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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Avec Alain Badiou (3/4) : lire et réécrire Platon 24

23.01.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Nicolas Berger

Lectures: Jean-Louis Jacopin

 

Troisième temps aujourd’hui de notre semaine avec le philosophe Alain Badiou. Après avoir exploré la métaphysique du multiple, lundi, et réfléchi au théâtre comme événement et avènement de la vérité en compagnie de Marie-Josée Malis, Avant d’évoquer Saint Paul et l’universalisme, demain, et de se demander où va la philosophie française, vendredi, avec Philippe Petit, Au programme aujourd’hui, la République de Platon,  et la traduction originale et polémique qu’en propose Alain Badiou, qui est parue l’an dernier sous le titre La République de Platon.

Traduire n’est pas forcément trahir,  mais lorsque Thrasymaque devient un « parlementaro-capitaliste", la cité idéale,  le communisme, et la caverne une salle de cinéma,  la question se repose à nouveaux frais. Après tout, Platon lui-même avait dénaturé voire malmené la pensée de Socrate en rédigeant ce texte.

Alors pourquoi ? Pourquoi réécrire Platon ? Est-ce pour le mettre au goût du jour, en essayant de répondre à la question douteuse : mais qu’est-ce que Platon aurait à nous dire aujourd’hui ? Mais alors, suffit-il de moderniser un texte pour le rendre accessible et audible ?

 

Alain Badiou © Radio France

Monique Dixsaut MC © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lectures:

- Platon, La République, Livre VII (trad.G Leroux), in Œuvres complètes, éd. Flammarion, p.1484

- Alain Badiou, La République de Platon, (Fayard, 2012)

- Umberto Eco, Dire presque la même chose, (éd. Grasset, pp. 15 et 227, 2003)

 

Extrait:

- Matrix (frères Wachowski, 1999) : Monologue de Morpheus

 

Références musicales:

- Abandoned in the woods, John Williams

- Exile, En Chordais

- Ils ont changé ma changé, Arno et Stéphane Eicher

 

 

 

 

 

 

 

 

Invité(s) :
Alain Badiou, philosophe
Monique Dixsaut, professeur émérite de philosophie antique à l'université Paris 1

Thème(s) : Idées| Philosophie| Alain Badiou| Platon

24 commentaires

Portrait de Anonyme Jean M.24.01.2013

Je trouve outrancières et injustes les critiques faites par le sieur Martin au sujet de l'émission. Néanmoins, le fait que plusieurs auditeurs parlent de censure me semble pour le moins inquiétant. Pourquoi ne pas laisser la critique s'exprimer ? Sa fausseté suffira à la rendre inoffensive, tandis que les pratiques douteuses que je découvre (la censure, mais aussi la technique consistant à jeter le discrédit sur l'autre en stigmatisant son anonymat ou à qualifier de lâcheté le fait de ne pas laisser d'adresse mail, au lieu de répondre à ses propos) finissent paradoxalement par vous rendre plus suspects que vos détracteurs les plus antipathiques.
Je m'interroge sérieusement sur ce que je lis depuis quelques jours.

Portrait de Anonyme Colonel Urbain-Marie P. Badern24.01.2013

Je constate une recrudescence des messages d'auditeurs OUTRECUIDANTS se plaignant d'avoir été censurés.
Rappelons à ces foutus ignares que LA CENSURE N'EXISTE PLUS (si tant est qu'elle ait jamais existé ailleurs que dans les fantasmes de quelques gauchistes drogués ou avinés) et qu'elle a été remplacée par la MODERATION (exemple : « vis-à-vis des contestataires, les autorités du Reich surent faire preuve d'une grande modération »).
C'est pourquoi je me permets de rappeler aux ZAZOUS RECRIMINANTS une règle élémentaire pour qu'un message puisse être publié : on ne parle pas de la censure pratiquée ici (qui n'existe pas), ni de la modération (qui existe, mais qui est par nature modeste et n'aime donc pas que l'on parle d'elle).
En outre, ces BEATNIKS ACERBES feraient mieux de s'estimer heureux de ne pas être passés par les armes, ce qui ne constituerait nullement une forme de censure (laquelle n'existe pas), mais une saine correction visant à parfaire leur éducation et leur respect des discours de l'élite.

