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du lundi au vendredi de 6h30 à 9h

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La langue française résistera –t –elle à la pensée unique ? 2

25.01.2012 - 06:30

 

 

Claude Hagège ©Radio France

Ce matin nous avons le plaisir d’avoir autour de cette table un linguiste renommé, polyglotte et amoureux des langues. DES langues et non pas d’une, c’est peut-être là toute la question puisque votre dernier ouvrage s’intitule Contre la pensée unique.

Avec vous Claude Hagège, nous allons donc essayer de comprendre comment se forme une pensée unique et pourquoi il faut s’y opposer d’après vous. Une pensée qui serait strictement liée à l’usage d’une seule langue et qui pourrait façonner nos esprits.

Est ce qu’une langue change ou pas notre vision du monde ? La richesse de la pensée passe –t –elle par la diversité des langues ?

La langue française résistera-t-elle à la pensée unique ?

 

 

 

Invité(s) :
Claude Hagège

Thème(s) : Information| Idées

2 commentaires

Portrait de little wing little wing25.01.2012

Monsieur Hagège , ce qui dérange les tenants de la francophonie ce n'est pas qu'il y ait une langue hégémonique (à savoir , l'anglais) qui soit en train de bouffer toutes les autres. Ce qui les dérange c'est que cette langue-là ne soit pas le français ! L'époque où la langue française était la langue hégémonique est d'ailleurs considérée par cette étrange secte dont vous faites partie comme "l'âge d'or" , l'état "normal" , "naturel " "allant de soi" ...etc... qui n'aurait jamais dû disparaître et qui a été "scandaleusement" "usurpé" par l'anglais ! Voilà quel est le véritable discours névrotique qui sous-tend votre prétendue conversion à un éloge de la diversité dont il n'a jamais été question dans le schéma jacobiniste parisien qui s'est employé à exterminer la diversité linguistique de l'hexagone. Non seulement en éliminant les variétés dialectales du français comme le picard ou le normand , mais également les langues européennes autres que le français , comme l'occitan , le basque , le catalan ou le breton. Langues que vous considérez d'ailleurs avec un paternalisme condescendant en les reléguant au même titre que des variations dialectales amusantes et savoureuses du français , qu'il serait bon de "préserver" comme un vivier à l'enrichissement du français! Un peu comme si un linguiste américain décrétait que "le français de Louisiane qui , "comme chacun sait"(!) n'est qu'une variante dialectale de l'anglais devrait être conservé comme un vivier contribuant à l'enrichissement de l'anglais." Je tiens à vous rappeler que cette "éradication" des langues que vous dites "régionales" et que pour ma part j'appelle nationales se poursuit toujours (j'attend vos protestations sur le refus de la France de ratifier la loi européenne sur les langues "minoritaires" ) sans faillir quels que soient les gouvernements. Qu'ils soient de droite ou de gauche , ils sont avant tout jacobinistes parisiens (voir à ce point de vue la trahison de la gauche en 81 qui avait beaucoup promis et qui une fois au pouvoir a "oublié" ses engagements vis à vis des langues "régionales"). L'actuelle défénestration de la langue française au profit de l'anglais n'est qu'un juste retour des choses et ne peut que réjouir l'occitan que je suis . Monsieur Hagège , s'il vous plaît , arrêtez avec vos singeries pathétiques , plus personne n'y croit. E per acabar en disent coma una dicha dels colègas amerindians " L'oc existissia pron abans lo francimand e i serà mai ,força mai apuèi qu'aqueste aurà desaparegut" !
Bruno , dau Clapàs
PS : And I really just don't care about your fucking french nationalism from "Paris".
Sincerelly , Bruno , from Montpellier , deep down in south Occitania.

Portrait de Anonyme Repse25.01.2012

Il est regrettable, chaque fois qu'il est question de l'espéranto sur des médias écoutés ou lus par un vaste public, que l'on reste dans l'approximation. Comme s'il s'agissait d'une affaire oubliée et enterrée. Nous sommes pourtant à l'ère d'Internet, de Google (dont l'interface est utilisable en espéranto), de Facebook (idem), de Twitter, etc... En mai dernier, le site d'apprentissage gratuit lernu.net a atteint le nombre de 100 000 inscrits de 239 pays, c'est-à-dire plus qu'il n'y a d’États-membres à l'Onu. Et ceci sans bombardement publicitaire comparable à l'anglais.

Le 15 décembre 2009, lors d'un entretien avec National Geographic à propos de l'hommage rendu par Google au Dr Zamenhof pour le 150ème anniversaire de sa naissance, le professeur Jonathan Pool, spécialiste des conséquences politiques et économiques de la situation linguistique et de la politique linguistique a répondu très justement : "La chose la plus proche d'un langage universel humain est aujourd'hui l'anglais, mais, à de nombreux égards, l'anglais ne parvient pas à la hauteur du rêve de Zamenhof qui a été d'aider à la création d'un monde plus équitable."

Ainsi, lors de cet entretien sur une radio qui se revendique comme culturelle, la question posée à Claude Hagège faisait allusion à "un projet jamais abouti". Or, en page 12 du premier manuel d'espéranto dont le 26 juillet prochain marquera le 125ème anniversaire de la publication, on peut lire :

1. Que la langue soit extraordinairement facile, de telle façon qu'on puisse l'apprendre en jouant.
2. Que toute personne ayant appris la langue puisse l'utiliser pour communiquer avec des personnes d'autres nations, que cette langue soit ou non adoptée dans le monde entier, qu'elle ait ou non beaucoup d'usagers.

Où est le non-aboutissement de ce qui a depuis longtemps dépassé l'état de projet ? Que sait le public du rapport de la SDN sur l'espéranto (1923) dont le texte n'est devenu accessible au grand public que depuis peu sur internet et qu'une recherche permet de retrouver :

L'espéranto comme langue auxiliaire internationale
Esperanto as an international auxiliary language

Que sait aussi le public de l'attitude du gouvernement français d'alors qui, contrairement celui de la Chine et d'autres États (Inde, Brésil, Japon...), avait tout fait pour étouffer cette langue ? C'était à l'époque colonialiste. C'est de ça qu'il faut parler aujourd'hui.

L'espéranto s'est élevé jusqu'au niveau actuel sans le soutien d’États (bien plus souvent calomnié, méproisé, censuré, interdit, persécuté qu'aidé), sans rien de comparable aux aides des États pour des langues dites grandes, et entre elles surtout la plus grande d'entre toutes (on n'aide qu'aux riches). Nombreuses sont les langues qui meurent faute d'attention et d'aide de la part des États. L'espéranto atteint cette année le bel âge de 125 ans en bonne santé, c'est à dire bien plus que n'ont pu espérer vivre ceux qui ont annoncé sa mort. Bien plus aussi que ne peuvent espérer vivre ceux qui annoncent qu'il est mort.