L'autre Spinoza 3/5 : Spinoza en toutes lettres : la "Correspondance" 13
Avec Maxime Rovère.
Le Journal des Nouveaux Chemins avec Michel Maffesoli à propos de La république des bons sentiments et Le temps revient : formes élémentaires de la postmodernité (Editions Desclée de Brouwer).
Réalisation : Mydia Portis-Guérin.
Lecture de textes : Georges Claisse
Georges Claisse et Maxime Rovère G. Mosna-Savoye©Radio France
Extraits musicaux :
Peggy Lee, Fever
Serge Gainsbourg, En relisant ta lettre
Invité(s) :
Maxime Rovère, philosophe
Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne
Thème(s) : Idées| Philosophie| correspondance| Spinoza












13 commentaires
la réaction auditive du père en réponse à la maladie de son fils est ce que nous nommons actuellement une réaction psychosomatique.
Bonjour à toutes et à tous, et grandS merciS à toute l'équipe des NCC.
Maryse, si vous repassez par là, contactez-moi, je peux peut-être vous aider (spinozazouAROBASEorange.fr)
j'ai écouté trois fois ..et j'ai tout compris ..je ne sais ni enregister ni post caster ...Il faut que j'aprenne avant que la semaine ne se termine je crois ..Ce n'est pas une émission , c'est une mélodie ..pas une seule fausse note pas une seule harmonie défaillante ..
je ne dis pas merci,
je dis bravo!
Attention! meme probléme que l'auditeur wyldy en téléchargeant l'emission d'hier toute la bibliothéque de podcasts effacée!
Merçi de voir ce probléme et nous dire si il faut quitter ituunes?
Bien cordialement
l'émission de ce matin était formidable; merci pour la grande qualité de vos vos émissions ! Quel bonheur de vous écouter...
Au-delà des commentaires d'auditeurs (souvent brillants), comment ne pas être troublé, fasciné par cet immense philosophe qui, tout en étant enraciné dans son époque, nous offre le spectacle rare d'un esprit échappant à tout déterminisme pour accéder à une lucidité, à une maîtrise de la pensée, à une liberté en un mot, qui force l'admiration ? (le Sartre du XVIIe siécle ?)
Merci pour ce retour sur Spinoza sous des angles différents et complémentaires. Meilleurs voeux pour l'émission et meilleurs sentiments pour l'équipe, techniciens et animateurs.
Vos émissions me développent l'image d'un Spinoza "sophiste", dont le système est avant tout une rhétorique! Ainsi ce qu'il dit du hasard et de la nécessité: si l'on prend des définitions simples de ces mots, on dira qu'une chose est "nécessaire" à partir du moment où l'ensemble des causes qui doivent la faire exister sont données (et on parle en général de "hasard" quand on ne peut pas "expliquer" entièrement l'existence de la chose, le plus souvent en tout cas par ignorance ou insuffisance). Dans ces conditions, comment peut-on prétendre dire qqch de sensé en appliquant l'idée de nécessité à l'ensemble du monde? Le monde existe, certes, mais pourquoi ajouter qu'il est "nécessaire"? C'est se prononcer sur des choses qui nous dépassent! De même de sa façon de reprendre les mots des autres (Dieu, liberté, etc.) en leur donnant des sens contraires à ceux qui sont reçus: dire que "croire aux miracles est le fait d'un athée" relève de l'entourloupe rhétorique, et je le dis d'autant plus fermement que je n'ai jamais cru à aucun miracle! Quand on parle de choses différentes, l'honnêteté consiste à employer des mots différents.
La conception du dialogue que vous mettez en lumière est également assez étrange: il récuse certains interlocuteurs en prétendant qu'il avancent, non des arguments, mais des dogmes, et en est réduit ailleurs à se réclamer de sa complexion personnelle, en invitant ses correspondants à prendre leurs dispositions pour eux-mêmes. Bonjour le dialogue! Ca veut dire qu'il n'y a pas d'arguments, ce qui est d'ailleurs possible!
En fait, je crois comprendre ce qu'il veut dire (vous allez me dire): qu'au fond l'opposition entre égoïsme et altruisme est oiseuse, que le respect des règles morales est dans l'intérêt de chacun, qu'il permet une vie plus riche et plus intéressante dans une société policée plutôt que dans la jungle. C'est ça, non, "la vertu des athées"? On peut d'ailleurs ajouter que de toute façon c'est ainsi que ça se passe: la réalisation de l'idéal de la "moralité" (l'état de droit) s'est toujours faite par la satisfaction et la conciliation des intérêts de tous et de chacun. Mais d'ailleurs, à mon avis, ce n'est vrai qu'historiquement, et ça suppose une certaine conception de la vie qu'il n'y a pas lieu de présenter comme un "savoir". Une "sagesse", peut-être.
