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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 13-14

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 10h50

Ecoutez l'émission 49 minutes

La paranoïa (4/4) : Shakespeare, quand le doute mène au crime 4

26.09.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Georges Claisse

 

François Laroque © Radio France

Dernier temps de notre semaine consacrée à la paranoïa. Après la théorie du complot avec Luc Boltanski, lundi, le cas Schreber, le président devenu femme avec Louis Prado de Oliveira, mardi, et Rousseau juge de Jean jacques avec Alain Grosrichard, hier, il est temps aujourd’hui d’arpenter le labyrinthe des personnages shakespeariens.

Et si le délire de Richard 3 et de Léontes était l’expression d’un doute radical et existentiel qui, faute d’avoir trouvé d’autres voies, conduisait aux cris et au crime ?

 

 

 

Références musicales:

- William Byrd, Fantaisie à 3

- Georges Delerue, Jalousie (BOF Le dernier métro)

- Juliette Gréco, Ta jalousie

- VerdiMacbeth (interprète: Maria Callas)

 

 

 

 

 

Extraits:

- Richard III, film de Laurence Olivier (1955)

- Conte d’hiver  (archive INA, troupe Comédie-Française en 1950)

- Looking for Richard, film d'Al Pacino (1996)

 

Lecture:

- Stanley CAVELL, Le déni de savoir dans six pièces de Shakespeare  (Seuil, 1987)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Spectacle:

- Macbeth, de William Shakespeare, mise en scène de Laurent Pelly au Théâtre des Amandiers du 13 septembre au 13 octobre.

 

 

 

 

 

"Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye : la paranoïa n'est-elle qu'un jeu de l'imagination ?  

Réponse avec notre comédien Georges Claisse pour qui jouer la paranoïa, chez Shakespeare, implique à la fois violence physique et lucidité sur cette folie. 

Lecture
 
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Invité(s) :
François Laroque, écrivain et professeur à l'Université Paris III - Sorbonne Nouvelle

