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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 10-11

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Emission Les Nouveaux chemins

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 59 minutes

Bac Philo (2ème semaine) 5/5 : Peut-on penser la mort ? 18

10.06.2011 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Avec Pierre Dulau, professeur de philosophie au Lycée International de Strasbourg.

 

Semaine spéciale Bac philo aussi pour le Journal des Nouveaux Chemins, qui reçoit Martine de Gaudemar, à propos de La voix des personnages (Cerf).

 

Pierre Dulau M.Boistay©Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Martine de Gaudemard et Adèle Van Reeth J.TRICARD©Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Extraits :
Jacques Brel, Vieillir
Léo Ferré, Ne chantez pas la mort
Charles Trenet, Mourir au printemps

Bibliographie conseillée :

 

- Platon, Phédon, 64 a., trad Robin, Paris, la Pléiade, 1950, tome 1, p. 774 

 

- Epicure, Lettre à Ménécée, in Lettres, maximes, sentences, trad. J. F Balaudé. Paris, Le livre de poche, 1994. § 124 et 125, page 192

 

- Saint Augustin, Les Confessions, livre 4, 4, 9, trad. Labriolle, Paris, les belles lettres, 1925, tome 1, p.  72

 

- Voltaire, Dictionnaire philosophique, tome 4 

 

- Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques, L’isolement, la Pléiade, 1963, page 3 

 

- Heidegger, Etre et Temps, § 48 et § 50 et 51

 

- Jankélévitch : La mort, Paris, Champs Flammarion, 1977, p. 6

 

- Jean-Claude Ameisen, sur l’apoptose : La sculpture du vivant, Paris, Seuil, 1999, p. 40

 

Plan détaillé :

I LA MORT EST UN QUADRUPLE SCANDALE POUR LA PENSEE : Elle est l’impensable

1. Scandale logique : on n’en fait pas l’expérience : Epicure

2. Scandale moral : la souffrance du deuil est incommunicable : Augustin

3. Scandale épistémologique : « la science n’a rien à nous dire » : Husserl

4. Scandale métaphysique : l’on ne peut rien dire de ce qui n’est pas : Parménide

Transition :

Réfutation des quatre premiers arguments. De la pensée scandalisée à la pensée déterminée.

 

II LA MORT EST DETERMINABLE UNIVERSELLEMENT EN SON CONCEPT :

Elle est un objet spéculatif

  1. 1. La séparation : physique, morale, psycho-physique, métaphysique

  2. 2. La fin : absence et achèvement

  3. 3. L’imminence pure : l’horizon qui délimite toute expérience

  4. Synthèse

Transition :

La détermination conceptuelle oblige à une méditation. La pensée doit changer de registre pour pouvoir élucider l’énigme. Penser la mort, c’est l’accepter et ne pas s’en excepter.

 

III LA MORT EST L’IMPENSE QU’IL NOUS FAUT SANS CESSE MEDITER C’EST-A-DIRE INTERIORISER :

Il faut consentir à la mort pour bien vivre

  1. 1. La mort est une énigme : distinction entre « énigme », « question » et « problème »

  2. 2. Recueillir et intérioriser l’énigme : l’expérience de la foi et de la prière

  3. 3. Contempler et magnifier l’énigme : l’expérience d’art

  4. 4. Aimer l’énigme : parvenir à croire en ce que l’on sait : faire sienne sa mort

 

Conclusion : l’objectivation et l’universalisation de l’expérience nous conduisent naturellement à une méditation par où la pensée se découvre comme puissance d’accueil et de recueil de l’expérience. La mort est énigme et non pas problème pour la pensée : elle donne infiniment à penser et donc paradoxalement à vivre.

Invité(s) :
Martine de Gaudemard, professeur des Universités à Paris Oust-Nanterre
Pierre Dulau, agrégé et docteur en philosophie.

