Avec Patrick Dandrey.
Le Journal des Nouveaux Chemins avec Michel Schneider à propos de Voleurs de mots (Gallimard, collection « Tel »).
Raphaël Enthoven, Patrick Dandrey et Michel Schneider Claire Delnatte©Radio France
Réalisation : Mydia Portis – Guérin.
Lecture des textes : Georges Claisse.
Extraits :
B.O du film "Benjamin Button".
Extraits du film "Madame Bovary" (Claude Chabrol).
"Madame Bovary", Juliette Greco.
"J'attendrai", Jean Sablon.
"Trois valses" (II, op. 128), Darius Milhaud (B.O du film "Madame Bovary").
Invité(s) :
Patrick Dandrey, docteur ès-Lettres et professeur à la Sorbonne.
Michel Schneider, écrivain, énarque, haut fonctionnaire et psychanalyste français
Thème(s) : Idées| Philosophie| Grands Classiques| Gustave Flaubert







12 commentaires
Cette émission ne peut que permettre de redécouvrir une œuvre étudiée souvent trop tôt à l'école ainsi que cela a été dit en conclusion.
Le choix des extraits et l'analyse du livre sous plusieurs angles sont d'une qualité remarquable. Un véritable enchantement ! merci
Bonjour !
J'ai envie de vous écrire cela depuis longtemps et c'est avec Flaubert que ces choses-là se disent : Merci de tout coeur, de toute âme à Raphaël Enthoven, à toute son équipe, car c'est grâce à lui, il y a qq années, que j'ai découvert la Philosophie, que la passion de la Philosophie m'a été révélée, a dit ses premiers mots, a fait ses premiers pas. Je ne crois avoir manqué aucune émission sur France Culture ni même sur Arte, sans cécité béate ou béatitude aveugle et gardant l'élément critique indispensable, mais avec une reconnaissance éperdue, une admiration profonde aussi pour son enthousiasme, sa passion, ses envolées, ses jaillissements d'apprendre, ses infinis de questions, son humilité, et pour ce travail d'équipe France Culturel ciselé, précis,structuré, riche, nourri, référencé, éclectique aussi dans ses illustrations musicales, cinématographiques, ses lectures, qui ouvre des sentes perpétuelles, des millions de chemins, travail d'autant plus compliqué, ardu, qu'il faut condenser des travaux d'une vie en 5 fois 50 minutes.
Merci encore à Raphaël Enthoven, à toute l'équipe, de m'accompagner chaque jour en ce pays sans clôture, sans frontière, de Philosophie (n'arrêtez jamais vos émissions, qui sont comme de petits éclats, de petits trésors, rares, précieux, comme des moments qui baument le coeur, galvanisent la pensée, des rendez-vous amoureux quotidiens, dont on ne peut se passer !).
Merci de considérer ceux, sans abolir la richesse, la qualité de votre travail, sans brader, "peopliser" ou solder quoique ce soit, qui n'ont pas fait de grandes écoles, n'ont pas de doctorat en philosophie (qui pourraient en travailler un jour avec cette passion transmise !), qui ne sont pas des "spécialistes", qui n'ont pas écrit de livres, ni créé d'importants concepts, mais qui sont des amoureux éperdus que la Philosophie porte tout au long de leur vie. Merci de prendre avec vous, sur ces chemins du réfléchir, le plus de monde possible, d'étendre toujours vos bras, vos ailes, d'accueillir, d'ouvrir toutjours.
Merci pour ces vertiges perpétuels de réflexions, ces infinis de chemins, ces interrogations de partout.
Merci d'avoir été la matrice d'une Passion folle, qui est aujourd'hui, ma seconde peau.
Merci de Vous, Raphaël Enthoven.
Merci d'exister.
Bonjour,
Pour votre fidèle et catégorique auditeur Dexter (je le cite : "parce que Flaubert ne fait jamais rien pour les autres : il fait toujours tout pour lui, son seul problème c'est lui, à partir de là il fait rien d'autres qu'instrumenaliser ses personnages pour défendre ses petites idées à la noix").
Qu'il lise votre invité d'hier par exemple, Pierre-Marc de BIASI. Il découvrira peut-être l'étendue sa méprise.
Merci pour ces émissions.
Révéler aussi délicieusement le génie de Flaubert ... Les mots manquent pour vous en remercier assez.
Je crois avoir entendu le médiateur de Radio France vous placer au premier rang des podcasts : ainsi donc, pour une fois, la qualité serait en adéquation avec l'audimat ?! du quasi jamais vu ...
