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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance│11-12

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Le monde avant sa fin 2/4 : le meilleur des mondes 18

07.02.2012 - 10:00

Adèle Van Reeth reçoit Paul Rateau à propos de la thématique du meilleur des mondes telle que l'a développée Leibniz.

 

 

Paul Rateau Ivy Paolantonacci©Radio France


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits :

- Israël Kamakawio'ole, reprise de la chanson de Harold Arlen et de E. Y. Harburg écrite pour Judy Garland, "Over the rainbow", que l'on trouve dans l'album "Facing future".

- Deleuze, Cours à Vincennes du 06 décembre 1983.

- Capra, La vie est belle (1946), avec James Stewart et Donna Reed. 

- Spielberg, Minority Report (2002), avec Tom Cruise, Kathryn Morris.

- Louis Armstrong, "What a wonderful world".

Lectures :

- Leibniz, Essais de Théodicée, paragraphe 9. 

- Dostoïevski, Les frères Karamazov, traduction K. Sanine, 2ème partie, livre V, chapitre IV.

 

Réalisation : François Caunac

Lecture des textes : Jean-Louis Jacopin

Invité(s) :
Paul Rateau, maître de Conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Thème(s) : Idées| Philosophie

18 commentaires

Portrait de Anonyme Voltaire09.02.2012

Dommage que personne, par snobisme sans doute, ne se soit fait le porte-parole de mon Candide ou de l'optimisme. J'aurai bien aimé savoir si ma caricature avait une pertinence critique. Que faire, éthiquement, d'une métaphysique qui explique que la guerre, l'esclavage, les tremblements de terre ne sont que l'ombre portée de la Gloire de Dieu ? Avais-je tort de la ridiculiser ?

Portrait de Anonyme A. Muller07.02.2012

Le « SCANDALE » du MAL contre le « MEILLEUR des mondes possibles » !?

