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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Le vivant (1/4) : Dans la peau des animaux 13

01.04.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

 

 

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures: Sophie Bourel

 

L’homme est vivant, et partout il se désanimalise. Dès que nous tentons de nous situer dans l’ordre des vivants, nous nous exceptons spontanément de toute animalité, posant d’un côté le genre des humains, de l’autre le genre des animaux. De même qu’un chèvre des montagnes rocheuses diviserait les vivants entre les chèvres des montagnes rocheuses et tous les autres, ou que le Grec renvoie tous ceux qui ne sont pas Grecs sous le nom de Barbares, celui qui classe, parce qu’il est celui qui classe, comme plus généralement celui qui parle, parce qu’il est celui qui parle, tombe sous le coup d’une inévitable autovénération.

 

Il ne suffit pas d’avoir un cœur pour être en vie, en atteste l’éclosion printanière des bourgeons chaque année, qui rappelle que l’organisme n’est qu’une condition parmi d’autres de ce que l’on nomme le vivant. Or une jonquille est-elle vivante au même titre que l’est la girafe ? et celle-ci, au même titre que l’est l’être humain ? Doit-on en venir à dire que tout ce qui est en vie n’est pas nécessairement vivant ? C’est la délicate question du zombie, ou du mort-vivant, qui, elle aussi, à son importance, on verra ça mercredi.

Le vivant est certes un simple terme qui découpe artificiellement une catégorie au sein du monde, mais les catégories, comme l’a montré Aristote, sont loin d’être purement grammaticales: derrière les querelles de chapelle et de vocabulaire se trame toute la conception que l’homme se fait de la nature et de sa place au sein de celle-ci.

 

Tout de suite, place à la bête que nous sommes tous, réflexion sur l’animalité, en compagnie d’Etienne Bimbenet. 

 

 

Etienne Bimbenet et Alexis Anne-Braun © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Big Bang Theory, Saison 3 Episode 3 (sitcom américaine créée par Chuck Lorre et Bill Prady).
Expérience de Wolfang Köhler sur les singes. Archive INA, Université radiophonique internationale, 1953
Planète des Singes

J.M. Coetzee, Elisabeth Costello, Seuil, 2004 traduit par Catherine Lauga du Plessis, p.108

Philip Glass, La course sur l'eau des grèbes
Ennio Morricone, Animaletti
Camille Saint-Saens, Le carnaval des animaux, Le cygne

Pink Floyd, Several species of small furry animals
Juliette Gréco, Un petit poisson un petit oiseau
 
 

Invité(s) :
Etienne Bimbenet, philosophe, maître de conférences à l'Université Jean Moulin Lyon III

Thème(s) : Idées| Philosophie

13 commentaires

Portrait de Anonyme Kercoz04.04.2013

Bonjour .
Tres curieux, la façon dont vous vous posez la question du "droit" des animaux ou du "vivant" ....celà rejoint les problèmes de la "tolérance" a l' altérité.
Encore une fois la philosophie a l' arrogance d ' ignorer les avancées de l' ethologie et de la sociologie .
Non seulement l' espece humaine se dé-nature en sortant de la complexité ( et de ses equilibres), de sa Boucle Trophique ....ce qui a terme la condamne de toute évidence( avant terme pour des raisons d'entropie)......,mais elle induit d ' énormes dégats collatéraux sur les boucles trophiques voisines et voudrait remplacer les equilibres naturels par des rétroactions semblables a celle qui ont échouées chez nous !!

Pour l' animal , il est interessant de relire l' "AGRESSION" de K.Lorenz ou l'"" homme ds le fleuve du Vivant""" du meme. Lorenz apres avoir longuement démontré qu'il n' y a pas de difference de qualité ds le domaine comportemental entre l' animal et l' humain , mais une difference de quantité , ...s'aperçoit qu'il vient de démontrer que le comportement des animaux sociaux "EST" de la morale...il se trouve obligé d ' ajouter un chapitre pour affirmer qu' il n' en est rien , et que si ça a la couleur , le gout et la forme de la morale , seule la notre provient d' une autre origine ...

