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Le Secret des sources

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Le Secret des sources

le samedi de 8h10 à 9h

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Pour quelques degrés de plus: qui croire sur le climat ? 13

10.12.2011 - 08:10 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobilevideo

Véronique Rebeyrotte, Claude-Marie Vadrot, Isabelle Veyrat-Masson, Sylvestre Huet Mathias Mégy©Radio France

Écologie, réchauffement, sommets internationaux, l'actualité est riche en considérations sur le climat. A l'heure où s'achève la conférence de Durban, après celles de Cancun et de Copenhague, entre les cris d'alarme de la plupart des scientifiques, le scepticisme d'une poignée de figures médiatiques et l'engagement plus ou moins fort des États, comment les journalistes peuvent-ils apporter une information claire sur ce sujet ? 

Comment travaillent-ils ? Quels sont les rapports vraiment fiables ? Quels reportages ? Les journalistes scientifiques sont-ils assez formés ? Comment analyser et contredire la faible prise de conscience politique ? Et comment éviter de se prendre pour un justicier écologique ?

 

Pour répondre à ces questions :

 

- Claude-Marie Vadrot, journaliste indépendant

- Sylvestre Huet, journaliste à Libération

- Véronique Rebeyrotte, journaliste à France Culture, spécialiste de l'environnement

- Philippe Reltien, correspondant de Radio France à Pékin

 

et, comme chaque semaine, le clin d'oeil de Yassine Bouzar et la chronique multimédia d'Eric Chaverou (découvrez les liens ci-dessous) au sujet notamment de Waterlife, un remarquable webdocumentaire canadien de Kevin McMahon :

 

Invité(s) :
Claude-Marie Vadrot, journaliste indépendant
Sylvestre Huet, historien de formation, journaliste spécialisé en sciences depuis 1986 et travaille à Libération depuis 1995
Véronique Rebeyrotte, journaliste à France Culture spécialiste de l'environnement
Philippe Reltien, correspondant de Radio France à Pékin
Eric Chaverou, journaliste multimédia à la rédaction de France Culture

Thème(s) : Information| Ecologie| Médias| Environnement| climat| journalisme

Lien(s)

Sciences²Le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération.
Horreur écologiqueLe blog de Claude Marie Vadrot
Du Grain à moudre : La lutte contre le réchauffement climatique fera-t-elle les frais de la crise ?L'émission de débats sur France Culture avait pour thème ce mercredi la crise et le réchauffement climatique.
Controverses climatiques, le retourA quelques jours de la conférence de Durban sur le climat, un livre de synthèse sur le sujet avec des signatures éminentes et souvent inconciliables.
La polémique climatiqueUn livre fouillé : « Le Populisme Climatique », par Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde.
Quand journalistes et scientifiques font bon ménage. Owni.frPar Gayané Adourian, le 9 octobre 2010, à propos de la thèse du sociologue Jean-Baptiste Comby, qui démontre que la popularisation du changement climatique en France est le résultat d'une alliance objective entre journalistes, chercheurs et agences environnementales.
Le recul du journalisme environnementalIl y avait 4000 journalistes l'an dernier à la conférence de Copenhague sur les changements climatiques. On en attend beaucoup moins la semaine prochaine à Cancun. Sur tous les fronts, c'est le journalisme environnemental qui continue de reculer.
Wilted greeneryThe UN’s latest round of climate-change talks open in Durban. Even avoiding deadlock would be an achievement
Le réchauffement à un degré alarmant. LibérationLe 28 novembre, Sylvestre Huet analysait comment la forte croissance des émissions de gaz à effet de serre risque d’accélérer et d’aggraver le changement climatique.
Climat : pourquoi ça n'avance pas. Alternatives économiquesDossier à l'occasion de Durban, signé Guillaume Duval, Manuel Domergue et Antoine de Ravignan. D'évoquer les espoirs limités de ce Sommet, l'impossibilité de limiter le réchauffement climatique à deux degrés, et la réalité complexe des pays émergents, Chine en tête.
"Une planète. Une civilisation". Oxfam FranceSix hommes et femmes. Six climats différents. Rencontrés par Gaël Derive, réalisateur et expert des questions climatiques, en partenariat aussi avec l'Organisation météorologique mondiale. Extraits de ce documentaire à découvrir en ligne.
Pissed off penguinsOriginale et amusante façon de faire pression sur les discussions de Durban : en envoyant un pingouin virtuel militant. En un mois, plus de 4000, avec chacun leur igloo, se sont ainsi rassemblés autour du Palais des Congrès de la ville.
2009 - 2050 : le réchauffement climatique à hauteur d'homme. Le Monde"Visuel interactif" publié il y a 2 ans et réalisé par Mathias Brashler et Monica Ficher. Des témoignages vidéos du monde entier mis en perspective avec des avis d'expert sur ce qui se profile.
De Rio à Copenhague, ça chauffe pour la planète. France 24 et RFIIntéressant webdocumentaire réalisé à l'occasion de Copenhague. En 5 parties : le climat entre les mains des gouvernants, une planète chamboulée, des scénarios pour le futur, le débat politique/philosophique, et le marché du CO2.
Sahel, génération durable. Narrative, France 5Documentaire multimédia de Géraldine Sroussi et Benjamin Sire dans le cadre de la collection "Portraits d'un nouveau monde".