Tout EXCES entraîne son EXCES inverse ! Si on prend au premier degré le « MEILLEUR des mondes possibles » de Leibniz et qu’on croit naïvement que Leibniz JUSTIFIE malgré lui le MAL dans sa « Théodicée », alors on justifie, malgré soi, le... PIRE des mondes possibles ! Car il y a une « LOGIQUE » du MAL et une « FACE CACHEE » de la REVOLTE qui RETOURNE le MAL et la REVOLTE en leur contraire ! C’est ce qu’a bien montré Nicolas Berdiaev à l’exemple du « NIHILISME RUSSE » ! Dans son ouvrage « Les sources et le sens du COMMU-NISME russe », il écrit à propos du révolutionnaire socialiste Bielinski : « La source de l’ATHEISME est la COMPASSION pour l’homme, l’IMPOSSIBILITE d’ad-mettre l’idée de Dieu en présence du MAL et de la SOUFFRANCE de la vie : il jaillit d’une effusion morale, de l’AMOUR de la JUSTICE et du bien ». (Nico-las Berdiaev, Chapitre II : "NIHILISME et SOCIALISME russes. - Bielinski; Tchernichevski; Dobroliouboff; Pissarev", p. 73). C’est là une « PSYCHOLOGIE RELIGIEUSE toute particulière »! : « par COMPASSION, par impossibilité d’ad-mettre la SOUFFRANCE, les Russes se firent ATHEES. Ils se firent athées, RE-FUSANT d’accepter un Créateur qui aurait engendré unMONDE MECHANT, imparfait et rempli de DOULEURS. Eux-mêmes étaient prêts à en créer un nouveau, dont l’INJUSTICE serait exclue »! (id., p. 76-77). Mais, comme "l'ENFER est pavé de BONNES intentions"!, c'est par une curieuse "DIALECTIQUE IDEOLOGIQUE" (que le romancier Dostoïevski avait visionnairement entrevue!) que, "porté à l’EXTRÊME dans le communisme,dans la NEGATION TRIOMPHANTE de DIEU" "cet HUMA-NITARISME (...) se changera en un INHUMANITARISME, selon un rythme [et une logique!] prévu par DOSTOÏEVSKI »! (id., p. 77). La (trop) grande générosité de l’HUMANISME ATHEE se retourne en « DRAME de l’HUMANISME ATHEE »!(titre d'un ouvrage de Henri de Lubac qui analyse, entre autres, le drame de l’ « athéisme » dostoïevskien !...). Cela dit, il y a effectivement un « SCANDA-LE » du MAL et on a RAISON de SE REVOLTER! Surtout quand le SUPRÊME « SCANDA-LE », c’est la SOUFFRANCE d’un ENFANT ! Car c’est alors la souffrance d’un INNOCENT ! : « Il y a quelque chose d’insupportable dans la souffrance d’un enfant. Cela vient de ce qu’a la DOULEUR se surajoute le SCANDALE de l'INJUS-TICE. Un enfant qui souffre n’est pas simplement un être humain éprouvé par la douleur. L’enfant qui souffre est totalement DESARMé face à la DOULEUR. Il est totalement ABANDONNé. Aussi comprend-on que l’on puisse conclure à cet instant que DIEU N’EXISTE PAS. Ce que André Comte-Sponville exprime fort bien, lui aussi, quand il écrit : « (...) Qu’est-ce que ce DIEU qui abandon-ne les gazelles au tigre et les ENFANTS au cancer ? ». (Bertrand Vergely, « Le SILENCE de Dieu face aux MALHEURS du monde », p. 142). Que le MAL est un SIGNE de « SCANDALE » et que c’est là sa « fonction » pour que l’homme ne baisse pas sa vigilance, cela Kierkegaard l’avait bien vu aussi ! Mais il ne faut pas se servir de ce « SCANDALE » pour, contre les excès d’une « théolo-gie CULPABILISANTE », justifier les excès d’une « athéologie VENGERESSE »!, et pour alimenter et nourrir les arguments intellectualistes fallacieux et démagogiques de celle-ci ! Car, - comme se le demande à juste titre le philo-sophe Bertrand Vergely -, « a-t-on le droit de se servir de la DOULEUR du monde pour en faire un SIGNE manifeste de l’INEXISTENCE de Dieu ? N’est-ce pas se servir du MALHEUR de la condition humaine à des fins PARTISANES et IDEOLOGIQUES ? N’est-ce pas, quand on le fait, MANQUER terriblement de PU-DEUR ? Quand l’humanité SOUFFRE, [ne devrait-on pas au contraire] avoir la DIGNITE de SE TAIRE, de faire cesser nos DISPUTES PHILOSOPHIQUES » !?...

Alain Muller

Portrait de Anonyme jpd00707.02.2012

Belle émission sur Leibniz. P. Rateau est clair et intéressant et Adèle van Reeth pose des questions intelligentes et...écoute les réponses.
Je trouve des similitudes entre Leibniz et Borges (les chemins qui bifurquent, la contingence c'est ce qui aurait pu se produire différemment, mais pour Borges tous les chemins sont possibles.

Pourquoi A. van Reeth n'organise pas une série sur le Dieu de Leibniz et de Spinoza avec bien sûr l'excellent professeur Rateau et un spécialiste aussi clair sur Spinoza.

Portrait de Anonyme VULPIN07.02.2012

Pensez-vous être capables de trouver pour vos émissions des illustrations musicales et autres, non issues du monde anglo-saxon et en particulier états-unien ? Toutes les cultures ne sont-elles pas les bienvenues ?
Excellente émission malgré tout.

Un auditeur quotidien de France culture depuis 1970.

Portrait de Geneviève Geneviève08.02.2012

Bonjour, merci pour votre message.

