Derek Perrotte, Hélène Fontanaud, Isabelle Veyrat-Masson, Frédéric Gerschel mathias megy ©Radio France
Les politiques ont l'habitude d'annoncer un grand nombre de réformes, des débats qui doivent aboutir à des lois, des conférences médiatisées aux grandes ambitions. Le début de campagne électorale aidant, Nicolas Sarkozy multiplie les annonces: la TVA sociale, la réforme du collège unique, la taxe Tobin, etc.
Face à cet état de fait, les journalistes doivent-ils relayer les effets d'annonce ? Ont-il le temps de vérifier ? De suivre les avancées de la réforme ? Ont-ils les moyens de décrypter la communication politique ? Travaillent-ils en liaison avec leurs confrères spécialistes, sur l'éducation, le social, etc ? Et quelle est la part de responsabilité des médias dans la multiplication de ces effets d'annonce ?
Pour répondre à ces questions :
- Frédéric Gerschel, journaliste politique au quotidien Le Parisien, chargé de couvrir l'Elysée
- Hélène Fontanaud, journaliste politique au magazine Les Inrockuptibles
- Derek Perrotte, journaliste spécialisé dans le domaine social au journal Les Echos
- Isabelle Veyrat-Masson, directrice de recherches au CNRS
Et, comme chaque semaine, la chronique multimédia d'Eric Chaverou (liens ci-dessous) et entretien avec Cédric Mathiot, initiateur de la rubrique devenue blog "Désintox", de Libération :
Ainsi que le clin d'oeil de Yassine Bouzar.
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Invité(s) :
Hélène Fontanaud, journaliste politique Les Inrockuptibles
Frédéric Gerschel, journaliste politique Le Parisien
Derek Perrotte, journaliste Les Echos, domaine social
Isabelle Veyrat-Masson, historienne et sociologue des médias
Eric Chaverou, journaliste multimédia à la rédaction de France Culture
Thème(s) : Information| Médias| Inventaire avant élections| Politique| communication politique| fact checking| journalisme



21 commentaires
Je ne suis pas d'accord avec Gouzon, la comparaison Sarkozy Rocky me parait à l'inverse très pertinente. Très bien vue, même, à plusieurs titres. Et elle ne relève en rien, de mon point de vue, de l'antisarkozysme.
Le sketch de Coluche ne date pas de 1977 mais c'est un sketch posthume de 1986! Quand on parle de fact-checking... Pan sur le bec!
Bonjour Gouzon
Merci de votre vigilance, très bienvenue.
Vous avez raison et tort à la fois.
Sketch édité de façon posthume, mais enregistrement datant de 1977, à ma connaissance.
D'ailleurs la référence à Lecanuet, dans le texte de Coluche, en témoigne. C'est l'époque où Lecanuet était ministre d'Etat (1976/ 1978). Il ne l'était plus en 1986, que je sache !!
Double fact checking, ou double vérification des faits...
Bien cordialement
Tous ces commentaires sur l'emploi de mots anglais me semblent personnellement très millimétriques. Si ces mots sont employés dans le vocabulaire journalistique, je ne saisis pas pourquoi il serait interdit de les utiliser sur les antennes. De surcroit, ils ont été traduits par M.Four.
S'épuiser en commentaires là-dessus n'a aucun intérêt. C'est totalement dérisoire par rapport aux questions de fond sur le traitement de la politique par les médias, questions abondamment soulevées au cours de cette émission. La discussion sur ce sujet me parait bien plus essentielle.
Bonjour et bravo à Jean-Marc Four pour essayer de mettre les journalistes devant leurs contradictions. On mesure à quel point ces derniers ont du mal à reconnaître leur part de responsabilité dans le traitement souvent superficiel de la politique. Et la référence à Bourdieu était très bienvenue. Continuez dans ce sens, vous ne persuaderez pas nécessairement vos confrères de changer de comportement, mais au moins vous faites oeuvre de salubrité publique et vous nous prouvez que tout le monde médiatique n'est pas refermé sur lui-même. Merci à vous.
