par Thierry Garcin
Au lendemain du referendum constitutionnel, le cas exceptionnel d’un pays européen doublement divisé.
Ancienne république soviétique enclavée, coincée entre l’Ukraine et la Roumanie, dépossédée de sa frange orientale (la Transnistrie) par l’occupation de facto russe, la Moldavie (quelque 4 millions d’habitants), décide le 5 du mode d’élection du président (suffrage universel ou non), le Parti des communistes boycottant le scrutin.
D’autre part, le président roumain, dit unioniste, accorde aux Moldaves des passeports roumains à l’envi. Déjà, 120 000, 800 000 demandes en attente (10 000 naturalisations par mois !). Il s’agirait donc d’un élargissement rampant de l’Union européenne, sans que Bruxelles ait été le moins du monde consulté. Facteur aggravant : la Roumanie sera dans l’espace Schengen en mars 2011.
Pendant ce temps, la Hongrie accorde la double nationalité aux Hongrois de souche hors frontières, la Bulgarie accordant aussi la nationalité aux Bulgares de souche.
On le voit, la question des minorités et des nationalités est considérable pour les vingt ans à venir, dans une Europe dont les fédéralistes ont souvent flatté les régionalismes et les communautarismes.
Nicolas Trifon est spécialiste de l’Europe de l'Est et du Sud-Est au Courrier des Balkans.
Moldavie ©afp
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