Aujourd’hui nous allons parler de l’image, des images, nous allons parler du cinéma en compagnie de Marie-José Mondzain, une philosophe qui n’aime pas qu’on l’affuble du nom de spécialiste de l’image.
On se souvient de la phrase de l’écrivain Upton Sinclair à propos du cinéma. Elle fut prononcée en 1917 : « Avec le cinéma, disait-il, le monde s’unifie, c’est à dire qu’il s’américanise ».
On pourrait presque dire le contraire aujourd’hui. Avec le cinéma, le monde se fragmente, il y a de plus en plus d’Etats dans le monde, c’est à dire qu’il se diversifie. Mais on pourrait dire aussi que la diversité du cinéma engendre une richesse commune, propre à tous les hommes, au-delà de leurs particularités nationales et culturelles. Ce que Walter Benjamin appelait le fond commun des choses. On pourrait donc dire qu’en même temps qu’il se diversifie le cinéma facilite l’advenue d’un fonds commun de l’humanité, concernant l’environnement, l’amour, la sexualité, la richesse, la pauvreté, tout ce qu’on veut. Et on ajouterait que la désolation, telle celle qui règne dans le parc d’attraction « The World » à Pékin, filmé par le cinéaste chinois Jia Zhang Ke, ne doit pas être un obstacle à cette promesse.
Marie José Mondzain accorde de l’importance à cette question. « En quoi, consistent l’enchantement, la croyance, la magie du cinéma quand ils inscrivent férocement la trace d’un monde désenchanté » se demande-t-elle. …
Oui, en quoi, les images du cinéma, peuvent-elles renforcer notre croyance au monde ?
C’était la question de Rossellini après la guerre …
C’est encore la nôtre aujourd’hui…
Invité(s) :
Marie-José Mondzain, philosophe et écrivain, directeur de recherche au CNRS
Thème(s) : Idées| Philosophie| Images| Marie-José Mondzain




