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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

L'éducation en questions: 4/4: Que doivent savoir les Maîtres ? 13

06.09.2012 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Assia Khalid

Lectures Georges Claisse

 

C’est le dernier jour aujourd’hui de notre semaine consacrée à l’éducation. Après Condorcet, Platon et Rousseau, c'est-à-dire après l’instruction républicaine, l’amour comme voie d’accès au beau en soi, et l’épanouissement de soi sans les autres, c’est aujourd’hui en compagnie du philosophe Jacques Rancière que nous allons réfléchir à une éducation qui se ferait sans explication, où la compréhension ne serait autre chose qu’une traduction, et où l’apprentissage se ferait de la manière dont on apprend à parler, sans maître, en imitant, et en reproduisant spontanément. Quand le maître devient ignorant, et l’enseignement attentif aux hasards,  sans méthode, ni pédagogie, que reste-t-il de l’éducation ? que reste-t-il du livre quand l’important n’est pas tant ce qu’il nous apprend, que le fait qu’il soit objet matériel, et donc accessible à tous… et si faire la peau à la vieille méthode de l’explication était la meilleure façon de réduire les inégalités à l’école ?

 

 

Jacques Rancière MC © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de films:

- Entre les murs de Laurent Cantet

- Les 400 coups de françois Truffaut

 

Références musicales:

Bonjour monsieur le maître d'école par Bourvil chez EMI

- Partita n°2 en ré min BWV 1004 - courante / Pour violon / Transcription pour alto par Antoine Tamestit chez Ambroise  

- 3 pièces op 1 : Fugue - pour piano d'ALBERIC MAGNARD, par PHILIPPE GUILHON-HERBERT, chez HORTUS  

- Fuguette en ut min BWV 961 - arrangement pour saxophone soprano et trombone basse de JEAN SEBASTIEN BACH, chez Bis  

- Sonate en sol min op 13 n°6 RV 58 : Fugue - arrangement pour saxophone soprano trombone basse et piano d'Antonio VIVALDI, chez Bis  

- Echos II de votre Faust : Pour flûte, violoncelle et piano d'HENRI POUSSEUR, chez UNIVERSAL EDITION

 

textes:

- Jacques Rancière, Le maître ignorant (Fayard 1987)

- Pierre Bourdieu, "L'école conservatrice. Les inégalités devant l'école et devant la culture" dans Revue française de sociologie (1966)

 

 

Invité(s) :
Jacques Rancière, philosophe, professeur émérite à l'Université de Paris VIII (Saint-Denis)

Thème(s) : Idées| Philosophie| Jacques Rancière

Document(s)

13 commentaires

Portrait de Anonyme JMB5200013.09.2012

"Le maître dispense son savoir en allant du simple au complexe", dit Jacques Rancière. Faux.
Dans l'école d'aujourd'hui, ce sont des objets complexes qui sont proposés en premier lieu à l'observation réfléchie des élèves : des romans, des récits complets et non pas des fragments .... La phrase est manipulée par l'élève, les propriétés des composantes sont découvertes : suppressions, commutations, substitutions de groupes de mots ....
On ne donne plus à regarder d'abord l'article, puis le nom .......

Les situations problèmes complexes sont le point de départ de l'activité de l'élève, et cela dans toutes les disciplines ... Le behaviorisme (stimulus simple-réponse simple) par exemple est abandonné. Après une manipulation globale des objets (linguistiques, mathématiques....), la structuration implicite fait place à la réflexion, à la schématisation et à la symbolisation...

Il y a un point sur lequel l'école, donc les élèves et les maîtres ne portent pas assez leur attention. C'est le tragique de la condition de l'être humain. Il y a là un point commun à tous, une égalité essentielle ....
Certains philosophes le pensent aussi... Les religions en font leur point d'accrochage ... Pourquoi l'école laïque, ne mène -t-elle pas une réflexion sur ce "socle commun" ?... Il y a une école du courage et de la solidarité à construire .....