Portrait de Anonyme profdexterminales25.01.2013

vous apparaissez rarement mon colonel
mais quand vous le faites
vous éclatez l'enveloppe phénoménale qui vous appartient
et sur laquelle on rêverait de mettre un visage
pour faire apparaitre le numen même.
Encore merci pour ce qui se donne alors à vivre, une bonne tranche
de rigolade, en dégeléé.

Portrait de Anonyme rené wenger23.01.2013

Les marxistes sont de retour et déjà le niveau baisse, qu'ils voudraient à nouveau envoyer au goulag tous ceux qui ne pensent pas comme eux! C'est désolent de constater qu'ils n'ont rien appris. Ils essayent maintenant de détourner les plus grands penseurs spirituels à leurs fins. Malraux nous a avertit : « Le XXIe siècle sera spirituel, ou ne sera pas ! ». Ce n'est pas la lutte des classes qu'il nous faut, mais la révolution paisible de l'Amour, celui que le Christ nous a enseigné et qui va jusqu'à l'amour de nos ennemis...(« Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font ! »). Gandhi n’avait-il pas soutenu que si les chrétiens mettaient réellement en pratique leur religion cela transformerait le monde ? Je n'ai aucun ressentiment contre aucun d'entre vous et je concède même à Alain Badiou, qui a écrit un livre sur l'amour, qu'il est perfectible.

Chaleureuses salutations à toutes et à tous !

Portrait de Anonyme Jordi Grau24.01.2013

Complément à mon précédent message

J'ignore si Badiou approuve le goulag. Je crois savoir qu'il a tout de même, avec le recul, condamné les formes historiques du communisme qui sont apparues au XXème siècle.

Mais allons plus loin : la société soviétique n'était pas du tout une société égalitaire, ni même la dictature du prolétariat. Le "socialisme" soviétique, c'était la dictature d'une minorité (les cadres du Parti unique) sur le reste de la population. Cette minorité avait non seulement un pouvoir politique exorbitant, mais elle s'attribuait des privilèges économiques, contrairement à la doctrine marxiste qu'elle était censée appliquer. Cette trahison de l'idéal égalitaire est bien décrite par Orwell dans La ferme des animaux : "Tous les animaux sont égaux... mais certains sont plus égaux que les autres." Dans le fond, l'exploitation subie par les ouvriers soviétiques ressemblait beaucoup à celle que subissaient les ouvriers occidentaux - à ceci près que ces derniers pouvaient se syndiquer et mener une lutte des classes. C'est pourquoi on ne peut qu'approuver les ouvriers polonais qui se sont battus dans les années 80 autour du syndicat Solidarnosc. Même s'ils étaient majoritairement chrétiens, ces ouvriers étaient beaucoup plus fidèles au marxisme que le pouvoir post-stalinien qu'ils combattaient. Leur combat s'inscrivait bien dans une lutte des classes.

Portrait de Anonyme rené wenger25.01.2013

Voici un de mes articles publié dernièrement :

« La gauche ne croit pas au péché originel et la droite ne croit pas à la rédemption ! »

L'amour c'est la vie, la vie c'est l'amour, la force qui régit tout et qui devrait également régir les relations entre les hommes !

Pourquoi un enfant africain du Sahel qui souffre ou meurt de faim n'a-t-il pas le libre arbitre ? Parce que les habitants des pays développés ne veulent pas prendre conscience de leur responsabilité envers lui, ils continuent à gaspiller les ressources, à réchauffer et polluer l'atmosphère en poursuivant leur course folle pour satisfaire les désirs les plus extravagants et rechercher des plaisirs éphémères.
Cet enfant a plus de valeur que tout l'or du monde voire que tous les mondes et galaxies de l'univers parce qu'il est un être unique et éternel alors que toutes ces choses ont une fin certaine.
Quand les peuples de la terre comprendront-ils qu'ils doivent se rapprocher dans la paix, la mise en commun des ressources, la préservation et le respect de la vie sous toutes ses formes, la fin des tyrannies et des injustices envers les plus faibles, les femmes .
Pour réaliser ce sursaut impératif la race humaine a besoin d'une gouvernance mondiale, de la mise à contribution des fonds souverains, de pensions et autres fonds qui déséquilibrent l'économie mondiale et agissant de manière immorale et destructrice.
...

