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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 10-11

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Emission Les Nouveaux chemins

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Mille Deleuze 5/5 : variations et métaphores avec Gilles Deleuze 9

17.06.2011 - 10:00

« Je n’ai jamais pu donner tort aux gens. Quoi qu’ils fassent, je n’ai pas le goût de leur donner tort. »

 

Avec Jean-Clet Martin, qui est aussi l'invité du Journal des Nouveaux Chemins, pour Bréviaire de l'éternité : Vermeer et Spinoza (Leo Scheer).

 

Réalisation : Bertrand Chaumeton

Lecture des textes : Jerôme Kircher et Irène Jacob

 

Jean-Clet Martin J.TRICARD©Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits:

- ABCdaire de Gilles Deleuze

- Pierre et le loup

- Le Schmilblick

- Bad liver and broken heart et The piano has been drinking, de Tom Waits

Invité(s) :
Jean-Clet Martin, philosophe et ancien directeur de programme au Collège international de philosophie de Paris, enseignant en terminale

Thème(s) : Idées| Philosophie| Gilles Deleuze

Événement(s)

  • Spectacle Vivant

    Robert Cantarella fait le Gilles à la Ménagerie de Verre

    Robert Cantarella fait le Gilles à la Ménagerie de Verre

    Tous les premiers lundi soir du mois à 18h à la Ménagerie de Verre, Robert Cantarella met ses écouteurs et redonne à l’identique les cours donnés par Gilles Deleuze sur l’image-mouvement à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis. Un véritable miracle.
    01/06/2011

9 commentaires

Portrait de Anonyme Lestrade18.06.2011

Je ne suis pas trop convaincu par la réaction sur l'histoire de Spinoza qui balançait des mouches sur les toiles d'araignée et les regardait se faire dévorer en riant aux éclats. Ca rappelle Malebranche qui shoota dans le ventre d'une chienne pour libérer le passage ("Cela ne souffre pas, etc."). En fait, il est intéressant de constater que ces gens-là, dans le quotidien, n'étaient pas des "sages" pouvant regarder de haut le reste de l'humanité, mais des psychopathes, comme tout le monde, et que peut-être leur tournure d'esprit (comme individus) était liée, comme chez tout le monde, à des carences affectives. Evidemment, on peut dire que c'est le regard du valet de chambre, le regard par le trou de la serrure, mais ça dépend de quoi on parle: veut-on nous imposer l'image de philosophes "en grande robe de pédants", des machines impersonnelles à concepts? Et quel intérêt de réduire les anecdotes ci-dessus à de purs concepts, en écartant avec indignation et mépris leur poids d'humanité concrète? A ce compte-là, je peux vous faire un petit baratin sur l'intense élaboration conceptuelle chez un gamin qui arrache les ailes des mouches; pourquoi devrait-il, lui, se faire traiter de psychopathe?
Evidemment, ça n'enlève rien à la valeur proprement intellectuelle de leurs travaux, et ça ne vaut en aucun cas réfutation. On ne réfute évidemment pas un philosophe en regardant par le trou de sa serrure. Mais c'est intéressant (quand un fait nous parvient par hasard) pour réfléchir au rapport de la pensée et de la vie.

Portrait de Anonyme Priam18.06.2011

Cher Monsieur,
J'ai entendu sur cette antenne votre sublime traitement d'un sujet de philosophie ("Peut-on avoir raison contre les faits ?"), appuyé sur l'exemple de la crise grecque.
Il va de soi qu'on ne saurait donner raison aux faits que lorsque ceux-ci sont considérés de façon précise, aussi exhaustive que possible et sans illusion (renvoyons ici à la pseudo-"dent d'or" moquée par Fontenelle)
Je n'ai toutefois pas bien saisi (sans doute quelque chose m'a-t-il à ce moment précis brouillé l'écoute) à quels faits vous vous référiez en ce qui concerne la Grèce :
- au "fait" que la Grèce était dans une crise indiscutable et devait donc se plier aux "recommandations" du FMI visant à la dépecer plus encore.
- au fait que cette crise était largement due à la fraude fiscale (30% de son PIB).
Merci de m'éclairer, comme vous savez si bien le faire.

Portrait de Anonyme L'économie est-elle un fait ?17.06.2011

Rediffuser l'émission sur Deleuze et la bêtise le jour-même où on se lance dans une pathétique tentative de relier la crise grecque à un sujet de philo, c'est une idée merveilleuse.
Bravo pour votre sens de l'auto-dérision.

