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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Avec Alain Badiou (4/4) : Penser l’universel 18

24.01.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Nicolas Berger

Lectures: Jean-Louis Jacopin

 

Quant à nous, c’est le 4ème  temps de notre semaine badiousienne, c'est-à-dire en compagnie du philosophe Alain Badiou. Lundi, il nous a présenté sa métaphysique du multiple pur, mardi, a discuté de la pensée du théâtre (à ne pas confondre avec la pensée SUR le théâtre) en compagnie de la metteur en scène Marie-Josée Malis, et hier, c’est Monique Dixsaut qui lui a donné la réplique à propos de Platon. Aujourd’hui, en guise d’absence de point final, c’est autour de la figure de Saint Paul que nous allons prolonger ces discussions, figure en laquelle Alain badiou voit le fondement de l’universalisme, rien de moins.

 

Alain Badiou © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lecture:

- La Bible, Nouveau Testament, Epître aux Romains, VI 1-X, édition de la Pléiade, (traduction : Jean Grosjean, Michel Léturmy, pp. 480-481)

-Alain BadiouSaint Paul, la fondation de l'universalisme (PUF)

 

Archive:

- Entretien avec Jean-Claude Milner,  ( France Culture, émission  « Du grain à moudre », 20/06/2007)

 

Références musicales:

- Car tu as fait naître , Theodore Vassilikos

- Sonate en mi bémol maj, Bach

- Infra 5, Max Richter

.

Invité(s) :
Alain Badiou, philosophe

Thème(s) : Idées| Philosophie| Alain Badiou

18 commentaires

Portrait de Anonyme Stéphane26.01.2013

Un grand merci aux Nouveaux chemins de la connaissance pour cette semaine consacrée à Badiou.
Je n'arrive toujours pas à comprendre l'hostilité de principe qui entoure un penseur dont il me semble qu'on peut apprécier au moins la rigueur, la clarté et le courage : un courage proprement philosophique, un véritable engagement, qui consiste à jouer le jeu de la pensée, c'est-à-dire à élaborer un véritable système conceptuel et à l'exposer d'une façon aussi explicite que possible. Certaines critiques que j'ai lues dans les commentaires me paraissent tout simplement malhonnêtes : étrange que des gens qui, on peut le supposer, nourrissent une exigence philosophique refusent de faire l'essai de cette pensée ("essai" dans le sens que Montaigne lui assigne).

Portrait de Anonyme Jean-Paul Baquiast25.01.2013

Les sciences, point aveugle de la philosophie française

Il suffisait d'écouter Alain Badiou sur France Culture toute cette semaine pour comprendre le propos auquel notre titre fait allusion http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaiss...

Un philosophe réputé tel que lui peut présenter une série de chroniques sous le titre ambitieux de « Penser l'universel » sans évoquer une seule fois l'irremplaçable contribution à la pensée philosophique qu'apporte la science moderne. Il montre qu'il ignore absolument non seulement l'actualité des découvertes dans les différents domaines de la science, mais surtout la façon dont l'évolution des connaissances scientifiques oblige à remettre radicalement en cause le contenu, non seulement de la pensée scientifique mais celui de la pensée philosophique.

L'une et l'autre, dans l'histoire de l'Occident depuis le siècle des Lumières, ont toujours été étroitement associées, se fécondant respectivement. Il n'est aucun domaine de la philosophie, depuis la réflexion sur le Moi et la conscience jusqu'à prise en compte de l'infini, qui ne soit abordé, au moins indirectement, par les recherches scientifiques. Il est évident que les philosophes prétendant disserter doctement, en termes purement littéraires ou métaphysiques, sur des thèmes constamment renouvelés par les découvertes et les hypothèses scientifiques, s'enferment dans une scolastique qui les rend inaudibles de tous ceux qui s'efforcent de penser le monde en s'appuyant, précisément, sur l' « universel » proposé par la science.

Cette maladie de l'esprit, ce véritable point aveugle, sont, il est vrai, propres à la France. Une grande partie des ouvrages intéressant l'évolution des connaissances, présentés sur mon site automates-intelligents.com, provient d'auteurs anglo-saxons. Il en est certains cependant qui sont l'oeuvre de scientifiques français. Les ignorer n'est pas leur rendre service.

Les professionnels français de la profession de philosophe, comme les médias qui leur offrent des tribunes, auront beau jeu de prétendre que ces scientifiques ne font pas de vraie philosophie. Mais ce faisant ils trahissent l'esprit d'ouverture recommandé par Socrate. Ils montrent surtout qu'ils veulent défendre leur pré carré, en évitant l'effort de le renouveler. Il leur est plus facile évidemment de disserter sur l'histoire de la philosophie telle qu'apprise à la Sorbonne qu'essayer de comprendre, par exemple, en quoi le concept de vide quantique évoqué par la physique du même nom remet en cause nos conceptions sur le temps, l'espace et le rôle de l'observateur.

Il en résulte que ces philosophes français, Alain Badiou en tête, ont un grand défaut en termes de marketing, si on nous permet le terme appliqué à des penseurs aussi nobles. Ils n'intéressent pas le public. Il suffit de lire les innombrables discussions de lecteurs portant sur le contenu philosophique d'un article scientifique publié en ligne, pour constater que ces approches les passionnent. Certaines de ces discussions peuvent paraître naïves aux « vrais » philosophes. Elles représentent cependant la forme irremplaçable d'un effort collectif pour « penser l'universel ».