Portrait de Anonyme Jordi Grau24.01.2013

A René Wenger

Je respecte votre pacifisme, mais votre discours appelle tout de même quelques objections :

- Si vous estimez que la violence est forcément incompatible avec "la révolution paisible de l'Amour", alors il ne faut pas seulement condamner la lutte des classes, mais toutes les guerres. Je constate que les Églises chrétiennes ont souvent été très complaisantes à l'égard des guerres menées par les États, et très sévères à l'égard des luttes sociales. Le plus souvent, en somme, elles se sont rangées du côté du plus fort. Peut-être n'est-ce pas votre cas à vous, mais ce serait bien de le dire explicitement.

- Gandhi n'a pas seulement promu l'amour : il a été à la tête de luttes sociales et politiques. Et ces luttes impliquaient forcément de la violence, même s'il recommandait à ses amis de subir la violence et non de la provoquer. Par ailleurs, durant la seconde guerre mondiale, il n'a pas condamné ceux qui ont décidé de prendre les armes contre les nazis. Il disait qu'il préférait la violence à la lâcheté.

- La lutte des classes n'est pas seulement le fait des opprimés ou des communistes. En 2006, Warren Buffett disait : ""There's class warfare, all right, but it's my class, the rich class, that's making war, and we're winning." "Il y a une guerre des classes, oui, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui fait cette guerre, et nous sommes en train de la gagner." Warren Buffett était (et est toujours) l'un des hommes les plus riches du mondes.

- Les riches (condamnés explicitement par Jésus)en veulent toujours plus, et ils ont malheureusement les moyens de leur ambition. Non seulement ils ont un immense pouvoir (ils contrôlent une bonne partie des médias, sont très amis avec le monde politique, disposent de lobbies puissants), mais ils sont en général pourvus d'une conscience morale peu développée (sans quoi, ils ne seraient pas parvenus aussi haut). C'est pourquoi ils se fichent pas mal d'appauvrir le reste du monde, d'épuiser les ressources naturelles et de transformer la planète en un vaste dépotoir. Croyez-vous que l'amour suffise contre ces malfaiteurs ? Quand un assassin est pris sur le fait, tout le monde conviendra que la police a le droit d'utiliser la force pour l'empêcher de nuire. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour les riches ?

Portrait de Anonyme Elias23.01.2013

Sachez, chère Adèle, que nous sommes bon nombre à vous écouter et à "bénir" les NCC pour cette invitation multiple d'Alain Badiou. Que l'équipe de l'émission ne se laisse pas impressionner par les quelques commentaires navrants commis par des apôtres de la finitude !

Portrait de Anonyme M. B.23.01.2013

Doit-on empêcher Badiou parce qu’un certain Pol Pot s’est affublé des oripeaux d’une doctrine pour en pratiquer une autre ?
Devait-on empêcher tous les penseurs catholiques depuis la croisade des Albigeois parce qu’un certain Simon aurait déclaré : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » ?
Le fiel obscurcit le jugement, mais heureusement ici, son amertume nous incite à explorer les idées, plutôt qu’à les rejeter sans examen.

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)23.01.2013

C’est avec stupeur que je prends connaissance des commentaires très hostiles à cette émission. Cette violence dans les propos a même suscité une réponse très justifiée à l’un d’entre eux d’Adèle Van Reeth, fait exceptionnel que je sache.

Pour ma part, ce que je retiens de cette émission, c’est que l’interprétation des grands penseurs ne saurait être figée.
Il y a deux sortes de traducteurs dont les fonctions me paraissent toutes les deux légitimes dès lors qu’elles se présentent comme telles :
- Les traductions qui s’efforcent d’être littérales
- Les traductions qui transmettent la pensée (supposée, vraisemblable et à tout le moins supports positifs pour vivifier des réflexions contemporaines) de l’auteur.
L’une est affaire d’érudition, l’autre est une démarche audacieuse qui ouvre des perspectives nouvelles d’un texte qui ne se veut pas figé mais vivant et donc susceptible d’interprétation.

Je ne connais pas personnellement les engagements politiques passés ou même présents de M. Badiou (j’ai compris tout de même qu’il se situait plutôt à gauche).
Mon commentaire précédent ne reposait donc que sur l’émission d’aujourd’hui.
De toute façon, je pense que l’on peut s’être trompé, même gravement, hier et apporter une contribution positive et constructive aujourd’hui. Sans cette tolérance beaucoup d’écrivains et de philosophes devraient se taire aujourd’hui.

