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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 13-14

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 10h50

Ecoutez l'émission 49 minutes

Diderot philosophe (2/4) : L’animal 5

01.10.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Rafik Zénine et David Jacubowiez

A la technique: Alexandre Martin et Benjamin Thuau

Lectures: Jean-Louis Jacopin

 

 

 

 

 

 

Après Le matérialisme de la rencontre, hier, avec Annie Ibrahim,  avant la chimie et la digestion, avec François pépin, demain  et l’autorité politique, jeudi, en compagnie de Colas Duflo, pour le deuxième temps de notre série d’émissions consacrées à Diderot philosophe et enregistrées depuis la ville natale de Diderot, à Langres, j’ai le plaisir de recevoir Dominique Lecourt qui vient vous parler de cet animal comme les autres qu’est l’homme. 

 

Adèle Van Reeth et Dominique Lecourt GMS © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lectures:

- Diderot, L'Encyclopédie « Animal »

- Diderot, Le rêve de d'Alembert

- Diderot, Le neveu de Rameau

- Diderot, Les bijoux indiscrets

 

Musiques et chansons:

- Harris Phil (Jungle book),  Colonel Hathi's March

- BourvilLes abeilles

- Jacques Brel,  Un animal

 

Extrait:

Documentaire, « Les abeilles et leur reine »

 

 

 

 

 

"Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye: comment Diderot défie-t-il la philosophie ?  

Réponse avec les artistes langrois Danièle Kupczyk et Max Hervé qui nous présentent leur "Diderot en érection", essayant de capturer la Philosophie qui lui échappe.  

Lecture
 
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Invité(s) :
Dominique Lecourt, professeur de philosophie à l’université Paris Diderot et directeur général de l'Institut Diderot

Galerie : les nouveaux chemins de la connaissance à Langres

21 photos
Photos prises à Langres dans le cadre des rencontres philosophiques. Les nouveaux chemins de la connaissance ont enregistré 4 émissions consacrée à Diderot.

Thème(s) : Idées| Philosophie| Denis Diderot

5 commentaires

Portrait de Anonyme RenaudD02.10.2013

"Man gave name to all the animals", ma chanson préférée de Dylan, merci.