Portrait de Anonyme Socrate17.06.2011

Au sujet du "corps SANS ORGANES", c'est-à-dire SANS INCARNATION :

"... un MYSTERE, c'est un problème qui empiète sur ses propres données, qui les envahit et se dépasse par là même comme simple PROBLEME. C'est en ce sens très précis que la famille est un MYSTERE, et c'est la raison pour la-quelle on ne peut sans impropriété, sans confusion la traiter comme simple matière à PROBLEMES. Anticipant sur des réflexions ultérieures, j'observerai dès à présent qu'entre le MYSTERE de l'UNION de l'ÂME et du CORPS et le MYS-TERE FAMILIAL, il y a une UNITE profonde et qu'on a peut-être trop peu sou-lignée : ici et là nous sommes en présence d'un même fait, puisque c'est la CONDITION même de tous les faits quels qu'ils soient : l'INCARNATION...". (Gabriel Marcel, "Le mystère familial", in "Homo Viator. Prolégomènes à une métaphysique de l'espérance", p. 96-97).

On aurait pu citer ce passage le vendredi de Bac-Philo à propos de la MORT!, du MYSTERE de la mort !... et, hier, à propos de la "BÊTISE" qui réduit "bê-tement", et systématiquement, l'INCONNU au DEJA CONNU!, le MYSTERE à un PRO-BLEME! (car un problème, ça se laisse RESOUDRE!, notamment par des moyens TECHNIQUES!),un MYSTERE non!... Voir à ce sujet la conférence de Gabriel Marcel intitulée "Position et approches concrètes du MYSTERE ontologique", conférence donnée à la société philosophique de Marseille le 21 janvier 1933).

"L'histoire ne passe pas par la négation et la négation de la négation, mais par la décision des PROBLEMES et l'affirmation des différences". (Gilles De-leuze, "Différence et Répétition", p. 344; in Isabelle Garo, "Foucault, De-leuze, Althusser & Marx", Chapitre 3: Gilles Deleuze le réfractaire,p. 204).

"... Là est la raison pour laquelle il peut sembler que nous soyons entrés aujourd'hui dans l'âge même du DESESPOIR : nous n'avons pas cessé de croire à la TECHNIQUE, c'est-à-dire, d'envisager la réalité comme ensemble de PRO-BLEMES -- et, en même temps, la faillite GLOBALE (souligné par l'auteur) de la TECHNIQUE est aussi clairement discernable que le sont ses triomphes PAR-TIELS...". (Gabriel Marcel, "Position et approches concrètes du MYSTERE onto-logique").

Cela pour simplement donner un autre son de cloche que le son de cloche de l'éternelle "ritournelle" deleuzienne!...

Socrate

Portrait de Anonyme Socrate17.06.2011

D'abord, puisqu'il n'y avait pas moyen de faire un commentaire hier, je fe-rai ici mon petit commentaire sur la "BÊTISE" : n'y a-t-il pas deux formes de "BÊTISE" : celle qui QUESTIONNE sur RIEN et a REPONSE à TOUT et celle qui QUESTIONNE sur TOUT et n'a REPONSE à RIEN!?...

Ensuite, pour faire un petit commentaire (avant d'aller à mon travail) sur ce qui a été dit ce matin (ce qui me passe actuellement par la tête, sans trop réfléchir ni nuancer mon propos) : juste à propos des "CORPS sans OR-GANES" que Vous considérez, peut-être à juste titre, comme "morobides" : un CORPS ne PREND-il pas CORPS? C'est-à-dire, à travers lui, l'ESPRIT ne S'IN-CARNE-t-il pas!? Càd, - pour fixer les idées et utiliser une métaphore -, c'est comme de l'EAU qui SE CRISTALLISERAIT! Le problème, dès lors, est ef-fectivement, - et comme l'a bien vu Deleuze -, COMMENT maintenir FLUIDE ce flux MALGRE sa CRISTALLISATION!? Il semble que la solution de Deleuze (- com-me celui d'un BOUDDHISME caricatural! -) à ce "problème" est de purement et simplement SUPPRIMER les CRISTAUX!, - les ORGANES! -, pour permettre au FLU-IDE de se remettre à COULER! C'est génial comme idée! (C'est déjà celle de BERGSON, puisque l'ELAN VITAL, en se "HEURTANT" aux "OBSTACLES", PREND FORME et "CREE" les FORMES!, les ORGANES! Et, en SE REFLECHISSANT sur ces ORGANES-OBSTACLES, l'élan vital PREND conscience, - càd PREND FORME sous forme d'"ES-PRIT" (intelligent et réfléchi) -, de LUI-MÊME! C'est pourquoi Bergson, dans "L'Evolution CREATRICE", utili-se cette étonnante image qui assimile l'ELAN VITAL (par rapport à ses "RETOMBEES" qui donnent naissance aux formes dans la nature et aux organes dans les corps) à une MAIN (invisible!) qui aurait plongé sa main dans de la LIMAILLE de FER et puis, ensuite l'en au-rait retiré, de sorte qu'elle aurait laissé derrière elle des CRISTAUX, des formes et des ORGANES!... Bergson utilise aussi cette autre image : l'HOMME est l'UNIVERS devenu CONSCIENT de lui-même! L'"UNIVERS" en question, c'est évidemment l'ELAN VITAL!...).... C'est donc génial comme idée! Mais que fai-re alors des CONTRADICTIONS qui permettent à l'ELAN VITAL de REBONDIR!?...

