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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Le vivant (3/4) : Walking Dead ou la philosophie des morts-vivants 5

03.04.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

 

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures: Sophie Bourel

 

Sommes-nous sûrs d’être bien vivants ?  Le sang circule, les doigts se plient sur commande, je digère ce que j’ingurgite, lorsque je me pince, j’ai mal…Vivant, ça oui, puisque mobile, puisque capable de ressentir de la douleur… Mais le vivant n’est pas le propre de l’homme. Nous l’avons vu avant-hier, le vivant est une catégorie forgée par l’homme mais qui le dépasse largement. Nous l’avons vu hier, le terme vivant ne désigne pas seulement ce qui est doué de matière en mouvement, d’un organisme, mais implique aussi, dans le cas de l’homme, la présence d’une conscience, d’une liberté qui nous met en quête de donner un sens à ce qui pourrait n’être qu’agitation physique. Alors que signifie être un homme vivant ? Ou plutôt, quel degré de liberté l’homme peut-il prendre à l’égard de son statut d’être vivant ?

La pensée se réduit-elle à une activité neuronale ? Cette liberté de choisir, de juger, qui le soustrait au règne déterministe, l’autorise-t-il pour autant à prendre la décision d’arrêter de vivre, par exemple ? L’homme ne se contente pas d’être vivant, il veut bien vivre, au sens esthétique comme au sens moral du terme. C’est pourquoi il réfléchit aux conditions dans lesquelles il souhaite vivre, c’est pourquoi il n’est pas simplement un être vivant, mais une personne vivante. Et c’est parfois en se regardant dans un miroir déformant que nous nous rapprochons de la vérité sur nous-mêmes.  Miroir : un être en vie. Déformant : un être aussi bien mort que vivant. Bienvenue dans l’univers de The Walking dead

 

Thierry Hoquet MC © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réréfences musicales:

- John Murphy, BOF 28 semaines plus tard

- Bear McCreary,  BO de The walking dead

- Johnny Cash, I see a darkness

- Philippe Katerine, Mort-vivant

 

 

 

 

 

Invité(s) :
Thierry Hoquet, maître de Conférences à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Thème(s) : Idées| Philosophie

Document(s)

5 commentaires

Portrait de Anonyme Anne de Poitiers04.04.2013

moi j'adore les séries et Thierry Hoquet !!
pourquoi ne pas en parler sur France Culture, les décortiquer! tout le monde en regarde des séries et les intellectuels et les chercheurs s'en emparent, c'est bien !!
l'élitisme n'a pas cours et c'est ridicule (pour répondre au premier mail)
c'était un régal!!
merci

Portrait de Anonyme Sam Suffit03.04.2013

Un peu énervant, cette dévotion pour les séries. Il y a sûrement autant d'idées philosophiques à extraire des films de Georges Romero.

Portrait de Anonyme kovalski03.04.2013

Cette émission d’Adèle Van Reeth est formidable (comme très souvent), car évoquer cette série “The Walking Dead” pour interroger le vivant interpelle autant l’auditeur des nouveaux chemins de la connaissance que le spectateur de la série. Au-delà de la survie d’un groupe en milieu hostile, c’est bien plutôt l’être vivant confronté en permanence à sa mort potentielle, à sa propre déshumanisation, réduite à un corps errant d’animal affamé et carnivore qui fait tout l’intérêt de cette saga proprement existentielle (au sens de la nausée Sartrienne). Dés lors, il ne s’agit plus de survivre pour survivre, mais de tout faire pour échapper à ça, à ce devenir monstrueux du mort-vivant, ce reflet altéré, si réel et si terrifiant de nous-même. La mort n'est plus un échappatoire, elle n’est que la perpétuation d’une vie sans conscience, et dont la seule issue consiste pour le survivant à bousiller méthodiquement la cervelle d’autrui. Et ça passe par l’anéantissement du visage humain, celui d’un proche, d’une mère ou d’une fille.
Bref, on l’aura compris, les enjeux de cette fiction dépasse de loin les questions bassement sociales que pose l’invité largement hors sujet. Reprocher un fonctionnement tribal, patriarcal voire machiste du groupe, c’est ne pas voir précisément que les mâles supposés dominants (Rick, mais aussi le gouverneur dans la saison 3) perdent la tête, au bénéfice de femmes plus philosophes qui, elles, la gardent sur les épaules...
Il faut refaire une émission avec Jean-Baptiste Thoret, contributeur éclairé de la “Politique des zombies” .

