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Les Nouveaux chemins de la connaissance

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 10h50

Ecoutez l'émission 49 minutes

La paranoïa (2/4) : le cas Schreber 12

24.09.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Georges Claisse

 

L.E.Prado de Oliveira MC © Radio France

 

Après les théories du complot hier, avant Jean-Jacques Rousseau et William Shakespeare, deuxième temps de notre semaine paranoïaque, avec aujourd’hui, l’examen d’un cas particulier.

La paranoïa fascine autant qu’elle façonne.  Pas besoin d’en être victime pour la penser, et c’est ce que révèle le cas Schreber, auteur des Mémoires d’un névropathe et dont le comportement psychotique et délirant a vidé plus d’un encrier dans les bureaux des analystes et de leurs détracteurs. 

Daniel Paul Schreber est né le 25 juillet 1842 à Leipzig. Il entreprend avec succès une carrière dans la magistrature. En 1893, il est nommé Président de chambre à la cour d’appel de Dresde.  Quelques mois plus tard, en proie  à de nombreuses hallucinations, il est suspendu de ses fonctions, mis sous tutelle et placé dans une clinique spécialisée pour malades mentaux.  Au cours de l’évolution de sa psychose, qui lui laissera cependant la lucidité nécessaire pour rédiger ses Mémoires d’un névropathe, il finit par croire que Dieu le transforme en femme et le torture à l’aide de lilliputiens.

 

 

 

 

 

Références musicales:

- Ennio Morricone, Peur sur la ville

- Orlando, Vs Vocal

- Jacques Higelin, Follow the line

- Boris Vian, Bourrée de Complexe

 

Extraits:

Gilles Deleuze, Cours à Vincennes, 1980, disponible sur internet : http://www2.univ-paris8.fr/deleuze/article.php3?id_article=68

 - Film, Da Vinci Code de Ron Howard (2006)

 


"Campbell's Tomato Soup", 1929 Adolf Wölfli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye : sommes-nous tous égaux devant la paranoïa ?

Réponse avec la psychanalyste Marie-Hélène Brousse pour qui la paranoïa, cette maladie du grand autre, n'est pas donnée à tous. 

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Invité(s) :
Luiz Eduardo Prado de Oliveira, directeur de recherche au Centre de recherche en psychanalyse, médecine et sociétés (CRPMS) de l’Université de Paris 7 - Denis Diderot Et membre de la société de psychanalyse freudienne