En revanche je partage le point de vue de Jordi Grau sur les soit disant experts de l’économie qui ont fait et font encore des ravages en en ventant les bienfaits de l’économie libérale qui nous a conduit là où l’on sait et qui persistent dans leurs erreurs (perseverare diabolicum).

Le commentaire de Patrice Tardieu m’a intéressé, notamment lorsqu’il relate l’expérience pédagogique d’une pièce de théâtre où Socrate était mis en scène.
Je partage aussi son point de vue sur le fait que Monique Dixsaut s’est montrée faible dans son opposition à Alain Badiou, ce qui n’enlève rien à la qualité de sa traduction du Phédon de Platon. Mais cela s’explique précisément par le fait qu’il était très difficile pour elle de se confronter à l’autre option de la traduction, celle de la pensée contemporaine supposée de l’auteur.

Si la République de Platon peut nous aider à nous sortir de notre condition de marionnette (Cf. Matrix), il est agréable de penser que certaines portes restent ouvertes pour nous sortir de notre condition « d’esclaves ».

Cela suppose la conjonction de nombreuses conditions qui sont rarement réunies :
- Avoir du temps pour réfléchir
- Exercer sa capacité critique vis-à-vis des médias
- Avoir un comportement adéquat pour agir dans l’intérêt général
- Se préoccuper des générations futures
- Vivre comme si l’on savait que l’on allait mourir demain
- Lire et relire des textes de sagesse universelle comme le « sermon sur la Montagne »
- Faire aux autres ce que l’on aimerait qu’ils fassent pour nous

Alors, l’on ne peut que constater combien le chemin est long pour chacun d’entre nous et que de nous juger nous même est nécessaire avant de voir tous les maux chez les autres.

Une belle chanson à ce propos : http://www.youtube.com/watch?v=jtXKot_jq8o

Pour finir : si Mozart composait aujourd’hui, écrirait-il les mêmes partitions ? Evidemment non, mais sa musique n’en serait sans doute pas moins sublime pour autant.

Portrait de Anonyme JPA23.01.2013

Bonjour,

Il semble que le podcast soit impossible aujourd'hui.

JPA

Portrait de marianne marianne23.01.2013

Bonjour,

Un problème chez l'hébergeur des podcasts de FC empêche temporairement les téléchargements des émissions produites depuis ce matin 10h00. En espérant que ce problème se règlera rapidement
Cordialement
MC

Portrait de Anonyme Jordi Grau23.01.2013

A l'Anonyme du 23 janvier

Bonjour.

Je connais mal les circonstances du soutien d'Alain Badiou au régime de Pol Pot. On peut supposer qu'il était mal informé et qu'il a depuis reconnu son erreur. D'après l'article Pol Pot sur Wikipedia (qui n'est certes pas à l'abri d'erreurs ou de manipulations !) les informations concernant les crimes des Khmers rouges n'arrivaient dans le reste du monde qu'au compte-gouttes. Cela dit, votre réaction permet de poser une question plus générale : doit-on continuer d'inviter dans les médias des gens qui font des erreurs aussi énormes ?

La question vaudrait, notamment, pour tous les "experts" en économie qui ont martelé durant des années que le capitalisme financier s'autorégulait, et qu'on a continué d'inviter après l'énorme crise de 2008. Ces mêmes gens sont souvent partisans de politiques d'austérité dont on voit les ravages en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande.... Cette austérité fait sans doute moins de morts que Pol Pot, mais elle n'est pas pour autant indolore, loin de là. De plus, les "experts" ont une très longue responsabilité parce qu'ils contribuent à endormir l'opinion et à conforter les gouvernements dans leurs mauvais choix. Je ne suis pas sûr que la parole d'Alain Badiou, dans les années 70, avait le même poids...

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)23.01.2013

Vous avez posé en introduction (sur le site) de l’émission la Problématique suivante :
Pourquoi réécrire Platon ? Est-ce pour le mettre au goût du jour, en essayant de répondre à la question douteuse : mais qu’est-ce que Platon aurait à nous dire aujourd’hui ? Mais alors, suffit-il de moderniser un texte pour le rendre accessible et audible ?
Cela pose un préalable : Traduire n’est pas forcément trahir.
Cette émission s’est révélée pour moi passionnante et fondamentale.