Thème(s) : Idées| Philosophie| Idées| Bac philo

18 commentaires

Portrait de l'équipe des NCC l'équipe des NCC20.06.2011

Voici le message d'un auditeur:

 

"Raphaël Enthoven,
Etant élève de philosophie l'an prochain au lycée Pierre De Fermat à
Toulouse, je me prépare dès à présent à "la redoutable épreuve du bac
philo" pour citer vos mots. Je pense que nous vivons dans une société qui
demande au quotidien aux lycéens l'excellence pour réussir. Ce que je
trouve dommage, c'est que l'école ne nous apprend pas plusieurs choses.
Tout d'abord, ce que selon moi, elle devrait nous apprendre, c'est
POURQUOI apprendre. Combien de professeurs de mathématiques ont séchés
en voulant répondre à cette question ? Elle ne nous apprend pas non plus
COMMENT apprendre. On m'a toujours dit que pour réussir, il fallait
travailler deux heures par jour. On ne m'a jamais appris comment meubler
ces heures. Un seul professeur m'a vraiment conseillé sur ce point en me
disant d'écouter "Les nouveaux chemins de la connaissance". Vous
connaissez ? J'avouerai que je ne comprends pas tout le savoir que vous
nous inculquez dans cette émission, mais espère la comprendre dès lors
que mon arbre philosophique aura germé. Quoi qu'il en soit, je reste un
auditeur assidu de vos émissions, retenant ce qui m'est capable de
comprendre. Surtout assidu aux semaines que vous consacrez au bac philo (ce
qui est vraiment génial !) Auriez-vous des premières lectures à me
conseiller pour commencer mon année de terminale sur de belles bases ?
En espérant une longue vie aux nouveaux chemins. Merci de cette lecture.
Nicolas Scheffer.
PS : Petite question philosophique pour heures oisives... "Selon vous, à
partir de quand doit-on limiter notre bonheur pour faire place à la
liberté d'autrui ?""

Portrait de Anonyme jean-luc hill15.06.2011

Après une si belle émission, j'ai mauvaise conscience à revenir à des propos qui concernent davantage l'organisation des études secondaires. Mais puisque M. Enthoven en parlait, je lui emboîte le pas.
On peut souhaiter que la philosophie soit aussi enseignée en seconde et en première et rappeler au ministre ses promesses. Mais peut-on séparer l'énoncé de son intention, surtout quand c'est un ministre qui parle ? Je veux dire que la promesse faite par le ministre cache le sort véritable qui sera fait à la philosophie au lycée à partir de la rentrée scolaire de 2012 : une heure hebdomadaire en moins en terminale S, les sections technologiques qui perdront le bénéfice d'une heure hebdomadaire en demi classe, portant utile à l'apprentissage des méthodes. Les heures perdues pour les enseignants devront être effectuées autrement pour qu'ils ne se retrouvent pas en sous-service... Autrement dit, la promesse en question ne signifie rien de plus que ceci : les professeurs de philosophie compléteront leur service en seconde ou en première, sans qu'on y affecte davantage d'heures (c'est-à-dire à moyens constants). L'intérêt de la jeunesse n'est qu'un prétexte qui ne saurait tromper que les plus naïfs, car on voit mal comment une initiation pourrait être profitable si elle ne touche pas toutes les classes d'un même lycée (puisque les classes de terminale résultent souvent d'une recomposition des classes de première). Le problème ne se posant plus lorsqu'un enseignant partira à la retraite à cause des heures qu'il libérera, il y a fort à parier que ces heures d'initiation disparaîtront. Le problème du sous-service a été par exemple anticipé dans l'académie de Strasbourg, puisque certains professeurs ont été invités à proposer pour l'année prochaine des projets "innovants" à l'intention de quelques classes de première.
Je regrette que M. Enthoven ne prenne pas davantage en considération l'arrière-plan économique voire idéologique qui travaille les projets politiques généreux d'apparence. Certes les nouveaux chemins de la connaissance n'ont pas pour but d'être une tribune, mais on ne peut évoquer une telle promesse politique sans éclairer l'auditeur sur les difficultés qu'elle suppose ni surtout les calculs qu'elle occulte. Cela n'enlève rien à l'estime que je lui porte pour la qualité remarquable de ses émissions et pour le service qu'il rend à la philosophie, ce dont je le remercie.