En tout cas il y avait un sacré contre-point avec le discours post-moderne de la fin. C'était voulu? Les "éthiques plurielles"! C'est vrai que la Mafia sicilienne a aussi une "éthique", dans son genre, et qu'on est bien hardi de lui opposer la soi-disant "morale universelle". Vous vouliez donc qu'on se découvre tous spinozistes, à la fin?
Le trouble que provoque Spinoza chez ses correspondants vient du fait qu’il reprend leur vocabulaire théologique traditionnel mais y substitue sa propre définition dans la discussion qui devient un dialogue de sourds. Le problème du mal le prouve amplement. Dans sa correspondance avec Blyenbergh (lettre XXIII), Spinoza reprend le commandement chrétien qui serait la morale par excellence: aimer son prochain comme soi-même par amour de Dieu, qu’il avait développé dans le Traité Théologico-Politique. Cependant l’explication est toute spinoziste. « Dieu est cause absolument et réellement de toutes les choses »; il faut entendre par là que « Dieu » est identifié à la série causale de tout ce qui existe; il ne saurait donc éprouver du plaisir ou du déplaisir vis-à-vis du juste ou du brigand! Si donc, il y a une conduite « morale », c’est qu’il y a le désir, chez l’homme pieux, de la « vertu ». D’où vient ce désir? « Ce pourrait être que Dieu eût imprimé en vous une idée claire de lui-même, de sorte que, par amour de lui, vous oublieriez le monde et aimeriez les autres comme vous-même ».Autrement dit, dans la série causale du monde, certains hommes sont déterminés à agir de telle ou telle façon! Il n’y a aucun libre-arbitre et l’homme « bon » l’est par déterminisme! Quand Blyenbergh lui demande (lettre XXI): « Si Dieu ne punissait pas la faute commise […] quelle raison empêcherait qu’on ne commît avidement tous les crimes? » Spinoza ne peut que répondre: « le crime répugne à ma nature singulière ».
Patrice Tardieu
Meilleurs voeux à tous. Je découvre l'émission en néophyte. Un pur enchantement, un véritable voyage multidimensionnel. Qui a dit: "Il vaut mieux ajouter de la vie aux années et non des années à la vie"? Merci de me répondre.
Sylviane
Oui voilà une bonne idée et un bon moment pour vous souhaiter une belle et bonne année 2011 toujours plus philosophique et musicale, je ne comprends pas toujours ce que dit Monsieur Enthoven, dans l'ensemble quand même tout est gratifiant, aujourd'hui sur Spinoza d'excellentes recherches à poursuivre - je suis accro depuis fort longtemps à Fr.Culture et aux nouveaux chemins... merci à toute l'équipe
Relevons l'étrange contradiction que vous semblez mettre en lumière dans la conception que Spinoza développe du dialogue: tantôt on le voit couper court en disant que son interlocuteur n'a pas d'arguments, mais des dogmes; tantôt le voilà, selon vous, qui se trouve réduit à n'avoir d'autre argument que sa complexion personnelle, qui rétorque à son interlocuteur qu'il n'a qu'à prendre ses dispositions pour lui-même. Bonjour le dialogue!
Pourtant on croit comprendre ce qu'il veut dire: au fond que l'opposition de l'égoïsme et de l'altruisme est oiseuse, que le respect des règles de la morale correspond à l'intérêt bien compris de chacun, qu'on mènera une vie plus riche et plus intéressante dans une société policée que dans une jungle. En gros, c'est ça, non, "la vertu des athées"? Je suis d'ailleurs entièrement d'accord: on doit pouvoir faire des républiques avec des démons, disait un autre philosophe. C'est qu'à la fois il y a une totale différence entre la moralité individuelle et la promotion du droit, et que l'idéal de l'homme moral se trouve réalisé, si l'on veut, dans l'état de droit.
Tout cela contredit d'ailleurs complètement le discours post-moderne entendu à la fin (Kant est responsable des crimes des conquistadors, donc vive les tribus, les "éthiques" de groupe, etc., etc.) Au secours, Spinoza, a-t-on envie de dire (C'était voulu?) Cela étant, je ne suis pas convaincu au niveau de la vie individuelle et de la pensée privée, si l'on peut dire. Mais cette distinction recouvre bien ce qu'on appelle la laïcité.
Bonjour, il y a une musique d'ambiance au tout début de l'émission, très douce, lorsque Raphaël parle, c'est de qui s'il vous plait ?
Merci d'avance et bonne journée !
Merci d'être là.
Très Belle Année à Vous, et à toute votre équipe !
D....