Jean-Paul Baquiast

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)25.01.2013

@ Réponse à M. Jean-Paul Baquiast
Votre commentaire est sévère, mais je crains qu’il soit assez juste.
Toutefois, les lacunes que vous constatez chez les philosophes ne s’expliquent-elles pas par le fait que les sciences sont devenues très complexes et qu’un seul homme, fut-il philosophe, ne peut pas en faire la synthèse et l’actualiser constamment.
Par ailleurs, tous les scientifiques n’ont pas le souci comme vous de rendre leurs travaux plus accessibles aux philosophes.
D’autre part, certains scientifiques qui ont fait l’effort de philosopher sur les sciences et les techniques sont très peu lus aujourd’hui. Je pense notamment à André Lamouche et à sa « théorie harmonique ».
Pour ma part je ne suis ni philosophe ni scientifique, mais je cherche modestement et dans la mesure de mes petits moyens à trouver et à étudier ceux qui pourraient contribuer à rapprocher ces différentes disciplines et aboutir à une « synthèse » aussi dense mais compréhensible que possible.
Cela nécessite entre autre de repérer ceux qui mettent en œuvre les meilleures démarches épistémologiques.

Mais comment imbriquer tous les éléments dans un Tout cohérent ?
Il s’agit de simplifier et clarifier ce qui apparaît complexe au départ, faute de quoi l’on se perd dans la complexité. Or, il n’y a rien de plus difficile que cela.

Il faut à mon sens réfléchir dans le cadre de certaines catégories incontournables telles que le Temps et l’Espace etc…

Pour cela plusieurs voies seraient possibles :

1. Mettre à contribution les scientifiques les plus avancés et les philosophes les plus aguerris. Mais comment vont-ils communiquer ? Comment expliquer philosophiquement qu’E= MC2
2. Former les scientifiques aux démarches philosophiques et les philosophes aux sciences les plus ardues (physique quantique etc…). Cela me semble difficile.
3. Il faut effectivement à tout le moins que le philosophe connaisse absolument non seulement l'actualité des découvertes dans les différents domaines de la science, mais surtout la façon dont l'évolution des connaissances scientifiques oblige à remettre radicalement en cause le contenu, non seulement de la pensée scientifique mais celui de la pensée philosophique.

Le problème est que d’exiger d’un seul homme d’effectuer ce travail me parait aujourd’hui impossible.
Il n’existe pas aujourd’hui un Pic de la Mirandole qui pourrait embrasser l’ensemble des connaissances de son époque.
Au temps de Platon, pour être philosophe, il fallait aussi être géomètre.
Pascal était un grand mathématicien.

J’en terminerai par cette question : que proposez-vous comme solution M. Jean-Paul Baquiast ? Il semble que ce soit la troisième puisque je l’ai reprise intégralement de votre texte. Mais la question demeure du : comment aboutir à cet idéal ?

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)25.01.2013

Je reconnais que vous avez bien tordu le cou à la thèse d’un Paul précurseur des valeurs contemporaines.
Saint Paul, dites vous à juste titre : vous l'avez bien démontré) reconnaissait et réservait les nouveaux droits préconisés par le christianime originel aux convertis. Mais c'est précisément ce qui a fait la force du christianime à ses débuts.

J'ajouterai que "les droits de l'homme" sont une référence récente, mais sont ils universellement reconnus et appliqués ?
Malheureusement certaines cultures ne peuvent y adhérer qu'en renonçant à leurs propres "valeurs". Devons nous pour autant imposer notre conception des "droits de l'homme" en leur faisant la guerre ?

Enfin et surtout, les pays qui proclament haut et fort les droits de l'homme sont parfois loin de les respecter (cf; conditions de vie dans les prisons en France, application de la peine de mort, tortures à Guantanamo, inégalités entre hommes et femmes et...).

Pour autant j'adhère tout à fait à votre argumentation brillante et très argumentée qui démontre que Saint Paul n’est pas le précurseur des « valeurs contemporaines » à caractère profane.

Portrait de Anonyme Gilles. V.24.01.2013

Au fond ce qu'aime Alain Badiou chez Saint-Paul, c'est le prêcheur, celui qui veut convertir (tous) les autres à sa vision du monde.

Mais qui n'est pas comme Saint-Paul à ce compte là? Qui ne désire pas, comme le dit Spinoza, "que les autres vivent à son gré"? (Ethique III, prop.31)

Je me souvient de Margaret Thatcher (le Diable pour Badiou sans doute) se réjouissant de voir le "Chemin de Damas" tous les jours plus engorgé par les partisans du libéralisme économique.

Plutôt que les prêcheurs d'universel (qui en réalité ne sont "universels" que malgré eux, au sens où ils se ressemblent tous sans le savoir), plutôt que Saint-Paul, Thatcher ou Badiou, je préfère Valéry:

"Le prosélytisme est ennemi de l’honnêteté − Ses moyens sont tous les moyens. (Séduire, épouvanter, embrouiller les choses.)

J’ai horreur de lui ; de vouloir donner mon opinion à qui n’en veut pas ; de qui veut me placer la sienne. (…)

On a envie de conquérir personne quand on se rend un compte net de ce qu’on a d’abord à conquérir dans soi-même.

