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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 10-11

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Emission Les Nouveaux chemins

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 59 minutes

La Justice 4/5 : Le métier d'avocat 7

14.10.2010 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

 Avec Pierre-Olivier Sur, avocat pénaliste, auteur de Dans les yeux du bourreau (Lattès, 2010). Il interviendra sur les facettes de la vérité dans le métier d'avocat.

 

Le Journal des Nouveaux Chemins, avec Claude Romano, à propos de son ouvrage De la couleur (Ed. De la transparence).


Réalisation : François Caunac
Lecture de textes : Jean-Louis Jacopin 

 

 

Claude Romano et Pierre-Olivier Sur F. Salmeron©Radio France

 

Extraits musicaux :

Sinclair, Que justice soit faite.

Michel Legrand et Didier van Covlart.

Gershwin, Morning lawyer (Porgy and Bess, 1935).

Extraits audio de Délits Flagrants de Raymond Depardon 1994).

L'associé du Diable, réal. Hasckford, 1997.

Sacha Guitry, La Poison (1951).

Barbet Schroeder, L'avocat de la terreur (2007).

Invité(s) :
Claude Romano, professeur à l'Université Paris IV
Pierre-Olivier Sur, avocat pénaliste

Thème(s) : Idées| Philosophie

Document(s)

Événement(s)

  • Rencontre

    Colloque International Schopenhauer

    Programme Vendredi 22 octobre : 9h : Matthias Koßler (professeur à l’Université Johannes-Gutenberg de Mayence, président de la Schopenhauer-Gesellschaft) : « „Das Leben ist nur ein Spiegel” – Schopenhauers kritischer Lebensbegriff »  10h : Pierre Montebello (professeur à l’Université Toulouse II-Le Mirail) : « Schopenhauer et la théorie génétique de l’intellect » (titre provisoire)  11h : ...

    22/10/2010 - 23/10/2010

7 commentaires

Portrait de Anonyme Brenet 25.10.2010

Un etre humain qui commet un passage à l'acte est quelqu'un qui ne possède pas la maitrise du langage. Sinon, il résoudrait son problème autrement. Il s'agit de quelqu'un qui ne sait pas s'exprimer, autrement dit. L'avocat lui demande de dire sa vérité devant le juge: ce n'est pas moi qui vais le dire à votre place, lui dit-il. Un individu introverti, qui n'a pas pu demander une aide extérieure, qui s'est trouvé incapable de dire sa vérité jusqu'à présent, se trouve donc condamné à pouvoir le faire, et après quelque(s) entretien(s) avec son avocat, à se métamorphoser en quelqu'un capable de parler, qui plus est devant un juge, et devant un public.Ces quelque minutes passées avec un avocats sont-elles censées valoir dix ans de psychanalyse, ou de travail de réflexion et de recherche de la sagesse. De quand date cette démission des avocats? (éthym. avocat) Ceux qui disaient "NOUS" devant le juge me semblaient moins absurdes.

Portrait de lisa lisa21.10.2010

Dire la vérité pour "apitoyer" le juge sur cette jeune femme séropositive ?... C'est une façon d'envisager la question étrange. Pour dire oui, pour faire comprendre oui, pour présenter un contexte oui, pour parler de l'histoire qui a mené à l'acte oui, pour parler de la faiblesse des possibles oui. Mais pour parler à la raison. Cet avocat semble préférer s'adresser au sentiments... Quelle étrangeté... Et quel mépris pour le juge en face. Étrangeté confirmé à l'écoute de la compassion du pédophile qui "mourrait" s'il perdait la face devant sa famille et devant lui même. Manipulation perverse la plus triviale des pédophiles. Compassion parce qu'un pédophile n'est pas un monstre ex-nihilo oui, qu'il est le produit d'une histoire oui. Mais les propos tenus par cet avocat ont une inclinaison... étrange. Venant d'un homme supposé être du côté de la justice, et non du bien.

Portrait de Anonyme Chris74715.10.2010

A propos de la réaction de Patrice Tardieu : il est clair qu’il ne s’agit pas de défendre la thèse d’un déterminisme historique, que le régime de Pol Poth aurait pu ne pas exister si … les choses s’étaient passées différemment. Il n’empêche que je pense qu’un tel régime une fois constitué, ayant le pouvoir et la volonté d’exterminer sa population, le camp S21 existant, trouvera toujours un exécuteur des basses œuvres pour le diriger, Douch ou un autre. Que se serait-il passé dans ce cas ? y aurait-il eu plus de morts ? moins ? personne ne le sait. On peut seulement se dire que dans tous les cas l’avenir des prisonniers du S21 était sombre.

Je crois que le sens de cette réflexion est de mettre en lumière la difficulté de faire la séparation entre responsabilité collective et responsabilité individuelle

Portrait de Anonyme Chris74715.10.2010

A propos de l’intervention de Claude Romano au sujet de son livre : « De la couleur », il dit que le jaune et le bleu sont des couleurs opposées et qu’il n’existe pas de couleur intermédiaire entre les deux.

