En 1946 d'abord, puis en 1958, notre Constitution le proclame : nous vivons dans une République « indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Le mot est donc lâché (dès l'article premier) qui affirme aussi "l’égalité – devant la loi – sans distinction de religion.
La République "respecte toutes les croyances "ajoute la Constitution.
La stricte neutralité de l’Etat - imposée depuis - permet une cohabitation théoriquement douce.
Mais les fidèles du petit père Combes - au début du XXe, se sont servis de la loi de 1905 pour combattre l’Eglise – alors toute puissante. Aujourd’hui, le concept est brandi par l’extrême droite pour interdire toute expression religieuse, en réalité "islamique".
Mais c'est (ici comme là) une instrumentalisation de la "laïcité".
Les faits sont évidemment plus complexes. La loi sur le voile à l’école a échauffé les esprits, en 2004. Finalement, le législateur interdit tout signe ostensible aux élèves. Mais que faire des mamans qui veulent garder leur voile pendant les sorties scolaires ? Est-ce une atteinte au principe de neutralité, qui s’impose aux agents publics ?
Et qu’en est-il des extrêmistes catholiques, qui crient au blasphème quand des théâtres programment des oeuvres jugées «christianophobes » ? Par centaines, ils ont défilé pour une République qui "doit " bannir ceux qui insultent ouvertement leur foi. Le camp adverse, lui, brandit la liberté de création, et celle de bousculer les croyances.
"La République, le voile et la soutane", c’est un reportage d’Omar Ouahmane.
Invité(s) :
Jean Baubérot, historien et sociologue, titulaire de la Chaire d'Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE)
Henri Pena-Ruiz, philosophe
Thème(s) : Information| Politique| Société| Laïcité| Religion
Document(s)
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Histoire de la laïcité : genèse d'un idéal Gallimard, « Découvertes Gallimard. Arts », 2005 -
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13 commentaires
Merci au reportage qui a permis d'entendre des opinions diverses, tranchées parfois, mais posées, écoutées avec tranquillité, et intelligence par Omar, le Stéphanois, qui, a t on appris, n'a pas une tête de norvégien.... excuse-là Omar! En tout cas j'ai beaucoup aimé l'émission et j'espère que ces questions seront aussi intelligemment traitées durant la campagne présidentielle et la législative aussi, ou plutôt surtout!
Nous ne sommes culturellement ni Britanniques ni Américains du Nord.Vivant a mi temps en Afrique subsaharienne,je constate la montée en puissance de l'Islam et l'arrivée de la burqua qui n'est pas une tradition africaine.
Nous devons respecter la liberté de conscience de chacun,mais soyons intraitables face aux tentatives d’extériorisation en infraction totale avec nos lois qui organisent la République.
Quand une femme occidentale pourra se promener dans un pays musulman,au XXIe siècle, sans se faire insulter,voir molestée au mieux,on pourra commencer le débat.(ceci est un argument caricatural mais a prendre en compte).
Restaurons l'école républicaine qui a fait ses preuves jusqu'en 1968, aujourd’hui dans un état lamentable,ayant perdu sa fonction intégratrice de gens venus d'horizons très différents.
La religion musulmane est plus un système politique théocratique avec la charia
et le djihad,entre autre,qu'une religion portée vers la tolérance mutuelle et le respect de la liberté de penser.Ne pas croire en Dieu est Abominable,impensable pour un musulman qui a la foi du charbonnier.
Un débat frustrant faute d'une animation neutre et réellement compétente.
J.Baubérot ne pouvait pas parler pour contrer les thèses violemment antireligieuses de H.Pena-Ruiz. Une émission finalement de mauvaise qualité et qui ne fait pas honneur à France Culture, malgré ce que les intervenants pouvaient avoir d'intéressant à confronter.
Merci à Jean Baubérot de rappeler que c'est l'État qui est laïque!!
De plus, je pense qu'une maman accompagnant une sortie scolaire ne peut en aucun cas être considérée comme faisant partie de l'encadrement pédagogique, comme le maintien Henri Pena-Ruiz, elle n'a pas à suivre les devoirs et obligations d'un agent de l'État.
Le débat était INSUPPORTABLE! Je ne me souviens que de deux hystériques gueulards.
Vos invités étaient affligeants !