Alain Badiou a voulu démontrer que la fidélité à un texte est de le transposer de son contexte historique dans notre société contemporaine. Cela revient à se demander comment Platon aurait écrit la « République » aujourd’hui, ce qu’a tenté M Alain Badiou.
Adèle a fait remarquer que cela cela supposait tout de même que les lecteurs connaissent déjà le texte original de Platon. Cela ouvre un débat.

En réalité, être fidèle à un texte n’est pas de le « momifier » mais en restituer l’esprit si l’on prend le parti de M. Alain Badiou.

D’entée de jeu un parallélisme a été fait entre la caverne de Platon et le film Matrix projeté dans une salle de cinéma.
« La Matrice est omniprésente : elle est le monde que l’on superpose à ton regard pour t’empêcher de voir la vérité. Le monde est une prison pour ton esprit ». L’on voit bien ici que la salle de cinéma et l’écran correspondent parfaitement à la caverne de Platon et montrent bien l’actualité de sa pensée.
La méthode de M. Badiou est un rapport à l’histoire de la philosophie. Il y a une suite d’évènements où chaque fois la philosophie se réinvente.
Cela est d’autant plus légitime que Platon était un grand philosophe, et peut-être même le premier à avoir transmis une tradition orale, celle de Socrate qui était un Maître.
Il est tout à fait juste de penser, comme le fait M. Badiou, que les vérités prennent naissance dans un certain contexte mais qu’elles sont en même temps universelles et donc en mouvement.
Méconnaître cela conduit à fonder les conservatismes et les intégrismes de tout poil. L’enjeu est donc considérable et ne constitue en rien un jeu pour intellectuel.

Le contexte dans lequel on peur réécrire Platon est nécessairement transformateur, cela d’autant plus qu’il s’agit de Platon qui est un véritable Maître de la pensée universelle.
Un grand maître Soufie contemporain a déclaré à certains de ses disciples qui se référaient à un grand maître du passé qui a beaucoup écrit, Ibn Arabi (13ème siècle) : soyez l’Ibn Arabi de votre temps.

Cet exemple me conduit à manifester mon accord avec la phrase de M. Badiou, prononcée durant l’émission, que je considère comme capitale : « des évènements peuvent réorganiser les désirs : ainsi tout individu peut être transformé, réorienté par une rencontre, un évènement, une circonstance, comme la rencontre d’un Maître par exemple ».

Lorsque Madame Monique Dixsaut a déclaré : « être aristocrate c’est très bien, contrairement à ce que l’on veut faire croire » M. Badiou a répondu : à juste titre : n’importe qui peut être gardien de la cité (= aristocrate) chez Platon, même une femme (à son époque c’était audacieux).
Lorsque Madame Dixsaut a déclaré : « Pour Platon, l’on ne peut pas dire qu’une âme en vaut une autre ». L’on ne peut pas remonter au-delà de la nature de la Beauté et de la Justice, un homme est comme il est » cela revient à considérer qu’il y a une prédestination contre laquelle l’individu ne peut rien. L’on nait aristocrate, prêtre ou membre du tiers état.
A cela M. Badiou répond : « …la rencontre d’un Maître (ou de quelqu’un qui peut faire grandir) peut le transformer ».

Ce sont bien deux conceptions du monde qui s’affrontent, et nous avons « audité » un dialogue de sourd, néanmoins très enrichissant.

Madame Dixsaut a souligné la difficulté de traduire au plus près le texte grec de Platon. Ainsi en est-il des termes « Logos » et « Psyché » en français.

Pour M. Badiou, Platon ouvre à la « résurrection » de son texte parce que la philosophie suppose un mouvement désirant et réel de la pensée et qu’il s’agit d’une philosophie orale (dialogues) avant tout. Cette conception est capitale pour fonder la légitimité da sa traduction en la transposant.
En somme, pour être fidèle (à la pensée de l’auteur) il faut être infidèle (au texte original).
C’est là un oxymore qui conduit à une grande perplexité.

Aujourd’hui, M. Badiou affirme que pour traduire la République de Platon dans un contexte qui se veut démocratique, il est nécessaire d’aimer son texte, de faire une analogie entre sa volonté politique et le véritable « communisme », le réconcilier avec tous les arts (notamment la poésie) et moderniser les références mathématiques.

