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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

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L'éducation en questions: 3/4: L'Emile de Rousseau : une autre école est-elle possible ? 14

05.09.2012 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Assia Khalid

Lectures Georges Claisse

 

Après l’école républicaine de Condorcet, lundi, la transmission amoureuse du Banquet de Platon, hier mardi, et avant le maître ignorant de Jacques Rancière demain jeudi, c’est aujourd’hui avec le texte de Rousseau intitulé Emile ou de l’éducation que nous allons nous demander si une autre éducation est possible.

 

Eduquer l’homme pour qu’il reste au plus proche de sa nature, c’est un merveilleux paradoxe : car pourquoi dans ce cas ne pas laisser l’enfant être tel qu’il est, naturellement, justement ? Pourquoi maintenir la notion même d’éducation, à moins d’en faire un outil contre la culture dont elle est elle-même issue ? Et  l’enfant que l’on éduque loin des autres, de manière à laisser fleurir sa singularité propre, lui rend-on vraiment service, en l’arrachant de manière irréversible peut-être à toute forme de sociabilité ? Condition nécessaire à la survie de l’homme naturelle en société, ou aliénation insidieuse et utopique, l’éducation alternative selon Rousseau fait débat, et comme tout débat, plutôt que de vouloir le trancher, mieux vaut prendre le temps d’en comprendre les enjeux, et c’est ce que nous allons faire, ce matin,  en compagnie de Christophe Martin.

 

Christophe Martin MC © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Musiques:

- Fuguette en ut mineur BWV 961 de JC Bach

- Les quatre saisons op.8, n°4 : l'hiver de Vivaldi

- School de Supertramp

- We don't need no education, Pink Floyd

 

Films:

- Les 400 coups de François Truffaut

- Etre et avoir de Nicolas Philibert

 

Lectures:

1/ Rousseau, Lettre à Monsieur de Beaumont, (datée de 1763, un an après parution de l’Emile), in Œuvres complètes, Tome VI, La Pléiade, p.30-31. De « Si l’homme est bon par sa nature » à  « quand il est en état de l’aimer. » 

2/ Maine de Biran, Essais sur les fondements de la psychologie, Introduction générale, VI, 2001, Vrin, p.57. De « Cet ouvrage lui-même » à « des premières idées sensibles aux notions intellectuelles ! »  

 

 

Invité(s) :
Christophe Martin, professeur de Littérature française à l'Université de Paris IV Sorbonne

Thème(s) : Idées| Philosophie| Jean-Jacques Rousseau

14 commentaires

Portrait de Anonyme Bourjoi07.09.2012

Paradoxe?
Question insidieuse plutôt .
De qui et de quoi parle-t-on ici?
De la nature de l’enfant, de la nature de la nature, qui est surtout un état et de la nature de la société qui doit à la nature et au désir de l’homme de devenir humain.

Pour ce qu’il en est de venir naturel, cela implique tout simplement de demeurer naturel.
Pour ce qui est de devenir humain dans un contexte qui ne doit pas tout à l’état du naturel, cela s’apprend et cela se montre.

Que veut-on? Un concitoyen qui sache devenir humain dans un contexte qui doit peu au naturel ou qu’il soit naturel en sachant tout ce que cela coûte de ne pas savoir être homme.

Portrait de Anonyme Colonel Urbain-Marie P. Badern06.09.2012

Bravo à Perles de l'Educ nat pour sa saine intervention poujadiste. Comment peut-on confier aujourd'hui la jeunesse à des fonctionnaires gauchistes ? Qu'il est loin hélas le temps où la jeunesse de France engagée dans la LVF inscrivait de son sang sur la neigeuse steppe russe les pages les plus glorieuses de l'Histoire humaine !

Portrait de Anonyme Jeanne R.06.09.2012

Côté adultes-parents : Quant à une école pour les parents, périlleuse initiative ! Une telle école s'avérerait peut-être pire que le mal vu que tout dépendrait du professeur même, enfin du maître qui enseignerait... Par surcroît, ces parents-là seraient - au final - tous des clones d'eux-mêmes, alors adieu la fantaisie comme l'ouverture d'esprit et l'empathie avec les enfants...

