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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

La culpabilité (4/4) : Sommes-nous capables de pardonner ? 13

04.07.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Somany Na

Lectures : Georges Claisse

 

Après le péché originel, la différence entre le coupable et le criminel, et la question de la culpabilité pénale, dernier temps aujourd’hui de notre portrait d’un homme coupable. Le pardon accordé au coupable, c'est-à-dire parfois à soi-même, est-il une issue possible hors de la culpabilité ? Les actions et événements qui sont à proprement parler impardonnables suffisent-ils à annuler la possibilité et le sens même de l’acte de pardonner ? Et l’homme est-il à la hauteur de ce geste fou dont il a tant besoin pour exister en paix ? C’est au philosophe Jean-Luc Marion que revient aujourd’hui la difficile tâche  de penser le pardon.

 

Jean-Luc Marion MC © Radio France

 

Références:

- Alexandre Tansman, Danse pour deux pianos

- Bobby Womack, The bravest man in the universe

 

Extraits:

- Le Roi Lear (archives France Culture , 28/10/2007)

- Emission  "La loi du Tallion" avec Vladimir Jankélévitch, produite par Emile Noël, 24/021978)

 

Invité(s) :
Jean-Luc Marion

Thème(s) : Idées| Philosophie

Document(s)

13 commentaires

Portrait de Anonyme paul kefir09.07.2013

Merci beaucoup à vous deux.
Je ne souhaite pas contredire Monsieur Marion, car pas assez travaillé, en revanche un petit regret : que la discussion ne se soit pas attardée sur la réduction phénoménologique de l'Autre. Cette beauté révélée, comment m'apparaît-elle? Je pense à Bresson, à Melleville, aux représenattions cinématographiques de cette beauté, mais j'aurais voulu un mot du philosophe sur cette révélation dans la relation à autrui.

Merci infiniment.

Portrait de Anonyme simon09.07.2013

Que de détours!
Il est impardonnable de pardonner car nous ne sommes pas des dieux.

Portrait de Anonyme Alain M05.07.2013

On peut aussi voir, comme Hannah Arendt, le PARDON comme instrument pour SE LIBERER du PASSE ! Ce qui vous accroche au PASSE, ce qui vous en rend ESCLA-VE, c’est le CYCLE de la VENGEANCE, la LOI du SANG, la VENDETTA ! On ne ces-se pas de SE VENGER du PASSE ! C'est un ENGRENAGE, un CYCLE INFERNAL! Or, comme dit Céline Hess, le PARDON « empêche le PASSE d'influer sur notre PRE-SENT ». Il est une PROMESSE d'AVENIR, « une promesse qui ENGAGE pour tout l'AVENIR »!...

Portrait de Anonyme Alain M05.07.2013

« On ne PARDONNE que ce qui est IMPARDONNABLE » ! Paradoxalement, c’est « à partir de l’EXTRÊME GRAVITE de la faute que le pardon devient POSSIBLE » ! Il devient « possible sans jamais être nécessaire ». C’est « une condition NECESSAIRE sans être suffisante ». Il faut encore que le pardon puisse « ren-dre au COUPABLE la possibilité d’être A NOUVEAU » AUTRE chose qu’un simple COUPABLE ! C’est-à-dire le PARDON est capable de voir AU-DELà du bout de son nez !, AU-DELà des APPARENCES et de la JUSTICE IMPARFAITE des hommes (en société) toujours prompte à voir en tout homme un COUPABLE en puissance et REDUISANT facilement l'homme COUPABLE à sa "CULPABILITé"!...

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)05.07.2013

DIALOGUE +QUELQUES REMARQUES PERSONNELLES :
Le pardon sort du domaine de la justice. Il peut commencer après que la justice ait été rendue.
Débat de Jankélévitch sur le crime imprescriptible (nazisme).
Pour Jankélévitch, il existe 2 conditions au pardon :
- il faut que le coupable demande pardon
- il faut que la victime elle-même soit en état de pardonner.

Le problème est que les morts ne peuvent pardonner et que personne ne peut pardonner à leur place.
Qui serait qualifié pour pardonner au nom des morts ?