Lavez-vous les pieds avant que de baptiser les autres ! " (Cahiers)

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)25.01.2013

Pour plus de clarté, je tiens à préciser que mon texte ci-dessous était une réponse au commentaire de Gilles qui aurait donc dû figurer au-dessus du mien. Il s'agissait donc bien d'une réponse et non d'un nouveau commentaire.
Je profite de cette occasion pour vous prier de m'excuser pour mes fautes de frappe et certaines formulations maladroites (répétitions de certains termes), mais je le laisse en l'état car je ne veux pas en rajouter.
En effet, cette émission a suscité un véritable dialogue et de longues (mais très intéressantes) démonstrations entre les commentateurs, ce qui est enrichissant et malheureusement trop rare.

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)24.01.2013

Valéry est effectivement une bonne référence. Pour ma part je le connais mieux comme poète que comme polémiste, et j'aime particulièrement son poème "Le cimetière marin" dont je ne citerai que la première strophe :

"Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
"Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!"
Lien si vous voulez lire la suite :
http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Valery.CimetiereMarin.html

Je retiendrai bien volontiers la phrase suivante que vous avez citée fort à propos :
"On a envie de conquérir personne quand on se rend un compte net de ce qu’on a d’abord à conquérir dans soi-même".

En ce qui concerne le néolibéralisme et ses ravages lisez "Le profit avant l'homme" de Noam Chomsky et sa préface (10/18 n° 3694) que je ne peux m'empêcher de partager cet extrait avec vous :
« Le néo-libéralisme est le paradigme économique et social de notre temps - il définit les politiques et les processus grâce auxquels une poignée d’intérêts privés acquièrent le droit de contrôler tout ce qui est possible dans la vie sociale afin de maximiser leurs profits personnels. Au départ, associé à Ronald Reagan et Margaret Thatcher, il est, depuis une vingtaine d’années, le courant économico-politique dominant dans le monde, repris par tous les partis politiques, de droite, du centre et souvent de la le gauche traditionnelle. Ceux-ci représentent ainsi les intérêts immédiats d’investisseurs extrêmement riches et de moins d’un millier de très grandes sociétés ».
Tout est dit en quelques lignes, mais il est tout de même intéressant de lire la suite …
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-profit-avant-l-homme-2701.html

Portrait de Anonyme rené wenger24.01.2013

Je vous assure Alain Badiou que les Textes bibliques ne sont pas des fables !

En Dieu, se trouvent deux polarités; et comme l'Être Divin est éternel, ainsi aussi ces deux polarités doivent être éternelles. Celui qui est dirigé par la Parole ou, plutôt, qui se dirige lui-même selon la Parole, celui-là accueille en lui la Vie, et correspond à la Polarité positive Divine, qui est l'existence la plus libre et la plus illimitée qui soit.
Mais celui qui au contraire n'accueille pas la Parole et ne La rend pas active en lui, en se contentant de la laisser s'écouler à travers son intellect négatif, celui-là sera dirigé par la Parole elle-même vers la polarité négative, qui est le principe fondamental de tout ce qui est matériel et par conséquent de tout ce qui est prisonnier; de là résulte que le monde naturel ne cessera jamais, tout comme le monde spirituel, et qu'il restera au contraire éternellement comme un appui polaire négatif de tout ce qui est spirituel et libre. Quel est le sort le plus heureux pour toutes les éternités des éternités: si c'est d'être réuni à la polarité négative, ou à la polarité positive de Dieu, ce qui signifie: devenir un esprit exalté vivant une vie des plus libres, remplie de suprêmes délices, ou devenir un esprit banni dans la matière. Le son est conforme à l'instrument, la lumière à la vie, le salaire au travail, la connaissance, ou la conscience de la vie éternelle en soi, aux œuvres selon la Parole; que telle est la montagne, telles aussi sont ses pentes; et telle la vie, tel aussi son pôle; et tel le cœur, telle sa voix, et telle l'humilité du cœur, telle la Parole vivante en lui.
Peux-tu aspirer à des soleils, c'est-à-dire à la vivante perfection et, dans la lumière, profaner la terre ?
Comment un homme ayant saisit les vérités divines avec son intellect peut-il atteindre à la vie éternelle s'il ne fait rien pour que la Parole devienne active en lui?
Celui qui peut aspirer à des soleils ne doit pas profaner la terre avec la lumière, au contraire il doit la bénir par son activité, afin que la terre aussi devienne, pour lui, un soleil.