13 commentaires

Portrait de Anonyme chris13.12.2011

je suis d'accord avec M de Vriès: l'émission est en pleine amélioration et tourne de mieux en mieux, mais j'ajoute que ce dernier numéro sur le climat était l'un des plus aboutis, démontant posément le fonctionnement et le travail des journalistes sur ces questions.

Portrait de Anonyme Michel de Vriès12.12.2011

Claude-Marie Vadrot est bien sympathique mais est un journaliste vraiment peu crédible sinon inutile puisqu'il déclare n'avoir pas besoin d'approfondir ce dont il rend compte, ni d'ailleurs de connaître l'arabe pour discuter avec des Afgan, on espère qu'il leur parle Afgan ! Quant à Sylvestre Huet il confond "freiner et baisser le pied !". A part la mise en garde sur les échelles de temps par la chercheuse du CNRS, nous n'avons vraiment rien appris sur les dessous ou sur les secrets des conférences climatiques.

L'émission, très précieuse quant à son principe, s'est bien améliorée depuis son début, mais celle-là n'était vraiment pas au top faute d'invités faisant le poids

Michel de Vriès

Portrait de Anonyme Mathieu11.12.2011

Pour compléter le commentaire d'Yves Tourneur : le journaliste se situe à la jonction du scientifique et du public. Son rôle est de présenter autant que possible tous les éléments d'un débat afin que le lecteur/auditeur puisse se faire un avis éclairé sur la question.

En cela, le manque de culture scientifique dans le journalisme français est préoccupant : au-delà des aspects anecdotiques (le drame des millions et milliards, la "découverte" 10 fois par an qu'il existe de l'eau sur Mars, le premier ouragan venu attribué au réchauffement climatique), ce manque d'appétence conduit bien souvent les médias à offrir leurs ondes/colonnes à des invités qui ont tout loisir d'exposer leurs thèses sans jamais subir la moindre contradiction.

Par contradiction, je n'entends évidemment pas un débat sur l'aspect strictement scientifique qui n'intéresserait que des experts, mais plutôt un débat sur la contextualisation politique/économique/culturelle de l'affirmation scientifique : ainsi, les climatologues ont-ils raison dans l'absolu d'en appeler à réduire les émissions de CO2, mais que disent les populations qui vivent et consomment? Qu'en disent d'ailleurs ceux qui d'une main veulent réduire le CO2 tout en souhaitant de l'autre "réindustrialiser"?