Comme l’a très bien suggéré la lecture du texte d’Umberto Eco par M. Jean-Louis Jacopin, la traduction est toujours un choix de fidélité : soit la fidélité à la pensée de l’auteur, soit la fidélité au texte littéral, et entre ces deux formes de fidélité il est nécessaire de choisir et de se conformer à ce choix sans mélanger les deux possibilités.

Toute pensée fondatrice est « violente » dans le sens positif du terme (violente = révolutionnaire) et celle de Platon est l’une des plus violentes, ce qui a été occulté (l’on pourrait dire la même chose de certains textes révélés des trois religions du Livre).

Enfin, pour conclure, comme vous l’avez si bien dit, « il faut pour connaître quelqu’un connaître son désir ».
Or, aujourd’hui, il faut bien reconnaître que c’est le désir du pouvoir ou/et de l’argent qui domine. C’est pourquoi la traduction de M. Baldiou est optimiste en ouvrant une porte sur les possibilités de se réorienter, et cela pour tout individu.
Aujourd’hui la véritable aristocratie est d’autant moins visible qu’elle s’est dissoute dans la l’intérieur et le cœur des êtres, et non dans leur apparence ou dans l’appartenance à telle ou telle lignée.
« J’ai bien aimé la chanson « tu m’appelles …. Alors que je suis … », car il est vraiment difficile de voir les visages qui sont tous masqués dans ce monde où tout n’est qu’apparence.

Un lien :
http://www.parolesmania.com/paroles_camille_4380/paroles_janine_i_176680...

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu23.01.2013

J’ai trouvé Monique Dixsaut, traductrice du Phédon de Platon, extrêmement faible dans son opposition à Alain Badiou, puisqu’elle n’a fait qu’opposer quelques problèmes de traduction de mots grecs comme « psyché ». Je l’ai trouvée aussi très injuste vis-à-vis de Marie-Ange Mathieu qui a mis en scène un très grand nombre de dialogues de Platon avec des acteurs professionnels comme Gérard Mascot. J’y emmenais mes élèves tous les ans, et cela leur faisait le plus grand bien de rencontrer Socrate en chair et en os sur une scène de théâtre!
En ce qui concerne Alain Badiou, vouloir effacer l’aristocratisme de Platon, ce n’est pas une résurrection( vocabulaire religieux!) mais une défiguration, même si cela ne va pas aussi loin que la définition donnée et citée par lui du Dictionnaire soviétique stalinien sur les auteurs.
Par contre, dire comme Platon qu’un guerrier peut être une guerrière ne relève pas d’un « féminisme » qui serait celui de notre époque. C’était une réalité à Sparte que connaissait bien Platon. Le mot « gymnastique », en grec, « gumnastikos » vient de « gumnos » qui signifie « nu », en autre pratique des exercices du corps des spartiates, filles comme garçons.
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme Martin23.01.2013

BRAVO, Nouveaux Chemins ! Continuez longtemps à cheminer !
D'ailleurs, plus que de chemins (lesquels ont la fâcheuse manie de mener quelque part, ou à tout le moins de faire avancer un peu ceux qui les empruntent), je parlerais plutôt ici d'un grand Carrousel, chevaux de bois ou Grand Huit, qui tourne tourne tourne à vide et emporte les bourgeois épatés dans son grand vertige métaphysique et jargonnant.
Tantôt en lui servant un discours plus ou moins superficiel, tantôt en lui donnant le frisson d'être plongé dans un charabia conceptuel, mais toujours en agrémentant la chose de chansons kitschs pour faire branché, CES CHEMINS NOUS EMPORTENT ET NOUS RAVISSENT. Et c'était encore plus vrai du temps de l'INOUBLIABLE et velouté Raphaël, lequel faisait SI BIEN tourner tourner tourner (toujours à vide) les paradoxes creux.
QUELLE MERVEILLE, CETTE EMISSION !
Et quelle liberté d'expression inouïe sur son site internet ! Seule la Chine pourrait vaguement espérer rivaliser !

@ Jeanne R.
Suite à notre échange sur la page du lundi 14/01 concernant le commentaire de Maryse, j'aimerais vous adresser (si cette quarantième-septième tentative parvient enfin à franchir toute cette masse de liberté d'expression et de bonne conscience) ce simple complément : écoutez cette émission le vendredi (par exemple celle du 18/01) ... et ensuite comparez ...
Etonnant, non ?

