Il a déjà fait décrocher ses portraits des rues, des squares et des bâtiments publics. Le Président Ali Abdallah Saleh quitte définitivement le pouvoir mardi prochain.
Il n'arpentera plus les allées fleuries de son Palais Présidentiel, qu'il occupe sans partage depuis 33 ans, balayé par une révolution qui a failli le tuer, au sens propre du terme, quand en juin dernier, sa mosquée a été attaquée.
Saleh a mis beaucoup de temps à reconnaître qu'il n'avait plus le soutien notamment des puissantes tribus qui façonne le Yémen : 20 millions d'habitants, une croissance démographique vertigineuse, avec 6 enfants en moyenne, un PIB par habitant le plus faible de la péninsule arabique et 5.000 chefs de tribus, dit-on.
Avec bien sûr des clans très dominants, à commencer par celui des Hached. Le père Abdallah a été pendant des décennies un pilier du pouvoir, président du Parlement, mais les fils, Hussein et Hamit, ont retiré leur appui à Saleh. C'était en mars dernier déjà.
Dans un pays qui a toujours su instrumentaliser ces tribus, où les cheikh on le droit de porter les armes et d'imposer leur droit local. Comment l'Etat affaibli va-t-il pouvoir se reconstruire ?
Le vice-président Abd-Rabbou Mansour Hadi sera élu, mardi chef de l'Etat. Il est le seul candidat - en lice avant deux années d'effervescence politique qui doivent présider à un vrai scrutin pluraliste.
Que feront les leaders tribaux ? Que diront aussi ces jeunes, qui campent toujours sur du changement et s'insurgent contre l'immunité qui a été offerte au Président Saleh et à son entourrage ?
"Les tribus face au défi du nouveau Yémen", c'est un reportage de François Xavier Trégan.
Invité(s) :
Laurent Bonnefoy, chercheur en science politique à l’Ifpo (Institut français du Proche Orient), spécialiste du salafisme yéménite.
Thème(s) : Information| Géopolitique| Yémen



1 commentaire
Merci pour ce reportage très intéressant. Depuis la disparition de la formidable émission de France Inter Et pourtant elle tourne, il ne nous reste plus que France Culture pour nous offrir cette ouverture sur des pays dont on ne parle quasiment pas dans les médias. Le cas du Yémen est passionnant et je ne comprends pas pourquoi on n'en parle pas davantage. Bonne continuation à vous.