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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Hegel à Berlin (4/4): De la phénoménologie au droit 12

02.05.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

A la technique: Thomas Robine

Lectures: Georges Claisse

Traduction: Vincent Von Wroblewky

 

Dernier temps aujourd’hui de notre promenade berlinoise en terre hégélienne. Après le système dialectique, les liens et tensions avec Nietzsche, et la philosophie de l’histoire, c’est aujourd’hui  en compagnie de Georg Bertram, professeur à la Freie Universität de Berlin et de Udo Tietz, professeur à la Humboldt Universität, que nous allons évoquer la phénoménologie hégelienne et les principes de la philosophie du droit, deux immenses connaisseurs de Hegel qui vont nous conduire dans le bureau de Hegel.

 

Georg Bertram 

A Van Reeth et Udo Tietz TG © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A. Van Reeth et U.Tietz TG © Radio France

 

Invité(s) :
Georg Bertram, philosophe, professeur à la Freie Universität de Berlin
Udo Tietz, philosophe, professeur à la Humboldt Universität de Berlin

Thème(s) : Idées| Philosophie| Georg Wilhelm Friedrich Hegel

12 commentaires

Portrait de Anonyme J. Grau07.05.2013

A Adèle van Reeth et son équipe

Merci pour ces passionnantes émissions sur Hegel !

A Jaouen

Comme d'autres auditeurs, je vous recommande de lire quelques textes relativement abordables de Hegel, comme les leçons sur l'esthétique, les leçons sur la philosophie de l'histoire ou la préface des Principes de la philosophie du droit. Vous verrez que la pensée de Hegel est sans doute difficile, mais pas fumeuse. Vous verrez également qu'elle ne se réduit pas du tout à des "truismes" lorsque la prétendue "fumée" a été dissipée.

Un exemple parmi d'autres. Au début de sa Science de la logique, Hegel reprenant une idée célèbre d'Héraclite, affirme que le devenir est la vérité de l'être et du néant. Tout ce qui est surgit du néant et disparaît dans le néant. Cette idée-là n'est pas fumeuse. Elle correspond même assez bien à l'intuition que nous avons du temps qui passe : tout est en perpétuel changement. Rien n'est jamais figé. Le "moment présent" disparaît aussitôt qu'il apparaît. Tout cela est assez facile à comprendre.

Mais il ne s'agit pas pour autant d'un truisme. Car admettre que l'être et le néant, bien qu'opposés, ne font qu'un dans le devenir, c'est contester le sacro-saint principe de la logique habituellement utilisée dans les sciences : le principe de contradiction. Pour Hegel, la contradiction est partout : non seulement dans nos paroles et dans notre pensée, mais au cœur même de la réalité. Il faut avouer qu'il fallait pas mal d'audace pour soutenir cette idée, même si elle est présente déjà, sous une autre forme, chez Héraclite.

Portrait de Anonyme Jaouen03.05.2013

Bravo à l'équipe des Chemins et tout particulièrement à Adèle. Travail formidable.
Mais pour Hegel, hou, la, la !... Un cachet d'aspirine pour guérir la migraine.
Hegel existe-t-il sans son exégèse ? J'en doute. Ou en renversant le propos (fais-je là du Hegel ?) ces textes ne constituent pas un ensemble autonome puisque l'exégèse n'est ici, non pas une facilité d'accès, mais un complément indispensable au sens.
Deux choses me viennent à l'esprit (non absolu-que je suis) qui caractérisent im-médiatement Hegel : le fumeux et le nombre de ses émules. Pour ces émules, certains disent que plus ou moins directement Marx ou Lacan en furent. Or que ce soit dans l'esprit comme dans le monde leurs pensées amènent à des impasses.
Et pour le maitre lui même ? Si l'exégète dissipe trop la fumée par un déplacement qui dévoilerait enfin le sens, nous risquerions de tomber dans les truismes (d'où sans doute la nécessité de ne pas trop éclaircir pour demeurer dans l'illusion ou pour d’autres ne pas casser le business).
Ainsi un homme doué d'une autonomie d'action dans un monde contingent, capable de rendre solide son existence par la solidarité sociale et la culture qu'il invente, capable donc de modifier le monde par son action, devient : une PHENOMENOLOGIE de l'ESPRIT qui TRANSFORME progressivement le MONDE pour le DIGERER et le transcender... DANS l'ESPRIT.
On ne peut que répondre ceci : Souvenons-nous des médecins de Molière. En leur temps ils avaient raison jusqu’à ce que la raison leur donne tort… Bien sûr Hegel y trouvera alors la confirmation de ses thèses etc.

