La Hongrie de Viktor Orban : un laboratoire de l'identité nationale ? 9
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Vienne le 14 décembre 2010 Heinz-Peter Bader©Reuters
Il a réussi à faire voter 365 lois en moins d’un an et demi. Et pourtant, il
assure que le Parlement ne s’est pas transformé en chambre d’enregistrement.
Il affirme que 90% des médias sont indépendants, dans des mains privées. Mais il n’hésite pas à couper la fréquence de Klub radio, seule station où
s’exprimait librement une critique de l’équipe au pouvoir.
Il certifie ne
pas s’intéresser aux idéologies, mais plutôt aux valeurs : la famille, la
liberté et par dessus tout ... les valeurs du christianisme. Au point que
Dieu s’est installé au coeur de la Constitution « Hongroise » qu’il vient de faire
voter par son parti archidominant, le Fidesz.
Victor Orban, puisqu’il
s’agit de lui, n’en joue pas moins profil bas devant les euro-députés.
Bruxelles s’est enfin décidé à taper du poing sur la table. C’est l’emprise
du pouvoir d’Orban sur la banque centrale hongroise qui a brutalement réveillé
les 27. Ils exigent désormais une indépendance totale de l’institution
financière. Parallèlement, la Commission demande aussi que les 300 juges placés
d’office à la retraite, puissent réintégrer la magistrature.
Orban
courbe l’échine - il a un mois pour répondre - mais ne cède pas. Saignée en 1920 par le Traité du Trianon, qui lui fait perdre les deux-tiers de son
territoire, la Hongrie d’Orban se rêve aujourd’hui « grande ». Même si elle doit
pour cela fouler au pied les droits de ceux qui ne sont pas d’authentiques
Magyars. En 18 mois (disent les sondages), le Premier ministre aurait permis à
80% de la population de retrouver un setiment de fierté nationale. Mais que
deviennent les autres ?
"La Hongrie de Viktor Orban : un laboratoire de l'identité nationale ?"
C’est un reportage de Christine Moncla.
>>> Ecoutez aussi en complément de ce magazine :
Sandor SockeChristine Moncla © RF
- Sandor Socke, vice président du mouvement pour la démocratie et les droits civiques des Roms. Pour lui, la Hongrie est une démocratie "en état de siège" :
- Gabor Czoch est professeur d'Histoire à la faculté des lettres de Budapest. Il analyse le discours du Jobbik le parti d'extrême droite :
- Agoston Faber est sociologue. Il analyse la composante de la majorité qui soutient Viktor Orban :
- Gabor Kiss fait partie des journalistes qui ont été licenciés à cause de la nouvelle loi sur les médias, qui a vu arriver de nouveaux dirigeants tous acquis au pouvoir. Il a travaillé pendant 20 ans à la télévision publique, avant de se retrouver en opposition à sa hiérarchie lors d'un reportage. Il raconte la suite à Christine Moncla, qui l'a rencontré à Budapest lors de la manifestation de soutien à Klub Radio (radio privée menacée de fermeture) :
- Aladar Horvat, président du mouvement démocratique de défense des droits des Roms. Il alerte sur le risque d'émeutes chez les Roms, qui pourraient dégénérer :
- Stop aux clichés sur Viktor Orban ! C'est ce que nous a dit un Français installé depuis des années à Budapest, Raoul Weiss, traducteur. Le 21 janvier, il participait à la manifestation pro-Orban, à Budapest, et a souhaité exprimer son point de vue :
Christine Moncla © Radio France
Invité(s) :
Jean-Yves Camus, politologue, spécialiste de l'extrême-droite
Galerie : Les Roms en Hongrie
4 photosThème(s) : Information| Europe| Géopolitique| Hongrie| Viktor Orban
Lien(s)
Document(s)
-
L'adhésion à l'extrême droite : étude comparative en France, Hongrie, Italie et Roumanie L'Harmattan. Collection Logiques sociales, 2012








9 commentaires
Encore un soi-disant reportage pas du tout orienté, fait par des soi-disant "journalistes" qui ne connaissent pas la réalité hongroise... PO
Il y a une question qu'il serait grand temps poser et qui est au coeur du problème hongrois: pourquoi la gauche hongroise "existante" est si impopulaire en Hongrie? Pourquoi Fidesz a obtenu les 68 des sièges parlementaires. C'est sa faute? Pourquoi les gens, même les décus d'Orbán, ne veulent plus voter les socialistes et les libéraux de gauche ?
Eh bien la réponse est claire: la gauche post-communiste hongroise a joué son rôle, une fois pour toutes.
Une seule chance lui reste : si le monde occidental la sauve, et les remet a la place d'Orbán. Voilà, les vraies raisons de cette campagne anti-Orban.
Les socialistes ont commis entre 2002 et 2010 des méfaits beaucoup plus graves qu'Orban n'en a pas fait. Je n'ai jamais entendu dire un mot sur les turpitudes de Gyurcsány et ses copains dans le média français. Pourquoi?
Pourquoi la France Culture et le média occidental ont systématiquement fermé leurs yeux, et continuent de le faire, devant la dictature de Gyurcsány et de Medgyessy? Et pourquoi ils refusent toujours d'en parler?