Portrait de Anonyme Alain Muller02.10.2013

Pour Diderot, il n'y a pas de différence de nature entre l'ANIMAL et l'HOM-ME, mais seulement une différence de DEGRE! L'ANIMAL, en effet, est ENFERME dans son MILIEU et ne peut pas en sortir en faisant varier ses ORGANES des SENS, car il est FOCALISé, par son instinct, sur UN SEUL SENS! Pour Diderot, l'animal a aussi une "RAISON"!, mais elle est plus LIMITEE que celle de l'homme!, elle est exactement limitée à UN SEUL sens! Comme le dit Diderot de façon saisissante (en se posant la question de la PERFECTIBILITE de l'hom-me (thème typique des "Lumières" qu'on retrouvera, sous une autre forme et autrement solutionné, chez Rousseau!)) : « Pourquoi l'homme est-il PERFECTI-BLE et pourquoi l'animal ne l'est-il pas? L'animal ne l'est pas parce que sa RAISON, s'il en a une, est dominée par un SENS DESPOTE qui la subjugue. Toute l'ÂME du chien est au bout de SON NEZ, et il va toujours FLAIRANT. Toute l'âme de l'aigle est dans SON OEIL, et l'aigle va toujours REGARDANT. Toute l'âme de la taupe est dans SON OREILLE, et elle va toujours ECOUTANT». (Diderot, "Réfutation d'Helvétius", p. 814-815; cité par Jean-Luc Guichet, « Enjeux de la QUESTION de l’ANIMAL sous les Lumières : Condillac, Diderot, Rousseau », p. 6). L'HOMME, au contraire, a des ORGANES des SENS qui ont une puissance de discernement plus ou moins égal, en tous les cas il n'est pas focalisé sur un seul sens, mais peut COMBINER ses MULTIPLES sens grâce à sa "RAISON", raison qui est aussi un ORGANE!, l'ORGANE de la PENSEE! : "... Mais il n'en est pas ainsi de l'homme. Il est entre SES SENS une telle HARMO-NIE, qu'aucun ne prédomine assez sur les autres pour donner la loi à son en-tendement; c'est son entendement au contraire, ou l'ORGANE de sa RAISON qui est le PLUS FORT. C'est un JUGE qui n'est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins. Il conserve toute son autorité, et il en use pour SE PERFECTION-NER. Il COMBINE toutes sorte d'idées ou de SENSATIONS, parce qu'IL NE SENT RIEN FORTEMENT". (ibid.). Ce qui, donc, fait la DIFFERENCE (de degré!) entre l’animal et l’homme, c’est le fait que l’Homme est AUTREMENT ORGANISé que l’animal ! Son organisation, PLUS SOUPLE et PLUS SUSCEPTIBLE de VARIATIONS que celle de l’animal, lui permet de "sortir" de son MILIEU, ou, du moins, de "passer" d'un "MILIEU" à un autre ! L’homme, donc, dans cette conception, est DETERMINé par son "milieu", mais, en même temps, il peut SE LIBERER de son milieu ! Mais, comme il « porte », pour ainsi dire, son milieu AVEC LUI, qui lui COLLE à la PEAU !, c’est une hérésie (rationaliste et anthropocen-triste !) de croire que l’homme pourra jamais se libérer ABSOLUMENT de son « milieu » ! Il ne peut pas ABSOLUMENT se DEBARRRASER du « milieu » EXTERIEUR qui l’a formé et a fait de lui ce qu’il est devenu, mais tout ce qu’il peut faire, - et c'est pas mal! -, c’est d’ELARGIR son MILIEU « INTERIEUR » pour de plus en plus faire RECULER ce MILIEU « EXTERIEUR » qui le limite, le com-prime, l’opprime et le réprime !...
... Car, ce qui est précisément TOTALITAIRE et ILLUSOIRE, c'est une Raison HUMAINE, trop humaine !, une raison ANTHROPOCENTRIQUE !,type de raison qu’on attribue généralement à la philosophie des « LUMIERES » la confondant avec le RATIONALISME cartésien ! La philosophie de Diderot est aussi une ANTHROPO-LOGIE! (plus ou moins semblable aux anthropologies de son temps qui, à cette époque, poussent comme des champignons!), mais c'est une anthropologie NON ANTHROPOCENTRIQUE! Car la QUESTION qu'il faut se poser au sujet de Diderot, c'est : "Comment l'ANTHROPOLOGIE de Diderot peut-elle être à la fois une "ANTHROPOLOGIE ANIMALE" et cependant bien une ANTHROPOLOGIE [humaine]?", question qui revient à cette question typique des "Lumières" (où se retrou-vent Condillac, Diderot et Rousseau!) : "Comment cette PERFECTIBILITE indé-finie est-elle possible chez l'homme SANS ROMPRE l'UNITE avec l'ANIMAL?" (Jean-Luc Guichet, « Enjeux de la QUESTION de l’ANIMAL sous les Lumières : Condillac, Diderot, Rousseau », p. 5). …