Portrait de Anonyme michel f.09.09.2012

Cordial salut !

Au moment où j’ouvre mon pc pour rédiger le présent commentaire, mes souvenirs de vieux pédago (les nouveaux chemins de l’éducation, je les ai parcourus avec passion entre 1951 et 1985) se ravivent. Je vais essayer de ne pas enfoncer des tas de portes largement ouvertes…

La semaine des NCC centrée sur l’éducation a coïncidé avec les interventions de Vincent Peillon (et les commentaires qu’elles ont fait naître, en particulier une émission de ‘C dans l’air’ diffusée sur F5). Les différentes opinions exprimées m’ont rappelé que, ma trentaine d’années de militantisme pédagogique – Mouvement Freinet, Syndicat National des Instituteurs, stages d’Education Nouvelle, co-création de la revue œcuménique « Interéducation » (années ’70), co-animations des Comités d’Action du Premier Degré durant l’occupation de l’I.P.N. en mai-juin 1968 –, m’ont laissé l’impression qu’alors, tout avait été dit. En particulier sur le thème de laïcité, donc de la morale enseignée et pratiquée qu’elle induit. Et cependant, j’ai remarqué certains oublis.

A commencer par le rôle croissant, et particulièrement négatif de L’IDEOLOGIE DOMINANTE, utilisant les moyens plus ou dissimulés de la famille, de l’école, des institutions périscolaires, de l’armée, des églises, vecteurs justement dénoncés depuis des dizaines d’années. Renforcée par l’accélération du progrès technique (médias, informatique, manipulation psychologique, adaptations de pratiques protomafieuses), l’Idéologie Dominante devient chaque jour plus difficile à repérer et à neutraliser. Au nom d’une laïcité neutraliste, trop de pseudo-moralistes incitent toujours les enseignants à cacher, au sein de l’institution éducative, leurs choix personnels (politiques, religieux, esthétiques, etc.), face aux agressions insidieuses et généralisées de l’Idéologie Dominante - comme s’ils avaient honte de ces choix ! et au risque de donner de désastreux exemples aux enfants !! Ne substituons pas le mensonge au prosélytisme ! On a également omis de rappeler que les partisans d’une pédagogie moderne ont, depuis les années cinquante, montré le chemin : c’est au sein même de la classe et quotidiennement que la morale doit être mise en pratique et non pas seulement commentée.

Animées par les principes d’une éducation autogestionnaire donc coopérative (possible dès la maternelle), des classes ont pu revendiquer la pratique d’une morale libertaire du respect de l’autre, de ses choix idéologiques, du respect de sa propre parole (contrats), d’un maniement positif des règles du dialogue, de l’exercice du sens de la responsabilité, de l’heureuse balance entre la morale individuelle et la morale sociétale (charte de la vie en groupe), du rôle irrécusable de l’exemplarité, de la réflexion critique autocentrée (conseils), de la disponibilité à l’entraide - ces comportements se révélant comme autant de petits chemins convergeant vers la large avenue du monde adulte du travail. Mais que sont devenus ces îlots si prometteurs, vivant sans tapage, ni arrogance dans des classes Freinet, Decroly, dans celles d’enseignants du courant « pédagogie institutionnelle », etc ?

Cela dit, je compte bien davantage sur les NCC que sur les missionnaires peillonesques pour animer une investigation bénéfique du thème « La morale à l’école… et ailleurs ». Merci d’avance.

Je compte aussi avoir une réponse aux questions posées dans mon précédent commentaire
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaiss...