L'enquête d'Omar Ouahmane elle, était excellente.
Sidérant ce prof qui se retranche derrière la neutralité du personnel de l’Éducation nationale pour exiger que chaque individu-e , fasse disparaître de sa vue et de celles des jeunes une quelconque trace de son mode de vie, religieux ou autre.
Sidérante sa façon de parler : affirmatif, répétitif encore et encore des mêmes phrases, sourd, seul, tenaillé par une peur de la différence, pathétique au final.
C''est sa pédagogie habituelle, à ce prof la répétition en boucle ????
Les sorties avec des mères de toutes les couleurs de peau, de croyances, de modes de vie, sont au contraire une occasion extraordinaire du vivre ensemble dans le respect mutuel et la découverte de l'autre.
Totalement athée, j'ai un souvenir extraordinaire d'un des "bahuts" de mon enfance; nous étions 45 nationalités différentes, toutes sortes de religions, ou pas, de cuisines, de fêtes, partagées ou pas. J'y ai puisé de la fraternité pour la vie.
N'en déplaise à Monsieur Pena Ruiz la loi de 2004 est une loi "sur le voile" que l'on requalifie pudiquement de "loi sur les signes religieux" pour faire semblant qu'on ne cible pas le voile islamique alors qu'il est le premier, sinon le seul signe ciblé.
Je ne connais pas d'autres catégories de citoyens issus des minorités qui soient plus discriminés et rejetés sur cette question que les femmes musulmanes dont on voudrait nous faire croire qu'il s'agit d'une manipulation organisée par les hommes de leur milieu.
C'est parce qu'elles sont devenues citoyennes qu'elles s'expriment de cette façon. Certes on peut ne pas être d'accord avec elles. Il s'agit donc si on veut les respecter, de convaincre et d'éduquer. Mais de là à leur interdire ce qui ne porte atteinte à personne, c'est les considérer comme des citoyennes mineures ;
c'est pourquoi malgré toutes les bonnes explications, cette interdiction ne peut être vécue que comme une forme d'islamophobie.
Très fatiguant ce débat.. Beaucoup de mauvaise foi dans la personne excitée qui réclamait son temps de parole a la minute..
Bonjour,
J'ai passé plusieurs années en Arabie Saoudite, capitale s'il en est de l'islam.
J'accepterais que des femmes se promènent en burka ou en ce qu'elle veulent dans mon pays, le jour ou l'on pourra en faire de même chez eux.
(j'ai passé plusieurs jours "au poste" chez les moutawas pour m'être promené en bermuda dans un centre commercial...)....
La mise en face à face des cathos avec les musulmans est pitoyable pour la bonne et simple raison qu'ils en sont l'un comme l'autre à un état de dénigrement de ce qui est le fondement de l'indépendance....
Vive l'asservissement! Et surtout que personne n'aille voir ailleurs ce qui se passe...
Continuons à maintenir la tête du peuple bien basse à grand coups de culpabilité post-coloniale trans-générationnelle... au nom des sévices infligés aux populations par nos ancêtres les colons...
Il ne faut pas perdre de vue que le prosélytisme musulman se fait par cette voie, et c'est le gouvernement "Laïc" dont nous faisons partie qui soutient tout ce cirque!
Chacun fait ce qu'il veut, tant que ça ne nuit pas aux valeurs républicaines.
Ça ne vous rappelle rien ?
Sur ces bonnes paroles,
à la vôtre et bonne soirée.
Ziboinboin
C'est brouillon, on ne comprend pas qui parle, bel exemple de cacophonie. Dommage.
Et l'écoute entre les différents intervenants.
Bonjour la présentation !
Émile Combes et l'"extrême-droite", même combat! Qu'est-ce qui vous permet de faire ce parallèle? Rappelons qu'à l'époque de Combes, le journal "La Croix" s'était sous-titré "le journal catholique le plus antijuif de France". Et c'est Combes, dans cette histoire, que vous assimilez à l'"extrême-droite"?
Décidément, l'eau tiède bien-pensante conduit à dire n'importe quoi.
Félicitations à Omar Ouahmane pour sa façon d'interroger les personnes en les laissant parler, posant les questions toujours au bon moment.
Grand merci.
Gérard Bailhache.