Nous poursuivons notre exploration des relations politiques-journalistes en nous penchant cette semaine sur le Front National. Alors que Marine Le Pen flirte avec les 20% dans les sondages et vient de publier un livre pour défendre son programme. Fidèle aux habitudes de son père lors des présidentielles précédentes, elle a aussi cette semaine occupé l’espace médiatique sur le thème : « j’ai beaucoup de mal à obtenir les 500 parrainages ».
Comment, pour le journaliste, travailler sur le FN ? Comment enquêter sur le terrain ? Quels sont les écueils particuliers ?
De gauche à dte : Renaud Dély, Jean-Marie Charon, Stefan de Vries et Jean-Dominique Merchet
Nathalie Lopes © Radio France
Avec nous :
- Patrick Wallard, « localier » du quotidien La Voix du Nord à Hénin Beaumont
- Stefan de Vries, correspondant néerlandais à Paris, notamment pour la radio BNR
- Renaud Dély, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur.
Sans oublier, comme chaque semaine, le regard de l’analyste, ce matin Jean-Marie Charon, sociologue des médias au CNRS. Et la chronique multimédia d'Eric Chaverou. Découvrez une revue de liens ci-dessous.
En seconde partie d'émission : Les journalistes face à l'opacité de l'industrie de la Défense.
L’annonce
d’un possible « contrat du siècle » en Inde pour le Rafale, le fleuron
de Dassault devenue une « Arlésienne » du commerce extérieur.
Comment
explorer cet univers opaque de l’industrie de la Défense et de
l’armement ?
Nous poserons la question à un expert de ces dossiers, notre confrère directeur adjoint de la rédaction de Marianne, Jean-Dominique Merchet. Avec, comme chaque semaine, le clin d'oeil de Yassine Bouzar.
Invité(s) :
Stefan de Vries, correspondant néerlandais à Paris, notamment pour la radio BNR
Jean-Marie Charon, sociologue
Jean-Dominique Merchet, directeur adjoint de la rédaction de Marianne
Renaud Dély, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur
Patrick Wallard, journaliste de La Voix du Nord à Hénin Beaumont
Thème(s) : Information| Economie| Election| Débat| Guerre| Inventaire avant élections| Parti Politique| Dassault| défense| démocratie| Front national| militaire| Rafale
Lien(s)
Document(s)
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Marine Le Pen : un nouveau Front national ? Favre, Lausanne (Suisse). Collection Dossiers et témoignages, 2010 -
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10 commentaires
Que de contorsions, que d’euphémismes, que de périphrases pour admettre que oui peut être…les journalistes ne sont pas libres de s’exprimer du moment qu’ils touchent à des sujets liés aux intérêts de la firme ou du groupe financier pour lequel ils travaillent.
Exemple (et je souhaiterais bien sûr que vous me corrigiez si je me trompe) y a-t-il jamais eu un seul journaliste pour relever le fait que le Le Figaro, appartenant au marchand d’armes Serge Dassault, lui-même sénateur UMP qui bénéficie de marchés publics, prédispose à toutes formes de corruption et constitue une entrave à la liberté d’expression.
Quant au traitement médiatique de Front National, arrêtez de vous balancer des fleurs. Aujourd’hui la relégitimation du FN sur la scène politique est le fait du traitement journalistique lui-même par le fait de lui accoler automatiquement et comme seul qualificatif l’épithète de «populiste », alors qu’il est clairement néo-fasciste, démagogique et raciste. Ce n’est pas le cas ? En occultant ainsi les racines politiques et historiques de ce parti vous le mettez au même rang que n’importe quel autre parti.
Sans oublier bien sûr de faire un parallèle (et c’est le plus important à vos yeux) avec ce que vous appelez le « populisme de gauche » et disqualifier du même coup tout parti qui serait un peu à la gauche du PS.
Amalgame absolument scandaleux.
Comment se fait-il qu’un parti qui n’a pas de militants de terrain, qui n’a aucune implantation locale, ni associative, ni syndicale, ni même politique, ait acquis autant d’audience si ce n’est par le traitement médiatique dont il bénéficie ?
AD
Cette semaine encore, bravo pour votre excellente et très riche page Internet, prolongement remarquable de l'émission
Je voulais vous le dire depuis plusieurs semaines: cette émission est un bol d'air qui nous fait beaucoup de bien, pour mettre en perspective l'actualité avec le recul et l'ironie nécessaires. M.Four, je vous écoutais déjà sur Inter avec cette émission culte qu'était Et pourtant elle tourne, dont je ne comprends toujours pas comment elle a pu être supprimée de la grille. Votre nouvelle création, avec ce Secret des Sources, est à la hauteur de la précédente, dans un autre genre. Bravo et bonne continuation.