Plus précisément, Assia Khalid peut-elle nous dire où elle a déniché ce « Piano détraqué de Xenakis » ? Merci à Elle.

michel f./09.09.2012

Portrait de Anonyme F. R.07.09.2012

Emission très intéressante ! Pourtant je me demande en quoi le propos de Jacques Rancière, au-delà d'une présentation vigoureusement contre-intuitive, est foncièrement différent de ce qui se répète dans l'Education Nationale depuis 30 ans : "il faut donner confiance aux élèves", "self-esteem", etc. Ce qui change c'est que le discours de Jacques Rancière est moins politisé, moins révolutionnaire que ce qui se disait traditionnellement.
Selon Jacques Rancière, est-ce que c'est l'ignorance du maître qui compte, ou tout simplement le fait que l'élève à qui on dit que son maître est un ignorant se sent décomplexé ? Certes, quand on est élève, il est agréable de ne pas être pris pour un idiot. Mais cela, peu de gens le contesteraient.

Portrait de Anonyme AK07.09.2012

L'égalité potentielle "des cerveaux", réelle ou non, est un postulat indispensable à l'éducation afin, sans préjuger de rien, sans classer les enfants à l'avance, de donner à chacun toutes les chances de développer ses capacités. Mais la manière dont M. Rancière prétend qu'on puisse aider les élèves à se développer laisse pour le moins sceptique.
Quant à la tricherie stérile par copier-coller, devenu avec internet un véritable fléau, l'éloge qu'en fait M. Rancière en y voyant une découverte enthousiaste de la littérature balzacienne serait fondamentalement démagogique et irresponsable s'il n'était, plus fondamentalement encore, grotesque.

Portrait de Anonyme MV07.09.2012

Une discussion très surprenante, et parfois confuse, ponctuée comme souvent d'extraits qui se veulent "en rupture". Un peu décevant l'extrait inaugural pour un tel sujet.
Intéressant cependant d'entendre quelqu'un qui prend à contrepied les fondamentaux de notre système éducatif, de nos concours de l'enseignement (explication, leçon..). du grain à moudre.

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)06.09.2012

A la question d'un sujet de philo : qu'est-ce que le savoir ? Un élève a répondu sur une première page "Le savoir c'est reconnaître cela" et sur une seconde page :
"Je sais que je ne sais rien". Tout était dit et cet élève a eu 20/20.
A un oral de l'ENA : "Que pensez-vous de la peine de mort ?
Réponse : "Voilà une question dont la réponse est bien difficile à trancher"
Rire général du jury et c'était dans la poche.
Comme quoi il suffit d'avoir un peu de présence d'esprit ou emprunter opportunément la synthèse d'un esprit supérieur pour couvrir l'étendue de son ignorance.
En effet le "je ne sais rien" de l'étudiant n'avait évidemment pas la même valeur que la fameuse phrase de Socrate.
Aujourd'hui les contenus de l'enseignement sont très chargés et ne disposent pas à produire des têtes bien faites mais bien plaines.
Ceux qui rejettent ce système s'en sortent parfois très bien en exerçant des métiers manuels lucratifs (plombier par exemple...)tout en se cultivant parfois eux-mêmes en fonction de leur tempérament et de leurs goûts.
Les autodidactes qui ont réussi dans la vie sont nombreux.
Les enseignants s'épuisent à tenir des classes hétérogènes sans pouvoir suivre leurs élèves individuellement (sauf lorsqu'il s'agit de l'élite qui se reproduit comme Bourdieu l'a dénoncé avec un peu trop d'insistance pour certains mais non sans raison).
Il faut savoir être du bon côté du manche faute de quoi vous êtes très vite qualifié de "paranoïaque".

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu06.09.2012

La distinction entre deux sortes d’intelligence qui permet l’argumentation réfutative de Jacotot (début du dix-neuvième siècle) qui prône l’égalité, est spécieuse, car il y a tous les degrés possibles d’intelligence, de l’acéphale qui naît sans cerveau au surdoué.
Par contre, j’ai trouvé assez savoureuse la critique de Jacques Rancière à l’égard de la « logique paranoïaque de Bourdieu » à propos de l’école.
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)06.09.2012