"Dieu est tout mon sérieux ! Je veux chanter et psalmodier, (c'est ta gloire). Apprêtez-vous psaltérions et harpes, je veux me lever dès l'aurore. Je te remercierai parmi les peuples, Éternel ! Je te louerai parmi les nations. Car ta bonté s'élève au-dessus des cieux, et ta vérité atteint jusqu'aux nues. Élève-toi, ô Dieu, au-dessus des cieux, et que ta gloire soit sur toute la terre. Afin que tes bien-aimés soient délivrés, aide par ta droite, et exauce-moi!" (Psaume 108)
La Parole doit donc être pour l'homme une chose sérieuse afin qu'il ait à la "chanter" c'est-à-dire, à l'écouter, et ensuite à la "psalmodier", c'est-à-dire à l'appliquer; et c'est là la gloire ou bien la lumière de l'homme même.
David ensuite veut apprêtez psaltérions et harpes, et veut se lever tôt, mais pour quoi faire?
Rien d'autre que la Parole, car celui qui accueille la Parole dans son cœur et œuvre selon elle, celui-là remercie son Dieu et le loue sur les meilleurs psaltérions et les meilleures harpes, et il fait cela au milieu des peuples et des nations, c'est-à-dire, qu'il se trouve au milieu des deux polarités, et entre celles-ci il aspire à monter vers Dieu, et il ne se laisse détourner du droit chemin ni par les peuples, ni par les nations, ou en d'autres termes, ni par son propre intellect, ni par sa propre indolence.
Qui agit ainsi et recherche Dieu vraiment avec tout le sérieux, comme David, celui-là sait très bien jusqu'où arrive Sa Grâce, c'est-à-dire, jusqu'où se se propage la Vie qui émane de Lui dans tous les espaces éternels que sont les cieux; il sait aussi ce que sont "les nuées de la Vérité" à savoir, que ce sont les esprits de la vie éternelle. - Oui, celui qui recherche Dieu avec tout le sérieux, reconnaît en lui la victoire, et comme l'a fait David, il s'écrie:
"Élève-Toi, ô Dieu, au-dessus des cieux, (c'est-à-dire sur ma vie jusqu'à présent), et que Ta Gloire (c'est-à-dire Ta Lumière vivifiante) se répande sur toutes les contrées de mon être afin qu'avec cela tous les bien-aimés, (c'est-à-dire tous ceux qui ont fait retour à la vie quel que soit le degré auquel ils puissent être arrivés) soient bien vite délivrés de tout ce qui est de la mort !"
Qui recherche vraiment Dieu avec un sérieux parfait comme l'a fait David, s'écriera enfin comme lui :
"Seigneur, Mon Dieu et Mon Père, vois, mon cœur déborde d'amour pour Toi; vois, du fond de mon humilité je Te supplie et Te conjure, de bien vouloir me secourir avec Ta droite, (c'est-à-dire de bien vouloir m'accorder la Vraie Lumière de la Vie), afin que je puisse devenir avec Toi une vie unique parfaite; exauce-moi donc et réponds-moi, ô mon Dieu!"
(*

Portrait de Anonyme Gérard Malabouche24.01.2013

Un peu de magnétisme animal à la Mesmer. Une pincée d’esprit exalté. Versez dans un trou noir aspirant des soleils. Bénir la terre par son activité mictionnelle et ne pas se laisser détourner du droit chemin par sa raison. Branlez le tout dans un orgasme mystique à la Thérèse d’Avila. Le tout semble sorti de la cuisine théologale de Teilhard de Chardin. René Wenger, je vous recommande de vendre votre soupe aux salafistes, loubavitchs, papistes et autres illuminés. Badiou vous aidera à faire de la publicité. La commercialisation des syncrétismes les plus extravagants, c’est sa spécialité.

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)24.01.2013

Il est vrai que le syncrétisme est le fruit de l'incohérence et un obstacle majeur à toute progression dans une voie bien définie. Mais il ne faut pas confondre syncrétisme et tolérance.
L'on peut figurer tous les cheminements véritablement initiatiques (non nécessairement religieux mais nécessairement spirituels) vers la vérité comme les rayons d'un même cercle. Plus les rayons se rapprochent du centre, plus les différences se réduisent pour disparaître enfin tout à fait au centre.

Le problème est que l'on parle de religions là où il faudrait parler de Spiritualité. Un agnostique qui travaille de façon désintéressée à la recherche de vérités utiles pour la société peut avoir une spiritualité bien supérieure à celle d'un simple croyant qui ne fait que suivre plus ou moins bien la religion de ses parents, par paresse et par habitude.
A propos de Saint Paul, un petit Clain d'œil :

Il est vrai que le syncrétisme est le fruit de l'incohérence et un obstacle majeur à toute progression dans une voie bien définie. Mais il ne faut pas confondre syncrétisme et tolérance.
L'on peut figurer tous les cheminements véritablement initiatiques (non religieux mais nécessairement spirituels) vers la vérité comme les rayons d'un même cercle. Plus les rayons se rapprochent du centre, plus les différences se réduisent pour disparaître enfin tout à fait au centre.

Le problème est que l'on parle de religions là où il faudrait parler de Spiritualité.
Un agnostique qui travaille de façon désintéressée à la recherche de vérités utiles pour la société peut avoir une spiritualité bien supérieure à celle d'un simple croyant qui ne fait que suivre plus ou moins bien la religion de ses parents, par paresse et par habitude.
A propos de Saint Paul, un petit Clain d'œil :
http://www.youtube.com/watch?v=hOyGxzpVZPU
Excusez-moi pour la musique mais je n’y suis vraiment pour rien.