Portrait de Anonyme luroluro1402.10.2013

Voici quelques extraits « extraits » et des « ajouts » en rapport avec le thème traité :
[Pour Diderot, la philosophie est un obstacle à la connaissance effective de l’animal . Mais qu’est-ce que l’animal ?
Comme pour le «ruban coloré» du Père Jésuite Castel, qui passe du blanc au noir par successions de nuances imperceptibles, les formes vivantes forment une chaîne ininterrompue.
Les noms généraux conférés aux espèces vivantes ont plus ou moins de sens selon que l’on fait plus ou moins de progrès dans l’étude de la nature.
Pour Diderot, c’est l’homme qui l’intéresse avant tout. Mais les caractéristiques des animaux lui permettent de connaître la spécificité de l’homme.
Il se réfère fréquemment à « l’histoire naturelle particulière et générale» de Buffon qui vient de paraître. Diderot utilise donc la connaissance de son temps la plus récente.
Buffon comme Diderot étaient convaincus qu’il fallait penser autrement le monde qui allait advenir.
Adèle : Où définir la limite entre l’humain et l’animal ? Pour Diderot, c’est une différence de degrés et non de nature. Entre les minéraux et les animaux il y a parfois une différence insensible.
L’homme est un animal qui a en lui du minéral (squelette), du végétal (poils et cheveux), de la chair animale, un système nerveux sophistiqué et, ce qui le distingue entre tout, le langage.
Ce dernier confère à l’homme une très grande possibilité de relations et e transmission de la connaissance.
Diderot combat pout l’individualité en relation et non pour l’individu isolé.
Il considère que chaque individu est en devenir permanent dans un processus d’individualisation qui est à la fois en construction et en destruction. Diderot insiste sur l’enrichissement nécessaire des êtres vivants par l’entraide.
Pour lui c’est l’homme qui invente un dieu créateur pour supporter les adversités de la vie.
Diderot était le Philosophe par excellence à son époque, car il contribuait à intégrer les meilleures connaissances humaines de son temps en mobilisant les meilleurs esprits autour d’une tâche qui visait à donner la liberté de penser aux individus.
Pour cela, il a fait de la prison et a été très surveillé mis à l’index par le pouvoir qui considérait à juste titre sa pensée comme subversive et révolutionnaire.
C’est pourquoi la partie la plus connue et la plus critique de son œuvre est posthume.
Diderot est un matérialiste qui ne reconnaît pas l’existence de l’âme. Mais sa conception a évolué vers le vitalisme, c'est-à-dire vers l’affirmation que l’être humain n’est pas composé de deux substances mais «d’une matière individuée » qui est en relation avec les autres.
En parlant de l’homme dans le « Neveu de Rameau» il a écrit : «j’ai rencontré un composé de hauteur et de bassesse, de bon sens et de déraison …». « Son premier soin au lever est de penser où il dinera …»
Il faut lire le Neveu de Rameau, où se trouve pour l’invité des pages sublimes où beaucoup de choses sont dites avec peu de mots (écouter l’extrait lu pendant l’émission).]
Diderot appelle le Neveu de Rameau « le philosophe », ce qui peut sembler paradoxal.
De façon générale, Diderot admet la difficulté insurmontable de régler certains problèmes, c’est pourquoi il recourt fréquemment au paradoxe. Cela lui permet de mette la pensée en mouvement sans apporter la solution, sans prendre parti.
Diderot n’est pas un sceptique au sens où l’était Montaigne. A la question « Qui suis-je », il relance celle-ci par cette autre « Que sommes-nous? »]
Fin de l’entretien.
AJOUT 1 « Extrait du rêve de d’Alembert « : Tout est en un flux perpétuel… Tout animal est plus ou moins homme ; tout minéral est plus ou moins plante ; toute plante est plus ou moins animale. Il n’y a rien de précis en nature… Le ruban du père Castel… Oui, père Castel, c’est votre ruban et ce n’est que cela. Toute chose est plus ou moins une chose quelconque, plus ou moins terre, plus ou moins eau, plus ou moins air, plus ou moins feu ; plus ou moins d’un règne ou d’un autre… Donc rien n’est de l’essence d’un être particulier… Non, sans doute, puisqu’il n’y a aucune qualité dont aucun être ne soit participant… et que c’est le rapport plus ou moins grand de cette qualité qui nous la fait attribuer à un être exclusivement à un autre… Et vous parlez d’individus, pauvres philosophes ! Laissez là vos individus ; répondez-moi. Y a-t-il un atome en nature rigoureusement semblable à un autre atome ?… Non… Ne convenez-vous pas que tout tient en nature et qu’il est impossible qu’il y ait un vide dans la chaîne ? Que voulez-vous donc dire avec vos individus ? Il n’y en a point, non, il n’y en a point… Il n’y a qu’un seul grand individu, c’est le tout. Dans ce tout, comme dans une machine, dans un animal quelconque, il y a une partie que vous appellerez telle ou telle ; mais quand vous donnerez le nom d’individu à cette partie du tout, c’est par un concept aussi faux que si, dans un oiseau, vous donniez le nom d’individu à l’aile, à une plume de l’aile… Et vous parlez d’essences, pauvres philosophes ! laissez là vos essences. Voyez la masse générale, ou si, pour l’embrasser, vous avec l’imagination trop étroite, voyez votre première origine et votre fin dernière… Qu’est-ce qu’un être ?… La somme d’un certain nombre de tendances… Est-ce que je puis être autre chose qu’une tendance ?… non, je vais à un terme… Et les espèces ? Les espèces ne sont que des tendances à un terme commun qui leur est propre… Et la vie ? La vie une suite d’actions et de réactions… Vivant, j’agis et je réagis en masse… mort, j’agis et je réagis en molécules… Je ne meurs donc point ? Non, sans doute, je ne meurs donc point en ce sens, ni moi, ni quoi que ce soit… Naître, vivre et passer, c’est changer de formes…
http://www.revue-texto.net/Reperes/Cours/Mezaille/alembert.html
AJOUT 2 :
Lien sur l’émission du Gai Savoir du 07 10 2012 : http://www.franceculture.fr/emission-le-gai-savoir-le-neveu-de-rameau-di...
AJOUT 3 : De nouvelles espèces sont sans cesse découvertes
Depuis Diderot et Buffon, la science continue sans cesse de découvrir de nouvelles formes de vie passées ou présentes : http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/02/09/01008-20110209ARTFIG00731-un-...
AJOUT 4 : Voici un texte qui nous interpelle sur le thème traité aujourd’hui.
Extrait d’un lien http://sciences-technologies.lefigaro.fr/vegetal-mineral.html :
C'est à partir de l'observation du monde, des étoiles et planètes, de l'inerte et du vivant, des végétaux, des animaux et de l'homme, que la pensée religieuse déduit une certaine conception du monde et déduit en final Dieu (dans le cas de la conception monothéiste).[...] Ceci dit, lorsque vous ramenez l'homme à la part animale qui est en lui, vous exagérez dans l'autre sens. Pourquoi alors ne pas le ramener à la part minérale qui est en lui et dire qu'il n'est rien d'autre qu'un caillou parmi les autres Vouloir 'démontrer', comme vous le faites, que l'homme ne serait pas un cas particulier dans la Création, va à l'encontre de l'évidence, et va à l'encontre des plus grands penseurs, tel que Pascal, qui se demandait ce qu'était l'homme dans cet immense Univers.[...] Tous les grands philosophes et les grands sages de l'humanité demandent d'ailleurs à l'homme de chercher à se connaître lui-même, avant même de chercher à connaître l'Univers. Nous proposeraient-ils de chercher à connaître qui est l'homme, s'ils ne le considéraient pas comme un cas spécifique par rapport aux millions d'autres espèces, minérales, microbiennes, végétales ou animales Évidemment que nous avons un héritage minéral, microbien, végétal et animal, en nous.
Bien à vous, L.R.