Portrait de Oceandencens Oceandencens13.06.2011

Merci de la rapidité de votre réponse.
Peut-on tout de même espérer une augmentation future de ce nombre ou une publication cd des émissions précédentes ?

Encore pardon du hors sujet mais à quand une semaine sur la science? les mathématiques? la physique? quelle vision possible des mathématiques sur la philosophie et réciproquement? un physicien est il nécessairement platonicien ou spinoziste? (demandé à Aurélien Barrau!). La physique décrit elle Le monde? Un monde? Quelle regard de la philosophie analytique (M.Bouveresse) sur la philosophie "classique"?

En espérant écouter un jour ces émissions, je vous salut !

Portrait de hypokhagneux hypokhagneux12.06.2011

Bonsoir Raphaël et toute la merveilleuse équipe des nouveaux chemins. Enfin, je me décide à vous écrire pour vous faire part, une fois n'est pas coutume, de mon respect le plus sincère et de ma plus profonde gratitude. Merci les nouveaux chemins d'être apparu dans ma vie il y a 3 ans, lors de mon année de première ES, et d'avoir bouleversé mon existence au point d'entamer - cette année - une hypokhâgne au lycée Montaigne de Bordeaux. Merci de m'avoir si délicieusement entraîné dans les dédales de la pensée et de m'avoir fait découvrir la philosophie. Aujourd'hui, j'attend mon passage en khâgne avec anxiété, je continuerai dans tous les cas en philo en seconde année mais j'espère passer pour pouvoir continuer l'année prochaine avec politique et droit ainsi que Bergson et Montesquieu au programme d'option philo pour la préparation à Ulm. Je vous remercie encore une fois Raphael pour toutes vos entreprises, de France culture à Arte en passant par Philomag et vos deux recueils formidables. Même cette année, les semaines consacrées au bac philo m'enchantent et continuent à affiner la dissertation de philo en hypokhâgne. Je terminerai enfin ce message par des suggestions et quelques questions pour vous, Raphaël. Tout d'abord, pourquoi ne pas venir un jour au lycée Montaigne pour une petite conférence? Nous sommes quelques uns en option philo, dans ma classe, à vous apprécier beaucoup et je suis convaincu que votre passage serait très remarqué. De plus, je termine tout juste une dissertation sur "l'instant" et je pense que ce thème pourrait être très intéressant à débattre dans philosophie sur Arte. Qu'en pensez-vous? Enfin, Raphaël, je viens de découvrir, en feuilletant le tome 1 de Rousseau en pléiade, un passage extrait de "Fragments autobiographiques", intitulé Mon Portrait, item 30. Il semble en effet corroborer parfaitement avec votre dernier texte sur le GPS car Rousseau fait ici l'éloge du vagabondage parisien. Voici ce qu'il dit " Je n'aime pas même à demander la rue ou j'ai à faire, parce que je dépends en cela de celui qui ma me répondre. J'aime mieux errer deux heures à chercher inutilement: je porte une carte de Paris dans ma poche à l'aide de laquelle et d'une lorgnette je me retrouve à la fin, j'arrive croté, recru, souvent trop tard mais tout consolé de ne rien devoir qu'à moi même." Voila, faites part, si vous avez le temps, de ce que vous pensez de toutes ces remarques tant votre réponse me ferait une joie infinie. Continuez en tout cas votre quête de diffusion et j'espère, dans quelques années, pouvoir enseigner moi aussi le calice de la pensée et espérer - pourquoi pas? - le diffuser aux classes et lycée et au collège. Mon plus grand remerciement de la part de quelqu'un qui, comme vous, est un amoureux de la sagesse. Merci, je vous envoie ce message ici après vous l'avoir fait partager sur France culture. Deux précautions valent mieux qu'une, parait-il.