Portrait de Anonyme Gérard Malabouche24.01.2013

Dans la glose de Badiou sur saint Paul, j’ai relevé plusieurs erreurs de fait :
1) La conversion de Paul sur le chemin de Damas n’est jamais évoquée dans les épîtres de Paul. Elle est signalée dans les Actes des apôtres (Ac 9.3-6, 22.5-10, 26.12-16), livre postérieur au décès de Paul. Tout laisse à penser que cet épisode est apocryphe.
2) La déification de Jésus a commencé vers la fin du Ier siècle et n’a été définitivement instaurée qu’en 325, au concile de Nicée. Paul ne considère jamais Jésus comme un Dieu.
3) Le slogan « il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme » revient plusieurs fois (à des variantes mineures près) sous la plume de Paul (Galates 3.28 ; 1Co 12.13 ; Rm 10.12). Sans aucune ambiguïté, Paul n’énonce ce principe d’égalitarisme que pour les « baptisés en Christ », ceux qui sont « fils de Dieu par la foi en Jésus Christ », « pour former en un seul corps ». Un tel principe se retrouve, mutatis mutandis, dans n’importe quelle secte. Pour appâter les chalands, le gourou leur dit que, s’ils adhèrent, ils seront des êtres supérieurs au reste du monde, sans distinction de leur sexe, de leur race ou de leur condition. Mais les laudateurs du slogan le sortent presque toujours de son contexte, ce qui lui donne une signification d’universalité qui est aux antipodes de son sens strictement intra-communautariste.
4) Paul (et, à sa suite, le christianisme) n’a jamais condamné l’esclavage (or Sénèque, à l’époque de Paul, proclamait l’égalité des hommes libres et des esclaves). « Que chacun demeure dans l'état où il était lorsqu'il a été appelé. As-tu été appelé étant esclave, ne t'en inquiète pas ; mais si tu peux devenir libre, profites-en plutôt. Car l'esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur; de même, l'homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ. » (1Co 7.20-22). De même l’égalité des sexes ne vaut qu’entre fidèles et dans le cadre strict de l’assemblée cultuelle. Sinon, « comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; mais qu'elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. Si elles veulent s'instruire sur quelque chose, qu'elles interrogent leurs maris à la maison ; car il est malséant à une femme de parler dans l'Église. » (1Co 14.34-35) Ce mépris explicite du principe d’égalité est banal dans une secte : selon le christianisme, la vie terrestre et les inégalités ici-bas n’ont aucune importance ; seule compte la vie éternelle, post mortem.

Le communisme des premiers chrétiens, qui émerveille Badiou, est radical : « Il n'y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin. (Actes 4.34-35). Et gare aux contestataires : « …un homme nommé Ananias, avec Saphira sa femme, vendit une propriété, et retint une partie du prix, sa femme le sachant ; puis il apporta le reste, et le déposa aux pieds des apôtres. Pierre lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ ? S'il n'eût pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et, après qu'il a été vendu, le prix n'était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Ananias, entendant ces paroles, tomba, et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs. » (Actes 5.1-5) Peu après, c’est au tour de la femme : « … elle tomba aux pieds de l'apôtre, et expira. Les jeunes gens, étant entrés, la trouvèrent morte; ils l'emportèrent, et l'ensevelirent auprès de son mari. Une grande crainte s'empara de toute l'assemblée et de tous ceux qui apprirent ces choses. Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon, et aucun des autres n'osait se joindre à eux; mais le peuple les louait hautement. » (Actes 5.10-14) Le racket est aussi vieux que le monde ; et la religion est une activité économique comme une autre, une source de profit pour ses actionnaires.
Le maoïsme est ses méthodes semblent directement inspirés du régime de terreur institués par les apôtres. On comprend que Badiou se soit entiché de saint Paul.

Portrait de Anonyme Anonyme24.01.2013

Voilà une exégèse expéditive et fumeuse. Par exemple, pourquoi dire que les passages du Livre des Actes sur la conversion de saint Paul sont "apocryphes" alors que l'épisode d'Ananias et Sapphira serait un document d'une vérité criante sur le "communisme radical" de la première communauté chrétienne? C'est vous qui décidez ce qui est "authentique" ou révélateur? De plus, l'histoire assez énigmatique de ce couple est interprétée arbitrairement: Pierre dit apparemment à Ananias qu'il pouvait vendre ou non son terrain, et ensuite donner ou non l'argent, il était libre, mais sa faute a été de vouloir tricher, "mentir à Dieu" en faisant semblant de vendre et de donner tout en conservant une partie du prix. Voilà ce que je lis. Ensuite, ayant entendu ces paroles, Ananias "tombe et expire", mais on ne sait trop comment l'interpréter, sinon de façon symbolique (et donc comme une fable "apocryphe"). De toute façon on est dans une ville romaine, dans un groupe qui pratique apparemment la libre solidarité, et non dans un camp khmère rouge. Quant à reprocher au christianisme de restreindre l'égalité à ses fidèles, de qui pourrait-il, de son point de vue, proclamer l'égalité? Même une république proclame l'égalité de ses propres citoyens, adhérant à son système juridique, par exemple aux "droits de l'homme". Ca n'empêche pas l'"universalité" si tout le monde, en principe, peut y entrer.