Les musiques diffusées au cours des émissions sont sélectionnées avec beaucoup de soin selon plusieurs critères (musicaux et thématiques) mais jamais en fonction de leur "culture" d'origine, comme vous le laissez entendre. Je ne souhaite pas que le choix des musiques soit effectué en fonction d'un tel critère d'ordre extra-musical.

Et si toutes les cultures sont les bienvenues, pourquoi la culture américaine ne le serait-elle pas ?

 

Merci pour votre écoute fidèle.

 

Bien cordialement,

 

AVR

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)07.02.2012

J'ai fait beaucoup de fautes et d'omissions dans mon précédent commentaire. Il n'en est pas moins lisibles et les éventuels lecteurs pourront rectifier d'eux-mêmes. Décidément, il est difficile de se corriger sur un écran ...
Pour me faire pardonner, je vous propose ci-dessous un petit complément (sans faute cette fois ci):

EXTRAIT d'un texte sur "le meilleurs des Mondes de Leibnitz" :

"Pour Leibniz, nous n’avons pas suffisamment conscience des micro événements qui nous affectent et nous déterminent. D’innombrables autres réactions sont en soi toujours possibles, mais pas dans la situation dans laquelle chacun à chaque instant se trouve. Mais, était-ce la meilleure ?

Il faut se garder ici de faire un contresens et de confondre d’une part le bien et le meilleur, d’autre part l’événement et la totalité du monde. Il ne faut pas comprendre par cette terrible phrase que chaque épisode est bon, ni même qu’il était le meilleur de notre point de vue. Non, seul l’ensemble, la totalité du réel, est le meilleur possible, c’est-à-dire peut-être seulement un peu moins mauvais qu’une autre totalité. Mais ce n’est pas chaque décision prise à part qui est bonne ou meilleure. En elle-même, c’est peut-être la pire de toutes."

Lien pour lire l'intégralité du texte : http://jchichegblancbrude.blog.lemonde.fr/2008/05/23/le-meilleur-des-mon...

Portrait de Anonyme jm rogier07.02.2012

Quelle jubilation, merci chère Adéle.
Et si Dieu n'existait pas ,ou plutôt pas encore.
"Le secret de Dieu , c'est que Dieu se crée."
Dans le temps Dieu ne serait pas encore.Dans l'eternité l'homme ne serait plus.