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.24.01.2013

Martin, sous couvert d'ironie mordante, dans vos précédents messages, vous avez soufflé à la fois le chaud et le froid, du coup on ne sait comment les interpréter.

Vous parlez de censure. Or, le mot est fort. Et comment expliquer que certains messages insultants apparaissent quand même au grand jour ?
Pour ma part, quelques uns de mes messages, que je jugeais pourtant modérés, n'ont pas été affichés ; peut-être ont-ils été jugés trop privés ? De là à parler de vraie censure il y a un monde, ce me semble.

Quoi qu'il en soit, on se doit de saluer la qualité du travail d'Adèle (peu importe l'invité !) car, objectivement parlant, c'est une justice que nous lui devons tous.
Imaginons 30 secondes France Culture sans les émissions sur la philosophie ! Nous serions bien en peine.
Jeanne R.

Portrait de Anonyme Martin25.01.2013

Merci à Gérard Malabouche et à quelques autres pour leur soutien, et merci à Christian Fonseca pour son hilarant commentaire sur le pape.
Merci à Hervé Aire pour ses proverbes à valeur d'arguments (cependant, je rétorquerai que pierre qui roule n'amasse pas mousse mais qu'elle y contribue) et à l'urbain colonel qui voudrait me passer par les armes.
Merci enfin, sans ironie aucune, à Adèle et à l'équipe d'avoir finalement publié la seconde version de ma réponse (je conçois pour une fois la nécessité, de leur point de vue, du changement que j'y ai opéré).
Ladite réponse devrait je l'espère répondre également au message de Jeanne R., à qui je précise simplement, au risque de me répéter, que c'est avant tout ce problème de censure qui a suscité mon ironie, une censure qui n'est pas du tout aléatoire, je vous l'assure : j'ai eu assez d'occasions de pester contre cette censure pour finir par en saisir à peu près les critères et ils relèvent malheureusement plus du « copinage » que de l'éthique. Vous dites que « certains messages insultants apparaissent tout de même » : certes, mais insultants pour qui ? Voilà la vraie question et ce qui me dérange : on peut ici insulter Pierre, mais pas critiquer Paul (même de façon mesurée). Si toute critique était bannie, à la limite, cela me choquerait moins, et encore moins si la censure ne tenait qu'à la virulence des termes employés (ce qui se conçoit et correspond justement à la notion de « modération des messages »).
Par ailleurs, si mon message a pu vous sembler, à juste titre, aussi agressif, c'est en partie à cause de l'exaspération suscitée par cette censure, mais en partie aussi parce que cette même censure contraint paradoxalement, si l'on veut la contourner, à employer l'ironie et à forcer le trait.
Voilà, je suis heureux en tous cas que le problème ait enfin été posé de façon à peu près complète. Je sais que ces pratiques ne choqueront pas les inconditionnel(le)s comme vous, Jeanne. Mais si j'ai pu contribuer un peu à soulever le couvercle, voire à inciter Adèle à se dégager (rêvons un peu) de l'emprise du côté obscur (quoique clinquant) d'un Palpatine narcissique (comprend qui peut, je n'ai pas le droit d'être plus explicite), tant mieux.
Mais pour ma part, ayant enfin pu dire ce que j'avais à coeur de dire, je cesse pour lors de coasser.

Portrait de Anonyme Gérard Malabouche23.01.2013

Complément aux remarques de Martin.
1) Comme titre de l'émission, je propose "le grand Carrousel du philosophisme".
2) Sur la Chine, il y a anachronisme. Aujourd'hui, les maoïstes ne s'expriment que sur France Culture. A ma connaissance, la radio chinoise a dépassé ce stade infantile.

Portrait de Adèle Van Reeth Adèle Van Reeth23.01.2013

Cher Martin,
Merci pour votre cynisme quotidien à l'égard de l'émission et des réactions qu'elle suscite sur ce site.

Deux choses :
1. Si vous aviez le courage de vos opinions, vous laisseriez une adresse mail à laquelle je serais ravie de vous répondre point par point, sans prendre à parti le reste des auditeurs.