Portrait de Anonyme CAPITAINE LURBE02.04.2013

Pour les animaux, c'est Dachaü tous les jours, et nous fermons les yeux, par lâcheté et indifférence à une souffrance qui n'est pas nôtre...
C'est nier ce fait d'atrocités quotidiennes qui est criminel, et combien de déportés l'ont pensé après avoir survécu à la "banalité du Mal"...
La souffrance ne se divise pas, apparemment notre lucidité oui...

Portrait de Anonyme Anonyme01.04.2013

Je ne sais pas ce qui nous différencie profondément du reste du monde animal (le langage uniquement ?), mais cela a eu pour conséquence notre capacité entant qu'espèce à accumuler des connaissances, via la transmission directe (orale, écrite etc...) et via la persistance de notre monde matériel (nos outils, nos constructions etc...) qui est par définition adapté à notre façon de penser. Or, le cerveau de l'homo sapiens a peu évolué. Quels résultats pourrait-on attendre de l'éducation d'un chimpanzé actuel, par des chimpanzés « savants », dans un monde matériel construit par ces mêmes super-chimpanzés, quoique biologiquement identiques ?
Bien sûr, on a déjà essayé d'éduquer des primates à vivre dans notre monde, mais l'expérience est selon moi très différente.

Portrait de Anonyme philippe01.04.2013

Évoquer la shoah en ce qui concerne le traitement des animaux domestiques est une obscénité et une ignominie insupportable qui disqualifie tous ceux qui s'en rendent coupables

Portrait de Anonyme gabriel03.04.2013

Ah bon,insignifiant petit humain, qui a une très haute idée de lui-même.

Portrait de Anonyme CGQ01.04.2013

Très grand merci pour le choix du thème des Nouveaux Chemins de cette semaine et pour la défense intelligente de la cause animale développée ce matin. Trop peu de voix sont entendues sur ce sujet. Nous ne pouvons que nous rallier à ces réflexions. Je vais lire "L'animal que je ne suis plus".

Portrait de Anonyme philippe01.04.2013

L'animal n'a ni droits, ni devoirs. Son sort est déterminé par l'écologie: herbivore, il sert de nourriture aux carnivores, prédateur, il peut être tué par plus fort que lui; il n'y a la ni bien ni mal, ni justice ni pitié. Ensuite entre les animaux apparut l'homme, pourvu d'un cortex cervical. Ce cerveau lui permit de gagner la compétition évolutionniste par la Techne. Il a ainsi obtenu le droit imprescriptible d'utiliser la planète pour son confort et son plaisir. D'autre part, ce cerveau le rend capable de se projeter dans la peau d'un être autre, et de comprendre ses souffrances. Cette empathie lui impose l'obligation absolue de tout faire pour diminuer la souffrance des animaux qu'il utilise. Cette souffrance ne concerne que les mammifères; les autres animaux ne semblent pas équipés pour ressentir douleur ou peur(cf rapport de l'INRA sur la douleur chez les animaux d'élevage). Alors, bon foie gras, Adèle.

Portrait de Anonyme anonyme03.04.2013

Cher Monsieur, je suis médecin et je pense que vous vous êtes trompé, il s'agit d'un cortex cérébral et non cervical, l'empathie (si souvent absente dans notre espèce primate) est démontrée chez l'animal non humain ; quant aux idées de Malebranche, battues en brèche par la seule observation dont nous sommes capables, ou la physiologie élémentaire, il est temps que vous les oubliiez, et l'émission de ce jour est là pour ça...

