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Les Idées claires

Les Idées claires de Caroline Eliacheff

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Emission Les Idées claires de Caroline Eliacheff

le mercredi de 7h39 à 7h42

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Le sexe à l'école

29.01.2014 - 07:37 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

S’il y a un sujet sur lequel les parents sont vigilants, c’est sur l’éducation sexuelle de leurs enfants à l’école, obligatoire depuis 2003 et très diversement dispensée. Souvenez-vous de la polémique suscitée en 2011 par le programme d’éducation à la sexualité pour les lycéens de 1ère au chapitre « devenir homme ou femme ». Au moment où les objectifs du primaire vont être redéfinis et dans le sillage de la « manif pour tous » des comités de vigilance se sont constitués. Leur crainte est que l’éducation sexuelle ne soit l’occasion de diffuser ce qu’ils appellent l’idéologie du genre qui mettrait en péril la différence sexuelle et l’hétérosexualité comme norme. Tous ne sont pas sur cette ligne. Pascal Balmand, le secrétaire général de l’enseignement catholique, en désaccord avec la théorie du genre estime qu’il ne peut pas faire comme si elle n’existait pas tout en refusant l’instrumentalisation idéologique. Mais d’autres, proches de l’extrême droite et des mouvements intégristes avec des slogans comme « demain tu seras une femme mon fils » appellent à ne pas mettre les enfants à l’école un jour par mois : en cause l’ABCD de l’égalité visant à promouvoir l’égalité  entre les sexes  en luttant contre les stéréotypes. Cet appel scandaleux a été suivi dans une centaine d’écoles. Preuve que quand on n’ose pas attaquer de front l’égalité  et la lutte contre les discriminations, tous les coups sont permis. Il faut reconnaître que l’éducation sexuelle désormais indissociable de ces objectifs dépasse largement la biologie de la reproduction. Le problème est qu’il n’y pas de consensus sur la fonction de l’école en matière d’éducation sexuelle dont on ne sait ni où elle commence, ni où elle s’arrête.

Le rapport de l’OMS sur les « standards pour l’éducation sexuelle en Europe » publié en novembre dernier a tranché en faveur d’une approche globale, positive et non concentrée sur les risques potentiels liés à la sexualité. Ce programme décliné par tranche d’âge de 0 à 15 ans, par thèmes couvrant tous les aspects du développement sexuel, physique, social et émotionnel sur le plan des informations, des compétences et des attitudes donne le vertige par sa prétention à l’exhaustivité : tout mais vraiment tout ce qu’il faut savoir sans avoir envie de le demander est assez effrayant s’il n’était tempéré par un mode d’emploi plus réaliste. Enfin nous en sommes loin puisqu’une étude anglaise réalisée par le Sex Education Forum parue au mois de janvier révèle qu’un adolescent sur trois n’a reçu aucune information sur ce qu’est le consentement. J’ignore si nous faisons mieux que les Anglais.

Si la France s’inspire de ce programme, ceux qui pensent que l’éducation sexuelle doit rester l’apanage des familles vont monter au plafond, préférant ignorer que les sources d’information des jeunes sont majoritairement extrafamiliales et extrascolaires parfois pour le pire. Il n’empêche qu’on a du mal à imaginer l’harmonisation des pratiques que l’OMS appelle de ses vœux.

 

Thème(s) : Idées| Ecole| Education| Famille| Gouvernement| Politique| Sexualité| Sexe