Portrait de Oceandencens Oceandencens12.06.2011

Bonjour,

Étant étudiant et ne faisant plus de philosophie (bien que passionné), je me demandait où peut-on trouver les émissions plus vieilles que celle du 30.08.2010 ? (désolé si ce n'est pas le lieu approprié pour ce genre de question)

Merci d'avance !

Portrait de l'équipe des NCC l'équipe des NCC13.06.2011

Bonjour,

Depuis le début de l'année, chaque émission est réécoutable pendant 500 jours, mais ce n'est malheureusement pas le cas pour les émissions précédentes.

bien à vous

Portrait de Anonyme Maurice Navarro12.06.2011

3 autres citations:

Jacques Brel : "En naissant, nous avons déjà des rides autour du cerveau et autour du coeur".

St Augustin ? : "Tu dis que tu as peur de la mort. Pourquoi as-tu peur de faire une dernière fois ce que tu as fait tout au long de ta vie, puisque tu commences à mourir dès l'instant où tu commences à vivre".

Maurice Navarro : "Je m'étonne de ces enfants qui, un jour, prennent conscience qu'ils sont mortels. Je n'ai jamais subi le traumatisme de cette révélation, car j'ai toujours porté au ventre cette angoisse depuis le jour de ma naissance (et sans doute avant).

Portrait de Anonyme luroluro1411.06.2011

Trois citations

La mort ne vous concerne ni mort ni vif : vif parce que vous êtes ; mort parce que vous n'êtes plus.
[Montaigne]

On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d'âme.
[Marcel Jouhandeau]

La mort n'est que la mort ; on ne signifie rien par sa mort mais on la subit.
[Eric-Emmanuel Schmitt]

Portrait de Anonyme Jeanne11.06.2011

Je viens de réécouter cette émission forte intéressante.
A la première question : Dans quelle situation rencontre t'on la mort ?
Je répondrai nous la rencontrons tous les jours, au regard du journal télévisé et autres médias, dans les séries policières diffusées chaque soir, dans nos lectures, puis en sortant dans la rue - regardons les personnes âgées ...
Aussi chaque jour que nous vivons, hier était un autre jour et demain sera un jour nouveau. Chaque minute que nous vivons ne se revivra plus. Etc....

Portrait de Anonyme Jeanne R.11.06.2011

Luroluro 14, votre propos m'intéresse, laissez-moi vous répondre cela me fait plaisir, même si trouver un semblant de plaisir à parler de la mort peut paraître bien étrange ! A cela j'ajouterai qu'il est préférable de s'en faire une compagne ; voilà une des manières de l'exorciser.

Selon moi, il s'agissait là de présenter la mort à l'état pur, soit en dehors de toutes croyances.

Sans nier l'horreur et le malheur que celle-ci apporte avec elle et autour d'elle, je crois que le tragique indicible de la mort est en partie véhiculé par les adultes, un peu comme si le recul manquait et surtout une façon superstitieuse de ne pas la regarder en face parce qu'elle fait trop mal, donc peur (en disant cela, je ne peux m'empêcher de repenser à La Rochefoucault : "Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face").
Et sans parler que beaucoup d'adolescents s'imaginent être immortels, c'est dire combien il doit être complexe pour la jeunesse de parler d'un concept que l'on a enfermé dans un registre à part, en ayant pris soin de l'éloigner le plus possible de sa réalité afin d'épargner tout le monde ; ainsi fonctionne notre Société.

