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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Les écoles de Chicago (1/4) : Leo Strauss 10

24.06.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Philippe Baudouin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

 

Leo Strauss 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous l’aurez compris, cette semaine les NCC vous emmènent dans le grand incendie de la pensée de Chicago, dans la boucle des économistes, sociologues et philosophes qui, tout au long du 20ème siècle,  ont donné naissance à ce que l’on nomme des écoles de pensée encore bien vivantes aujourd’hui. Des aventures intellectuelles souvent contradictoires, divisées entre l’impossible deuil d’un monde ancien  et la nécessité de forger de nouveaux outils pour penser une difficile modernité. 

Milton Friedman, Leo Strauss, Albion Small, Allan Bloom, John Dewey, Saul Bellow, tous interrogent le libéralisme intellectuel et économique et la place de l’homme dans la démocratie américaine et occidentale. Faut-il restreindre ou encourager la liberté individuelle ? Que reste-t-il de la beauté de l’amour chez des adolescents consuméristes et fans de rock ? Et comment fustiger les inégalités sociales tout en prônant l’élitisme intellectuel ?

Demain, Alain Laurent viendra vous présenter l’école économique de Chicago, de Milton Friedman au néolibéralisme américain, mercredi, Pierre Manent vous brossera le portrait d’Allan Bloom, l’auteur de l’Ame désarmée, lecteur de Platon et de Rousseau qui se désole des effets de la culture de masse, et jeudi, David Le Breton vous donnera les clés pour comprendre la naissance de l’école sociologique de Chicago, à quelques pas du ghetto.

Tout de suite, pour commencer cette semaine, j’ai le plaisir d’accueillir Gérald Sfez qui vient évoquer pour vous la pensée de Léo Strauss.

 

Gérald Sfez MC © Radio France

Références musicales:

- Judy Garland, Chicago

- Johnny Aloha, Gangsta's Paradise

- Gratte, Off the sky-Hall inside mirrors

 

Invité(s) :
Gérald Sfez, professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée La Bruyère de Versailles

Thème(s) : Idées| Philosophie| Leo Strauss

10 commentaires

Portrait de Anonyme MARCEL GOLDMANN26.06.2013

1) sur la distinction " civilisation - culture ", les meillures dfitions qui en ont ete donnees, sont celles d' oswald spengler dans le " declin de l' occident " ou il oppose l' une a l' autre, la civilisation comme organisme vivant et la culture, ce qu' il en reste, dans son declin.
2) sur athenes et jerusalem, voir l' uovrage capital de leon chestov, phllosophe un peu oublie de nos jours et auquel il serait interessant de
consacrer une emission

Portrait de Anonyme Pascal25.06.2013

Cinquante minutes captivantes d'une très bonne émission ... avec Léo Strauss et votre invité

Portrait de Anonyme rené wenger24.06.2013

Froideur ou chaleur ?

Il vaut mieux être inspiré par la source ou l’origine de toutes choses que par la froide
et imparfaite raison, bien que celle-ci ait déjà conduit quelques rares personnalités à la connaissance de Dieu !

Le savoir, la foi et les actes d'un homme de raison ne sont qu'une vaine rêverie sans aucune utilité pour la vie. L'homme doit prendre à cœur tout ce qui renferme la vie ; tout ce qu'il met dans son cœur portera les fruits délicieux promis.

Savoir est une chose, et ressentir en est une autre. L'on peut accéder au savoir même par le zèle le plus desséché, et à la sagesse mondaine par l'expérience ; mais le vrai sentiment demande bien autre chose que le savoir et l'expérience !
Un grand savoir ne rend pas le coeur sensible et ne lui donne pas toujours un bon vouloir, et l'expérience peut nous rendre avisés dans le mal comme dans le bien ; seule une juste sensibilité anime et ordonne toute chose et donne la paix et la félicité. C'est pourquoi, lorsqu'on veut faire de l'homme un homme véritable, il faut dès le début de sa formation prêter attention à son cœur avant tout !

Que les hommes commencent par devenir des hommes véritables, un principe essentiel avant toute science, sans quoi toute science quelle qu'elle soit leur fera bien plus de mal qu'elle ne les servira. Car toute science n'occupe que la raison, qui a son siège dans le cerveau; mais le cœur, fondement de la vie, demeure alors inculte, sauvage et brut comme celui d'une bête de proie, et, avec le secours de la science, il fait encore davantage de mal qu'il n'en ferait sans elle ; car pour un cœur sans Dieu, la science est un véritable flambeau du mal en tout genre !
Il faut d'abord mettre au cœur des aveugles un vrai flambeau d'amour, et ne laisser qu'ensuite ce flambeau éclairer également la raison de l'âme, et c'est alors que toute science deviendra pour l'homme une véritable bénédiction !
Ceux qui reconnaissent et aiment véritablement Dieu en Christ, le Fils de l'homme, goûteront dès cette vie des félicités dont nul sens humain n'a jamais connu ni éprouvé si peu que ce soit la magnificence ! Mais par les seules voies de la science, jamais un homme n'y parviendra !