Surtout les maîtres ne doivent plus rien transmettre et encore moins expliquer. La connaissance doit surgir de des cerveaux plus ou moins encombrés, voir vides, de nos chers élèves.
L'élève ne doit plus apprendre, ce serait le traumatiser, ni chercher à comprendre.
Il doit se débrouiller en utilisant tous les gadgets mis à sa disposition et mâcher du chewing gum le plus discrètement possible pour ne pas avoir à se lever pour le mettre à la poubelle à la demande du maître ou du professeur.
Ainsi de nombreux élèves deviennent au mieux des ruminants avant de développer leur capacité de carnivore qui les aidera dans la vie à se faire une place dans le groupe grandissant des oisifs assistés dans un pays au demeurant en faillite (mystère des équilibres financiers ...).

Portrait de Anonyme Anonyme06.09.2012

N’est-ce pas plutôt le Livre qu’il faut supprimer et le remplacer par le… Son !?
Substituer à l’Ecriture l’Oralité !?
Un enseignement Audio-Visuel, voilà ce qu’il nous faut !
Il faut brûler les livres et délier les langues !
Apprendre à regarder et libérer les corps !
Cultiver l’ignorance et promouvoir le non-savoir !
Bref, rendre à la "parole muette" sa Parole!...

Portrait de Anonyme Collet Gérard06.09.2012

Pour un meli melo ce fut réussi !

D'abord tout démonter, surtout tuer le maître ! puis bien tout mélanger, les plans de réflexions entre eux et finir sur de vagues questions !

Il faut répéter je pense que l'éducation c'est d'abord de l'avoir et non de l'être. Et il est triste d'entendre à quel point on oublie qu'il ne peut y avoir d'être sans avoir ... Etc

Amicalement.
J'aime beaucoup vos émissions.

Portrait de Anonyme Jeanne R.06.09.2012

Comment la transmission du savoir se fait sur le terrain :
Les maîtres des écoles demandent aux élèves d'écouter puis de restituer en l'état le discours (le côté positif du "par cœur" : faire travailler la mémoire), la compréhension étant facultative, mais surtout de ne pas penser par eux-mêmes. Au sortir, c'est comme s'il y avait un seul type d'individu donc un seul type d'intelligence, d'où l'extrême frustration, frustration des deux bords d'ailleurs.

Oh, le principe du "copié-collé" commence très tôt... Oui, regardez de près les jeux imposés aux petits enfants dans les squares publics européens : tous les mêmes, et ce, jusqu'à la couleur. Moi, cela me fait hurler !!
Jeanne R.

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)06.09.2012

L'égalité à l'école ne peut qu'être formelle. Comme l'Egalité Républicaine inscrite au frontispice des édifices publics : Liberté, Egalité, Fraternité.

Liberté : OK, mais de quelle liberté parle t'on ? Individuelle ou collective ?
Egalité : En effet, nous pouvons la constater aujourd'hui ...
Fraternité : nous sommes ici en plein utopisme !

L'école comme institution sociale doit elle rendre égaux des individus qui sont inégaux ? Tâche évidemment impossible du fait qu'il y a des "hiérarchies naturelles" selon Monsieur Jacques Rancière qui dit tout et son contraire.

N'y a t'il pas non plus des hiérarchies illégitimes ? C'est là un grand problème car l'intelligence se trouve dans toutes les classes sociales, ainsi que la médiocrité.

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE06.09.2012

"Que doivent savoir les maîtres ?" - Mais rien, ils apprennent tout de leurs élèves, ils sont toujours ainsi des étudiants en herbe...(moins folle, ceci dit)... Socrate l'a dit : - Je ne sais rien (un accoucheur qui était...stérile, en fait)... Jésus : il n'a rien su....sinon du Père... Bouddha : il n'a rien dit ni écrit (si tu rencontres Bouddha frappe- le dix fois!..Si tu rencontres le démon frappe- le dix fois !)...
Ramana Maharshi
Votre devoir est d'Être et non pas d'être ceci ou cela.

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