Thème(s) : Idées| Philosophie| Daniel Paul Schreber

12 commentaires

Portrait de Anonyme (M.)Nirmel MOUCHIQUEL26.09.2013

Bonjour/soir, et ô combien la philosophie protège qui cherche à devenir humain... on ne naît pas humain, on le devient.
Quelques petits commentaires, par exemple sur la masculinité: souvent j'entends dire à cause de mon métier d'artiste et de mes cheveux longs, et ma gentillesse paraît-il, que j'ai accepté ma féminité. Non, je n'ai pas cette féminité au sens où l'on l'entend: cette part dite féminine est une part humaine, l'espace de sentimentalité ou de rapport à autrui dans le respect et l'humanisme, l'amitié complète comme l'amour le plus sincère, font partie de l'humain, sans quoi l'on n'est ni homme ni femme. Le sentiment n'est pas un luxe pour l'homme ni un attribut banal de la femme, c'est la première part qui définit l'humain. Sans cette capacité au sentiment, à laisser parler l'émotion, l'on n'est ni humain ni bête. Alors comment voir cette résistance peut-être de Schreber face à un monde de bourrins qui ont sans doute eux un rapport très Oedipien à la réalité en tant que l'absence de sensibilité est sans doute motivé par une castration tellement intériorisée que seule la vengeance reste possible? peut-être, ce n'est pas une recette de décodage...
ensuite, l'Oedipe chez Lacan, ce n'est pas trois personnes, mais quatre: le père, la mère, l'enfant et le phallus, en tant qu'il est un symbole. Et puis il y a le père réel et le père symbolique. il ne faut pas oublier cela qui distingue fondamentalement Freud et Lacan. Le phallus vient couper le flux, il vient interrompre par la Loi morale, par le moi idéal, social, parental en tant que le père de Schreber refuse de donner le phallus à son fils et le castre continuellement dans l'enfance, interdisant la mère jusqu'à son sein nourricier, l'enfant introjectant de plus le complexe de castration du père, presque de force sous la torture, le phallus donc vient interrompre la féminité de Schreber, son idéal de moi envahi par la mère et la mère dans sa soumission au père au point qu'elle accepte que l'enfant ne soit pas l'enfant oedipien qui vient résoudre au final son propre Oedipe à elle, puisque le père l'enlève, les sépare trop tôt, à la naissance, au sein, et vient culpabiliser son désir puisque la société réclame son éducatif à base de torture et lui conseille la torture du fils: le fils est un danger pour le désir phallique du père, du père symbolique, le désir de posséder toutes les femmes, la violence qui recouvre la peur, la peur qui se rabat sur le désir, le désir qui devient néfaste, dangereux, peur, morbide, angoissant, paranoïaque. Schreber est sa propre mère, en tant que la mère est morte d'avance et renonce à l'enfant symbolique, elle n'a pas l'air même de ressentir la moindre animosité contre le père, elle est éduquée par le père sans doute de la même manière que l'enfant, frappée, sans droit à être désirée ni à posséder quelque droit sur la sexualité du père. Le père ne peut pas être un idéal du soi puisqu'il est haï et que cette haine même chez la mère et chez l'enfant, est tuée et plus qu'enterrée. Et la société autour applaudit en disant "quelle efficacité!". La société jouit du complexe d'Oedipe. Schreber ne trouve jamais la force de tuer le père symbolique à travers le père réel ou, après le décès du père, à travers l'image du père réel. Quand le phallus se montre, dans une réminiscence peut-être, le flux de désir sèche aussitôt, les rayons se débranchent, le délire se tait à la conscience, passant dans le préconscient et sous-tendant toute parole et tout acte que la société juge sensés, et la Loi morale sociale dit par en-dessous "n'oublie pas de prendre ton Oedipe avec toi". Le désir est criminel cat il est révolutionnaire dit Deleuze, tout révolutionnaire a besoin du paranoïde, comme le capital a besoin du schizoïde. Schreber anti-capitaliste mort-né? Schreber aurait-il annoncé l'avènement de l'anarchisme puis du marxisme du début du siècle dernier? N'a-t-il pas sauté des étapes en passant à l'annonce du nazisme directement, et passant à la trappe l'anarchisme et le marxisme en liens avec la forclusion du père. N'aurait-il pas annoncé l'échec du nazisme, sous-tendu par un système auto-destructeur inconscient? L'extinction de la vie ne peut venir d'un système politique sans déclencher de guerre