Avec Eric Bordas.
Le Journal des Nouveaux Chemins avec Eliane Escoubas, à propos de L'espace pictural (Encre Marine).
Réalisation : Mydia Portis-Guérin
Lecture des textes : Cécile Backès et Daniel Mesguisch
Eliane Escoubas et Eric Bordas J.TRICARD©Radio France
Extraits:
- BO Entretien avec un vampire
- Le Barbier de Séville
- Papa pique et maman coud, de Charles Trénet
- Partita n°1 (courante), Bach
- Concerto pour quatre clavecins, Bach
Invité(s) :
Eric Bordas, professeur de littérature à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon
Eliane Escoubas, philosophe, historienne de la philosophie et traductrice française
Thème(s) : Idées| Philosophie| Littérature Française| Marquis de Sade










19 commentaires
Une émission bien montée.
Grand rire libérateur durant cette émission... et c'est peut-être un des paradoxes moaral de Sade : malgré l'énormité des atrocités racontées, le rire vient, irrépréssible. Il y a plaisir textuel indéniable. Et c'est ce plaisir qui dynamite la morale, certainement pas les idées de Sade dont la cohérence m'échappe.
Merci pour cette série d'émissions.
question naîve sans doute? Pourquoi tant de tracas pour Galiano, DSK ou divers pedophiles quand on encense sur FC le marquis de Sade ?
sujet traité de manière décevante...trop de mise en scène,
le résultat est l'inverse de celui escompté :
Sade devient un bouffon ridicule
Amine doit se tromper : à vue de nez (d'oreille plutôt, encore qu'une oreille ne voie pas mieux qu'un nez), j'aurais dit que l'adverbe "effectivement" a été cité par l'invité entre 100 et 200 fois. Effectivement, Raphaël a bien résisté, car à peine contaminé ! Moi aussi, j'essaie, mais effectivement, c'est dur !
Record d’obscénité à France Cul :
91 « effectivement » en moins de quarante minutes !
Ca déborde chez Bordas l’auteur de : « Un mot (effectivement ?) et des discours »
Heureusement , Raphaël Enthoven semble échapper à la contamination du mot fétiche et obscène de notre culture ( seulement 4 « effectivement » )
Qu’y-a-t-il de sérieux dans cette philosophie de Sade ? Il a créé un concept qui lui est propre : « l’isolisme ». Chacun est isolé en lui-même et ne cherche que son plaisir, fût-il meurtrier. Dans ses actes, il n’a pas été aussi loin que Gilles de Rais ( que Sade cite ), compagnon de Jeanne d’Arc, qui a sans doute commis 140 meurtres dans sa « lubricité féroce » sur des jeunes gens de 8 à 18 ans, mais il était sur la pente. Seules les institutions de l’Ancien Régime, de la Révolution puis de l’Empire, l’emprisonnant dans divers lieux, l’en ont empêché !
Peut- on alors parler, à propos de La Philosophie dans le Boudoir, d’un savoir qui se démocratise,d’une éducation réussie, « d’un livre heureux qui finit bien »? Certes, le troisième dialogue, débute par une sorte de badinage libertin dans un « boudoir délicieux », mais il est déjà question des entraves au plaisir que sont les notions de vertu, de piété, d’Associations de Bienfaisance. Sade a horreur de la cruauté « née de la stupidité ». Par exemple il relate avec épouvante le supplice que les révolutionnaires français firent subir à Mlle de Lamballe qui lui coupèrent les seins et la vulve qui servit de moustache à l’un d’eux, sous les rires de la foule ! Or précisément celle-ci, avec Marie-Antoinette, était la fondatrice de la Société de Charité Maternelle ( qui existe encore aujourd’hui ). Et La Philosophie dans le Boudoir, fait de la mère d’Eugénie, Mme de Mistival, qui sera « cousue » à la fin,, un membre de cette Association ! On voit toute l’ambiguïté des textes de Sade qui, pendant la Révolution Française, est sorti de prison, en 1790, après l’abolition des lettres de cachet, et a fait des « discours révolutionnaires » à la section des Piques, avec apologie du fanatique Marat, fortement applaudie.