Le problème se pose merveilleusement avec le gaz de schiste ou le principe de précaution, l'un refusé, l'autre adopté, avec comme point commun qu'ils le furent par principe, sans le moindre débat permettant d'éclairer un tant soit peu le citoyen sur leurs enjeux réels.

Les sciences partagent d'ailleurs avec l'économie ce malheur du manque total d'intérêt et des préjugés ayant valeur de règles, ce qui se mesure dans les angles de vue choisis pour présenter les sujets (quel média a présenté ne serait-ce qu'une seule fois le principe de précaution comme présentant des effets pervers? Ou le gaz de schiste comme un enjeu géopolitique d'indépendance énergétique et social de baisse des prix du gaz?).

Bref, la responsabilité dépasse les médias, mais ils y ont leur part. Toujours ce refus de creuser, de heurter, de provoquer. Nous retombons sur le manque de considération qu'ils ont (en France) pour leur rôle de pouvoir autonome dans une démocratie,
Cordialement, et merci pour votre travail,

Portrait de Anonyme Yves Tourneur10.12.2011

Je voudrais aborder ici un l'aspect plus général du lien entre journalisme et science. Toute notre culture depuis l'école est basée sur l'opposition entre « scientifiques » et « littéraires ».

Le manque de culture scientifique dans la presse (française au moins) est criant à l'égard de ce qui est scientifique ou quantifié. J'en prends pour exemple la confusion courante entre millions et milliards à propos de la dette ou de kilos de CO2 par exemple dans des commentaires. Le pompon avait été décroché par le CNRS qui remplaçait une lettre mensuelle austère lue par tous les chercheurs, par une publication "moderne" avec mise en page et photos couleurs, rédigée par une équipe de journalistes embauchés pour l'occasion. Un de leurs premiers articles faisait confusion entre les millions et milliards d'années de l'homme sur terre. Dans un journal scientifique, cela faisait désordre, mais avait allure de "signe des temps".

Fournir des données hors du champ commun donne une allure savante et donc une contenance à celui qui s'y abandonne. En remplaçant ces commentaires par des relations avec des données tangibles par tout le monde, on gagnerait en clarté. Si on prenait l'habitude de ne parler de la dette que en terme de montant par habitant, on arriverait à des chiffres que chacun peut rapprocher du prix de sa voiture ou de son appartement. Sachons que le budget de la France signifie quatre mille euros par français, en gros le prix d'une automobile par famille. La dette publique se monte à 2500 euros par français, le salaire moyen mensuel par ménage. Cela demande à la fois un effort intellectuel et un effort de simplicité et de modestie de la part des journalistes.

Il faudrait ensuite que les termes de millions et milliards, peu utilisés dans les discussions entre scientifiques, prennent une consistance dans la conversation médiatique. Sachons que l'univers a quatorze milliards d'années, la terre cinq, la vie trois, l'homme huit millions d'années, et laissons les virgules pour plus tard.

Il faut aussi comprendre que la relativité restreinte jusqu'à E=mc² était expliquée par Einstein en utilisant uniquement le théorème de Pythagore, le triangle rectangle. Il faut chercher à comprendre, de manière simple. On peut également aborder la mort programmée des cellules et l'activité électrique des neurones avec des idées justes sans rentrer dans les détails.

Il est effarant de constater que beaucoup de journalistes, d'écrivains et de philosophes actuels ont une connaissance de problèmes scientifiques et des chiffres souvent complètement fausse, alors même que les scientifiques auraient besoin de leur apport. On peut pardonner à ces incultes en constatant la pauvreté du discours philosophique d'un certain nombre de scientifiques.

Supprimer les échelles incompréhensibles, faire l'effort de chercher à comprendre les choses a priori hors d'atteinte, il y a du pain sur la planche.

Portrait de Anonyme gilles10.12.2011

Comme toujours, un grand merci pour votre page Internet et tous ses liens remarquables. Et Waterlife, vous avez raison, c'est exceptionnel, je ne connaissais pas. Grandiose !