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)24.01.2013

Vous soulevez des contradictions intéressantes et vous relevez certaines erreurs de fait incontestables.
Je suis d'accord avec vous lorsque vous déclarez : "La déification de Jésus a commencé vers la fin du Ier siècle et n’a été définitivement instaurée qu’en 325, au concile de Nicée. Paul ne considère jamais Jésus comme un Dieu"
En revanche, quand vous postulez : [Le communisme des premiers chrétiens, qui émerveille Badiou, est radical : « Il n'y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin. (Actes 4.34-35)...] vous en déduisez :
"Le racket est aussi vieux que le monde ; et la religion est une activité économique comme une autre, une source de profit pour ses actionnaires". Là, je pense que vous généralisez un point de vue personnel et une vérité relative.
Certes, les religions peuvent être avant tout un moyen de s’enrichir pour certains (et ils sont nombreux il est vrai ces Tartufes de tout poil), mais il n’en est pas ainsi de tous leurs adeptes.
Par ailleurs, vous remettez en cause la volonté de Saint Paul d’universaliser la religion chrétienne en soulignant qu’il s’adressait à des communautés. Or il ne pouvait en être autrement au début du christianisme, ce qui ne remet nullement en cause l’universalité des valeurs qu’il prônait.
Et les contradictions que vous soulignez peuvent précisément résulter des différences culturelles et sociales des milieux auxquels il s’adressait.
Sachez que mon objectif n’est pas de « venir au secours ni de Saint Paul ni de M. Baldiou » puisque je ne suis ni chrétien (bien qu’ayant été en pension 8 ans chez les Oratoriens dans ma jeunesse) ni maoïste. Mais qu’avez-vous à proposer de constructif et de positif ? Je ne doute pas un instant que vous avez des idées et des projets très intéressants à proposer.
Nous serions heureux que vous nous en fassiez part.

J’ai envoyé un premier commentaire que j’ai modifié par la suite.

A propos des jésuites je souhaitais évoquer le film « Mission » qui démontre très bien comment l’église catholique, apostolique Romaine (qui se désigne comme universelle après tant de trahisons) a étouffé la plupart des tentatives de mise en applications des principes évangéliques les plus généreux.

Autres modifications :

La question suivante est posée par M. Badiou : comment un l’universalisme prôné par Saint Paul, d’autant plus qu’il veut respecter les singularités, ne pourrait-il pas être salué par un philosophe, même non croyant et marxiste ?
Aujourd’hui, nous vivons une « Mondialisation » gouvernée par une oligarchie financière qui accentue les inégalités. Le « communisme ou l’anarchisme véritables » étaient une barrière à cette universalité de l’argent qui s’oppose à la mise en œuvre de règles, même minimales, unitaires et égalitaires.
Le communisme, bien qu’il ait été dévoyé par des violences outrancières, mettait une barrière à une mondialisation monétaire universelle et il aurait pu conduire à des projets d’une organisation sociale délivrée de la propriété (cf Proudhon : la propriété c’est le vol !) s’il n’avait pas été trahi par des dictateurs sanguinaires et leurs acolytes, l’apparatchik créateur d’un monde parfaitement Kafkaïen.

Je profite de ma réaction à votre commentaire pour le faire. Bien à vous.

