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C’est hier que le Tribunal de Commerce a finalement tranché sur cette affaire qui défraye la chronique depuis plusieurs semaines dans le nord de la France : SeaFrance, cette entreprise de ferry qui tentait désespérément d’échapper au dépôt de bilan et de sauver ses 880 emplois vient donc de connaître son verdict : le projet de transformation en coopérative est jugé non viable et l’entreprise est mise en liquidation.
Néanmoins, ce projet de Scop - désespéré pour les uns, innovant pour les autres – et l’intérêt qu’il a suscité dans les médias est certainement révélateur de la terrible peur du déclassement combinée à la difficulté de mettre en place des alternatives que ressentent beaucoup de français.
Pourtant, les coopératives ne sont ni une lubie ni une nouveauté. Elles s’inscrivent plus largement dans le secteur que l’on appelle l’économie sociale et solidaire, qui représente près de 10% de l’emploi français et dont les origines remontent à la fin du XIXe siècle.
Nous avons demandé ce matin à Philippe Frémeaux, lui-même membre d’une Scop puisque c’est le statut de son magazine, Alternatives Economiques, et auteur de La nouvelle alternative ? (Les petits Matins), de nous éclairer sur ce secteur et sur les espoirs qu’il peut susciter.
Et, puis, comment parler de réappropriation des outils de travail par les salariés sans penser à Lip, où les salariés, dans les années 70 mirent en pratique le fameux « on fabrique, on vend, on se paye » ? Alors justement que Claude Neuschwander, qui fut son PDG de 74 à 76 publie Une vie de militance(s) chez Yves Michel
Philippe Frémeaux et Claude Neuschwander Soline Ledésert©Radio France
Invité(s) :
Claude Neuschwander
Philippe Frémeaux
Thème(s) : Information| Conflit| Entreprise| Industrie| Transport| Syndicat| coopérative| économie sociale et solidaire| scop| seafrance| syndicats| transport maritime
Lien(s)
Document(s)
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La nouvelle alternative ? - Enquête sur l'économie sociale et solidaire Les Petits Matins, 2011 -
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3 commentaires
Bonjour,
Brice Couturier, à son corps défendant, vient de livrer une des raisons pour laquelle le modèle social démocrate - qu'il défend- comporte de sérieuses difficultés.
La CFDT aurait fait office de DRH chez Sea France. Chacun connait d'autres situations en France, semblables.
Un syndicat unique qui négogie avec les employeurs peut être très facilement manipulable. Souvenez vous d'IG METAL pris dans le pot de confiture Wolkswagen.
Plusieurs syndicats: la situation est compliquée, certes, mais elle a l'avantage que des accords "pouris" entre syndicats et employeurs ne soient pas généralisés.
Par ailleurs, demander le rapprochement de la CFDT avec la CGT relève de l'incantation à vouloir marier la carpe avec le lapin.
merci.
Bravo à vos invités qui ont su montrer les avantages et les limites des SCOP. On regrette l'absence de Clémentine Autain, dirigeante de SCOP, qui s'est fendue d'un article dans le Monde cette semaine et qui aurait pu profiter de l'expérience de Ph Frémeaux et Neuschwander pour remettre en caiuse ses croyances en matière d'économie. Si elle parlait d'économie comme elle le fait de féminisme et de création artistique.... Restons lucide et faisons confiance à Brice Couturier et à des émissions comme celle de ce matin.
Cordialement
PS Signalons l'excellent article du Monde du 9 janvier "Achetons français" : du charlatanisme en économie
Bonjour,
L'écoute de la chronique de Brice Couturier dans les Matins de ce jour m'a une fois de plus laissé un sentiment très mitigé, qui m'interpelle par la ligne générale que semble suivre l'émission, et sur l’attitude de certains chroniqueurs politiques. Sur le sujet du jour, si il est juste que Mr. Couturier relève que la faillite de la compagnie Sea France est le résultat d'une mauvaise gestion (rôle effroyable d'un des syndicat, implication erratique de la direction), il prend la liberté d’utiliser ce cas pour illustrer son propos et opposer un modèle français à un autre modèle national (ici la Grande-Bretagne) ce qui est son rôle de chroniqueur, mais à l’appui d’une argumentation lacunaire qui expose et fragilise son raisonnement. Attention, ça va être un peu long. Oui, les compagnies anglaises sont plus dynamiques, mais au prix d’un dumping social (embarquement de marins "low-cost" ne relevant pas du pavillon national, temps de travail plus importants, charges moins élevées), ce qui ne se pratique pas sur les navires français. Le service public de transport ne semble pas primer pour ces mêmes qui compagnies qui n'hésitent pas à abandonner des lignes dont la rentabilité immédiate n'est plus assurée, aux dépends des régions qu'elles desservaient pourtant au prix du versement d'indemnités de délégation de service public (Cherbourg et Le Havre n'accueillent plus de navires anglais depuis quelques années). Ce qui n’a pas empêché ces lignes d’être reprises par Brittany Ferry et LD Lines, compagnies françaises - il en reste dans le trans-manche, contrairement à ce qui a été affirmé ce matin - et qui ne semblent pas vouloir les abandonner. Enfin sur l'investissement, Sea France a fait rentrer en flotte deux unités de 1900 passagers en moins de dix ans (dont une construite en France), et qui n'ont rien à envier aux plus récentes déployées par P&O. Tout cet argumentaire - un peu long certes - pour vous encourager à aller un peu plus au fond des choses, et éviter ainsi d'instrumentaliser un fait, et prendre le risque de vous faire instrumentaliser... Vous me voyez venir, les invités de ce matin étaient polis et courtois, et le sujet n'était pas spécifiquement polémique, mais face à des gladiateurs en quête d'une tribune, ce que je n'hésite pas à qualifier de carences ont mis plus d'une fois l'ensemble de l'équipe dans des situations au moins très embarrassantes, qui ont laissé pour de nombreux auditeurs une très mauvaise image pour l'émission et la station. Je veux évidemment parler des confrontations avec Marine Lepen, Louis Alliot (pour lequel vous ne pouviez pas être prévenu après le passage de sa compagne quelques semaines plus tôt), voire de Jacques Vergès dans une autre vie pour Brice Couturier... Et je ne parlerai pas de la guéguerre menée ce matin par Philippe Meyer contre Jack Lang. Le renouvellement d’une équipe est nécessaire, mais je retrouve de moins en moins la qualité qui faisait des interventions politiques de cette tranche horaire un moment incontournable de mes journées. Pour « qu’avec Les Matins de France Culture, (…) tout s'éclaire ! », reprenez-vous ! (par contre, pour les chroniqueurs culture, ne changez rien…).
Bien à vous,
Nicolas