Portrait de Anonyme luroluro24.06.2013

Excusez moi d'être un peu bavard, mais c'est pour la bonne cause. Des émissions telles que celles-ci conduisent nécessairement à des échanges et mériteraient des prolongements, comme la plupart des sujets que vous abordez d'ailleurs,dans le temps réduit de 50 minutes.
Vous avez posé lors de votre discussion le problème de la relation entre la philosophie et la religion
Voici l’extrait d’un mémoire sur « Philosophie et religion chez Hegel » soutenu par Cyrille Tenejou qui peut nous éclairer et amorcer une réflexion plus large me semble t’il.
La philosophie et la religion embrassent toutes deux la totalité de la vie. Si la philosophie se distingue comme expression de la vie et la vie comme un passage d'étonnement en étonnement, elle ne peut ne pas s'étonner du phénomène religieux et le passer à l'examen critique. A propos, René LE SENNE s'interroge : « Si en effet, la religion est la démarche par laquelle l'esprit administre en lui son énergie la plus profonde, comment une société, un homme pourraient-ils se désintéresser de ce sans quoi tout manque ? ».
Dans un premier moment, « ces deux puissances, celle de la pensée et celle de la religion, paraissent avoir l'une à l'égard de l'autre une attitude hostile. Toutefois, en soi et pour soi, elles doivent s'accorder » Par la religion, l'homme s'élève au-dessus de son individualité pour atteindre l'absolue vérité de l'absolu. « La religion et la philosophie ont donc un seul et même objet, une seule et même fin. Le vrai, le vrai en soi et pour soi étant un, il faut que religion et philosophie aient un seul et même contenu ; leurs rapports toutefois sont absolument hostiles, comme il apparaît dans l'histoire ». HEGEL poursuit en affirmant que l'art, la religion et la philosophie ont en commun un seul et même objet. C'est ce qu'Emilio BRITO commente en ces termes :
« Le contenu de la religion et celui de la philosophie, comme Hegel ne se lasse pas de le répéter, est « le même ». Cet objet n'est autre que « Dieu et son explication ». La philosophie et la religion coïncident : toutes les deux sont « service divin » ; mais l'identité ne fait pas abstraction de la différence : elles le sont d'une manière particulière. Le même contenu, la philosophie le saisit en une forme différente ».
En réalité, la philosophie et la religion peuvent être considérées comme ayant le même contenu. La même vérité se trouve donc de part et d'autre. Cela suppose que la religion est fondamentalement activée par la pensée et ne se réduit point à un vague sentiment du divin. Mais la principale différence réside dans le fait que la religion repose sur la conviction et fait appel à l'autorité alors que la philosophie repose sur la raison. Voilà pourquoi Hippolyte Ngimbi Nseka affirme qu' « entre la philosophie et la religion, il y a un écart insurmontable, dans la mesure où l'affirmation de Dieu dans la foi exige une décision que la philosophie ne peut assumer ».
Il faut noter cependant que cette divergence entre la philosophie et la religion est subjective. Ce n'est qu'au niveau du sujet qu'elle est plus grande. « La philosophie et la religion n'ont qu'un seul et même besoin ; toutes deux se préoccupent de ce qui est vrai absolument, de ce qu'il y a de plus intime ; or de ces deux fonds intimes, il ne saurait y en avoir deux ; il n'y en a qu'un [...]. C'est donc une conception fausse ; il ne peut y en avoir qu'une seule vérité ». La philosophie requiert une foi minimale qui est la confiance en la raison comme capable d'atteindre la vérité par elle-même. La foi comme démarche personnelle d'adhésion accomplit une démarche de conversion bien plus profonde que la conversion spirituelle qui est purement philosophique. La différence entre la démarche philosophique et le cheminement religieux n'empêche pas la religion d'avoir besoin de la philosophie pour formuler sa doctrine en termes conceptuels et inversement, la philosophie est mise en branle par les contenus religieux.
Lien : http://www.memoireonline.com/07/10/3663/m_Philosophie-et-religion-chez-H...
Remarque personnelle :
certains grands mystiques ou initiés ont connu une crise en dépassant la réflexion philosophique tout en rejetant l’aspect « extérieur » (l’exotérisme) de leur religion pour atteindre le cœur de leur cheminement spirituel. Pour autant cela n’invalide pas les apports philosophiques qu’ils nous ont donnés au cours de leur parcours.
Socrate était inspiré par son Daïmon (aspect « religieux ») et le bouddhisme ainsi que le Taoïsme peuvent apparaître davantage comme une « philosophie transcendantale » que comme une religion au sens étroit du terme.
Pour conclure, je pense que la philosophie peut aller au-delà de la raison, ce qu’implique nécessairement la religion.