Côté enfants : L'idée d'un percepteur paraît intéressante, quoique cela désocialiserait l'enfant ; et un enfant en-dehors du monde moderne aura trop peu d'armes pour se défendre dans cette société injuste, sauvage et si triste.

En fait, cher Luroluro, je crois que le problème reste dans son entier et les solutions encore à penser !
Jeanne R.

PS : Oui, Voltaire, né mourant, est mort très vieux, cela donne à espérer !

Portrait de Anonyme Anonyme06.09.2012

Peut-être que la "morale laïque" devrait s'inspirer de l'"éducation néga-tive" de Rousseau, car tout le monde sait bien que toute morale n'est qu'un pis-aller et que les règles de morale (forgées par l’homme) ne sont que de pâles imitations des règles de la nature, de l’harmonie naturelle, des rè-gles naturelles de l’harmonie !...

AM

Cela dit, la morale laïque prétend inspirer le respect par des règles ab-straites et se substituer aux morales religieuses par un prétendu esprit de neutralité, alors que seule la morale catholique (dans la mesure où elle n'a-buse pas de son pouvoir) est capable d'inspirer l'amour, et qu'il faut être bien naïf, ou un esprit retors et sophiste, pour croire qu'on peut rétablir la morale dans une société en discréditant les autres morales sous prétexte qu'elles risquent d'être abusives! C'est plutôt la morale laïque qui se li-vre à une généralisation abusive en érigeant quelques cas particuliers, où il y a eu effectivement abus, en règle universelle et abus général!...

AM

Portrait de Anonyme Anonyme06.09.2012

Rousseau ne chercherait pas tant, comme on le croit, à éduquer l'enfant en le ramenant à son "âme d'enfance", mais plutôt en l'élevant à la raison par étapes et en respectant les différentes phases du processus d'apprentissage, en respectant les temps et les rythmes du processus de maturation de l'es-prit de l'enfant!...

Portrait de Anonyme les perles de l'éduc nat06.09.2012

"mais les enfants, d'âge moyen, restent trop sous le joug des parents pour brandir des banderoles, leur liberté d'action s'en trouve donc réduite à peau de chagrin."

-il faut ouvrir des camps et confier les enfants à la méthode Gaffi on en fera de très bon militants

"La première place, la plus importante, est occupée par des parents d’ordinaire incompé­tents qui, bien souvent, restent toute leur vie à moitié, sinon tout à fait, des enfants."

- Peter qui se moque de Murphy, dura lex sed lex

"Or, voyez comme la génération de soixante huit a fait basculer le système de l'époque et comme elle a su en créer un à son profit."

- une gauche plus riche et plus parvenue et un PC laminé, en effet que demander de plus, croyez que j'apprecie le fait

Les perles de l'éduc nat

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)05.09.2012

Egalement très heureux de vous retrouver, chère Jeanne.

Dans un premier commentaire qui s'est effacé et que j’ai renoncé par lassitude à réécrire dans son intégralité, j’évoquais la nécessité de créer une école des parents, afin de leur expliquer les arcanes de l'Education nationale et leur donner des conseils relatifs à l'éducation de leurs enfants. L'éducation est en effet, à mon sens, avant tout le devoir des parents.

Cette école serait bien sûr gérée par les parents et des enseignants bénévoles et ne dépendrait d’aucun ministère dont les arrêtés et circulaires feraient fuir les plus motivés.

En effet, une telle école serait fort utile, le comportement des adultes ne dépassant pas en moyenne celui d'un enfant de six ans.

Les professeurs ne peuvent assumer cette tâche, n’en déplaise au précédent ministre de l’Education Nationale qui avait envoyé une circulaire adressée « aux Educateurs » et non « aux Enseignants ».

Comme Freud le disait, les plus durs métiers au monde sont ceux de parents et d'enseignants (ou une formule approchante de cela). C’est d’autant plus difficile pour ceux qui, comme moi, cumulent les deux.

Je partage pleinement, comme très souvent, les commentaires de Jeanne et de Bertrand Saint Songe.