Le vrai pardon est un pardon en dépit de l’absurde, avec le cœur tout entier, ce qui suppose un effort sublime.
Jankélévitch se sent incapable de pardonner au SS qui n’a pas demandé pardon sous prétexte que ce dernier pensait qu’il ne pouvait pas être pardonné.
Jankélévitch : « je ne pardonnerai jamais parce qu’ils savaient très bien ce qu’ils faisaient »
La pleine conscience du crime de masse et la jouissance malsaine qui l’accompagnait prenait la dimension du « pêché contre l’Esprit ». C’était un défit lancé à Dieu
Judas non plus n’a pas demandé pardon, il est allé se pendre après sa trahison.
Le mauvais larron a demandé pardon à Jésus et il a obtenu son pardon.
Refuser de demander pardon c’est faire preuve d’orgueil et se jeter dans l’abîme. C’est empêcher le don et le mépriser.]
Il faut distinguer le pardon de l’excuse …
Jusqu’ici, je comprends, mais lorsque M. Jean-Luc Marion, l’invité, parle de Derrida, je commence à décrocher. (Redondance du don reçu etc….).
Je sens qu’Adèle est embarrassée : « quel est ce don initial à propos duquel le pardon est redondant ». Excellente question mais je n’ai pas bien saisi la réponse. Et vous chers co-auditeurs, pouvez-vous éclairer ma lanterne ?
La parabole du fils prodigue (Luc 15) était intéressante mais je n’ai pas compris en quoi elle permettait de répondre à la question d’Adèle. Le fait que M. Jean-Luc Marion l’ait qualifiée de réponse théologique me fait craindre un mystère …
Pour moi, l’important dans cette parabole est que le fils prodigue a fait preuve d’humilité et a donné l’occasion à son père d’exercer le pardon, la miséricorde.
D’autre part, je m’étonne avec Jeanne que vous n’ayez pas abordé le devoir de mémoire.
Le pardon n’est pas l’oubli.
QUELQUES AJOUTS :
3 citations …
« On se trompe toujours lorsqu'on ne ferme pas les yeux pour pardonner ou pour mieux regarder en soi-même. » Maurice Maeterlinck
« Le stupide ni pardonne ni oublie, le naïf pardonne et oublie; Le sage pardonne mais n'oublie pas. » Thomas Szasz Stephen
« Il est plus facile de pardonner à un ennemi qu'à un ami. » William Blake
Références de textes :
Peut-on tout pardonner Q
Lien : http://www.philolog.fr/peut-on-tout-pardonner/print/
Le pardon et l autre.
Lien : http://philophil.com/dissertation/autrui/pardon/pardon_et_autre.htm
Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme Antoine Arnoux04.07.2013

Un très beau lapsus (?) dans la dernière phrase de votre présentation : "C’est au philosophe Jean-Luc Marion que revient aujourd’hui la difficile tache [sic] de penser le pardon."
Tous les parfums de l'Arabie n'effaceront point la "tache" morale (le fait d'avoir fait ne peut pas être aboli). Au philosophe incombe la "tâche" de définir le pardon (le grand Vladimir Jankélévitch s'appliqua justement à icelle, de manière éblouissante, en 1967).
L'auditeur/lecteur complaisant excusera l'auteur de cette faute d'orthographe.

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu04.07.2013

Sur le pardon, tout part d’un postulat: le don gratuit, le pardon « gratuit ». Y-a-t-il un don gratuit? C’est ce que soutiennent Paul Ricœur, Jean-louis Chrétien et Jean-Luc Marion. Or Mauss montre que non! Tout don implique un contre-don. La montée dans les destructions massives de biens matériels utiles (couvertures, nourritures), les sacrifices d’animaux indispensables à la survie et des esclaves, dans les sociétés « premières » est là pour montrer sa puissance aux autres, les écraser. Contre son gré Jean-luc Marion fait la démonstration que le pardon absolu, gratuit, est impossible: il faut que la victime soit morte et pardonne. Seul un Dieu mort et ressuscité le peut comme le Dieu chrétien, ou encore peut-être Dionysos démembré, ébouillanté et cuit, Dieu « martyr » et ressuscité de l’Antiquité.
Peut-on pardonner ses meurtres à Richard III en invoquant que la nature l’ayant fait difforme, celle-ci a une dette à lui rembourser? Mais alors il faudra pardonner à Hitler en classe avec Ludwig Wittgenstein beau, intelligent et riche, lui qui était petit, médiocre et artiste « minable »! Et ici l’histoire de la philosophie rejoint l’Histoire tout court!
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme Paulux04.07.2013

Dire que Mauss a démontré que le don demandait le contre-don est un peu léger comme réfutation.

