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Les Nouveaux chemins de la connaissance

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 10h50

Ecoutez l'émission 49 minutes

Diderot philosophe (3/4) : La chimie 5

02.10.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Rafik Zénine et David Jacubowiez

A la technique: Alexandre Martin et Benjamin Thuau

Lectures: Jean-Louis Jacopin

 

 

 

 

 

 

Après Annie Ibrahim lundi sur le matérialisme éclectique, Dominique Lecourt hier sur l’animalité, et avant Colas Duflo demain sur la pensée politique de Diderot, c’est aujourd’hui François Pépin qui vient nous présenter un Diderot féru de chimie et pour qui la digestion est la meilleure image pour expliquer le matérialisme en vigueur dans le monde.

 

Adèle Van Reeth et François Pépin GMS © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lectures:

- Diderot, Le rêve de d'Alembert (Adèle et François Pépin)

- Diderot, Pensées sur l'interprétation de la nature (LVIII, XXIII, XXI) (Jean-Louis)

 

Musiques et chansons

Rimbaud et Mao Alchimie de l'informe

Daft PunkTechnologic

Chanson plus bifluoréeAmour, choucroute et ravioli

 

Extraits:

Il était une fois la vie

La grande bouffe de Marco Ferreri

 

 

 

 

 

 

 

"Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye: comment Diderot défie-t-il la raison ? 

Réponse avec les comédiens Nicolas Vaude et Gabriel Le Doze et le musicien Olivier Baumont, qui interprètent Le neveu de Rameau, au Théâtre du Ranelagh jusqu'au 31 décembre, pour qui la critique de la raison de Diderot passe par un éloge de l'irraison. 

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Invité(s) :
François Pépin, professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand à Paris.

Galerie : les nouveaux chemins de la connaissance à Langres

21 photos
Photos prises à Langres dans le cadre des rencontres philosophiques. Les nouveaux chemins de la connaissance ont enregistré 4 émissions consacrée à Diderot.

Thème(s) : Idées| Philosophie| Denis Diderot

5 commentaires

Portrait de Anonyme Alain Muller02.10.2013

Pourquoi reproche-t-on à Hegel son idée de "DIGESTION" universelle, et pas à Diderot!? Car toute DIGESTION est une ASSIMILATION et toute assimilation est un EFFACEMENT de l'AUTRE, de l'ALTERITE de l'autre!Comme le formule de façon concise et frappante Urs von Balthasar,"Kant était un législateur, Fichte un juge, Schelling un voyant. HEGEL n'a que le désir de l'APPROPRIATION. Sans cesse, il s'arrête aux MYSTERES du MANGER".("Prométhée. Etudes sur l'histoi-re de l'idéalisme allemand"; cité par Catherine Malabou, in : "L'avenir de Hegel",p. 137).La "FOI" au sens de Hegel serait une espèce d'"APPETIT CONCEP-TUEL" ou d'"AUTOPHAGIE" qui, comme un "feu dévorant", DEVORERAIT, sans res-te!, toute la Nature pour l'ASSIMILER à son ESPRIT!(voir, de Werner Hama-cher, "pleroma : dia-lecture de Hegel"). Si cela est, peut-être, vrai pour Hegel (à cause de l'"Aufhebung"), cela n'est plus vrai pour le ROMANTISME allemand qui, à l'effacement (hégélien) de l'autre (par assimilation et di-gestion!), va substituer l'ELEVATION de l'autre (par "POTENTIATION"!), éléva-tion MUTUELLE ou RECIPROQUE de l'un PAR l'autre, élévation par "POTENTIA-TION" de SOI et de l'AUTRE ! La VIE, - et son évolution graduelle et progres-sive -, apparaît alors comme une ECHELLE qui, d'échelon en échelon, SAUTE constamment AU-DESSUS d'ELLE-MÊME pour ELEVER son esprit à un SUR-ESPRIT!...