Portrait de Anonyme A. Muller07.02.2012

N’avons-nos pas, avec les temps qui courent, que le choix entre le « PESSI-MISME » irrationnel de Schopenhauer et l’ « OPTIMISME » rationnel de Leib-niz ?
Le « PESSIMISME ontologique » de Schopenhauer, en effet, « se situe à l’op-posé de la doctrine leibnizienne de « l’HARMONIE préétablie » du MONDE, har-monie qui porte mal son nom, puisqu’elle est, chez Leibniz, éminemment DYNA-MIQUE et AUTO-REGULATRICE ! (et non pas statique comme le préfixe « pré » et l’adjectif « établi » tendent à le faire croire !). « Tout comme Leibniz, Schopenhauer reconnaît au départ la minutie et la PERFECTION de l’organisa-tion phénoménale » ! Dans cette « HARMONIE », - et là Leibniz et Schopen-hauer sont d’accord ! -, PERFECTION et PLAISIR vont de pair ! Cette idée vient d’Aristote et, via Leibniz, est passée dans la... PHENOMENOLOGIE !*1 Il n’y a pas de perfection sans plaisir et il n’y a pas de plaisir sans per-fection ! C’est pourquoi, paradoxalement, la « BEAUTE », pour Leibniz, est « UTILE », « INTERESSEE » et « ECONOMIQUE » ! , Jusque-là, Schopenhauer et Leibniz sont d’accord ! et ils prêchent tous les deux une espèce d’IDEALIS-ME « UTILITARISTE »*2 (ou d’« utilitarisme » idéaliste !) ! ENERGIE (« ener-geia »), DYNAMISME (« dynamis ») et PERFECTION sont intimement liés et c’est ensemble, c’est leur SYNERGIE, qui produit l’HARMONIE ! L’un appelle cette SYN-ERGIE (- énergie et ergon ! -) « VOLONTE », l’autre l’appelle plutôt « APPETITIO » (ou « actuositas ») ! Mais là où Schopenhauer et Leibniz DIVER-GENT, c’est le SIGNE qu’il faut, dans l’ECONOMIE générale du MONDE, donner au « PLAISIR » : POSITIF ou NEGATIF !? Là où ils divergent, c’est dans l’éva-luation et le jugement du « BILAN », - l’ « ACTIF » et le « PASSIF » -, de cette « ECONOMIE » GLOBALE, bilan fait par l’homme à partir de son point de vue INDIVUEL et local (et donc partiel et PARTIAL ! : chacun de nous parle pour sa « PAROISSE » !), à partir de son « ECONOMIE » PSYCHIQUE individuelle subjective ! Le « PESSIMISTE » irrationnel de service affirme (avec un air de fausse évidence !) :« Toute explication du MONDE par le moyen du « Nous » d’Anaxagore, c'est-à-dire au moyen d’une VOLONTE ECLAIREE par la connais-sance appelle nécessairement pour excuse un OPTIMISME qu’elle expose et dé-fend ensuite, en dépit du témoignage criant d’un MONDE entier PLEIN de DOU-LEURS ». (Schopenhauer, « Le monde comme VOLONTE et représentation »). Le « MONDE » apparaît alors, non plus comme [chez Leibniz!] le "MEILLEUR", mais comme « le PIRE des MONDES possi-bles » ! C’est pas FAUX ! Mais c’est (préci-sément !) une question de « POINT de VUE » ! ou de « VISION du MONDE » ( !) (« WELTanschauung »). La VRAIE question, dès lors, qu’il faudrait se poser est plutôt : « Est-ce que le PLAISIR est NEGATIF ? ». Car « seule une âme profondément blessée qui se retire du contact avec le MONDE peut prononcer un tel BLASPHEME contre la VIE » ! Qu’est-ce que le PLAISIR, en effet, si-non « l’ACTIVITE HARMONIEUSE de nos INSTINCTS » ? Comment alors le PLAISIR pourrait-il être NEGATIF » !? Il ne peut l’être que dans le cas où « notre ATTITUDE fondamentale est plus un REPLI frileux sur NOUS-MÊMES qu’une ouver-ture chaleureuse à l’autre » ! La « véritable tâche de l’intellect et de la philosophie » ne consisterait alors, non pas [comme chez Schopenhauer !] dans la « NEGATION de la VOLONTE », mais [comme chez Leibniz !] dans la « CO-ORDINATION des DESIRS en une volonté UNITAIRE et HARMONIEUSE ? ». Et tout le reste n’est que de la... PHILOSO-PHIE pour alimenter le DEBAT !, le « dé-bat » démocratique qui part du principe que le « BIEN » et le « MAL » ce ne sont que des préjugés individuels et culturels !*3 ...

Alain Muller

*3 C’est, au contraire, A PARTIR de là !, - de l’idée POSITIVE d’un PLAISIR HARMONIEUX ! -, qu’on peut affirmer, comme Spinoza, que « le « BIEN » et le « MAL » ne sont que des concepts subjectifs, de simples préjugés hu-mains », car si nous disons cela, nous le disons « non pas en JUGEANT le MONDE à partir d’un point de vue « NON IMPARTIAL », mais à partir du point de vue de réelles SOUFFRANCES et BESOINS humains » qui nous oblige à CONFRON-TER la philosophie à la REALITE la plus CRUE, à la réalité PURE et DURE du MAL !, et qui rappelle et met devant le nez de la pensée son DEVOIR d’ADOU-CIR la MISERE HUMAINE » ! L’un n’empêche pas l’autre !, contrairement à ce que prétendent nos DEMAGOGUES de tout poil de singulière MAUVAISE FOI ! (peut-on faire une BONNE et grande politique avec une grande dose de MAU-VAISE foi ?...).