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.01.10.2013

Il n'y a pas à douter, Diderot avait assez d'esprit pour le partager en étant et restant un excellent écrivain comme un excellent philosophe.
Jeanne R.

Portrait de Anonyme rené wenger01.10.2013

TapeLes matérialistes vivent dans une totale illusion, une sorte de mirage !

En considérant les opposés que sont l'esprit et la matière, la vie et la mort, l'amour et la haine, la vérité et le mensonge, et on commencera sans doute à concevoir que toutes ces choses doivent bien apparaître sur un terrain quelconque, sans quoi elles ne se manifesteraient jamais
d'une manière perceptible !
Si le mal n'avait pas un terrain sur lequel se développer, comment viendrait-il à l'esprit des hommes ?
Dieu, qui est Lui-même la vérité suprême, aurait-il mis un sens du mensonge au coeur de l'homme afin que celui-ci puisse ensuite pécher contre l'ordre divin et faire et dire toutes sortes d'obscénités ? Il n'en est rien ! En esprit, Dieu a créé l'homme à Son image, c'est-à-dire pur, véridique et bon.
Mais, parce que l'homme spirituel devait aussi, comme condition de son existence ultérieure, suivre le chemin de la chair, il devait, selon les dispositions supérieures de l'Esprit divin, tirer celle-ci de la matière de la terre ; et c'est dans la chair que l'esprit de l'homme trouve le contrepoids qui le met à l'épreuve, et qui a nom tentation !
Mais cette tentation réside non seulement dans la chair de l'homme, mais dans toute matière ; et c'est parce que la matière n'est pas ce qu'elle paraît être qu'elle est, pour l'homme qui s'éprouve lui-même, mensonge et tromperie, donc un faux-semblant d'esprit, à la fois présent et absent. Présent, parce que la matière existe pour la chair de l'homme qu'elle séduit ; absent, parce que la matière n'est pas ce qu'elle paraît être.
Comprends bien cela : cet esprit trompeur, parce qu'il est en soi un mensonge du début à la fin, c'est précisément l'esprit du monde de la matière, et c'est cela qu'on appelle "Satan" ou "le maître de tous les diables". Quant aux diables ou démons, ce sont les esprits du mal individuels émanant de cet esprit du mal universel.
Ainsi, un homme qui s'éprend de la matière sous toutes ses formes et fonde sur elle toute son existence pèche contre l'ordonnance divine, qui n'a mis la matière à sa disposition que temporairement, afin qu'il la combatte et se fortifie en vue de l'immortalité par l'usage d'un libre arbitre total. Et la conséquence du péché est la mort ou l'anéantissement de tout ce que l'âme de l'homme s'était approprié dans la matière, parce que toute matière n'est rien sous sa forme
apparente.
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