quand il prend cette ampleur, car la planète alors n'a rien ni à perdre ni à espérer si elle perd. Le sacrifice peut être total. Ni la mère, ni Schreber ne le font, et le père permet à la société de croire à l'universalité de ce principe d'acceptation sous la torture. Schreber n'a pas d'autre fonctionnement auparavant. La mère est préparée par son éducation religieuse et par plusieurs millénaires de générations de femmes éduquées à l'obéissance passive et l'illettrisme interdisant l'accès aux livres philosophiques qui poussent à l'esprit critique et libèrant la volonté. La soumission de Schreber et celle de la mère est décidée par le père bien avant son mariage voire bien avant sa rencontre avec la mère, peut-être même a-t-elle été décidée par le grand-père, ou par la société autour de lui à travers l'Oedipe transmis par les grands-parents... phallus lacanien compris. On ne peut guère aller plus loin, car on connaît le père réel, on devine le père symbolique de façon logique, et la mère est indiquée dans le langage par Schreber qui s'indique à travers l'écoute de ses déterminismes familiaux.
Schreber est une femme. Tout ce qu'il dit a une réalité, pour lui, et son discours est vrai, car c'est le sien. Effectivement Dieu lui triture l'analité avec des rayons de soleil, etc, ne reprenons pas tout le récit, mais tout est vrai, pour Schreber, alors écoutons ce monde différent du monde en tant qu'il existe quelque part puisque Schreber y vit: c'est son monde? Oui, et tout y est sérieux, puisqu'à aucun moment il n'en rit, il en parle sérieusement, écoutons sérieusement. Il défèque habillé en femme parce qu'il ne peut pas faire autrement pour déféquer? Ok. Nous non plus on ne doit pas concevoir comme possible que Schreber puisse procéder autrement: dans son monde, ça se passe comme ça, acceptons-le, et sans en rire, c'est une chose "normale", banale, de ce monde. Comme ce qui se passe dans la famille. Oui le père est convaincu qu'il faut torturer le fils pour des raisons d'éducation morale de très haute exigence. Ecoutons cela. Oui la mère pense réellement que le père a raison. Oui la société à travers la société autour du père et de l'enfant en tant que regardés par la mère applaudit et glorifie le père qui a réussi à éduquer le fils au-dela de toute espérance d'obéissance au travail et au refoulement de cette sataniste de sexualité. Là-dessus, Freud et les pré-freudiens arrivent en disant "Non, non, Dieu et Satan c'est pareil: ça s'appelle l'Inconscient, et ça se dénoue par la parole libre et sans influence, écoutée par un humain indubitable et réel." Lacan rappelle que la société ne fait pas que refouler la psychanalyse, elle en réclame le phallus, le symbole: la psychanalyse n'a pas le droit de prendre le phallus à la société, elle doit le lui rendre, et la psychanalyse répond "je le voudrais que je ne le pourrais pas, alors le phallus, je le garde". Le désir social retombe, se replie sur le corps sans organe. Le flux de délire se soulève, le capital le reprend, la société tente d'élucider l'Oedipe, la psychanalyse s'interroge même dans les café, à l'enterrement du père, au mariage du fils, au moment d'enfanter avec la mère, en allant se coucher, en sortant des toilettes: "c'est oedipien, là?" "je suis normal(e), là?" "il aurait pas un problème de phallus le voisin quand même?" Le paranoïaque c'est toujours l'autre, que ce soit le grand ou le petit, c'est pas soi, ça ne se peut pas. La psychanalyse est paranoïaque dans son enquête, sinon elle ne peut rien élucider ni donc rien comprendre des problématiques qui sont cachées, refoulées ou forcloses.
Oui, le troisième point, c'est surtout que là, je ne parle pas d'Oedipe, je n'ai pas parlé du désir du fils pour la mère et du désir du fils de tuer le père pour prendre la mère, car et d'une l'Oedipe arrive après le désir de l'enfant, qui donc sait très bien que c'est pas sa mère qu'il lui faut sinon il va devenir fou... à se demander si l'Oedipe est logique. Et puis, il n'y a pas d'Oedipe selon Lacan chez le paranoïaque, puisque le caractérisant c'est le nom du père et mécanisme principal c'est la forclusion.
Je m'arrête là, parce que je n'ai pas les connaissances lacaniennes supplémentaires qui me permettent d'appliquer la théorie lacanienne plus loin, surtout que je ne voudrais pas être exclusif.
Vous me mettez une bonne note ce coup-ci?