Pourtant, qu'y a-t-il de plus naturel que la mort ? La vie, puisque l'un ne peut aller sans l'autre. Pour cette raison et pour bien plus encore, il nous faut transcender la mort, c'est le rôle de la philosophie de nous montrer le chemin le plus sage. Rappelons-nous toujours : "Apprendre à philosopher, c'est apprendre à mourir !" Mais, bon, je ne vous apprends rien...
Jeanne R.

Portrait de Anonyme luroluro1410.06.2011

La mort n’est t’elle que celle du corps ? N’y a t’il pas d’autre façon de l’aborder que comme un futur incontournable vécu comme une tragédie ? Des milliards d’hommes sur cette planète ont une autre manière d’envisager la mort, cela ne mérite t’il pas un examen de cette autre perspective.

Dans les philosophies (métaphysiques) orientales, la mort de l’ego, ou réalisation, est la "naissance au Soi".

La fin du "moi" n'est que la fin du moi-ego, la perte de l'individualité.

La compréhension du caractère illusoire du moi-ego, de la conscience dualiste, nous fait réaliser le caractère illusoire de la mort de cette individualité.

Si nous réalisions que l'existence du moi-ego est illusoire, notre mort ne serait plus que la fin d'une illusion !

La mort est traumatique dans la mesure où l'on croit exister et où l'on ne veut pas disparaître en tant qu'individualité.

En outre, plus on sera soucieux de notre "existence", plus nous penserons à la mort comme à une fin pleine d'incertitude et plus nous souffrirons.

Ceux qui, dans la "Réalisation spirituelle" meurent à eux-mêmes, meurent à leur ego et ne connaîtront pas la mort, ce qui ne veut pas dire que leur corps ne disparaîtra pas car ce dernier n'est qu'un véhicule temporaire.

Ceux qui "meurent avant de mourir" deviennent immortels.

La physique est de plus en plus en cohérence avec les livres de Sagesse de l'Hindouisme, du Taoïsme, du Bouddhisme du Soufisme qui ont pour but de proposer cette réalisation :
cf par exemple les ouvrages « le Tao de la physique » de Fritjov Capra Ed Sand (1985)et « L’impensable réalité » de Jean Bouchart d'Orval aux Editions Almora (mai 2006).

Certes les philosophes et métaphysiciens orientaux ne sont pas au programme du Bac, mais il n’est pas interdit de connaître les grandes lignes de leur pensée ; cela d'autant plus qu'ils contribuent à une vision optimiste du monde et à une joie réelle fondée sur une approche à la fois très scientifique et transcendant les raisonnements purement intellectuels par une approche directe et intérieure de la Réalité.

Portrait de Anonyme Jeanne R.10.06.2011

Malgré son côté universel, il n'y a rien de plus individuel que la mort, autant dire qu'elle ne peut se partager, alors il ne nous reste que l'idée d'en parler.
Je me souviens, Raphaël, un autre jour vous avez dit très justement : "Quand la mort est là, il ne s'agit pas d'avoir l'air de...".
En parallèle, comment ne pas penser au "Dialogue de Carmélites" car c'est aussi une sacrée leçon de réflexion sur la mort que nous donne à lire Bernanos.
Jeanne R.

Portrait de Anonyme Jeanne R.10.06.2011

Merci pour la très grande qualité des propos échangés, échangés sur un sujet impensable, sujet tellement grave, sujet des plus morbides, toutefois, à deux voix vous nous avez fait passer l'idée de la mort plutôt douce et bien pensable.
La mort a le mérite d'être directe tout en étant on ne peut plus personnelle : elle nous met face à nous-même pour ensuite nous priver de nous-même. Et si trop parler à la mort tuait la mort ?
Jeanne R.