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu02.10.2013

Il me semble que la philosophie du toucher vient de Condillac et de son Traité des sensations avec cette statue marmoréenne ( déjà du marbre ! ) dont il ouvre progressivement les sens. Le toucher étant le seul à donner la conviction et la preuve de l’objet extérieur, donc de la matière. Diderot soutient une sorte de vitalisme moléculaire puisque: « Vivant, j’agis et je réagis en masse…mort, j’agis et je réagis en molécules…Je ne meurs donc point » ( Le Rêve de d’Alembert ). Le vitalisme du médecin Paul Joseph Barthez dépasse en fait le matérialisme proprement dit puisque quelque chose de psychique, une imagination, peut provoquer une réaction physiologique bien réelle.
Pour ceux que cela intéresserait, je renvoie à deux articles de mon Philo-blog: La caresse, de l’effleurement sensuel à l’efflorescence de l’idée du 23/01/2007 et Sein, Sperme, Scybales, objets abjects du 13/06/2007.
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme luroluro1402.10.2013

Quelques compléments à cette émission très pointue et fort complexe:
Thèse de l’invité, M. François Pépin
[La philosophie expérimentale, que Diderot construit dans l'Interprétation de la nature, peut être considérée comme un concept central de la philosophie de la connaissance de Diderot. Elle se définit d'abord comme une pratique de la philosophie prise dans une division sociale du travail intellectuel. Elle permet, à partir d'un cadre issu de Bacon, d'approfondir le plan pratique et expérimental du savoir, en soulignant la dignité philosophique des arts et des savoir-faire. C'est dans cette perspective que l'intérêt pour la chimie peut être saisi dans toute sa portée. En tant que savoir pratique et effort théorique, la chimie offre un modèle pour concevoir la liaison des faits et la préparation des expériences dans l'esprit de la philosophie expérimentale. Dans un premier temps, la chimie intervient ainsi comme lieu pour penser l'enracinement d'une théorisation et d'une conceptualisation spécifiques dans un travail expérimental. En prolongeant ses analyses sur les arts et celles de Venel sur la chimie, Diderot développe une conception précise de l'abstraction expérimentale qui s'appuie sur le génie analogique des praticiens. Il faut alors repenser le rapport entre le corps et le savoir, ce qu'un usage original d'images lumineuses pour penser la connaissance traduit bien. Cela permet d'envisager, dans un second temps, des applications du point de vue chimique de la philosophie expérimentale : préciser une critique de la métaphysique et des sciences physico-mathématiques, repenser la nécessité naturelle et le vivant dans un cadre matérialiste soucieux de la spécificité de certaines régions naturelles.]

Fragments :
Le nissus actualisé est le jeu des matières. Il est symbolisé par le Nisus« Nisus changé en aigle de mer poursuit sa fille Scylla qui l’a tué en lui coupant le cheveu auquel tenait sa vie, par amour pour Minos. Minos horrifié repart chez lui en bateau sans emmener Scylla, qui s’attache désespérément au vaisseau de son amant.
Source textuelle :Ovide, Métamorphoses, 08
Ontologie de la matière pour Diderot : les matières sont toujours en mouvement (matière : concept nominal en interaction)
Processus : Manger, digérer, distiler et « produiser » (?)
http://www.theses.fr/2007PA100140