Portrait de Anonyme Aurore10.12.2011

J'espère que la rédaction de France Culture a écouté le moment de l'émission où on parlait journalisme et militantisme : les journalistes n'ont pas à faire prendre conscience et mais à faire prendre connaissance. Paradoxalement, il faudrait songer au slogan de Fox News : "We report, you decide" (dommage qu'il serve de devise à une chaîne hautement politisée...). France Culture se dirige en effet vers le "advocacy journalism", ou le journalism de sensibilisation, ou de cause, ce qui est un détournement de sa vocation. Il faut revenir aux fondamentaux, et mettre de côtés ses convictions et consignes de vote. Si seulement quelqu'un pouvait passer le message à la rédaction de FC (et aux nombreux producteurs journalistes qui utilisent leurs créneaux à des fins politiciennes).

Portrait de Anonyme farcy10.12.2011

je me demande quel "feuillet" on peut faire pour faire comprendre
l'Afghanistan aux lecteurs quand on croit encore que la langue importante
du pays est l'arabe ?

Portrait de Anonyme samar10.12.2011

Très bonne émission, l'une des meilleures depuis le début. Et quand même beaucoup d'interrogations sur la capacité des médias à rendre compte d'une question aussi vaste.

Portrait de Anonyme TT10.12.2011

S'agissant de la structuration des controverses, manquait l'évocation du rôle des lobbies, notamment industriels et économiques, dont l'influence commence à être bien documentée par des travaux en sociologie et en science politique. Un représentant de la discipline en donne par exemple quelques références sur son blog : https://yannickrumpala.wordpress.com/2008/11/19/les-sources-du-scepticis...
Il est d'ailleurs dommage que les journalistes ne lisent pas les travaux sociologiques sur ces enjeux (en sociologie des sciences, en sociologie politique, en sociologie de l'environnement, etc.), et l'absence de ce type de références dans les liens proposés par la page de l'émission sur Internet est à cet égard révélatrice.

Portrait de Anonyme thouvenel10.12.2011

Le monde du journalisme a t il le POUVOIR de faire que toutes info parlée ou écrite démarre par un point climatique ( comme on met la météo systématiquement ) Et que ce point soit présent à CHAQUE info ?????

Portrait de Anonyme sylvain baronni10.12.2011

Bonjour,

Je trouve très démagogique, déplacé, manipulateur voire inacceptable l´association qui a été faite du discours d´Eva Joly sur le risque nucléaire et certaines paroles d´´écologistes à des morceaux de films à grand spectacle hollywoodien stupides et excessifs jouant sur la peur de la fin du monde....

C´est un montage digne de la pire des manipulations et propagande, qui relève plus des méthodes de mystification utilisées par TF1 que de l´honnêteté intellectuelle de France Culture...

Un comble alors que le sujet est la déontologie du journalisme scientifique : vous êtes vous-même un exemple de ce qu´il ne faut pas faire

Portrait de jmfour jmfour10.12.2011

Bonjour Sylvain

Comme précisé dans l'émission, ce à quoi vous faites référence était intégré à un "clin d"oeil" hebdomadaire, qui fait délibérément dans l'excès et la caricature, afin de susciter le débat. Ce clin d'oeil est assumé comme tel, présenté comme tel, et je ne pense donc pas qu'il participe de la manipulation que vous dénoncez. Vous avez le droit, bien sûr, de le percevoir comme tel; mais ce n'est pas le cas.
Au demeurant, les propos tenus dans l'émission, prise dans sa globalité, donnent plutôt de l'eau au moulin d'Eva Joly et des écologistes, que le contraire.

Portrait de Anonyme Charles sabatier10.12.2011

Quelle est l'incidence des millions de climatiseurs fonctionnant en permanence dans les pays chauds et rejetant en un air à environ 25°.
MERCI