Auditeur acharné de la chaine depuis 1978, j'avoue que je trouvais dans les débuts le sieur Enthoven un peu … gentillet, et un tantinet trop tiède. Mais ce grand cru de la radio n'en finit pas de bonifier au fil du temps, gagnant en profondeur sans perdre en légèreté... Et depuis quelque temps déjà vous restez sur les cimes de la qualité qui donnent son sens le plus noble au Service Public. (ainsi vos semaines sur Proust, Rousseau, entre autres, sont autant de pures merveilles / et même quand je ne partage pas la sensibilité ou l'appréciation de la valeur de certains choix -- depuis Heidegger jusqu'à Simenon ou Hergé!-- je les trouve souvent passionnantes et vitalement nourrissantes pour la pensée et l'argumentation qu'elles permettent.
Donc merci, encore et simplement merci, à toute l'équipe, pour tout cet exceptionnel travail fourni. Et puissiez-vous tous continuer encore le plus longtemps possible à disséminer ainsi au vent de l'écoute cette intelligence aussi rare que précieuse dans ce monde si dur.
Un auditeur exigeant et comblé
( et bien étonné, d’ailleurs, de se retrouver ainsi, pour une fois, dans le "main stream"!)
Bonjour,
..toujours un grand plaisir de vous écouter,
..mais pour jouer les " rabat-joie " je vais vous faire un reproche , ce nest qu'un détail, mais l'entendre régulièrement chez vous ainsi que chez Adèle Van Reeth me surprend, me désole : c'est cette formule un peu laxiste, et tout compte fait pas trés gentille par laquelle vous concluez la présentation d'un livre, c'est " on trouve ça chez "..
Je ne vous suggère pas de formule de remplacement me doutant bien que vous vous serez l'une et l'autre expert en mots et nuances.
Un auditeur fidèle et critique.
La vie du personnage de Madame Bovary et de Flaubert lui-même illustre parfaitement la thèse que Schopenhauer avait déjà soutenue dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation : « la vie oscille donc, comme un pendule, de la souffrance [ du vouloir-vivre ] à l’ennui ». Et le remède est dans l’art, disait Schopenhauer, par la satisfaction désintéressée de la contemplation d’une œuvre esthétique qui nous permet d’échapper, pour un temps, au désir. L’étymologie du mot « désir » est révélatrice; il provient du privatif latin « de » et de « sidus, sideris » ( « astre » ); cela consiste à regretter la vision de l’étoile qui permettait de se diriger sur mer. Justement, l’usage de la conjonction « comme » par Flaubert permet de disjoindre le désir de son accomplissement : « Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l’immensité qui les précèdent leurs mollesses natales,[…] sans même s’inquiéter de l’horizon que l’on n’aperçoit pas » et peut-être encore plus clairement ici : « Au fond de son âme, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon ».
On peut se demander pourquoi il y eut un procès contre Flaubert qui, après tout, s’était inspiré d’un fait divers ( celui de l’épouse d’un médecin, ancien élève du père de Flaubert ), mais aussi des infidélités et des dettes de la femme du sculpteur James Pradier, ce qui est moins connu. Ce qui a choqué, c’est l’épisode de la voiture à l’intérieur de laquelle Madame Bovary ne cesse de faire l’amour avec son amant et qui suscite le désarroi du cocher qui, ayant parcouru tous les lieux possibles, ne sait plus où aller ! Cet épisode jugé trop érotique ( comme les poèmes de Baudelaire, Les Fleurs du Mal ) me semble plutôt illustrer l’écart avec les rêves de soleil couchant sur « l’étendue sans limites » de la mer, « la poésie des lacs » et « les amours de prince » auxquels elle aspire. Est-ce le « mal du siècle », ce « spleen » douloureusement « approfondi » par Baudelaire ? On sait que cette « humeur noire », du mot grec « melancholia », traverse les époques et les civilisations. Peut-être est-ce ce regard oblique, comme le soutient Pascal Quignard ( qui insiste sur la mélancolie romaine ) dans Le Sexe et l’Effroi, que l’être humain peut jeter sur sa sexualité ?
Patrice Tardieu
Merci pour la qualité de cette émission.
je crois que la chanson "J'attendrai" est interprétée par A. Claveau et non Jean Sablon, pouvez vous me le confirmer ?
merci.