Messieurs les journalistes et les spécialistes invités (et mesdames ,si
peu nombreuses),PARLEZ FRANCAIS ! C'est votre rôle de créer de nouveaux
mots ,pour que le public les adopte et plus tard les dictionnaires , au
lieu de répéter servilement les expressions américaines !pour facts
checking par exemple , ne pouviez-vous proposer "vérification des
faits","examen critique des affirmations","confrontation avec des données
avérées "ou d'autres expressions plus courtes dont vous avez le secret
,quand vous vous en donnez la peine .
Bonjour, et merci pour la manière dont vous menez cette émission : ça
n'a pas l'air facile devant autant d'autosatisfaction (tout va très
bien...). Juste un point sur votre "experte" qui fait croire que ce matin
elle était sociologue : une idée centrale de Bourdieu sur les médias
c'est "la circulation circulaire de l'info" (tapez cela sur un moteur de
recherche vous verrez). Ce qui ne l'empêche pas très doctement de dire
"la grande erreur de Bourdieu c'est de penser que le message est linéaire
alors qu'il est circulaire". On peut se demander d'où elle tient sa
position universitaire, mais aussi pourquoi personne ne la contredit dans
votre émission... Peut-être pourriez-vous faire une émission sur les
journalistes et leurs experts... Bourdieu y aurait eu des choses
intéressantes à dire sur la manière dont des universitaires en mal de
reconnaissance académique profite d'une exposition médiatique pour
s'attaquer à un grand nom scientifique juste pour faire parler d'eux...
Bon courage...
Bonjour, je suis désolé mais le parallèle entre Sarkozy et Rocky manque totalement de pertinence: aucun rapport entre les 2. Encore une facilité commise par un journalisme paresseux: il faut travailler beaucoup plus, même pour faire un chapô!
Je croyais benoîtement que la vérification des faits faisait "de toute
éternité" partie de la fonction du journalisme. Pour être optimiste,
certainement l' arrivée de la terminologie "facts checking" facilitera l'
adoption de cette pratique par les journalistes français, qui semblent la
découvrir...
Par ailleurs, dans l' émission, il n' a jamais été question du
"public", des auditeurs, des lecteurs etc...Le journalisme politique se
résout-il à un colloque singulier entre politiques et presse ?
Bien à vous
Bonjour, je n'ai rien contre les mots anglais, surtout quand on parle de
médias, mais vous avez utilisé pendant toute votre émission les mots
"fact checking" et "storytelling" sans une seule fois expliquer ce que
c'est !
Bonjour,
Je m'étonne qu'il vous paraisse naturel de mêler des termes
anglo-saxons,("storytelling" et autres "packages") sans traduction ni
explication, comme si la langue française était désormais incapable de
porter les concepts correspondants, et que l'auditeur moyen n'eût qu'à
s'en débrouiller. Je vous remercie de prendre le temps nécessaire à des
explicitations qui permettent de vous suivre, dans cette pratique étrange
d'un franglais pour laquelle nous ne sommes pas toujours préparés.
Salutations courtoises.
Bonjour.
Je suis tombé de ma chaise en entendant le journaliste des Echos
présenter l'association de son périodique avec le prétendu "institut"
Montaigne.
Ce truc n'est, et vous le savez, qu'un simple think tank ultralibéral qui
s'est donné le qualificatif d'institut (et volé le nom de Montaigne) que
pour impressionner les imbéciles.
Les Echos ? Mais les échos de quoi et de qui ?
Tss tss tss.
Et voilà la dernière: le "fact checking.Un nouvel anglicisme par jour au
moins.Quelle médiocrité.Heureusement tt à l'heure: A Finkelkraut et JM
Janneney:des gens qui parlent encore Français
Journaliste éco, je suis l'actualité transmanche depuis 20 ans. Sur le dosseir SeaFrance, j'ai été frappée de voir que les journalistes continuaient à tendre leur micro au syndicat majoritaire sans aucune distance, après la diffusion du rapport de la Cour des comptes, après qu'il a été établi que le syndicat recrutait à tour de bras sans le local syndical (co-gestion avec la direction en échange de paix sociale), après le lancement de la procédure d'exclusion par Chérèque, après la sortie d'enquêtes sur les "méthodes" du dit syndicat.