Histoire de l'œuf de Diderot « Entretien avec D'Alembert » Garnier pp. 274-6 :
["Voyez-vous cet œuf ? C'est avec cela qu'on renverse toutes les écoles de théologie et tous les temples de la terre. Qu'est-ce que cet œuf ? Une masse insensible avant que le germe y soit introduit ; et après que le germe y est introduit, qu'est-ce encore ? une masse insensible, car ce germe n'est lui-même qu'un fluide inerte et grossier. Comment cette masse passera-t-elle à une autre organisation, à la sensibilité, à la vie ? Par la chaleur. Qu'y produira la chaleur ? le mouvement. Quels seront les effets successifs du mouvement ? Au lieu de me répondre, asseyez-vous et suivons-les de l'œil de moment en moment. D'abord c'est un point qui oscille, un filet qui s'étend et qui se colore ; de la chair qui se forme ; un bec, des bouts d'ailes, des yeux, des pattes qui paraissent ; une matière jaunâtre qui se dévide et produit des intestins ; c'est un animal. Cet animal se meut, s'agite, crie ; j'entends ses cris à travers la coque ; il se couvre de duvet ; il voit. La pesanteur de sa tête, qui oscille, porte sans cesse son bec contre la paroi intérieure de sa prison ; la voilà brisée ; il en sort, il marche, il vole, il s'irrite, il fuit, il approche, il se plaint, il souffre, il aime, il désire, il jouit ; il a toutes vos affections ; toutes vos actions, il les fait. Prétendrez-vous, avec Descartes, que c'est une pure machine imitative ? Mais les petits enfants se moqueront de vous, et les philosophes vous répliqueront que si c'est là une machine, vous en êtes une autre.]
La pensée de Diderot consistera principalement à appliquer le dynamisme de Leibniz à la sensibilité au lieu d'en faire la propriété toute idéale d'une monade qui se déploie comme une série mathématique. Histoire de l'être sensible, acquisition de nouveaux niveaux de sensibilité en même temps que des niveaux supérieurs d'intégration, la théorie de Diderot va être narrative, voire romanesque : les aventures du vivant.... Alors que dans la biologie cartésienne, il n'y avait rien à raconter il n'y avait qu'à décrire des figures simples rassemblées en figures complexes : morne littérature.
Les 3 théories des semences au XVIII° siècle.
1 et 2 sont "préformationnistes" :
1. spermatiste : c'est le spermatozoïde qui est l'animal même, en modèle réduit, auquel la mère (mater) apporte la matière qui en permettra le simple développement homothétique.
2. oviste : c'est l'œuf dans la mère qui contient l'animal en petit, et le spermatozoïde vient seulement apporter du mouvement, par l'agitation de son flagelle (cf. Valéry : "... pauvre petit fléau...").
Dans les deux théories, la forme existe déjà, tout entière ; et on lui apporte de la matière qui la déploie. C'est l'inessence de Leibniz transposée dans les corps (pour Leibniz, toute l'humanité était en miniature dans les testicules d'Adam, et c'est le temps qui fait apparaître les déterminations inaperceptibles).
En revanche, dernière théorie
3. épigénétique : la notion est difficile à préciser techniquement. Mais son sens général est clair : à partir de la fécondation, l'embryon connaît un développement qui lui est propre, qui n'est pas un simple passage homothétique du petit au grand. Il y a une émergence progressive et programmée de déterminations de plus en plus précises, de plus en plus riches. Le passage de la puissance à l'acte se fait par de vraies transformations, non par de simples extensions. L'œuf n'est pas un homonculus, mais une matière qui a en elle, à titre potentiel, des développements. Si on regarde un œuf au microscope, on n'y verra pas une poule en petit. Un gland n'est pas un petit chêne. La forme s'accomplit en se changeant. (NB : contemporain, Rousseau, sur l'éducation : l'enfant n'est pas un adulte en miniature).
Noter que, a parte ante, pour Leibniz, la monade n'est pas lisible (sinon pour Dieu) mais elle comporte des traces de tout son passé et des marques de tout son avenir. Tandis que, a parte post, pour Hegel, le présent ne nous donne pas l'avenir lisible en petit (il n'y a de vérité de l'histoire que rétrospective).
https://sites.google.com/site/lesitedemichelphilippon/diderot-oeuf
Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme luroluro1402.10.2013

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour la mauvaise utilisation que j'ai faite du terme "nisus". Ici il n'a rien à voir avec "le nisus" de l'Eneïde de Virgile. C'est un terme de physiologie, synonyme, soit de force vitale, soit de plasticité, par lequel on désigne plus ou moins vaguement la propriété de naître et de se régénérer que possèdent les éléments anatomiques et les tissus.
Encore toutes mes excuses pour cette confusion regrettable
Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme VINCENT DUGUE02.10.2013

Bravo pour votre émission qui est de grande qualité !
Elle honore vraiment France-Culture.
La pensée de Diderot est bien restituée et elle est encore révolutionnaire !
Vous arrivez à prouver que la radio a une vraie ambition pour le public.
Continuez ! Bon courage !

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