Portrait de Anonyme nin4ka26.09.2013

Superbe emission!

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE25.09.2013

"Les théories convergent ", devons-nous entendre : con-verge ?..Si le con est verge, Schreber a raison... : l'homme est une femme lilllputienne (pute sienne dont il a peur. LE CON féminin est Verge, donc...), oh là là, déliré-je ? Dois-je consulter ?

Portrait de Anonyme paul kefir24.09.2013

Adèle, J'écoute en ce moment d'anciennes émissions sur la philosophie de Hegel, et je trouve, avec toute la sympathie que je vous porte, que votre français n'est pas toujours à la hauteur. Beaucoup de fautes de langage et
de tournures maladroites qui rendent vos longues, longues questions un peu pénibles à écouter.
Encore une fois, j'apprécie vos émissions, et vous serai toujours fidèle, mais s'il vous plaît, des questions plus courtes et mieux ficelées!

Sinon bravo et bonne continuation.
Paul (qui sait que l'art est difficile...)

Portrait de Anonyme jeanjean26.09.2013

quel triste monsieur que ce Paul. Cette émission est comme d'habitude très bien et surtout: qu'Adèle continue à beaucoup intervenir comme elle le fait si bien... jean

Portrait de Anonyme Anonyme25.09.2013

Paul,devriez-vous peut-être mettre la version française sur votre ordinateur? Vous êtes très bien Adèle!
Pierre

Portrait de Anonyme Sinister25.09.2013

Ouais ben mon grand si tu savais comme c'est dur de rédiger pour que ça paraisse spontané, tu mettrais une principale à l'écrit pour la lecture et je te parle pas de ta surgé figure toi.

Portrait de Anonyme Juno24.09.2013

Il y a eu un grand festival terminologique de dilution de sens aujourd'hui : aucune rigueur dans les termes, convocation de notions hors-sujet, bref, une vision très "télé", très grand public de la paranoïa et de la théorie du complot. Je m'étais attendu à davantage de rigueur de la part des NCC!

Portrait de Anonyme CANINO24.09.2013

Bonjour,
J'ai été déçu par la tonalité anti psychanalytique de l'émission d'aujourd'hui. Il y a un manque de rigueur conceptuelle évident quand vous réduisez la lecture freudienne de Schreber à un placage du schéma œdipien. Certes,j'ai écouté une émission de philosophie où l'on choisi de définir le délire à partir de FOUCAULT. N'est-ce pas déjà une manière de refermer la discussion sur le plan psychopathologique? Il y a d'autres auteurs avec un culture philosophique , comme Jaspers, Henri Ey et Pierre Janet qui ont apporté une contribution majeure à l'étude de la croyance délirante.
La psychanalyse n'explique pas tout ce qui caractérise les conduites humaines, la culture, la civilisation, mais par contre celles-ci sont traversées par la sexualité.Et l'émission de ce matin m'a paru affadir cette dimension.
Permettez seulement de vous suggérer une référence sur ce registre, celle de Jean Laplanche, agrégé de philosophie, médecin et psychanalyste qui a conduit une lecture philosophique de l’œuvre de FREUD:
Ce qui est central en psychanalyse, ce n'est pas le modèle de l'hystérie auquel le complexe d’œdipe se réfère (et qui ne s'applique donc pas à SCHREBER), ni la mise en place des instances de la deuxième topique, c'est davantage la sexualité infantile qui commence bien avant la puberté et avant l'apparition du langage. Si elle est fantasmatique,la sexualité implique constamment le corps de l'enfant à travers la communication et les gestes de l'adulte dans le cadre de la relation d'attachement. Cette communication est estampillée par l'inconscient de l'adulte. C'est dire que celle ci est implantée de l'extérieur par l'autre qui se révèle toujours séducteur, excitant voire violent.En considérant l'inconscient, c'est l'étranger en soi, on peut tenir un lien avec le problème du délire.
Je reste aussi perplexe quant à la posture romantique consistant à faire l'éloge de la folie en mettant en exergue le génie créateur de certains écrivains ou artistes, en ignorant le niveau plus ordinaire la souffrance et l'angoisse d'anéantissement des sujets en crise d'identité.
En vous remerciant de votre attentio,
Cordiales salutations

Portrait de Anonyme Prado24.09.2013

Vous confondez le soulignement des limites de Freud, de son ignorance et de son aveuglement, avec des positions anti-psychanalytiques. Ancien élève de Jean Laplanche moi-même, je sais combien Laplanche, directeur de ma thèse sur Schreber, était prêt à critiquer Freud. Quant à la sexualité, nous mentionnons très bien dans l'émission la sexualité pré-génitale de Schreber : uriner et déféquer. Deleuze s'appuie magistralement sur la psychanalyse dans sa Logique du Sens.

Portrait de Anonyme luroluro1424.09.2013

Bonjour,
La psychanalyse est de retour mais pour autant la philosophie n’est pas absente, contrairement à ce dont se plaignent certains détracteurs récurrents de ce type d’émission.

Voici un extrait d’un article intéressant sur le cas Schreber : « Des moments carrefours d'une vie humaine ».