Merci ! Il s'agit bien de Jean Sablon cependant. Bien cordialement
bonjour !
j'ai écouté votre émission de ce matin sur le rapport entre le mal du siècle, l'ennui, l'objet inatteignable de nos désirs, le renouvellement de la carte d'adhérent fnac et le fait d'avoir le feu aux fesses, vraiment c'était très intéressant.
par contre j'ai entendu votre invité faire le lien entre Cervantès et Flaubert, j'ai rarement entendu dire une telle pareille bêtise aussi énorme.
s'il fallait choisir un auteur situé à l'extrême opposé de Cervantès on tomberait sur qui ? je vous le donne en mille : ploum sur Flaubert ! Bovary est le livre le plus situé le plus à l'extrême opposé de don Quichotte, si un est le pôle sud, l'autre est le pôle nord..
comme le lui reprochait Sand : flaubert n'a jamais éprouvé le plus petit minuscule sentiment de la moindre petite empathie pour un de ses personnages, s'il fallait faire un classement des esprits les plus tordus de la littérature à coup sûr Flaubert aurait sa place sur le podium.
pourquoi ? parce que Flaubert ne fait jamais rien pour les autres : il fait toujours tout pour lui, son seul problème c'est lui, à partir de là il fait rien d'autres qu'instrumenaliser ses personnages pour défendre ses petites idées à la noix et régler ses comptes avec le monde entier, ce type ne fait qu'utiliser ses personnages comme des marionnettes, il tire les fils, alors je veux bien qu'on raconte n'importe quoi, mais il ne faut tout de même pas prendre flaubert pour Henri James ou Tchekov !
en un mot, pour résumer la situation : flaubert est tout le contraire de Cervantès.
misère de misère dans quel monde nous vivons...,
donc c'est très bien de faire des émissions sur flaubert mais dites moi une chose franchement : est-ce une raison pour que ce soit là une occasion pour insulter Cervantès !!!???
misère de misère,
bon, merci pour vos émissions,
un fidèle auditeur.
Si Flaubert s'aima, il fut bien Emma ! (si beau varie, bien fol qui le lit, pourrions-nous proverbialiser d'un roman considéré , à notre époque, aussi "peesimiste" qu'un Balzac ou Maupassant, par certains manuels scolaires... )
Tiens oui, au fait, pourquoi l'avoir placé après Salammbô ?
Car si l'accueil fut plus honorable, eût-il écrit la Carthaginoise ? Puisqu'il se désola de son procès par deux lettres en Février 1857 :
- à Madame Pradier :"Quelle force que l'hypocrisie sociale ! Par le temps qui court tout portrait devient une satire !
- à Schlesinger : "On ne veut plus de portraits ! Le daguerréotype est une insulte ! Et l'histoire une satire ! Voilà où j'en suis !
Lui que la sixième chambre du tribunal de police correctionnelle poursuivit pour "offenses à la morale publique et à la religion" (Lamartine et Baudelaire n'arriveront pas à le défendre)...
Quatre heures de réquisitoire pour conclure : "que si le mari sent croître son amour en apprenant les adultères de sa femme, que si l'opinion est représentée par des êtres grotesques... une seule personne a raison, règne, domine : c'est Emma Bovary. "
Pour l'équipe de NCC :
Pour être cent fois d'accord avec le contenu du message de cette prof de philo quant à la richesse de vos émissions, je ne saurais dire, en ce qui me concerne, combien certains de vos thèmes - lorsqu'ils rentrent en résonance avec ma pensée du moment - nourrissent mes écrits littéraires (je pense, entre autres : à l'improvisation, au désir ou au rapport au temps, sujet intemporel...) Et donc pour rien au monde, je ne me départirais de cette écoute tant sa qualité répond pour beaucoup à mes exigences et ce d'une manière idéale ; sans parler que je n'ai de cesse de chanter vos louanges. (Je suis parfois effarée de lire des commentaires "assassins" et j'avoue ne pas saisir les motivations de ces auditeurs-là !!) Quoi qu'il en soit, fidèle je suis et fidèle je vous resterai !
Jeanne R.
Bonjour, Voici le commentaire d'une auditrice :
"Bonjour. je voulais juste vous remercier pour la qualité de vos émissions que j'écoute régulièrement et qui sont pour moi un véritable outil de travail: prof de philo "de base", en lycée, elles permettent de "m'entretenir", de me cultiver, de renouveler mes cours, me donnent des idées de lecture.. C'est précieux! Je les conseille à mes élèves (qui eux m'ont fait découvrir vos émissions sur Arte, que je leur conseille aussi) et j'apprécie surtout l'alternance de sujets et de traitement "grand public" (sans mépris!) et celle de questions et d'approche plus "pointues". Continuez ainsi et encore merci! Cordialement Myriam, auditrice et "postcasteuse" fidèle"