*1 « Husserl fait une critique de l’analyse de l’ATTENTION par Carl Stumpf (...). Or, dans sa « Tonpsychologie » [« Psychologie des SONS »] (1883), Stumpf décrit l’ATTENTION comme l’éveil d’un INTERÊT et comme étant étroite-ment liée au PLAISIR (« Lust ») et aux sentiments (« Gefühle »). L’ACTIVITE qui consiste à S’APERCEVOIR de ce qui nous entoure est liée à un PLAISIR ini-tial, et les objets non remarqués ne sont par conséquent pas l’objet de plai-sir (« Unlust ») ... ». (Natalie Depraz, « ATTENTIONNALITE et intentionnali-té : l’ATTENTION comme « MODULATION » », in « Husserl » (sous la direction de Jocelyn Benoist), p. 243-244).

*2 « [Entre la pensée et l’étendue sans commune mesure] un LIEN est là pour-tant, les « ESPRITS ANIMAUX », agissant sur la glande pinéale. Les impres-sions sensibles, mécaniquement TRANSMISES, sont autant d’AVERTISSEMENTS PRO-VIDENTIELS, à l’esprit de ce qui est UTILE ou nuisible à ses fins et à son essence, lesquelles sont PERFECTION et CLARTE. Les impressions UTILES sont ressenties comme JOIES, les nuisibles, comme douleurs. Ce schéma donné, il ne pouvait plus s’agir, entre les différents systèmes, QUE DE MODALITES, dans la fonction encore OBSCURE du DYNAMISME TRANSMETTEUR. Aussi Spinoza allait-il introduire, entre autres différences, le DYNAMISME [transmetteur] du « DESIR ». Pour Leibnitz, dont la pensée s’était formée dans la discipli-ne (...) des observations ASTRONOMIQUES et d’une vision fondamentale du MOU-VEMENT, ce DYNAMISME devait prendre une importance exceptionnelle. L’ « APPE-TITIO », ressort ACTIF de la monade, la pousse à de NOUVELLES SENSATIONS (...) : tout PLAISUR témoignant que nous DEGAGEONS de l’existence PASSIVE et avançons d’un degré VERS LE MIEUX. Au bout de la chaîne, un PLAISIR PARFAIT, transcendant, « lumineux » : celui de l’ESPRIT, contemplant et aimant EN SOI l’UNIVERSELLE HARMONIE... ».
C’est pourquoi « le concept même de CONNAISSANCE se révèle, à l’intérieur de la tautologie rationaliste, comme d’essence avant tout UTILITAIRE. La sen-sation est une indication d’ordre PRATIQUE à l’égard de notre PERFECTION ». Cela même Descartes l’a dit ! : « Descartes se trouve ainsi beaucoup moins éloigné qu’il ne croit des constantes THEOLOGIQUES : et le siècle avec lui » Et c’est aussi pourquoi Leibniz, « l’homme du DYNAMISME, l’homme de la vi-sion mécanique [et dynamique !] du MONDE, « n’a pas poussé le PROBLEME MU-SICAL au-delà de ses considérations NUMERALES » ! C’est uniquement « parce que l’ART, pour lui, est moins révélateur métaphysique que POURVOYEUR de PLAISIR ; de PLAISIR MORALISATEUR ». C’est pourquoi si « le siècle fera faci-lement fi de la catégorie RATIONNELLE », il « ne se débarrassera pas si vite de la catégorie MORALE » ! Or, c’est là que réside tout le MALENTENDU (de l’art CONTEMPORAIN et aussi de l’OPPOSITION, au 18e siècle, entre l’esthéti-que (et musique) FRANCAISE et l’esthétique (et musique ALLEMANDE ! : « Tout le MALENTENDU de l’ESTHETIQUE CONTEMPORAINE est contenu là-dedans » !, en particulier le MALENTENDU sur l’ « ESTHETIQUE » LEIBNIZIENNE, dont l’IDEALIS-ME « UTILITARISTE » est au-delà de toute caricature !...