La facilité ? Peut-être. Il était pourtant possible de contacter d'autres syndicats et d'autres sources. Pour comprendre 1-que le business plan de la SCOP ne tenait absolument pas la route eu égard au niveau de concurrence dans le Détroit du Pas de Calais ; 2-que la Cfdt SeaFrance a fait recruter plus de 400 personnes en 7 ans alors que l'entreprise était très fragile 3- que son objectif à travers ces recrutements, c'était de prendre le pouvoir au niveau de la fédération (ça marche au nombre d'adhérents), que ces recrutements n'éaient jamais fondés sur des compétences (rapport Cour des comptes) 4- que la SNCF a injecté beaucoup d'argent dans l'affaire (voir mon enquête sur Slate.fr, "Detroit, ton univers impitoyable") 5- et enfin comprendre pourquoi tous ceux qui cherchaient à mettre leur nez dans ces pratiques se trouvaient injuriés (le quotidien local Nord Littoral). Il me semble que la nécessité du "fact checking" ne vaut pas que pour Sarkozy. Problème : son omniprésence occulte le reste de la scène politique. Qui n'est pas en reste ! Problème, pour remettre à sa place à un homme poltique quand il dit des énormités (que ce soit Sarkozy ou Montebourg), il faut soi même avoir les outils pour le faire ! Claire Garnier journaliste indépendante
Une radio publique doit veiller à ne jamais apparaître "partisane". J'ai été choqué par la présentation ce matin en introduction d'un discours de Sarkozy comparé à un boxeur. Cette critique voulue "comique" relève selon moi du sarcasme, et ne contribue pas à favoriser le respect que nous devons à la fonction de président de la république et son représentant. Le combat des idées, oui, l'attaque des personnes, non!
Réaction d'un fidèle auditeur de France Culture.
Bonjour Bertrand
Le clin d'oeil de Yassine Bouzar, chaque semaine, ne se veut pas un exercice journalistique, mais une parodie décalée et impertinente. C'est toujours présenté comme tel. Cela vise juste à mettre le doigt de façon polémique et ironique sur un aspect du sujet. C'est toujours pondéré et mis en perspective par les réactions des invités.
Dans le cas d'espèce, il n'y avait rien d'une attaque personnelle, juste un constat sur la stratégie politique du chef de l'Etat qui consiste à être en mouvement quasi permanent pour occuper l'agenda médiatique et contraindre ses adversaires à se positionner sur son terrain.
Cordialement
Toutes mes félicitations pour votre émission.
Le journaliste est sérieusement discrédité par le doc sur Arte où les correspondants étrangers donnent raison à Mme Merkel.
Elle moque le président nerveux en le surnommant Monsieur BLA BLA.
Le vent nait de la propagation du vide par le journalisme paresseux.
Si j'entends bien, c'est enfin, la première fois que les journalistes analysent le fond.
Si je vous ai bien compris depuis le début, vous avez confirmé pourquoi S.Royal a été battue : vous avez expliqué que personne n'a jamais analysé son projet - complet et détaillé.
Il aurait pu être commenté, discuté par les journalistes spécialisés, alors que les journalistes "politiques" se sont contentés de petites phrases, de couleurs de ses vêtements, et de la montée et descente des sondages-ascenseurs.
Bonjour à tout le monde :)
Je vous écoute avec beaucoup d'intérêt et un léger sourire intérieur.
Vous décrivez avec précision la personnalité du narcissique à tendance (très tendance) perverse. PN pour les initiés.
Etudiez donc ce profil, et vos étonnements et interrogations prendront un autre éclairage.
Il faut reconnaître que d'en avoir un à la tête de l'Etat, est une expérience exceptionnelle. Pour ceux ou celles qui en ont un(e) à la maison c'est très douloureux.
Hélas, pour la France aussi c'est très douloureux.
Le PN a tellement de caractéristiques et de facettes ! Il en est une récurrente : il mobilise l'attention générale et on parle toujours de lui, même quand il n'est pas là...
Agitation dites-vous, changements continuels, mensonges, ....
Pervers : Du latin perversus (« renversé », au figuré : « appliqué à contre temps, vicieux »).
Bonne journée à votre Equipe.
Le secret des sources est en principe une émission "sérieuse". Ce matin, c'était à la limite des ficelles de cabaret de chansonniers....Attention à ne tomber,ni dans la facilité, ni dans la vulgarité. Ce serait fâcheux pour France culture !
Votre média cultive un anti Sarkozysme systématique qui le déconsidère.