En supprimant les "ORGANES" (du plan corporel, individuel), supprime-t-on en même temps les "OBSTACLES", les "SINGUALRITES" (du "plan PRE-individuel"), ou alors, - ce qui serait la thèse de Deleuze -, faut-il supprimer ces OR-GANES (individuels) eux-mêmes pour précisément accéder à ces "OBSTACLES", à ces "SINGULARITES" (seuils, niveaux, différences de quantité, différences de degré) pour pouvoir s'approprier le PROCESSUS (créateur) de DIFFERENCIATION et pour pouvoir REBONDIR sur ses "OBSTACLES"!?.... (j'ai ajouté cela après coup en mettant de l'EAU dans mon vin!...).

Socrate

Portrait de Anonyme Jeanne R.17.06.2011

Juste un petit mot pour rebondir sur le thème d'hier consacré à "La bêtise" :
La bêtise reste une affaire publique, elle a à la fois raison et tort c'est là toute sa complexité. C'est dire si la raison de la bêtise est la bêtise elle-même !

Aujourd'hui se termine le cycle de "Mille Deleuze", je laisse donc Deleuze à Deleuze. Il n'empêche, j'attends Proust avec impatience et bonheur vu que Proust fut cité mille fois par Gilles Deleuze mais surtout si l'idée vous prend de faire comme ce maître de la philosophe, c'est-à-dire "de tout faire graviter autour d'un même sujet" (pour citer votre intervenant), le sujet (selon moi) étant à chercher et à trouver dans "La Recherche...".
Jeanne R.

Portrait de Anonyme Martoufe17.06.2011

bon courage, les filles
un lien
http://www.youtube.com/watch?v=gkS0yUxZ-go&feature=related

Portrait de Anonyme luroluro1417.06.2011

La vie est une ritournelle. Voir http://www.youtube.com/watch?v=Qsk8QQj5Nrc et http://www.dailymotion.com/video/x1b93f_sebastien-tellier-la-ritournelle....

Elle n'aide pas seulement un enfant qui travers une forêt à surmonter ou à oublier la peur du loup.

Elle aide aussi à marcher ensemble : "un kilomètre à pied ça use les souliers etc..."

Elle aide à se concentrer sur un thème restreint qui permet d'échapper à la distraction ou à la dispersion. Elle simplifie l'apparente complexité du monde.

Enfin, Elle favorise l'ouverture qui peut aussi aider à "s'élever" (mantras, psalmodies, dikrs etc...qui sont fondés sur la répétition).

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE17.06.2011

Beckett disait ce que Deleuze avoue au sujet de son métier de philosophe : "bon qu'à ça".... A la périphérie de l'ode, le créatif est ouvert au multiple - répété ou disparate. Kaléidoscopique écriture en l' Abécédaire Deleuzien, m'est avis..."à la ritournelle des motifs"...à l'intérieur de soi..
Philosophe au scalpel des "concepts", Deleuze ?
Sa Pensée : L'escalier en colimaçon des synapses ?... (du tableau Rembranesque, cité par votre invité)...
Bouddha montre la terre (un penseur de Rodin ?) quand le Christ nous "élève" (un penseur vers le haut ?)
Quand on sait que le mot "territoire" vient de celui de "terreur", son "marquage" est ainsi fait non sans "combat" ni "crainte" de qui pourrait s'en accaparer... Deleuze : un surfeur sur la vague de l'esprit ?
Son "concept de l'éternel retour" est allié avec celui d' "amor fati"...
Le déterré voterait-il l'idée de la "déterritorialisation" ?)
Carnets de Samuel BUTLER (traduits par Valéry Larbaud) :
"un sens du comique assez vif pour nous permettre de découvrir nos propres absurdités, aussi bien que celles des autres peut nous empêcher de commettre tous les péchés, ou presque tous, à l'exception de ceux qui valent la peine d'être commis...."
J'ai cru reconnaître un extrait musical de Nonesuch (des musiques américaines : Adams, Glass ou Reich...), à moins que, par effet comique, je me serais trompé...