Alain Muller

Bibliographie

Henri Arvon, « La philosophie allemande ». (p. 25-26).
Will Durant, « Les grands penseurs » (« Die grossen Denker ») (traduit de l’américain). (p. 325-328).
Marcel Beaufils, « Comment l’Allemagne est devenue MUSICIENNE » (pp. 98-99).
Natalie Depraz, « Attentionnalité et intentionnalité : l’ATTENTION comme « MODULATION » », in « Husserl » (sous la direction de Jocelyn Benoist), pp. 243-244).

Portrait de Louis.Hossin Louis.Hossin07.02.2012

Avez-vous une difficulté pour publier le lien qui nous permettra de podcaster cette émission ?

Portrait de Geneviève Geneviève07.02.2012

Cher auditeur,

 

Merci d'avoir signalé ce problème. Nous vous préviendrons dès qu'il sera résolu.

 

Bonne écoute !

Portrait de Louis.Hossin Louis.Hossin07.02.2012

J'aime beaucoup vos commentaires !

On tourne en rond ...
Hier, on se demandait ce que le mot CAUSE pouvait dire avant que le monde existe ...

Aujourd'hui, nous nous demandons si des "critères", une "morale" peut préexister au monde.

Il existe tout un tas de questions absurdes comme celles-là.
Qui a crée la souffrance ?
Les lois ont-elles elles-mêmes des lois ?
D'où viennent les constantes de l'Univers ?
J'étais où il y a 10 milliards d'année ? (dans le coeur de Dieu !!!!)

Face à cela, nous ne pouvons pas nous contenter de notre incompréhension et nous voulons absolument habiller ce "je ne sais pas".
Beaucoup l'appelle Dieu !

Il y a un fort intérêt à la démarche scientifique ou philosophique, c'est qu'elle nous éclaire nos "impasses" pourvu que nous acceptions de voir l'absurdité à laquelle les raisonnements nous mènent.
Vous en avez cités quelques uns.
Toutes les guerres, les atrocités sont des croisades vident le sens qui les avaient crées. L'inquisition qui tuait au nom de l'Amour du Christ vidait le Christ de son amour. Mr Bush attaquant l'Irak au nom du Bien a vidé le Bien du Bien. Leibnitz en parlant du meilleur des mondes vide le monde de ce meilleur ...

Le meilleur pour moi n'est pas de parler du possible ou de le comparer à toute potentialité, le meilleur c'est d'accepter ce qui est pour ce qu'il est et de ce limiter à cette compréhension des choses. Être philosophe !

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)07.02.2012

Cette émission était d’autant plus remarquable pour moi que Leibnitz est l'un des philosophes que je préfère..

Quelques phrases de votre dialogue ont particulièrement retenu mon attention.
Je crois utile de fixer par écrit vos paroles (pas toujours mots à mots mais en respectant l’esprit) même s'il est possible de réécouter et de podcaster l'émission. Je le fais dans un ordre non chronologique et je mets vos propos entre guillemets :

« Leibnitz essaie de comprendre ce qui a déterminé Dieu à créer ce Monde plutôt qu’un autre :
- Soit tous les mondes possibles sont égaux en perfection
- Soit il y a une différence entre ces mondes et l’on peut en concevoir toujours un plus parfait qu’un autre. Mais alors Dieu aurait pu créer un monde plus parfait
- Soit un choix est réellement possible le Monde est le plus approprié à la fin que Dieu se donne
Cela n’implique pas que tous les moments soient les plus parfaits. Il suffit qu’il y ait une Harmonie générale entre les éléments hétérogènes soit la plus belle»

La théodicée de Leibnitz n’est pas une simple justification de Dieu comme le souligne le sous titre « La liberté de l’homme et l’origine du mal ».

