Harper Regan ©Stéphane Trapier
Au programme des Mercredis du théâtre aujourd'hui, une incursion du côté du théâtre britannique. Un théâtre contemporain qui place l’être humain au centre de ses préoccupations. Un théâtre humaniste donc, qui passe par le langage pour tracer les contours d’hommes et de femmes souvent perdus dans un monde qui les menace.
Avec nous pour nous suivre dans cette immersion, ou plutôt pour nous y guider, deux metteurs en scène. Chantal Morel, artiste hyper sensible que sa personnalité mène volontiers vers des scènes où l’introspection et la méditation sont le fil rouge du spectateur. Pour la troisième fois dans sa vie, Chantal Morel monte "Home", texte énigmatique et fascinant de l’auteur anglais David Storey. Du 22 au 26 février 011 au TNB de Rennes
Face à elle, Lukas Hemleb, metteur en scène à la poigne vigoureuse qui allie sur les plateaux le trouble à la frontalité. Il crée "Harper Regan", pièce signée par un auteur né en 1971, Simon Stephens.Au Théâtre du Rond- Point jusqu'au 19 février 011
Et pour nous éclairer sur ces deux univers dramatiques, nous avons demandé à une spécialiste des dramaturgies britanniques de prendre la parole. C’est Elizabeth Angel-Perez, universitaire, à qui l’on doit un remarquable essai sur les écritures anglaises qu’on ne saurait trop vous conseiller. Il s’intitule « Voyages au bout du possible , les théâtres du traumatisme de Samuel Beckett à Sarah Kane » et il est édité chez Klinksieck.
Et enfin, comme chaque semaine, vous entendrez la critique de l’un de nos jeunes chroniqueurs.
Joëlle Gayot
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Droit de réponse d'Elisabeth Angel-Perez à Lukas Hemleb
"Je n’étais pas en studio lors de l’émission qui a mis en présence Chantal Morel et Lukas Hemleb. Mon intervention a été enregistrée et a, pour partie, fait l’objet d’un montage proposé aux deux metteurs en scène afin qu’ils rebondissent. Je tiens donc à répondre aux derniers propos de Lukas Hemleb. Si je n’ai pas dit que Beckett était un auteur drôle, il ne s’en suit à l’évidence pas que je pense le contraire. L’entretien ne consistait pas à passer en revue toutes les caractéristiques de chaque auteur. Beckett est précisément un des premiers contemporains à recontextualiser le tragique (l’effondrement du sens) dans le farcesque (« Rien n’est plus drôle que le malheur », dit Nell). En outre, parler de divertissement dans le West End ne fait pas des spectateurs des imbéciles pour autant. Bien sûr que Beckett se joue souvent à guichet fermé dans le West End londonien, je parlais de Bond et de Barker, lequel se voit réduit à donner ses pièces dans des lieux comme le Riverside Studio ou l’Arcola theatre. Enfin Bond est un des auteurs que je tiens pour les plus talentueux et passionnants de la fin du 20ème siècle et un théâtre « plus sombre », pour reprendre vos propos, M. Hemleb, n’est en aucune manière le contraire d’un théâtre intéressant : c’est précisément ce théâtre là pour lequel je me passionne depuis vingt-cinq ans !"
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