnaires, comme ça ils ont acces au tous les coordonnés des gens et ça c'est dangereux. Bref l'État espagnol n'a rien à parler avec la bande d'assasins eta

Portrait de Anonyme Marianne Soubestre21.01.2012

Une approche humaine et émouvante,

j'espère qu'une fois sa mise au point effectuée, Mr Phllippe Etcheverry vous aura écoutée...

Portrait de Anonyme basajaun21.01.2012

merci pour ce véritable travail journalistique.

Portrait de Anonyme philippe etcheverry21.01.2012

Chère Florence,
Je n'ai pas encore écouter ton sujet mais je te fais déjà une remarque concernant ta chronologie. Il manque une date très importante à mon avis: celle du 23 Février 1981, la tentative de putsch avec le truculent Tejero. Cet échec va sonner le glas des militaires qui gouvernaient le pays en sous main et qui vont rentrer définitivement dans leurs casernes. C'est de fait la fin , faute de combattants espagnols, de la guerre entre armée franquiste et armée basque. A partir de cette date, la "lutte armée" n'obtiendra plus rien.