A propos de ma santé, chère Anne, je dirai qu’être malade est parfois le plus sûr moyen de vivre longtemps, car la mort effraie autant la maladie que le malade (rappelez vous Voltaire, l’éternel moribond …).

Certes, il y avait un peu de malice et d'humour (normand) dans mon précédent commentaire.

Bonne rentrée à toutes et à tous et merci pour vos émission.ons toujours passionnantes.

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE05.09.2012

Ah bon, Jung parlerait-il à Rousseau :
"« Qui veut éduquer doit lui-même être éduqué. On dit continuel­lement qu’il faut développer la personnalité de l’enfant. J’admire bien entendu ce haut idéal d’éducation. Mais qui éduque en vue de la person­nalité ? La première place, la plus importante, est occupée par des parents d’ordinaire incompé­tents qui, bien souvent, restent toute leur vie à moitié, sinon tout à fait, des enfants. Et qui donc finalement pourrait attendre de tous les parents ordinaires qu’ils soient des “personnalités” ? Des jeunes gens qui ont choisi la pédagogie comme profession ont posé a priori qu’ils ont été eux-mêmes éduqués. Sont-ils tous, tant qu’ils sont, des “per­sonnalités” ? Nul, sans doute, ne voudrait l’affirmer Notre problème éducatif souffre en somme de ne viser unilatéralement que l’enfant qu’il faut élever et de négliger aussi unilatéralement le fait que les éducateurs adultes n’ont pas été eux-mêmes éduqués. »

Portrait de Anonyme Jeanne R.05.09.2012

Bien aise de vous savoir de retour, cher Luroluro, d'autant que vous êtes en grande forme puisque vous poussez à la révolte. Néanmoins, le problème touchant à l'éducation scolaire devrait être soulevé tôt, mais les enfants, d'âge moyen, restent trop sous le joug des parents pour brandir des banderoles, leur liberté d'action s'en trouve donc réduite à peau de chagrin.
Jeanne R.

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)05.09.2012

Non seulement elle est possible mais elle est souhaitable !

La formation des maîtres et des professeurs à l'IUFM a été supprimée.
Il est vrai qu'elle comportait de nombreuses failles : autoritarisme des formateurs, langage utilisé frôlant le ridicule (exemple : "référentiel bondissant" pour parler en fait d'un simple ballon).

Suggestions :

- Créer un système tenant compte de la météo : classes fermées les journées pluvieuses et maussades. Classes ouvertes les jours ensoleillés.
- Accorder un droit de grève aux élèves et leur attribuer des jours de RTT.

Aujourd'hui, les jeunes sont soumis, parfois indignés mais jamais révoltés.

Or, voyez comme la génération de soixante huit a fait basculer le système de l'époque et comme elle a su en créer un à son profit.

"Sous les pavés la plage" était un bon slogan. A vous de trouver le votre et de faire évoluer les dinosaures qui sont au service des multinationales et d'une oligarchie qui détruit la planète et ne se soucie guère de votre avenir ni d'ailleurs de celui de leur progéniture (après nous le déluge !).

Brisez vos barreaux et chassez vos bourreaux.

Voilà un slogan possible :

"Brisons nos barreaux et chassons nos bourreaux !"

A vos banderoles !

Portrait de Anonyme Anonyme05.09.2012

Et ça continue,
l'éducation servait avant toute chose à lire un manuel d'armement et a produire en masse les soldats de la République,adaptés à notre temps c'est pour former une force de production et une main d'oeuvre qualifiée, il y a juste un petit problème c'est qu' il n'y a plus d'industrie, donc il ne reste plus qu'a leur apprendre à mourir ou au moins à l'accepter, on peut broder a l'infini sur des concepts et louvoyer pour feindre la réalité ça ne changera pas grands chose.

Portrait de Anonyme Jeanne R.05.09.2012

Cent fois oui, il faut toujours préserver notre bien le plus précieux, l'enfant.