Thème(s) : Idées| Philosophie| William Shakespeare

4 commentaires

Portrait de Anonyme Perrine Warnier27.09.2013

Madame,
Les auditeurs de votre émission vont avoir une bien piètre et historiquement fausse opinion de Richard III.
Je sais bien que votre émission traitait de la paranoïa dans la pièce ‘Richard III’ de Shakespeare et que vous n’animez pas une émission historique, je sais bien que votre invité François Laroque est un spécialiste de littérature britannique mais j’aurais quand même souhaité que les faits historiques ne soient pas si abondamment écornés !
J’attendais, j’espérais que vous préciseriez le contexte en évoquant honnêtement la grande partialité de la pièce. Tous vos auditeurs ne se souviennent pas obligatoirement que Shakespeare était un courtisan chez les Tudor et que ses pièces n’ont aucune véracité historique. Et il s’est vraiment surpassé avec sa pièce Richard III en noircissant sciemment – et durablement - la mémoire du dernier Plantagenêt. En fait, c’est tout le contraire qui s’est produit et vous sembliez être en parfait accord avec Shakespeare au mépris de la vérité historique car Richard III n’était en aucun cas le monstre que vous évoquez et c’est bien là ce qui me dérange.
Votre invité dit que le fils de Henry VI est mort de la main de Richard et il précise que ce n’est pas historiquement prouvé sans avoir l’air d’y croire. Le fils de Henry VI est mort au cours – où à la fin - de la bataille de Tewkesbury menée par Edouard IV et à laquelle participait Richard. Ce n’est quand même pas la même chose ! Votre invité mentionne bien que « Shakespeare lui (Richard) attribue tous les maux » et en reste là. Il aurait pu en une phrase rétablir la vérité.
Lorsque votre invité mentionne la découverte du squelette de Richard III, il a dit que la colonne vertébrale était déformée et qu’il était né bossu. Cela semblait pour lui être la preuve de sa monstruosité physique et psychique. C’est un peu rapide !
La colonne vertébrale est en effet déformée et Richard III souffrait d’une très forte scoliose (je vous prie de noter qu’une scoliose médicalement n’est pas une bosse !). Les experts pensent également que le cercueil dans lequel il a été déposé – assez rapidement après la défaite de Bosworth – était trop petit ce qui aura accentué la difformité au cours des siècles. De plus Richard Duc de Gloucester enfant, était de nature un peu trop frêle et a énormément pratiqué le tir à l’arc ce qui a eu pour effet de développer une épaule plus que l’autre (c’est ce qui arrive aux joueurs de tennis actuels et on ne les traite pas de monstres difformes !). D’autre part il a depuis été démontré que les portraits de Richard III ont tous été retouchés sous les Tudor en rapetissant les yeux et en exagérant une épaule pour lui donner l’air vicieux et difforme.
Je me permettrai donc de vous conseiller à vous et à votre invité de lire la biographie (qui fait autorité) de Richard III par Paul Murray Kendall et vous pourrez constater :
- Que Hastings et Buckingham ont abondamment comploté chacun à leur tour puisqu’ils convoitaient tous deux la couronne.
- Que Richard III n’a très certainement pas tué les enfants d’Edouard, d’autres avaient bien plus intérêts que lui à ce qu’ils disparaissent (Henry Tudor, sa mère Margaret Beaufort, Buckingham…). D’ailleurs Richard avait pris sous sa protection le fils de son frère George Duc de Clarence après l’exécution de ce dernier et ce fils aurait représenté pour lui également un danger puisqu’il venait avant lui dans l’ordre de succession au trône. (C’est Henry Tudor devenu Henry VII qui l’a fait exécuter).
- Que son frère le Duc de Clarence était un comploteur qui changeait de camp lorsqu’il pouvait en tirer bénéfice et que Richard est plusieurs fois intervenu en sa faveur auprès d’Edouard IV.
- Que Richard était un caractère loyal qui a travaillé à pacifier le nord de l’Angleterre pour son frère Edouard IV et qu’il était très apprécié dans ces contrées pour son engagement et la bonne gestion des affaires. D’ailleurs dans la province du Yorkshire, la réputation de Richard III n’est pas entachée.
- Que Richard et Anne Neville souhaitaient sincèrement se marier et que Richard a accepté de renoncer à l’héritage de Warwick sous la pression du Duc de Clarence qui avait épousé une autre fille de Warwick.
Etc, etc.
Je trouve donc que le choix du personnage de Richard III pour illustrer la paranoïa est assez malheureux alors qu’il est avéré que Richard III ne mérite en rien la réputation que Shakespeare lui a forgée et que sa réhabilitation est actuellement en cours. Mais visiblement les clichés ont la vie dure même auprès de personnes de radio (spécialement France Culture) et de professeur d’université auxquels on aurait plutôt tendance à accorder une certaine confiance ce qui est bien regrettable…
Avec mes meilleures salutations

Portrait de Anonyme François Laroque30.09.2013

Madame,

Merci pour votre long commentaire au sujet de cette émission. Vous avez raison de dire que Shakespeare, à la suite de la pièce de Thomas More, noircit considérablement le personnage historique de Richard de Gloucester.

Cela dit, comme vous l'avez bien compris, le débat ne portait pas sur les écarts entre fiction et réalité. Il s'agissait de théâtre et de la façon dont Shakespeare représente sur scène une forme aussi brillante que dangereuse de paranoïa.

Mais là où je vous donne raison, c'est qu'en évoquant la découverte récente du squelette de Richard III sous un parking de la ville de Leicester, j'ai pu à tort donner à croire que je confondais le personnage de Shakespeare avec le "vrai" Richard III... Si votre mise au point nous entraîne au-delà du sujet de l'émission, elle n'en n'est pas moins utile et fondée.