Pourquoi est-il contre la peine de mort dans la brochure ( longue insertion à l’intérieur du cinquième dialogue ) « Français, encore un effort si vous voulez être républicains » ? C’est qu’il vient d’échapper de justesse à la guillotine, alors qu’il est sur la liste de Fouquier-Tinville ! Il a évité la tête coupée à sa belle-mère, pourtant à l’origine de la lettre de cachet, quand il était à la section des Piques, place Vendôme.
Sade écrit-il tout et son contraire ? Il est un écrivain et se soucie de ses personnages. La brochure a été achetée au Palais de l’Égalité ( Palais Royal ) par Dolmancé et lu par Le Chevalier. Il y est fait mention de « l’infâme Robespierre » à la fois tyran et celui qui ressuscite l’Être Suprême, donc la bigoterie. Une chanson populaire utilise cette qualification : « L’infâme Robespierre, du Peuple l’ennemi, a mordu la poussière, et son règne est fini » ( en souvenir du 9 Thermidor, chute de Robespierre ). Sade demeure un aristocrate qui met au premier plan, avant toute contrainte, ses plaisirs mais qui est capable d’écrire des discours « républicains » enflammés !
Sade affranchit-il les femmes ? Il y a dans « la brochure », un changement considérable de ton, lorsqu’il aborde ce point et je pense que Sade y introduit bien sa pensée sur le despotisme du plaisir lorsqu’il écrit : « aucune passion n’a plus besoin de toute l’extension de la liberté que celle-là, aucune n’est aussi despotique », « c’est là que l’homme aime à commander, à être obéi, à s’entourer d’esclaves contraints à le satisfaire » et il envisage la prostitution de toutes les femmes dans des « maisons de débauche », elles doivent être traitées comme des « chiennes vagabondes », des « vulgivagues ». Ce qui a tout gâché, c’est l’amour et la relation à deux. Or elles appartiennent à tous les hommes et ne doivent se refuser à aucun. Cet éloge de la « jouissance » contraire à la « propriété », avec violence éventuelle, me semble tout à fait caractéristique de Sade qui comprend donc le terme « républicain » de la manière suivante : « tous les hommes ont un droit de jouissance égal sur toutes les femmes »; les femmes ne seront plus " enchaînées" par le mariage, la procréation ( « toutes les fois que dans un gouvernement quelconque la population sera supérieure aux moyens d’existence… » écrit Sade, en avance de trois ans sur la thèse de Malthus ),la pudeur, les conventions. « Sexe charmant, vous êtes libre » conclut-il.
Patrice Tardieu
Peu de pensées, à vrai dire, me mettent aussi mal à l'aise que celle de vivre parmi des gens qui non seulement prennent Sade au sérieux, mais encore le défendent, et mettent une espèce d'honneur dans le fait de le trouver sympathique...
Vraiment, j'en ai froid dans le dos...
Pour être tellement passionnantes et tellement pertinentes, ce ne sont pas les émissions proposées par "Les Nouveaux Chemins de la Connaissance" qui déçoivent mais bien certains commentaires qui s'y rapportent. Et avec les messages rattachés au thème du "Marquis de Sade", nous touchons les sommets...
J'avoue ma déception sur ce forum (soi-disant d'échanges plutôt intellectuels) dans lequel nombre d'auditeurs, à l'affût, sortent de l'ombre pour faire montre d'un esprit belliqueux. Oui, que dire de ceux ou celles qui osent de front se porter en juges ? Ici, ils ne cherchent qu'à détruire, et ce, comme un unique système de pensée ? Où se trouve la réflexion philosophique dans tout cela ?
Au sortir, cet état de fait polémique n'est constructif pour personne. Alors, je conclus : Liberté de penser, liberté de faire, liberté de dire, mais la grande liberté a ses limites, l'intolérance aucune. Inutile de chercher pourquoi le grand monde est si rempli de haine et de haineux !
Aussi, j'ai perdu l'envie de jouer, jouer à vous écrire, et à partir d'aujourd'hui (juste retour en arrière), "écouter" suffira amplement à satisfaire mon plaisir du matin ; je me retire donc et vous salue bien !
Jeanne R.