Il vous intéressera peut-être de savoir que dans le N° de septembre de la revue « pour la science » est paru un article intitulé « la perception des couleurs interdites » où précisément il est dit que dans certaines conditions expérimentales des sujets pouvaient voir ces couleurs intermédiaires, jaune-bleu ou vert-rouge

Portrait de Anonyme Maurice Navarro14.10.2010

Entretien passionnant : entrer dans la peau d'un avocat, c'est découvrir une facette de la justice que l'on ne soupçonnait pas.
Cependant, on ne peut échapper au malaise que le monde de la justice provoque chez celui qui s'y intéresse. Bien sûr, il y a plusieurs vérités : celle de l'avocat, celle du juge, celle de la victime ou de sa famille, celle du public. D'où le malaise. Car c'est la société qui juge le coupable ; on dit d'ailleurs d'un criminel libéré qu'il a payé sa dette à la société. Oui, mais pas à la victime, surtout quand cette dernière a été tuée ou mutilée, physiquement ou psychologiquement..
Le malaise aussi, c'est d'entendre Mr Sur dire (comme R Badinter pour Patrick Henry) que tout citoyen est le produit d'un implacable déterminisme. Il n'est donc pas libre, et par conséquent, non responsable.
Alors que tout l'appareil judiciaire n'a plus d'yeux maintenant que pour le coupable, on pense, comme G Pompidou citant Eluard, "à la victime raisonnable aux yeux d'enfant perdue".
On ne peut certes pas revenir à la loi du talion. Encore que celle-ci ne soit pas aussi barbare qu'on puisse le croire. Elle est un progrès, en tout cas, par rapport à la vendetta. Tu me crèves un oeil, je te crève un oeil, et on en reste là. Je ne vais pas pour ça, et par vengeance, exterminer toute ta famille ! C'était déjà un progrès sur la barbarie. Heureusement il y en a eu d'autres. Mais il n'y aura jamais UNE vérité.

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu14.10.2010

On ne peut pas dire: si tel criminel avait eu un accident, ses victimes seraient encore en vie, mais dans le cas d’un Khmer rouge comme Douch « il y en aurait eu un autre qui aurait fait le sale boulot ». C’est croire au mythe de « la Roue de l’Histoire » inexorable. Rappelons qu’il y a beaucoup de « si ». D’abord si, en France, on n’avait pas fait de Pol Pot un révolutionnaire fanatique, si Khieu Samphân, n’avait pas soutenue, à Montpellier, sa thèse sur la paysannerie où le développement des villes est comme une sangsue pour les campagnes, y aurait-il eu la déportation des habitants des villes vers les campagnes, ou les camps tortionnaires plutôt que concentrationnaires comme le S21 dirigé par Douch qui est loin d’être une brute épaisse inculte puisqu’il peut réciter Vigny et apprécier Van Gogh ou Picasso? Résultat: du 17 avril 1975 à janvier 1979, grâce à l’endoctrinement idéologique, un quart de la population du Cambodge a disparu, épuisée, torturée; 17000 crânes fracassés pour le seul S21...Peut-on dire que c’était inévitable et que de toute façon quelqu’un « aurait fait ce sale boulot »?
On peut lire à ce sujet, Anatomie d’un cauchemar ou comment on devient Pol Pot de Philip Short, voir le documentaire, S21 la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh, ou écouter France Culture, le Cambodge Au pays des tigres disparus.
Rappelons, pour mémoire, que les Khmers rouges sont restés aux Nations Unies jusqu’en 1992 et que beaucoup sont encore en poste dans leur pays, que les survivants coexistent avec leurs bourreaux à quelques mètres les uns des autres et que Maître Jacques Vergez a « disparu » de 1970 à 1978.

Portrait de Anonyme Lestrade14.10.2010

J'ai été surpris par la dernière remarque de l'intervenant: Socrate se met dans un mauvais cas parce qu'il prend ses juges de haut, avec toute l'assurance du juste persécuté. Ca m'a fait penser qu'avocats et policiers étaient peut-être, d'une certaine façon, les deux faces d'une même médaille. "Tous coupables, monsieur le commissaire! dit le chef de la police dans "Le Cercle rouge". Les enfants naissent innocents, mais ca ne dure pas!" Tous coupables, donc tous innocents! "Que celui qui n'a jamais fauté lui lance la première pierre", a dit un autre théoricien, que vous avez oublié, de la profession d'avocat. Nous communions tous, juges compris, dans le péché d'Adam, base la plus assurée de la solidarité humaine. Ce n'est pas moi, c'est Adam! On ne s'est pas suffisamment avisé que ce péché-là, autant et plus qu'il nous incriminait, nous disculpait tous. C'est ce dépressif d'Augustin qui n'a vu que la face sombre de la chose. En tout cas, c'est peut-être ça qui peut éloigner un peu de nous l'apologie de Socrate, l'altière plaidoirie du "Juste". Reste, vous l'avez dit, ce petit détail autour duquel se concentrent tous les débats: le passage à l'acte, les quelques secondes où tout bascule.