Une éducation parfaite, certes mais parfaite par rapport à quoi, à qui ?
L'éducation ne doit jamais être un dressage (tiens, votre invité viens juste de le confirmer !) ni un copié collé des manques ou des ratages ni un règlement de compte de la part des éducateurs. Mais l’objectivité existe-t-elle vraiment ?

Dans une éducation à visée positive, ne vaudrait-il pas mieux dire "parfaire" plutôt qu'"éduquer" étant donné qu'en amont l'enfant porte en lui tellement de richesses et de vérités ?
Vous n'avez pas parler de vocation, de vocation à enseigner, ce qui peut aider à parfaire un enseignement quelconque.

"La méchanceté de l'homme vient d'ailleurs" nous dit Rousseau dans son "Emile".
Est-ce loin ou près l'ailleurs ?
Et d'où vient l'ailleurs ?
De soi ? De dehors ? Ou des deux à la fois ?
Jeanne R.

PS : @AK, je vous ai répondu bien avant le début de cette nouvelle émission mais voilà, à cette heure, mon commentaire n'est toujours pas visible sur la page concernée...

Portrait de Anonyme Dexter05.09.2012

bonjour !
je viens d'écouter votre émission d'hier, du coup j'ai loupé le début de celle d'aujourd'hui, tant pis je l'écouterai demain.

sur l'émission d'hier, je suis désolé mais cette histoire du philosophe vieux et moche qui aurait le savoir et de l'élève jeune et beau qui serait un crétin ce n'est plus du tout d'actualité.

nos philosophes d'aujourd'hui ont la chance d'avoir à la fois la Savoir de Socrate et la Beauté d'Alcibiade.
c'est indispensable pour pouvoir passer à la télé.

c'est une terrible injustice : on aimerait que le Savoir, la Beauté et la Richesse soient réparties un peu plus équitablement, c'est une chose terrifiante de se retrouver, devant sa télé, face à un philosophe à la fois intelligent, beau et riche.

Du coup s'il fallait réécrire le Banquet aujourd'hui il faudrait s'y prendre tout à fait différemment.
Par exemple il faudrait montrer comment ces philosophes savants, beaux et riches, conscients qu'ils sont de cette injustice dont ils sont l'objet, se sentent obligés d'accepter, en plus des avances de leurs groupies les plus belles et charmantes, celles de leurs groupies les plus moches et stupides : ils ont ainsi, en faisant don de leur corps et de leur esprit à ces groupies moches et stupides de leur reverser une partie de la dette qu'ils doivent à une nature injuste qui a la fâcheuse tendance de cumuler chez les mêmes toutes les qualités et sur d'autres tous les défauts.
C'est ainsi que nous pouvons observer, ces grands esprits logés dans des corps parfaits, se promener, sur les grands boulevards, bras dessous bras dessous, avec des petits esprits logés dans des corps mal foutus.

Voilà comment il faudrait aujourd'hui adapter le Banquet.

Comme est en train de le dire votre invité : l'homme ne peut pas corriger la Nature, il peut toujours se guérir de son angine en prenant des antibiotiques, détourner des fleuves, modifier le génomes d'enfants à naître, changer la couleur de ses yeux et de ses cheveux, il peut utiliser l'energie atomique pour faire de la lumière, il peut changer le paysage d'une belle campagne en zone industrielle, polluer les mers et l'atmosphère et il se trouvera toujours un philosophe pour venir vous dire que l'homme ne peut pas changer la nature.
Et c'est pour ça qu'on aime la philosophie : c'est l'art de marcher à côté de ses pompes élevé au rang d'oeuvre d'art.

Au lieu de lire Locke Rousseau aurait mieux fait de lire Hume, à la place la paranoia de Rousse a fait qu'il s'est fâché avec Hume...

bien à vous,
un fidèle auditeur... tout à fait conscient des injustices de ce monde

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE05.09.2012

Si l'homme était "naturellement bon", ça se saurait depuis longtemps, et, il ne serait plus à éduquer (educare, donc...non : "educere")... ET puis, et puis surtout, il y aurait moins de cons sur terre...! Mais, comme une femme ne serait plus une femme sans son mystère, l'hommme ne serait plus lui-même sans ses conneries, non ?..

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