Tout l'intérêt de la réflexion de Marion est tout à la fois de montrer que le pardon est impossible, mais qu'il reste envisageable. Le pardon entre précisément dans la catégorie des phénomènes impossibles (comme Dieu, comme la chair, comme l'oeuvre d'art, comme l'événement).
Reste à savoir ce qu'on entend par impossible. Pour Marion c'est ce qui n'obéit pas à des conditions a priori d'existence. Rien ne permettait de prévoir l'oeuvre d'art ou l'événement, en ce sens ils sont impossibles. De même pour le pardon.

Portrait de Anonyme Kercoz04.07.2013

Bonjour .
Si tout don implique un contre -don , la sociologie montre que le "pardon" est vertueux et obligatoire ( peut etre pas pour tous les cas)....
En effet, ds un groupe originel , basé sur l' affect,si le manquement a un rite risque de "perdre la face" , son aveu public et auto-accusation est valorisant en tant que valorisation de la "face"...et sera pris comme tel par les acteurs ......pour éviter que l' individu en se culpabilisant et en se mortifiant ( pleurs , cris , flagellations) ne vous faire perdre votre face , vous l' absolvez ....faire perdre la face etant aussi ( sinon) plus grave que de perdre sa face .....
C'est un process inhibiteur du meme ordre que le chien qui offre sa gorge ou son ventre a son dominant en gage de soumission et de ce fait lui interdit de l' achever ....
On peut remarquer que cette rétroaction "vertueuse" et structurante , ne fonctionne que sur le modèle originel : a savoir un groupe restreint ou chacun connait chacun ....et qu' en destructurant le modèle et hypertrophiant le groupe , il y a des dérives itératives qui interdisent ( ou faussent)l' analyse ;

Portrait de Anonyme Rodriguez04.07.2013

Avant de bavasser sur l'après il aurait fallut montrer l'avant!
Le brouillamini déconstructiviste au secours de l'idéologie du Reich cautionnée / Heidegger fondateur de la nouvelle scolastique apocalyptique...

Portrait de Anonyme Anonyme04.07.2013

Eh oui, le SS qui parle au début de l'émission vit dans l'enfer du ressentiment. L'allègement n'a pu venir pour lui ou aurait pu venir que d'un proche qui dans son regard a dit ou aurait pu dire: Tu es meilleur que ce que tu as fait; je le sais, sache-le".

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.04.07.2013

L'impardonnable est impardonnable comme l'excuse est excusable.
Si la victime n'est plus, le pardon devient un acte de parole symbolique.
Le pardon et l'excuse... S'excuser de ne pouvoir demander pardon pour une offense inqualifiable parce que le pardon est impossible n'est-ce pas déjà et simplement se pardonner soi-même afin de laver sa conscience ?
D'un autre côté, pardonner ou accepter le pardon n'est-il pas vouloir oublier ; si oui, cela irait à l'encontre du "devoir de mémoire" quel qu'il soit, ce me semble ?!

Questions/réponses :
- Demander pardon, n'est-ce pas aussi se placer en infériorité par rapport à l'autre ?
- Oui, mais cela n'a guère d'importance car le problème n'est pas l'autre mais soi.
- Donc, le pardon ne dépend que de moi puisque je suis le demandeur.
- En fait, le pardon n'a de valeur que s'il trouve un écho.
- Pourquoi ne pardonne-t-on jamais une chose bonne ?
- Parce qu'il n'y a pas de culpabilité en jeu, je suppose ?
- Pourtant, je me peux sentir coupable d'apprécier ou d'aimer ce que me reproche l'autre, ce qui correspond à lui faire du tort, non ?
- Euh, là, c'est un autre débat !

Cent fois merci, pour ces émissions uniques !!
Jeanne R.

Portrait de Anonyme sylvie haller04.07.2013

bonjour. pour demander pardon, il faut déjà accepter d'être pardonné. le SS en début d'émission refuse de demander pardon, parce qu'il refuse d'ÊTRE pardonné. il me semble que la discussion est passée à côté de cela, comme si chacunE a priori désirait être pardonnéE. parfois, la culpabilité est plus "vivable" que le pardon immérité. le sujet est somptueux, mais je reste un peu insatisfaite de ce traitement du côté du don-pardon par votre interlocuteur (qui reproche à jankélévitch son bavardage...). auditivment amicalement, bien à vous. shx

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