« L’homme est l’instrument libre qui va permettre à ce monde de progresser vers davantage de perfection ».
« Un monde sans mal serait pire qu’un monde sans mal, car ce serait un monde sans liberté ».
« Enlever le moindre mal, c’est changer le monde ».
Le meilleur n’est pas le bien ».
« Le meilleur est une affaire non pas de quantité de bien mais de qualité ».
« L’harmonie générale articule des choses hétérogènes. Elle inclut des degrés de perfection variée des créatures qui offrent des possibilités de progresser dans e bonheur. »
« Bien + Bien n’implique pas le meilleur
Bien + Mal permet le Meilleur ».
Le mal n’est pas pour autant justifié.
Voltaire a caricaturé Leibnitz en lui prêtant cette affirmation : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ».
« Leibnitz était très au fait des malheurs de ses contemporains. Mais il considérait que l’on ne pouvait juger de l’ensemble à partir d’un point de vue particulier. »
« L’Univers est tout d’une pièce comme un océan, le moindre événement a une répercussion sur le Tout » (effet papillon).
.
Dans les Frères Karamazof, Yvan déclare : « La mère n’embrasse pas le bourreau qui a tué ses enfants dévorés par les chiens, elle n’a pas le droit de pardonner ».
La question qui est posée ici est « Comment justifier la souffrance d’un enfant ? Elle s’inscrit dans un principe moral pour le bien de tous ».
« Leibnitz ne justifie pas le mal, il innocente Dieu de ce mal. »
« O peut pense que le mal peut être expliqué, il est le fait de l’homme et non de Dieu. Un Caligula ou un Néron ont pu faire plus de mal qu’un tremblement de terre. »
« Je ne connais pas la raison d’un mal particulier qui entre dans l’harmonie générale. Mais le mal n’est pas pour autant justifié.».
« En fait l’homme peut changer. Le meilleur des mondes possibles est l’ensemble de tous les temps et de tous les lieux. Il est à faire. »
« Il ne s’agit pas d’attendre comme un sophiste paresseux ».
Le meilleurs monde possible n’advient pas si l’on ne fait pas ce qu’il faut à notre niveau pur qu’il y ait le moins de mal possible. »

J’ajouterai qu’un mal peut cacher un bien. Par exemple, un homme peut souffrir de s’être cassé la jambe en glissant sur une peau de banane et en vouloir à celui qui l’a jetée sans savoir que si cela n’était pas arrivé, il se serait fait écrasé au prochain parcours.
Il est vrai que l’on eut aussi penser qu’une personne qui aurait assassiné Hitler aurait grandement rendu service à l’humanité, et cela n’est pas arrivé …
Un bien peut aussi cacher un mal. .La destinée de l’homme et des Mondes est donc très complexe et nécessite d’être à a plus haute des cimes pour la comprendre d’un regard, certainement celui de Dieu.