2. Si cette émission vous déplaît tant, mais pourquoi diable vous acharner à l'écouter?

Bien à vous,

AVR

Portrait de Anonyme Martin24.01.2013

Cher Adèle,
J'avais rédigé un assez long message pour vous répondre, croyant naïvement qu'un effort vers une meilleure compréhension s'engageait lorsqu'il ne s'agissait apparemment que de me clouer le bec devant un public acquis d'avance. Mais peut-être certains éléments de ma réponse, pourtant fort modérée, la rendaient-ils impubliable selon vos critères. En voici donc une version expurgée, toujours dans le désordre :
2. J'écoute votre émission parce qu'elle est souvent très intéressante. C'est d'ailleurs moins les quelques aspects parfois agaçants de l'émission (mais c'est une question de goûts) qui motivent mes messages que cette atmosphère de sourde censure, justement, qui semble s'appliquer à tout message critique dès lors qu'il mentionne certains noms (que, par conséquent, je m'abstiens de mentionner ici), tandis que d'autres peuvent impunément et régulièrement critiquer ici Michel O. sans la moindre modération, ni de leur part, ni de la vôtre. J'ai perdu toute sympathie à l'égard de Michel O., mais quel rapport entre lui et votre émission ? Et quelle est cette « modération » à deux vitesses qui laisse accabler quelqu'un, tout en bloquant systématiquement toute critique visant d'autres personnes ?
1 - Si je n'avais pas le courage de mes opinions (qui valent ce qu'elles valent et que je suis loin de mettre "à si haut prix que d'en faire cuire un homme tout vif"), je me contenterais tout bonnement de ne pas les exprimer. Quant à laisser une adresse mail, je ne demande nullement de réponse privée et j'aimerais au contraire que les avis critiques puissent avoir ici la même "publicité" que les avis enthousiastes (eux aussi souvent justifiés, d'ailleurs). Les auditeurs enthousiastes, eux aussi, nous « prennent à parti », et je n'y vois pas plus d'inconvénient que vous : mais pourquoi les avis négatifs devraient-ils quant à eux n'être exprimés que sous le sceau de je ne sais quel secret ? Je ne vois donc pas l'intérêt de laisser une adresse, pas plus que je ne voudrais vous laisser croire que l'on peut désarmer la critique par des accusations de lâcheté.
Cordialement tout de même,

Portrait de Anonyme Hervé Aire24.01.2013

Chere Adèle,

Merci d'avoir été exceptionnelle en répondant à ce commentaire.
Deux choses:
1. Ne vous laissez pas emporter par les commentaires de vos auditeurs. Les paroles s'envolent, les écrits restent, mais seules les actions comptent: plus de 630000 podcasts en décembre, que dire d'autre comme réponse.
2. La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe...
Bon courage, et bonne continuation!
Hervé Aire

Portrait de Anonyme Anonyme23.01.2013

Fidèle auditrice de France Culture, j'entends lundi le nom de l'invité Alain Badiou. Ne connaissant pas particulièrement ce philosophe je vais sur internet et ma stupeur fut grande qd j'ai vu que, entre autres, il avait défendu PolPot!! Comment recevoir la parole d'un homme, même peut-être supérieurement intelligent!,qui a pris de telles positions politiques !et qui semble-t-il a des émules encore en 2013. Combien de "grands hommes" se sont monstrueusement trompés, pourquoi alors leur accorder de l'attention. J'ai bien sûr fermé ma radio et je ne l'écouterai plus pendant un certain temps de 10h à10h50. Je réouvre ma chère radio après. Merci si vous avez le temps de me répondre.

Portrait de Anonyme Christian Fonseca23.01.2013

Ah! Vous avez bien raison, chère madame, il faut toujours agir selon ses convictions, tenez, moi par exemple, je me suis fait débaptiser (la démarche consiste à demander la suppression de son nom sur les registres paroissiaux afin de ne plus être compté comme membre de l'église concernée) en découvrant que le saint-Père, un homme considérable et chef suprême de l'église catholique, une, sainte et apostolique, condamnait l'usage du préservatif en Afrique et dans le monde en pleine épidémie de sida, ce qui allait avoir pour conséquence des millions de morts. Après s'être si lourdement trompé, comme vous le dites, comment se fait-il que l'on puisse écouter encore ce grand homme ? Mystère et boule de gomme.

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