Portrait de Anonyme Gérard Malabouche24.01.2013

Monsieur luroluro14 (anonyme),
Vos observations argumentées m’amènent à de longues précisions.
Sur le « racket », lisez SVP toute ma citation (Actes 5.1-5 et 5.10-14). Honnêtement, trouvez-vous exagéré, ou subjectif, de résumer ça par « racket » ?
Sur l’universalité, je persiste. Je vous invite à lire les versets que je cite et ceux (que je ne cite pas) qui les précèdent immédiatement. L’égalité prônée par Paul vaut exclusivement pour les baptisés et principalement lors de l’assemblée des croyants. Je le répète, il n’y a aucune ambiguïté sur ce point dans les épîtres. Or la religion en question était minuscule. Le principe d’égalité était tout sauf universel.
On doit mettre au crédit du christianisme (et ce sans réelle exception) l’absence de racisme. Ainsi le violent antijudaïsme chrétien était une persécution des personnes de religion juive, non de "race" juive. Durant la colonisation de l’Amérique, l’Eglise a largement baptisé (éventuellement de force) les Indiens, que les conquistadores considéraient plutôt comme des animaux. A contrario, le non-chrétien ne vaut rien. L’Eglise, jusqu’au siècle dernier, n’a vu aucun inconvénient à ce que l’on massacrât les gens de confession juive, ou, à une époque un plus ancienne, les protestants, les Africains animistes, etc.
Le fait que l’égalité soit strictement circonscrite aux croyants est à nouveau explicitement réaffirmé dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, dont voici deux articles :
« 790 Les croyants qui répondent à la Parole de Dieu et deviennent membres du Corps du Christ, deviennent étroitement unis au Christ : " Dans ce corps la vie du Christ se répand à travers les croyants que les sacrements, d’une manière mystérieuse et réelle, unissent au Christ souffrant et glorifié " (LG 7). Ceci est particulièrement vrai du Baptême par lequel nous sommes unis à la mort et à la Résurrection du Christ (cf. Rm 6, 4-5 ; 1 Co 12, 13), et de l’Eucharistie, par laquelle, " participant réellement au corps du Christ ", " nous sommes élevés à la communion avec Lui et entre nous " (LG 7). »
« 791 L’unité du corps n’abolit pas la diversité des membres : " Dans l’édification du corps du Christ règne une diversité de membres et de fonctions. Unique est l’Esprit qui distribue des dons variés pour le bien de l’Église à la mesure de ses richesses et des exigences des services " . L’unité du Corps mystique produit et stimule entre les fidèles la charité : " Aussi un membre ne peut souffrir, que tous les membres ne souffrent, un membre ne peut être à l’honneur, que tous les membres ne se réjouissent avec lui " (LG 7). Enfin, l’unité du Corps mystique est victorieuse de toutes les divisions humaines : " Vous tous, en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus " (Ga 3, 27-28). »
Encore plus explicite :
« 872 Entre tous les fidèles du Christ, du fait de leur régénération dans le Christ, il existe, quant à la dignité et à l’activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous coopèrent à l’édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propre de chacun. »
Les extraits du Catéchisme qui précèdent sont directement dérivés de la doctrine paulinienne. Mais on notera qu’il ne s’agit pas d’une égalité au sens économique ou social. Quand Paul dit « il n’y a ni esclave ni homme libre », cela signifie que, à l’église, l’esclave et l’homme libre sont traités de la même manière, ont le même accès au sacrement, ont la même possibilité d’accéder au paradis. A contrario, dans la cité, l’inégalité du maître et de l’esclave, fussent-ils chrétiens, n’est ni réduite, ni même critiquée.
D’ailleurs, en allant au-delà du discours paulinien, qui s’apparente à un déni de l’inégalité, l’Eglise va jusqu’à justifier l’inégalité par le motif que, dans une société égalitaire, la charité, vertu théologale, serait sans objet. Dans le Catéchisme, on trouve :
« 1936 En venant au monde, l’homme ne dispose pas de tout ce qui est nécessaire au développement de sa vie, corporelle et spirituelle. Il a besoin des autres. Des différences apparaissent liées à l’âge, aux capacités physiques, aux aptitudes intellectuelles ou morales, aux échanges dont chacun a pu bénéficier, à la distribution des richesses (cf. GS 29, § 2). Les " talents " ne sont pas distribués également (cf. Mt 25, 14-30 ; Lc 19, 11-27).
« 1937 Ces différences appartiennent au plan de Dieu, qui veut que chacun reçoive d’autrui ce dont il a besoin, et que ceux qui disposent de " talents " particuliers en communiquent les bienfaits à ceux qui en ont besoin. Les différences encouragent et souvent obligent les personnes à la magnanimité, à la bienveillance et au partage ; elles incitent les cultures à s’enrichir les unes les autres : « Je ne donne pas toutes les vertus également à chacun ... Il en est plusieurs que je distribue de telle manière, tantôt à l’un, tantôt à l’autre ... A l’un, c’est la charité ; à l’autre, la justice ; à celui-ci l’humilité ; à celui-là, une foi vive ... Quant aux biens temporels, pour les choses nécessaires à la vie humaine, je les ai distribués avec la plus grande inégalité, et je n’ai pas voulu que chacun possédât tout ce qui lui était nécessaire pour que les hommes aient ainsi l’occasion, par nécessité, de pratiquer la charité les uns envers les autres ... J’ai voulu qu’ils eussent besoin les uns des autres et qu’ils fussent mes ministres pour la distribution des grâces et des libéralités qu’ils ont reçues de moi » (S. Catherine de Sienne, dial. 1, 6).

Je regrette d’être long et d’entasser les citations. Ca me semble nécessaire pour tordre le cou à la thèse, très répandue et rigoureusement fausse, d’un Paul précurseur des valeurs contemporaines. Aucun exégète, même le plus habile, ne peut soutenir que Paul prône des droits universels, sauf à limiter strictement l’univers à l’Eglise, et à n’envisager comme droits que les aménités cultuelles. Rien ne permet de voir dans Paul un précurseur des idéologies modernes, notamment les Lumières, les droits de l’Homme, ou le progrès social. Et l’Eglise, en se désintéressant complètement des droits de l’Homme et de l’égalité, est fidèle au dédain que Paul proclamait à l’égard des questions matérielles.

Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de préciser mon analyse.

(On trouve une version un peu ancienne mais commodément consultable des épitres de Paul et autres textes de la Bible dans http://www.info-bible.org/lsg/INDEX.html)

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)24.01.2013

Encore une émission passionnante, n’en déplaises à certaines détracteurs systématiques aux nouveaux chemins de la connaissance.
Aujourd’hui c’est autour de la figure de Saint Paul que vous avez prolongé les trois discussions précédentes, figure en laquelle Alain Badiou voit le fondement de l’universalisme.
Chez Saint-Paul, il est manifeste qu’un événement d’une importance telle qu’il est passé en un instant d’une attitude hostile au christianisme à son adhésion complète au point d’en devenir un missionnaire majeur est un exemple à la foi singulier et potentiellement partagé.
Cela prouve qu’une nouvelle singularité peut devenir universelle, et c’est là un point central de l’émission.
Bien que M. Alain Badiou ne soit manifestement pas croyant (ce qui importe peu car c’est le comportement et la sincérité qui comptent pour tout choix effectué dans la vie), il approfondit les écrits de Saint Paul avec une grande subtilité, au point que certains pourraient l’accuser de « récupération ».

Peu importe pour moi, car sa réflexion n’en demeure pas moins profonde et intelligente.
M. Badiou a lui aussi eu son chemin de Damas : Mai 1968. A compter de cet évènement, sa vie a changé de direction. Il est vrai que l’on parle bien des « évènements » de Mai 1968.