Deux mesures ? Pourquoi ? Parce qu'Orbán a coupé les profits des oligopoles internationaux ? Et que Gyurcsány et Medgyessy n'ont osé faire rien de pareil ? N'est-ce pas vrai ?
Bonjour
Sur les années socialistes, si vous écoutez l'émission dans son intégralité vous entendrez que cela n'a pas été éludé, et nous avions choisi de l'aborder avec l'invité. Nous avons également mis sur la page une ITW d'un français qui critique le regard occidental porté sur l'actualité hongroise. Enfin, la première moitié du reportage donne la parole aux partisans de Viktor Orban et de la droite. Je vous propose donc de l'écouter.
Bien à vous
Christine Moncla
Par pitié France Culture !
Pour y avoir passé 3 ans (au temps du règne du Premier ministre Ferenc Gyurcsàny), arrêtez ce raffut mensonger autour de la politique de Orban.
Arrêtez de regarder la Hongrie à travers le regard de journalistes communistes, communistes qui n'ont pas hésité à vendre leur nation ! (cf histoire de la « ex » compagnie nationale Malev)
Bonjour Iman T (vous avez envoyé le meme message sous le pseudo TothB)
je suis la journaliste qui a réalisé ce reportage. Je vous proposerais simplement de l'écouter tel qu'il a été diffusé ce vendredi à l'antenne (vous le trouverez en podcast en haut de page), afin de vous rendre compte par vous-meme de la place qui a été accordée aux partisans de Viktor Orban.
Quant à la situation qui prévalait avant sa large victoire aux éléctions de 2010, je vous renverrais également aux excellents papiers de nos correspondants sur place qui n'ont jamais manqué de nous relater les errances de l'équipe Gyurcsany, la corruption, les privatisations opaques etc...
Bien à vous
Christine Moncla
Je vais essayer de répondre a quelques informations mensongères.
"Mais il n’hésite pas à couper la fréquence de Klub radio, seule station où s’exprimait librement une critique de l’équipe au pouvoir."
Ce n'est pas vrai : les radios sont concession de l’État, et la concession a une durée, a la fin de la concession de la fréquence de Club radio, la fréquence était mis aux enchères et était gagne par un autre groupe. Je sais parce que j'étais la bas, quand ça arrive.
"C’est l’emprise du pouvoir d'Orban sur la banque centrale hongroise"
Emprise de pouvoir ? le président continue être le même, qui avait été choisi par le gouvernement précédent, la seule chose qu'Orban a fait : c' est d'ajouter un 3eme vice président, choisi par son gouvernement aux 2 autres qui ont été encore choisi par le gouv. précédent. Difficile a prendre le pouvoir par un vice président entre 3. Mais ces détails ne sont jamais dit!!
"Parallèlement, la Commission demande aussi que les 300 juges placés d’office à la retraite, puissent réintégrer la magistrature."
Les juges prenaient la retraite à 70 ans quand le reste de la population à 62 ans. Ces juges sont encore de temps communiste, précédent à 1990, ont causé des jugements scandaleux. Les juges d'une dictature doivent continuer à juger éternellement ?? L'âge de la retraite a été réduit à 62 ans pour eux.
"Même si elle doit pour cela fouler au pied les droits de ceux qui ne sont pas d’authentiques Magyars. En 18 mois (disent les sondages), le Premier ministre aurait permis à 80% de la population de retrouver un sentiment de fierté nationale. Mais que deviennent les autres ? "
Quels autres ??? Il y des millions de Hongrois qui vivent en dehors des frontières, qui n'ont pas les droits d'utiliser leur langue. En Hongrie, il n'y a pratiquement pas de minorité, car avec les frontière de Trianon, c'est la population hongroise qui vit maintenant en Roumanie, Serbie, Slovaquie, Ukraine.
si tu regardes en bas ceux qui sont interviewe, il n' y a pas un seul en faveur d'Orban, que de gens de la opposition qui a été foudroyé aux élections. Bien sûr que tous vont parler mal, pourquoi on ne demande pas aux 2 côtés ??
Bonjour Alinka et Ugo
Je vous ferais la même réponse qu'à ImanT : merci d'écouter le reportage en podcast pour apprécier par vous-même la place (légitime) accordée aux idées défendues par Viktor Orban. Et de réécouter les excellents papiers de nos correspondants sur place qui ont toujours relaté avec précision et justesse les errances de l'époque Gyurcsany, les privatisations opaques, la corruption etc...
Bien à vous
Christine Moncla
Écoutant France Culture, on a l'impression d'observer une radio qui se rassure sur ses propres valeurs...
N'oubliez pas que pas mal d'auditeurs écoutent la station pour apprendre des choses, pas renforcer des opinions. La station est en chute libre côté réputation, car elle n'est pas, a priori, une tribune politique. Laissez-donc les autres stations faire du commentaire et de la morale, et redonnez-nous de la culture.
Il n'y a aucune autre radio qui puisse le faire en France. Ne zigouillez pas la dernière chance du service public...
Merci pour ce documentaire important, pour l'entretien, et merci d'abord à Mme Moncla. France Culture comme je l'aime !