Portrait de Anonyme jaouen03.05.2013

Hou la la !...
Quelle casquette, vite une aspirine...

Hegel est tout simplement fumeux. Ici le texte ne semble pas exister sans son exégèse. Donc en renversant le propos (fais-je du Hegel ?) ses textes ne constituent pas vraiment un savoir puisqu'ils n'ont pas d'autonomie.

Il y a deux choses extraordinaires dans cet homme (si je peux dire ainsi) le fumeux et le nombre de ses émules.
Mais dans la postérité de Hegel il y a quelque chose qui cloche : on dit qu'à des degrés divers Marx ou Lacan ont été inspirés de sa philosophie. Ce sont bien là des savoirs qui aboutissent à des impasses, aussi bien dans le domaine de l'esprit que dans le monde.

Et Hegel ? ... Si l'exégète rend trop clair le propos de Hegel on arrive somme toute à des truismes. C'est là que le bat blesse, ne dissipons pas trop la fumée...

En tout cas grand merci à Adèle et à son équipe qui fait ici comme toujours un travail d'excellence.

Portrait de Anonyme Renaudd02.05.2013

Merci beaucoup pour cette semaine consacrée à Hegel ! J'attendais cela depuis longtemps.

Portrait de Anonyme Gilles. V.02.05.2013

Hegel était-il un dément ou simplement un idiot? Les deux selon Schopenhauer....

Portrait de Anonyme Kercoz02.05.2013

Apres une réécoute, il me semble que comme pour le contrat social de Rousseau , il y a une confusion rémanente.
Ces reflexions se basent sur une découpe de l' antropogenèse en 2 tronçons distincts : etat naturel et etat social .
En fait , il y a 3 etats :l' etat naturel ( animal solitaire pré-homminien); etat socialisé culturel ..devenu "seconde nature"et stabilisé ( comme pour les loups , les corvidés et autre especes sociales , ou l'agressivité intra-spécifique est inhibée par des "rites" comportementaux; et l' etat " social-moderne" tres récent ( etat et civilisations) que l' on peut , du fait de sa brièveté traiter comme une déviance perverse , dé-naturée .(Hypertrophie des groupes et centralisation)
Présenter ce dernier etat comme un etat "logique" , superieur et deterministe , c'est faire un pari sur la possibilité de passer sur une rigidité comportementale transhistorique qui seule , durant des millenaire a permis a l' espece de survivre ( du moins a la civilisation).
Pour etre reconnu , il faut etre connu , et ce n' est possible que dans un groupe restreint ce qui implique une structure des groupes , morcelée , fractale , qui seule peut autoriser l' interaction qui s'appuie sur l' affect.
Il me semble que l' égalité ne peut etre de mise et que la "FACE" que Goffman dit etre "sacrée" est le dernier refuge de l' agressivité intra-spé apres socialisation .
La seule chose qui nous interesse est d' etre "reconnu", et ça passe par des interactions qui nous valorisent ou confirme notre valeur ( qq soit) ...l' inégalité etant nécessaire pour connaitre cette valeur et espere l' améliorer .
Mais d un groupe restreint ( celui qui nous a formaté durant des millénaires), l' ubris ne peut se développer.
Dans le groupe hypertrophié , l' individu va rechercher a etre reconnu et donc exposer des objets sensés prouver sa valeur ( 4x4 ou blondasse hypertrophiée)...la valorisation n'etant pas réalisée , il se sent mal et , pour compenser , va acquérir le prochain leurre ...ce que le système economique va vite repèrer et exploiter ... ....d' ou l' Ubris obscène actuel du consumérisme .
Le groupe archaique spécialise tres peu l' individu , chacun est chasseur , pecheur , jardinier et les hierarchisations sont multiple et croisées .