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)03.04.2013

« Quid quaerit vivens nisi vivere » (« Que recherche le vivant sinon de vivre ?») Nicolas de Cuse.
Si l’on n’agit pas selon la vérité de notre être, il demeurera une béance dans le cosmos, un trou dans l’univers entier, et cela pour toujours. Il restera à jamais un vide, quelque chose de non accompli, de « non fait ». Ce trou c’est l’enfer qui est cette possibilité tout à fait réelle qui est nôtre de ne pas naître à la vraie vie et de devenir, dès cette vie, des morts vivants.
Le monde clos dont vous avez parlé est une sphère fermée dont le centre n’a reçu aucune lumière susceptible d’éclairer l’intérieur de la sphère. Tout y est donc « enfer-mé » dans l’obscurité la plus totale et la vie y est impossible. Les « zombies » s’y nourrissent de tout ce qui est le contraire du vivant. Les zombies n’ont en fait jamais vécu.
Avoir vécu c’est vivre encore, et c’est vivre également demain.
Si le temps n’est pas compris de façon exclusivement linéaire, mais selon une circularité, une spirale le fait d’avoir vécu se trouve relié au centre, et cet « ici » est pour l’éternité.
Lorsque je creuse l’apparence du temps linéaire, je découvre « le centre intemporel de ma temporalité ».
Si je suis à l’écoute de la réalité que je suis en profondeur, je suis « eau ». Lorsque la goutte tombe dans la mer l’eau ne disparaît pas pour autant. Ainsi la vie ne meurt pas. La création est un acte qui se recrée en chaque instant sous l’action de l’énergie et des lois de la résonnance. Cette action attribue, sous l’effet d’autres paramètres plus ou moins identifiables par l’homme, sa place à chaque être manifesté dans la « Matrice » dont « Dieu » seul est parfaitement le Maître en tant que « Conscience absolue ».
Savoir qu’une vie complète et qu’une conscience transcendante existe en nous et ne rien faire pour s’approcher de cette réalité conduit la goutte à s’évaporer en perdant la vérité de son être.
L’enjeu est considérable et il est très bien posé dans le prologue de votre émission dont je reprends le passage suivant :
« L’homme ne se contente pas d’être vivant, il veut bien vivre, au sens esthétique comme au sens moral du terme. C’est pourquoi il réfléchit aux conditions dans lesquelles il souhaite vivre, c’est aussi pourquoi il n’est pas simplement un être vivant, mais une personne vivante ».
La personne vivante est l’eau qui retrouve l’océan tout en gardant conscience d’elle-même.
Le zombie est celui qui n’a jamais atteint ce statut de « personne » et qui s’évapore et se perd, tel un « avorton » du Cosmos.

Pour ceux qui sont amateurs de frissons et d’applications délirantes de la science prométhéenne (une cellule zombie mise au point par des chercheurs américains) voici un lien :

http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/21/la-premiere-cellule-zombie-creee...

Portrait de Anonyme Pascal03.04.2013

Quelle surprise ce matin d'entendre le générique de "The Walking Dead" s'échapper de ma radio réglée sur France-Culture ! J'ai commencé à regarder ( en me sentant un peu coupable) cette série après en avoir vu quelques scènes par dessus l'épaule (et sur l'Ipad) de mon fils. C'est une série passionnante, énervante, violente...très américaine il me semble. Les morts-vivants sont finalement plus un prétexte à l'étude du comportements de petits groupes d'humains quand l'état, les pouvoirs publiques, l'organisation sociale, ont disparu. Comment se comporte t'on dans un monde dangereux quand il n'y a plus rien et qu'on ne peut plus compter que sur soi-même ? La série étudie toutes sortes de pistes, décrit l'usage de la force et de ses dérives, comment se constitue un groupe, les rapports de pouvoir, qui est le chef et comment le rester, qui on peut ou doit tuer, qui on protège. Si la masse des "marcheurs" représente les "méchants", c'est finalement un monde en guerre qui est décrit, et comment survivre...ou pas. A noter comme le soulignait votre invité que dans cette série les plus cruels ne sont pas les "morts vivants" mais bien certains humains à l'âme bien sombre. "You kill or you die" dit le très effrayant "gouverneur" dans le dernier épisode de la saison 3 ( et même "you die, then you kill" pour ceux qui se sont transformés)
Cette série pose toutes sortes de questions qui sont bien présentes derrière le vernis de notre monde organisé et pacifié. La peur du retour du chaos. Les scénaristes américains prennent un évident plaisir à mettre en image certaines de nos angoisses les plus enfouies, ça fiche la trouille, et c'est bon !
Merci pour cette émission...et toutes les autres !

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