Portrait de Anonyme PMH26.09.2013

Platon était-il paranoïaque ? si, si, c'est une question sérieuse. Il considérait, sérieusement, que la pensée, l'idée, était la clef, et que l'impression n'était qu'une ombre. La raison, la vérité, etc. ont des vertus, mais "sentir", "éprouver", ce sont aussi des connaissances.
René Diatkine disait que les psychotiques sont des gens qui prennent les "choses" au sérieux.
Erreur de Platon ? il n'a pas été le seul à penser ainsi, je le sais.
erreur de Hegel ?
erreur de Marx ?
Tout le monde peut se tromper, mais, jusqu'où ?
Alors, Platon, parano ?

Portrait de Anonyme luroluro1426.09.2013

Comme tous les jeudis matins je ne pourrai vous écouter, mais le podcast me permettra de le faire en différé. Dans cette attente, je vous propose cette petite contribution sur le thème que vous allez développer. Merci d’en faire part aux fidèles auditeurs des NCC.

Macbeth de Shakespeare (1606) - La furieuse illusion du mal ? Une étude de Jean-Luc.
[EXTRAIT :
Après SON meurtre, Macbeth sursaute au moindre bruit. Il entend des voix accusatrices crier. Les taches de sang paraissent indélébiles au point que tous les océans ne pourraient effacer la trace de l’attentat. Cette hyperbole traduit d’abord l’emballement sensitif. Il souligne également un autre désordre plus profond, la marque infamante du forfait, sa manifestation universelle, son caractère inexpiable.
« Tout l’océan du grand Neptune arrivera-t-il à laver
Ce sang de ma main ? Non, c’est plutôt ma main
Qui rendra les multitudes marines incarnat ». (Acte 2, scène 2)
Rappelons aussi que dans la tradition biblique le sang est considéré comme porteur de « l’âme », c’est-à-dire de la vie. De ce fait il n’appartient qu’à Dieu, maître de toute existence. Il ne peut être versé que dans un sacrifice rituel juste. C’est pourquoi le meurtre est condamné car il répand injustement le sang. Macbeth, accablé par son péché, désespère, oublie l’offre de pardon rencontrée dans Isaïe 1 18 : « Si vos fautes sont rouges comme l’écarlate, elles deviendront blanches comme la neige. » Le mal enferme le coupable dans sa faute jusqu’à la folie, jusqu’au désespoir.
… Le déni de la réalité est une autre illusion psychique. Quand Macbeth ne peut affronter l’horreur du carnage, son épouse va se durcir par la négation de ses sentiments réactionnels. Il n’est pas anodin qu’à chaque fois elle emploie le terme de fou pour dénoncer celui qui se laisse envahir par ses émotions. « Pensée de fou, que dire : vue horrible. »
« On ne doit pas penser
De telle sorte sur de tels coups : cela rend fou. »
« Vous affaiblissez votre noble force à penser
Les choses, si hors de raison. » (Acte 2, scène 2)
C’est effectivement la désorganisation de la psychose qui va envahir son esprit rebelle. Nier la faute contre toute évidence, c’est perdre le sens.]
Lire l’étude complète sur : http://www.etudes-litteraires.com/macbeth.php#ixzz2fwXorPGK

OTHELLO ET LE SOUPÇON :
[Résumé d’un extrait de l’acte 3
Desdémone possède un mouchoir qui lui a été offert par Othello. Iago le récupère par l'intermédiaire de sa femme, Emilia, et dit à Othello qu'il l'a vu en possession de Cassio. Othello, de plus en plus soupçonneux, demande à sa femme de lui montrer le mouchoir, ce qu'elle ne peut évidemment pas faire. Il est dès lors convaincu d'avoir été trahi, au point de demander à Iago de tuer Cassio (chez qui Iago est allé déposer le mouchoir).]

Pour finir, pour les plus courageux, voici un texte intitulé « Trois carapaces autour d'un cœur en pleine confusion : étiologie et structure d'une paranoïa » dont l’auteur porte le pseudonyme Genévrier : http://jacques.lavau.perso.sfr.fr/paranoia.html
Bien à vous, L.R.

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