Portrait de Anonyme PMH01.04.2013

Très intéressant débat sur le vivant, les animaux et nos classifications. Toute tentative d'acquisition de savoir, toute tentative de connaissance passe-par ou
aboutit-à la question de l'être (Ferdinand Gonseth).1/ l'être de "l'animal" est-il différent de l'être de "l'homme" ? 2/ variante: en quoi "l'homme" est-il un "animal" différent des autres ? 3/ L'accès à la véridicité des savoirs est-il un critère de différenciation entre "l'homme" et "l'animal" ? 4/ La "réalité" est-elle une hypothèse ? 5/ variante : la possibilité de l'accès au "réel" est-elle une hypothèse ? Certaines de ces questions (il y en a bien sûr bien d'autres encore) ont été approchées dans le débat d'aujourd'hui, et seront probablement reprises dans les débats suivants. Je n'ai pas lu l'ouvrage d'Etienne Bimbenet, je me propose de m'y employer. Merci. Beaucoup. Philogno

Portrait de phil phil01.04.2013

bonjour,

Merci pour cette émission qui me plaît et me questionne à différents niveaux. Une question me vient:
Vous parlez de l'animal, de notre empathie. Faites vous des différences entre les animaux? traitez d'un même point de vue tous types d'animaux qu'ils soient mammifères ou insectes?
Et à quelle endroit se situe la frontière entre tout organisme vivant qu'il soit végétale, minéral ou animal?
L'empathie ne se fait-elle qu'avec certains organismes vivants et lesquelles?
Cordialement

Philippe Pannier

Portrait de Anonyme Puck01.04.2013

l'important ne sont pas les réponses, l'important n'est pas de trouver une vérité, l'important est de se poser des questions, sur les animaux et tous les êtres et objets vivants et non vivants, de l'étoile la plus éloignée jusqu'au poisson vivant dans les eaux les plus profondes, pour les transformer en objet de culture.
un "umwelt" culturel illimité.
Heidegger à son habitude s'est encore mis le doigt dans l'oeil : en faisant entrer par la culture tous ces êtres et objets nus supprimons les frontières en eux et nous, ils appartiennent à notre monde, la seule étrangeté qui soit extérieure est Dieu et les divinités, ils ne vivent pas dans notre monde.

Un monde où tout devient culture est un monde sans culture.
Un monde où tout devient objet de connaissance est un monde sans connaissance.
Ce monde sans autres et sans ailleurs est un monde où nul individu, humain ou non humain, n'est là.

Les sciences, les sciences humaines, et les activités bavardes produisant des discours comme les journalistes, les écrivains et les philosophes, en faisant ce monde un objet de connaissance suppriment les altérités, ils produisent un monde à venir où l'homme ne sera plus séparé de son monde, un monde inclusif, monstrueux dans sa capacité de réduire à l'état d'objet de savoir chaque objet huain ou non humain, un monde d'ingestion, un monde où n'est que culture, un monde où l'homme sera lui-même englouti dans son monde.

Portrait de Anonyme Alain M. 01.04.2013

Si on veut passer des DROITS de l’HOMME aux DROITS de l’ANIMAL, il faut arrê-ter de définir l’homme comme un « animal RATIONNEL » !
Il faut arrêter de se contenter de DROITS de l’homme... RATIONNEL !
L’homme n’est pas un « animal RATIONNEL », mais un animal SENSIBLE !
La différence entre l’animal et l’homme n’est pas de nature mais de DEGRE ! L’homme est un ANIMAL sensible PLUS SENSIBLE que l’animal, ou, mieux, l’hom-me est un animal SENSIBLE... REFLECHI!, ou, encore mieux, l'homme est un ani-mal sensible réfléchi...PLUS REFLECHI que l’animal ! Donc l’animal est un homme sensible réfléchi MOINS REFLECHI que l’homme !...

Portrait de Anonyme Alain Bidron01.04.2013

Tchouang Tseu se promenant avec son ami au bord du lac :

" - Regardes comme ces poissons sont heureux dans l'eau.
- comment sais-tu qu'ils sont heureux? Tu n'est pas poisson.
- Comment sais-tu que je ne le sais pas? Tu n'est pas Tchouang Tseu."

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