A chacun son chemin de Damas. Le mien a été celui de changer de direction très brutalement en changeant de religion, mais je n’en dirai pas plus à ce sujet car cela est très personnel.

Pour M. Badiou, même des fables (ou ce qui apparaît comme tel pour lui), interpelle le philosophe (Iliade et Odyssée, Tristan et Iseult, Lettres de Saint Paul …).

L’inversion du trajet de Saint Paul après qu’il ait entendu une voix impérieuse et qu’il ait chuté de son cheval, résulte d’une rupture brutale. D’ennemi des chrétiens, il en devint l’un des plus acharnés défenseur.
Cela l’a donc conduit à se soustraire d’une emprise communautaire (celle du judaïsme) et à une orientation vers une pensée et une croyance à vocation universelle.
Ainsi, un phénomène qui pour certains pouvait être qualifié d’hérésie se transmute en une vérité qui s’adresse à tout le genre humain. Il s’agit là d’une véritable « révolution ».
Pour Saint Paul, nous sommes tous égaux devant ce message.
Mais ce qui est particulièrement intéressant et doit retenir toute notre attention, c’est que pour lui, au moment de délivrer son message, il est nécessaire de prendre en compte les singularités : il faut être juif avec les juifs, romain avec les romains etc… (ce qu’ont très bien su faire certains jésuites par la suite).
Saint Paul est proche de la figure du militant. Il ne cherche aucunement à instaurer un appareil de puissance (ce qu’est devenue aujourd’hui l’église catholique avec le Vatican : lire à ce sujet l’ouvrage « Histoire secrète du Vatican de Corrado Augias, édition L’Express, Paris, 2011).
C’est Saint Paul qui a reçu le message (réel ou subjectif), mais il considère que celui-ci, qui constitue une nouveauté, s’adresse à tous car les valeurs qu’il véhicule conduisent à reconnaître l’égalité (des hommes et des femmes) et la fraternité, ce qui suppose une véritable conversion pour tous les êtres humains. Il insiste aussi sur le fait que la foi sans la charité ne suffit pas.
Pour lui les femmes peuvent prêcher (ce qui est était impensable à son époque).

La question suivante se pose : comment un l’universalisme prôné par Saint Paul, d’autant plus qu’il veut respecter les singularités, ne pourrait-il pas être salué par un philosophe, même non croyant et marxiste ?

Aujourd’hui, nous vivons une « Mondialisation » gouvernée par une oligarchie financière qui accentue les inégalités. Le communisme ou l’anarchisme véritable étaient une barrière à cette universalité de l’argent qui s’oppose à la mise en œuvre de règles, même minimales, unitaires et égalitaires.
Le communisme, bien qu’il ait été dévoyé par des violences outrancières, mettait une barrière à une mondialisation monétaire universelle et il aurait pu conduire à des projets d’une organisation sociale délivrée de la propriété s’il n’avait pas été dévoyé.

Par ailleurs et surtout Saint Paul a souligné qu’il ne fallait rien imposer, la conversion proposée devait être en elle-même suffisamment convaincante pour conduire à une véritable adhésion des individus.

Les projets de Lénine et de Mao ont conduit à des catastrophes sociales sanglantes de même que l’Eglise a dévoyé le christianisme par son appétit du pouvoir et des richesses.

Comme les écrits de Saint-Paul, les dialogues de Platon visaient à convaincre et à provoquer une véritable adhésion sans violence, à une prise de conscience de la vérité par l’interlocuteur.
Ainsi, un processus s’enclenche, qui se traduit dans la durée et dans le temps par un changement progressif des mentalités.
Cordialement, Luc R.

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE24.01.2013

PS / Il avait le même prénom, alors ELUARD rejoint le saint homme en affirmant poétiquement une idée communiste christinanisante :
Je fête l'essentiel, je fête ta présence (Paul Eluard).

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu24.01.2013

Les masques tombent! Derrière les masques de Platon et de Paul (c’est ainsi que tout religieux parle de Saint Paul), Alain Badiou prône le terrorisme communiste de Lénine, Staline, Mao, Pol Pot, considéré comme un universalisme luttant contre « le monétarisme capitaliste »! Mais n’oublions pas que Saint Paul est le théoricien du christianisme comme « croix et folie »( Première Êpitre aux Corinthiens, I,18), « kénose », abaissement de Dieu dans la crucifixion.
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE24.01.2013

LUMEN AV REVELAT LEX PRO ET PHAE, St Paul créa donc le pagano-christianisme en refusant la loi de Moïse pour un amour universel , le contraire du judéo-christianisme, via sans doute par le Visage de l'Amour :
"l'Amour selon le coeur de Dieu a des trésors de Patience"...

De plus, via Romains 12,16, le communisme serait justifié par l'apax : "Ayez entre vous un comportement égal, une même pensée, / Ne soyez pas hautains en pensée, faites-vous solidaires des humbles, / Ne vous prenez pas vous-mêmes pour de grands penseurs..."

ALORS / " Vous pouvez toutes choses par Christ qui vous fortifie " :
- Agir par la prière qui reflète toute la réalité de la création, soit une fonction cosmique, universelle, Une seule Parole pour tous.
Je suis fort quand je suis faible !...

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