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Les Mercredis du théâtre

Les Mercredis du théâtre│09-10

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Emission Les Mercredis du théâtre

le mercredi de 15h à 16h

Molière

26.05.2010 - 15:00

Le moment est venu pour nous d’évoquer l’homme qui incarne incontestablement en France et bien au-delà, ce que le mot théâtre veut dire, dans son sens le plus plein : Ecrire, jouer, mettre en scène, battre la campagne, diriger une troupe et un théâtre, gérer les questions d’argent, représenter l’excellence et survivre aux siècles qui passent sans que jamais ne s’essouffle la ferveur des spectateurs et des lecteurs. Un seul a réussi cette prouesse. Il est né en 1622 et mort en 1673. Place à Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.

 

Le Bourgeois Gentilhomme mis en scène par Benjamin Lazar Robin Davies©DR

 

Alors qu’une édition Pléïade vient de paraître, rassemblant les œuvres complètes de Molière, sous la direction de Georges Forestier, il est plus que jamais nécessaire de se pencher sur une série d’idées reçues qui accompagnent la gloire de Molière. Idées reçues, malentendus, incompréhensions et zones d’ombre. La préface en Pléaïde que signe Georges Forestier tord le cou à un certain nombre d’interprétations tronquées et fait se lever une approche toute nouvelle de ce génial entrepreneur, de cet artiste d’exception dont la vie est, en bien des points, édifiante. Et ce n’est pas la biographie, toute de relativité pétrie, qu’a écrite aux editions SEM, dans un autre registre, Georges Zaragoza qui contredira cette vision . A l’observer de près, il semble bien que le destin de Molière ait été le fruit d’une volonté de fer qui renvoie de l’homme l’image d’un grand stratège mettant au service de son art une énergie et une intelligence hors du commun.

De l’Impromptu de Versailles, première de ses comédies importantes et notables au Malade imaginaire, la dernière de ses pièces, celle qui le voit, quasiment, mourir en scène, rien n’est ne s’est fait au hasard dans la vie de Molière. On se souvient de L’Ecole des femmes et sa fameuse querelle, de Tartuffe et la censure qui s’en suivit, des attaques contre le corps médical répétées à loisir, d’une collaboration fructueuse avec Lully qui n’était pas qu’artistique.

Au fond, Molière poursuivait toujours le même but : Il lui fallait coller à son époque, satisfaire le roi qui payait, entrainer son public dans la confidence et la connivence, deviner les  attentes, fustiger les uns, flatter les autres, rester, quoi qu’il arrive celui qui créait l’événement, et parfois, aussi, le scandale.

Pour évoquer ce Molière malin, subtil, entrepreneur, trois invités nous retrouvent dans les Mercredis du théâtre. Georges Forestier et Georges Zaragoza, dont je citais les ouvrages. Et Benjamin Lazar, qui, avec la ème mise en scène du Bourgeois Gentilhomme a ressuscité à Versailles la représentation telle que Molière et Lulli l’avaient, en leurs temps, pensée. ( A voir  sa mise en scène des "Amours tragiques de Pyrame et  Thisbé" de Théophile de Viau au Théâtre de l'Athénée à Paris du 27 mai au 12 juin 2010)

Joëlle Gayot

Invité(s) :
Georges Zaragoza, professeur à l'IUniversité de Bourgogne. Auteur d'une biographie de Molière aux éditions SEM.
Georges Forestier
Benjamin Lazar, metteur en scène

Thème(s) : Arts & Spectacles| Théâtre| Benjamin Lazar| georges forestier| Georges Zaragoza| Molière