Les deux épisodes de sa maladie coïncident avec des moments de sa vie tenus pour significatifs. L'auteur lui-même indique :
"la première fois à l'occasion de ma candidature au Reichstag (...) la deuxième fois lorsque (...) investi de la charge qu'on venait de me transmettre de Président de Chambre à la Cour d'appel du Land de Dresde".
Cette coïncidence autorise Lacan, à souligner la nature œdipienne du problème (Oedipe = compétition avec le père).
Les deux événements en cause sont, en effet, de nature à modifier la position d'une personne dans le "segment social" où elle vit.
En fait, la nomination à la présidence d'une Cour d'appel le place dans une situation d'autorité comparable à celle d'un père vis à vis de son enfant. Elle lui réserve même, virtuellement, une autorité sur son propre père.
Entre les deux épisodes huit années s'écoulent, décrites comme heureuses malgré la déception de n'avoir pas d'enfant. Schreber n'est pas père, mais il est nommé Président. L'enchaînement de ces deux constatations dans le texte même des mémoires suggère des équivalences quant aux rôles du Père. Dans cette perspective, pour Lacan, cette promotion exceptionnelle
le place dans un statut difficile à assumer : par leur âge et leur expérience, ses collègues s'imposent à lui comme des modèles. Les membres de son conseil avaient, dit-il, vingt ans de plus que lui. Il y aurait là une inversion de des rôles et de l'ordre des générations. Les difficultés que
Schreber rencontre dans les taches nouvelles ont donc été reliées à l'image paternelle, détentrice de la loi, image assignée, vis-à-vis de laquelle il n'a pas résolu la classique rivalité œdipienne. Dans ce contexte surviennent les premiers symptômes de sa maladie, avec l'idée "que ce doit être une chose singulièrement belle d'être une femme en train de subir l'accouplement". Cette idée de transformation sexuelle paraît en rapport avec la nécessité vitale, mais inconsciente (et, si l'on veut, homosexuelle) d'altérer l'inacceptable et dangereuse ressemblance au modèle paternel ; il se disait donc promis à subir l'éviration. En fait, dans son délire, qui est une crise continue, il oscillera toujours entre la rivalité et la soumission. La rivalité impose la transformation des relations avec le père au profit d'un statut d'égalité qui met fin à une certaine dépendance soumise.
La soumission maintient l'être sous l'autorité et l'aile protectrice du père mais interdit évidemment l'accès au statut de personne adulte, ainsi qu'aux assignations professionnelles qui lui sont attachées. Cette idée de changement de sexe contient aussi une inversion dans le désir, un désir à l'envers. On notera surtout que si la position masculine le contraint, lui, en tant qu'homme, à un rapport imitatif avec le père (métaphore paternelle), La transformation en femme, autrement dit, l'option féminine, implique par nature, et culturellement, la prévalence d'un rapport de contiguïté avec l'homme. Cette solution trouve des échos dans les revendications de redéterminations sexuelles, fréquentes de nos jours. Elle situe l'antagonisme contigu/similaire, au coeur de la problématique schreberienne. La notion d'être "inverti" choque le patient, mais Schreber à trouvé là le seul moyen de continuer de vivre et, dit-il clairement et fort justement, il n'a de choix qu'entre cette transformation en femme et l'anéantissement.
Mais cette transformation ne peut être qu'un fantasme halluciné. On assiste alors à une régression psychique fortement ressentie et minutieusement décrite : retour au domicile maternel, perte de toute efficacité intellectuelle, dérobement de toute signification accessible à l'esprit.http://jean.morenon.fr - Page 39

http://jean.morenon.fr/PDF/Schreber.pdf

Portrait de Anonyme Prado24.09.2013

Tout le problème est de savoir: la transformation en femme est un phénomène spontané, n'impliquant que la relation au père ou implique-t-elle une identification à la mère? Le schéma I de Lacan,qu'il semble déduire de sa lecture des mémoires, dans lequel se dégrade le schéma RSI, semble bien indiquer une position particulière du signifiant M(A) dans la constitution du délire de Schreber. Être un travesti paranoïaque n'est pas la même chose que d'être simplement un travesti.

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