Portrait de Anonyme Alain M. 02.05.2013

En soulignant le rapport ETAT/SOCIETE CIVILE dans la philosophie de Hegel, je pense que Vous avez touché un point sensible de la philosophie de l’ETAT de Marx ! et avez montré où, dans cette philosophie, le bât blesse! Marx, en effet, a CONFONDU Etat et société civile ! Ou, plus exactement, alors que He-gel place l’Etat AU-DESSUS de la société civile, Marx, lui, place la société civile AU-DESSUS de l’Etat. Par là Marx a DEFORME le propos de Hegel, il l’a même carrément RENVERSE (ce qu’il avoue lui-même dans son introduction au "Manifeste Communiste", mais en fait c’est Feuerbach qui a préparé ce REN-VERSEMENT en permutant le rapport SUJET/PREDICAT pour inverser la THEOLOGIE en simple ANTHROPOLOGIE ! Marx a donc RENVERSE le rapport hégélien ETAT/S.C. en S.C./ETAT! C’est donc IRONIQUE quand les politiciens contemporains s’enor-gueillissent d’introduire dans le gouvernement (- l’Etat -) des personnes issues de la « SOCIETE CIVILE » ! Car par là l’Etat a été rabaissé au rang de simple instance GESTIONNAIRE qui prétend résoudre le chômage et nos pro-blèmes les plus quotidiens au ras des pâquerettes ! Ce qui est évidemment ridicule et illusoire!, en tous les cas pas très hégélien ! Car si l’Etat
HEGELIEN est AU-DESSUS de la société civile,c'est parce qu'il incarne la « SUBSTANCE ETHIQUE » de la société. L'ETAT hégélien, c'est la "substance éthi-que" OBJECTIVEE… sous la forme de l'ETAT ! C'est, plus exactement, l'instan-ce RECONCILIATRICE qui UNIT les principes de la "famille" et ceux de la "so-ciété civile" pour élever la société à la CONSCIENCE de SOI! Comme le dit Hegel, "l’État est la substance éthique consciente de soi, l’union des prin-cipes de la FAMILLE et de la SOCIETE CIVILE " !...

Portrait de Anonyme Alain M. 02.05.2013

Première réaction à fleur de peau : J'ai été très étonné qu'à propos de la dialectique du MAÎTRE et de l'ESCLAVE le professeur Georg Bertram n'ait ja-mais mentionné l'idée de "MORT"!, pourtant clairement présente dans ce cha-pitre de la "Phénoménologie de l'Esprit" de Hegel! N'est-ce pas précisé-ment parce que l'ESCLAVE, dans sa confrontation au danger (- au Maître -), a eu PLUS PEUR de la MORT que le MAÎTRE, qu'il est rabaissé au rang d'ESCLAVE!?, et que le MAÎ-TRE parce que, lui, a eu MOINS PEUR de la MORT, se retrouve élevé au niveau de MAÎTRE!? Ce n'est que, plus tard, dans le PROCESSUS du TRAVAIL, que les rapports initiaux vont SE RENVERSER! L'ESCLAVE, sous la pression du TRAVAIL, va sentir au plus profond de ses entrailles les four-ches caudines de la MORT et il va TREMBLER de tous ses membres, ce qui LIBE-RERA son ESPRIT (de la peur !), de sorte qu’il n’aura PLUS PEUR d’affronter le MAÎTRE pour le renverser et lui ravir son pouvoir ! Du côté du MAÎTRE, ce sera l’INVERSE : voulant se reposer sur ses lauriers et se la couler douce parce qu’il a le pouvoir et vise la richesse matérielle, petit à petit il DE-PERIRA et son esprit se sclérosera et donc, de Maître, il deviendra ESCLAVE, esclave de ses passions et de ses instincts ! Cette DIALECTIQUE n’est rien d’autre que l’illustration philosophique de la fameuse formule biblique, - "organologique" -, « SI LE GRAIN NE MEURT… » !...