Un pauvre Sade tout juste bon à choquer le bourgeois, ça ne peut pas faire de mal à la contre-pensée et à l'immonde qui a cours. La France catholique cathodique catatonique cacaprout est bien contente de cette petite poussée anti-"politiquemlent correct" de sadounetterie à l'eau de rose sur France Kultur. Le leurre est fleuri, il est vrai, mais Sade n'y est nulle part ici : il manque royalement ici Annie Le Brun ! Vive vous Madame ! Eux ne sont que morts et mous.
Voici quelques messages d'auditeurs:
"Cher Raphaël Enthoven,
je n'ai pas toujours le temps d'écouter votre émission, mais l'émission
d'hier soir sur le marquis: BRAVO ! Par les textes lus, les musiques
choisies, le rythme de l'émission dans son ensemble, c'est un chef
d'oeuvre d'émission radiophonique ! J'étais scié, à vrai dire. Je vous
envoie mes plus vives félicitations.
Un grand merci à toute l'équipe.
Vincent BERNE, philosophe."
"Bonjour,
Je suis enchantée de vos choix littéraires.
Merci à toute l'équipe.
Bien cordialement. CM"
A proche masseur, lointain sanctuaire !..
A faire entendre votre émission à un non-voyant, il me dirait que je regarde un drôle de film ou vidéo "x", mais non mais non, c'est bien du N C Cul !.. Foutre bien !... Voir faire , faire entendre ou faire lire tout ce Jouir-là ?... Hypocrite auditeur, nous dirait Baudelaire, Sade est le prochain de Pierre Klossowski, finalement !..
Ah burlesque émission (je n'invite pas ma sœur à venir l'écouter.., excusez !)
On se reveille sur France Cul - et on se marre bien d'entendre ces textes ici. Pas sûr que ce soit le but de l'émission, quoique. Mais trêve de bluettes musicales entre deux salves ! Seul le son de la domination de Monsieur William Bennett s'impose : http://www.myspace.com/susanlawly
L’engin est à portée de main. Il crache son venin comme une machine détraquée. La volupté est un heurt endimanché. En effet, je sous-titre ma voix de mots inattendus et je parodie l’heureux hasard qui psalmodie mes sens. L’habitude est une obsession, une manie, une grâce qui justifie mes actes. La fratrie rêve ô Lucifer d’une bande qui tringle métalliquement ma voix. J’adoucis la pierre et roussis les fers d’un âge obscur. Je me réfère aux lois de la rature car l’autocensure met à l’index toutes inférences illogiques. L’usage et le préjugé veulent qu’une telle autocensure soit le fruit non d’une ambiguïté mais d’un jugement moral. U est un sage et P est un juge qui mathématiquement se rencontre en des coordonnées synthétiques. Ce système de coordonnées à n dimension n’est pas naïf. La peau est d’une profondeur concrète. Je suggère que le tatouage à fleur de peau soit expurgé de toutes les expressions religieuses. Je taille mes pierres en dés pipés et sérieusement, j’avilie la religieuse expression dans la page blanche.
"L'homme a voulu que Dieu foutit", ce que Dieu fit, foutant et foutreur. Canular ? non, poésie politique. Lisez le dernier Artaud (1946 à 1948), c'est Sade foutant le gaullisme. C'est du sérieux et de la république !
Raphaël Enthoven, puisqu'on vous dit que Sade nie toute transcendance, c'est qu'avec Sade toute transcendance est niée (la chose dite, elle est faite), et c'est ce qu'il faut vous mettre dans l'esprit pour commencer à pouvoir lire et penser Sade : Sade est à lui seul ce que la philosophie fait contre la métaphysique occidentale et contre toute religion.
Sade, c'est Saint Just contre Robespierre, c'est Rousseau contre Maistre : c'est la révolution contre toutes les contre-révolution qu'elles se définissent sous Dieu, sous l'Etre ou sous le Père. En un mot, Sade, c'est Rimbaud philosophe des Lumières.
Enfin du cul, dans les nouveaux chemins....C'est vrai que çà manquait un peu...
Michel
Pourquoi, tout en pensant d'abord que Sade ce n'est pas très recommandable car interdit (sic) au moinds de 18 ans, le lire avec délectation sur-jouée et morosité retenue ? "La philosophie dans le boudoir" est un livre de philosophie politique pour tous et qui dans son sous-titre "les instituteurs immoraux" prône une éducation matérialiste athéiste conséquente. La lecture de Daniel Mesguich est une pure merveille de tenue matérialiste et morale, elle.