Portrait de Anonyme luroluro1410.06.2011

Quelques compléments concrets suggérés :

L'expérience de mort imminente (EMI) pourrait être évoquée comme une possible "expérience temporaire" de la mort. Certes il peut s'agir d'un coma profond dans un corps considéré comme cliniquement mort et non pas de la mort effective. De ce fait, il pourrait être intéressant de se demander à partir de quel moment l'on a pu et où l'on peut considérer quelqu'un comme mort (absence de buée sur le miroir et absence de réaction au "croque mort" autrefois, arrêt cardiaque ou/et mort cérébrale aujourd'hui).

L'acharnement thérapeutique et l'euthanasie aurait pu aussi être évoqué comme des sources de questionnement éthiques très actuels. Ces interrogations ne me semblent pas hors sujet. Elles permettent de penser la mort sur un plan plus concret (scientifique et éthique)que métaphysique, qui a été largement abordé.

Remarque : Le sujet a été remarquablement traité, mais comme toujours à un niveau très élevé pour un bachelier moyen.
Certes il faut viser l'excellence, mais il ma parait prudent d'éviter de décourager de nombreux jeunes qui stressent en ayant l'impression de ne plus rien savoir, phénomène courant à l'approche des examens ou des concours (ce qui était mon cas). Il est vrai que vous avez insisté sur des aspects méthodologiques qui permettent de faciliter le travail (importance des transitions conduisant à des oppositions, importance de ne pas perdre le fil de la démonstration etc...)

Autre formulation possible du sujet : La pensée de la mort a t’elle un objet ? Voir sur cette question http://www.philocours.com/disse/diss-mort.html (un extrait intéressant est gratuit, pour le tout il faut payer quelques euros...)

Portrait de Anonyme Lestrade10.06.2011

Votre troisième partie ne consiste-t-elle pas à transférer la mort vers quelque chose d'autre que la pensée au sens philosophique (la foi, ou même l'art)? Le philosophe qui refile le bébé au curé. Ou alors, on déplace le terrain de la réflexion ou de la méditation d'un cran: il faut penser la foi qui prétend triompher de la mort ("O mort, où est ta victoire?" etc.)

Portrait de Anonyme Lucie LEDUC10.06.2011

C'est votre fait , si une fois encore , je me trouve à louer votre émission de ce jour , " Peut-on penser la Mort ?".
Puisque , comme vous le dîtes , il nous est difficile de quitter cette heure , pourquoi ne pas la considérer comme un 1° chapitre et envisager un 2° chapitre , lors d'une autre et prochaine émission , avec votre merveilluex invité Pierre Dulau . Pas facile à mettre en oeuvre , je n'en doute pas , dans la mesure ou les différentes semaines sont consacrées chacune à un théme donné . Sachez que l'envie est très forte de continuer sur ce sujet , aux réflexions sans fin . ( sans jeu avec la notion de .... la finitude ....)
Cordialement .
Lucie Leduc .

Portrait de Anonyme moskar310.06.2011

Je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on ne peut faire l'expérience de sa propre fin. Voire les récits des NDE.
Mais aussi en simple empathie avec le moment de la mort de l'autre...voir se matérialiser le dernier souffle est une expérience impressionnante qui provoque en nous une certaine commpréhension de ce que peut être sa propre fin matérielle...
une autre forte expérience de sa propre mort est celle métaphysique et dans ce cas "Le testament espagnol" d' Arthur Koestler en donne une description précise...la distanciation avec soi-même.
Dans tous ces cas, au final, une certaine douceur prend place.
Le deuil par contre est violent...mais ce n'est pas une expérience de la mort en elle-même, c'est plutôt une expérience de la perte, de l'abandon.

Portrait de Anonyme Theo10.06.2011

bonjour,

merci pour vos emissions toujours stimulante.

Je ne sais pas si je représente autre chose que mon propre souhait, mais avez-vous déjà penser à faire une série d'émissions sur Herbert Marcuse, et notamment son approche des concepts de mort (Thanatos), d'erotisme, pulsion sensuelle (Eros) ?
La philosophie politique qu'il tire de cette approche de Freud est extrêmement intéressante.

Cordialement,