Dans "le secret des sources" de 08.15 il a été question de la vente
probable de l'avion Rafale en Inde, et la "retenue" des médias à cette
annonce.
Il est curieux que l'analyse des invités n'a pas évoqué la possibilité
que cette retenue médiatique vient des "elections" prochaines:
argument pourtant réccurent lorsqu'il est question de Sarkozy. Et
d'ailleurs l'annonce de cette bonne nouvelle pour la France par le
Président de la République a été décrite par le journaliste comme une
annonce avec "tambour et trompette"...
Au sujet de Merchet et de sa complaisance à l'égard de Dassault, cet article de Schneidermann n'est pas inintéressant... http://www.rue89.com/2012/01/19/au-proces-du-canard-bouygues-et-letat-de...
Bonjour,
Une précision, cet article est signé Augustin Scalbert.
Cordialement.
Journalistes et industrie de la défense : je suis très choquée d'entendre le journaliste néerlandais dire que les Français acceptent cet état de conflit d'intérêt, complaisance, voire corruption et bien sûr désinformation entre médias , industriels et politique.
Par exemple, pour la Grèce en difficulté, on ne parle pas des achats énormes d'armement à la France et l'Allemagne...
Beaucoup de Français, dont je suis, sont choqués par cela, et n'ont que mépris pour ces journalistes (mais aussi certains procureurs) qui ne sont que des relais des pouvoirs, voir la meute de journalistes après notre président, ne nous racontent que les petites phrases, bref anesthésient les gens. On n'accepte pas dela , mais quels moyens avons-nous de nous faire entendre à part s'informer auprès de Médiapart pour moi, acheter des livres documentés, et ne pas voter pour les politiques davantage mêlés à ces pouvoirs. Comme il existe un organisme Anticorps pour la justice, il faudrait le même type d’organisme pour les médias. je pense qu'en France, il y a peu de contre-pouvoirs, bref ce n'est pas la démocratie pour moi.
Salutations.
L. Roussennac
Bonjour, je vous propose une idée d'émission qui m'apparaît alléchante à traiter par votre émission: enquêter sur les journalistes que vous invitez pour savoir si leurs actes professionnels sont en accord avec leurs belles paroles, comme celles de R.Dély aujourd'hui: "il ne faut pas être partisan", "pas de pipolisation", "il faut enquêter sérieusement sur les hommes, les idées, les programmes", etc. Nous autions de belles suprises... et ce serait répondre parfaitement aux objectifs de l'émission non ?
Cdlt,
Gouzon
A 8h30, votre invité étranger, néerlandais, exprime parfaitement ce que je mentionne dans un commentaire précédemment envoyé: "la question de l'émission est DEBILE", elle n'a pas de sens car il n'y a pas de spécificté du FN par rapport aux autres partis et il critique même le manque de professionnalisme de ses collègues français! formidable! Tout est dit. L'essai de défense de R.Dély est d'ailleurs pitoyable car il ne répond pas à l'invite de S. de Vries sur l'orientation idéologique ou partisane des journalistes (et non les éditorialistes). Mais JM Four ne reprend pas pour dévier...
Bonjour,
Je ne vois pas ce qu'il y a de "spécifique", "particulier" pour un journaliste à faire son métier "sur" le FN (et qui justifierait une émission dédiée) par rapport aux autres partis politiques ? C'est le fait de poser cette question qui pose "problème": les journalistes qui la posent considèrent donc le FN particulier par rapport aux autres partis: pourquoi ? On ne pose jamais cette question sur les partis maoîstes ou léninistes ni même sur le PS ou l'UMP (alors que dans ces partis il y a quantité de dossiers, d'affaires à soulever qui illustrent des dérives anti- ou a-démocratiques plus significatives que dans le FN je pense: cf. la sélection des candidats aux postes électifs, le décalage avec le pays réel, le financement, les moeurs, etc.)
J'espère que l'émission commencera par l'exigence de réflexivité (minimale pour tout journaliste): pourquoi poser cette question ? De quoi est-elle grosse ? De pré-supposés probablement... Pourquoi les journalistes "travaillant sur" le FN aiment-ils à se considérer "spécifiques", pourquoi cette configuration est-elle considérée comme un marche-pied vers d'autres postes (cf. le parcours de R.Dély), etc. ?
Cdlt,
Gouzon