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu02.05.2013

Faire de Hegel un démocrate qui recherche l’égalité me semble quelque peu excessif d’autant plus qu’il montre explicitement que la Révolution Française a abouti à la Terreur, à couper les têtes avec la même indifférence que celle de couper une feuille de choux (chapitre de la Phénoménologie sur la liberté absolue et la Terreur). La relation du maître et du valet (« Knecht ») se termine par deux « impasses »: le maître s’abîme dans la jouissance et le valet dans l’entêtement ( « Eigensinn »). Tout ce passage ne concerne pas l’Esprit Absolu, mais la Conscience de soi, où maître et valet ne font finalement qu’un: « le doublement qui attribuait d’abord les rôles respectifs à deux êtres singuliers, le maître et le valet, revient se situer dans un seul ». Je donne les références aux trois traductions françaises sur mon Philo-blog (citées mardi). Quant à Antigone, elle incarne la féminité qui se bat pour son frère.
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme jean m. helwig02.05.2013

pour Antigone je trouvais tout de même cette ouverture très intéressante

Portrait de Anonyme Alain M. 02.05.2013

On ne peut pas comprendre Hegel si nous partons de nos PREJUGES d’hommes MODERNES et PROGRESSISTES qui avons sacralisé les DROITS de l'HOMME ! Pour Hegel, nous ne sommes pas condamnés à être DANS le MONDE ! Mais le MONDE est un PHENOMENE passager et transitoire qui s'élève, PROGRESSIVEMENT, à TRAVERS le MONDE, jusqu'à l'ESPRIT absolu! La philosophie de Hegel est une PHENOME-NOLOGIE de l'ESPRIT qui TRANSFORME progressivement le MONDE pour le DIGERER et le transcender... DANS l'ESPRIT!...

Portrait de Anonyme Kercoz02.05.2013

Un immense merci a votre équipe .C'est une de vos meilleure émission.
Il manque a la thèse d' Hegel, une intro , un passage obligé par l' affect dont nos interactions sont le support ...meme avec des objet . J'en propose une que je vous propose en "court" :
-"posséder" un objet procure un plaisir.
- ce plaisir est réciproque ( usage , soin, ..)
-l' objet me procure une jouissance et je procure une jouissance a l' objet
-posséder 2 ou plusieurs objets sera recherché pour plus de plaisir.
-Si 1h d'interaction par objet , on est limité a 24 objets ....sinon , comme pour des interactions d' affect avec d'autres individus, il y a traumatisme , culpabilité .
- Je trouve mon rateau ou mon gilet ...oublié sous la flotte ...je culpabilise ( je les avais bien vu de loin ...)mauvaises relations .
-.....
-Solution : je vais rétribuer un jardinier pour entretenir mon jardin...Retour du boulot , je gare mon 4x4 devant la piscine ...
"Putain j' ai un beau jardin" , ..mais la phrase sonne faux ..n' ayant pas eu de "relations" avec ce jardin , ;..je ne le "possède pas" ....
-Je pourrais dire que le jardinier , lui peux jouir du jardin puisqu'il a des interactions frequentes avec lui ....mais non ! dans sa tete , il y a une pancarte : DEFENSE DE JOUIR .
-Resultat , : ...Seul l' objet Jouit.

Thoreau avec ses 3 chaises : une pour s'asseoir , une pour l' amitié et une pour la Société montre bien qu' en limitant les objets on optimise les interactions et par là notre entité .

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