Portrait de Anonyme Lestrade07.02.2012

On a du mal à comprendre ce raisonnement en boucle: notre monde est bien "le meilleur" puisque Dieu l'a choisi; et Dieu l'a bien choisi puisqu'il existe. Rembobinons: notre monde existe parce que Dieu l'a choisi, et il l'a choisi parce qu'il est "le meilleur". Le raisonnement est fondé, entre autres, sur l'idée que le monde dont nous faisons l'expérience "existe", les autres étant seulement "possibles"; mais savons-nous ce que nous disons en parlant ainsi? Pour en revenir à la cosmologie, savons-nous si tous ces mondes différents du nôtre n'"existent" pas quelque part? Tout ce dont nous sommes sûrs, c'est que celui que nous connaissons est celui où nous sommes, et la seule qualité de ce monde particulier dont nous sommes sûrs, c'est qu'il réunit les conditions qui permettent notre existence. Perfection très relative peut-être, et en tout cas pas de quoi le proclamer avec assurance "le meilleur".
Caligula et Néron font plus de morts que les tremblements de terre? Mais la question de savoir si les souffrances proviennent plus ou moins de phénomènes naturels ou de l'action délibérée des hommes est très incertaine, et pour leurs victimes, les Caligula et Néron ne sont-ils pas exactement comme des tsunamis? Etait-il de la liberté de Caligula d'être moins fou? Et d'ailleurs, qu'importe? La seule chose qui compte, mais elle concerne autant les phénomènes naturels que les actions humaines, c'est que les hommes peuvent, par leur action délibérée, réduire quelque peu la somme des souffrances. Est-ce ainsi qu'il faut comprendre la réponse que fit Rousseau à Voltaire sur le tremblement de terre de Lisbonne? En tout cas l'idée "C'est pas la faute de Dieu" me paraît, peu convaincante? peu intéressante? peut-être simplement vaine.

Portrait de Louis.Hossin Louis.Hossin07.02.2012

Un petit clin d'oeil !
Vous avez transformé un acteur américain en prince écossais.
Il s'agit bien de James Stewart et non de Mr Stuart !

Quel plaisir de vous entendre ...

Leibnitz au même titre que tous les hommes brillants de cette époque m'a toujours fasciné. Encyclopédistes fabuleux qui pouvaient faire le tour de tous les savoirs. Cela leur donnait un équilibre et une forme de justesse de vue dont nous profitons toujours. Bien sûr, cette belle clarté a bien du mal à résister à l'explosion du savoir actuel. Mais, c'est si bien de revenir à des choses compréhensibles. Le langage d'aujourd'hui est si complexe ...

Par ailleurs, n'hésitez à prolonger sur cette page :

http://www.facebook.com/pages/Les-Nouveaux-Chemins-De-La-Connaissance/21...

Portrait de Louis.Hossin Louis.Hossin07.02.2012

Un petit clin d'oeil !
Vous avez transformé un acteur américain en prince écossais.
Il s'agit bien de James Stewart et non de Mr Stuart !

Quel plaisir de vous entendre ...

Leibnitz au même titre que tous les hommes brillants de cette époque m'a toujours fasciné. Encyclopédistes fabuleux qui pouvaient faire le tour de tous les savoirs. Cela leur donnait un équilibre et une forme de justesse de vue dont nous profitons toujours. Bien sûr, cette belle clarté a bien du mal à résister à l'explosion du savoir actuel. Mais, c'est si bien de revenir à des choses compréhensibles. Le langage d'aujourd'hui est si complexe ...

Par ailleurs, n'hésitez à prolonger sur cette page :

http://www.facebook.com/pages/Les-Nouveaux-Chemins-De-La-Connaissance/21...

Portrait de Geneviève Geneviève07.02.2012

Cher auditeur,

 

Merci beaucoup pour votre rectification.

Bonne écoute !

 

Portrait de Anonyme Jeanne R.07.02.2012

Non, le meilleur des mondes est celui que l'on rêve, parce que dans le rêve tout est possible, Dieu merci !

Pour le meilleur et pour le pire, tous "les possibles" sont en nous et non au-dehors.

En esprit : Dieu est parfait. En réalité : le Monde est imparfait ; c'est preuve que le péché est humain.

On n'existe bien que par rapport aux autres (clin d’œil aussi à Capra qui s'en réfère à Dieu dans "La vie est belle").

Et pour finir, Dixit Gilles Deleuze dès l'ouverture de l'émission : "...Un monde réel, trop réel, avec des rêves...". N'est-ce pas là antinomique ?
Jeanne R.

Portrait de Anonyme Jeanne R.07.02.2012

Le meilleur des mondes serait-il à venir ?
Jeanne R.