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.24.06.2013

Vous ayant lu avec plaisir encore, je vous cite : "Pour conclure, je pense que la philosophie peut aller au-delà de la raison, ce qu’implique nécessairement la religion."
Aussi, je me permets : Et si l'on inversait les deux tendances, c'est-à-dire : Et si la raison allait bien au-delà de la philosophie, qu'elle serait la place de la religion ?
Bien à vous,
Jeanne

Portrait de Anonyme Alain M. 24.06.2013

Les "ECOLES de CHICAGO" pensent toutes à l'intérieur d'une série de dichoto-mies : ATHENES ou JERUSALEM ; DEMOCRATIE ou ARISTOCRATIE ; MASSE ou ELITE ; en dernière analyse : PHILOSOPHIE (grecque) ou REVELATION (juive). Se pose alors une question plus générale qu'on se pose rarement (sauf, peut-être, Alain Badiou dans son livre sur Saint Paul et l'universalisme) :
Le PHILOSOPHE juif ne peut-il penser qu'à l'intérieur de ces DICHOTOMIES?
"ÊTRE JUIF" est-ce, indépendamment de la volonté de l'individu juif, tou-jours être enfermé dans une "CATEGORIE" THEOLOGIQUE juive!?...

Portrait de Anonyme luroluro24.06.2013

Pour Leo Strauss il faut à la fois un retour vers le passé pour repartir de ce qui est dernière nous et penser ce qui constitue notre horizon. Il faut revenir au savoir et critiquer l’opinion qui ne s’appuie pas sur la recherche du vrai sens des choses
Ouvrage "Qu est-ce que la philosophie politique pour Strauss" (4ème de couverture) :
[« Le titre de ce recueil vient de celui de la première étude publiée dans cet ouvrage, qui lui donne ainsi son sens immédiat. Mais il faut souligner immédiatement la singularité du regard que Leo Strauss porte sur notre tradition de philosophie politique. Il ne s'agit pas de philosophie politique au sens d'une branche " locale " de la philosophie : d'une certaine manière, la philosophie politique est " philosophie première " et dans cette mesure la philosophie politique est éminemment problématique, elle engage toute la philosophie, c'est-à-dire tous les problèmes fondamentaux de la vie humaine.
Les études réunies dans ce volume sont pour les unes générales. Strauss traite d'abord de la définition de la philosophie politique et de son histoire en soulignant la nécessité de se pencher sérieusement sur les penseurs de la philosophie politique classique : puis il étudie quelques moments privilégiés de l'histoire de la philosophie politique (Fârâbî, Maimonide, Hobbes, Locke) ; il traite ensuite de l'art d'écrire oublié et d'un homme remarquable (Kurt Riezler), qui fut à la fois un connaisseur profond de la réalité politique internationale et un philosophie contemporain, en des pages surprenantes de liberté et de profondeur. Car la philosophie politique ici développée est fondamentalement soucieuse de ce qu'il y a de plus élevé et de plus profondément humain dans l'homme. ».]

Extrais de votre dialogue :

[Trois thèmes sont récurrents chez Leo Strauss :

• L’homme : intermédiaire entre les brutes et les dieux
• Quel est le meilleur régime (cf. la pensée grecque – cf l’esprit des lois de Montesquieu)
• Rôle du hasard

Leo Strauss reproche à Machiavel d’avoir institué l’homme comme maître de son destin en niant toute transcendance et en faisant complètement abstraction de la tradition.]

REMARQUE PERSONNELLE :

Le meilleur régime est celui du bon citoyen qui ne donne pas la priorité à sa propre communauté. Cette notion d’universalité rappelle l’ambition d’Alexandre le grand d’étendre ce qu’il y a de meilleurs dans la culture grecque au-delà des cités grecques (Perse, Égypte, Inde etc…) et de prendre ce qu’il y a de meilleurs dans les autres cultures. Les circonstances ont favorisé la concrétisation de cette formidable ambition qui fut malheureusement éphémère du fait des divisions entre les successeurs du Grand Conquérant d’origine macédonienne.
Bien à vous, Luc R.

Portrait de Anonyme Éric Guéguen24.06.2013

Aaaahhhhh, un grand merci ! Pierre Manent, Gérald Sfez, Leo Strauss, Allan Bloom et Alain Laurent, nous voici en merveilleuse compagnie.

Portrait de Anonyme catherine24.06.2013

magnifique comme d'habitude! qui chantait Gangsta Paradise ce matin? j'ai cherché mais impossible de trouver l'info. help!!! catherine

Portrait de Anonyme luroluro24.06.2013

Merci pour cette très intéressante émission.
Suite du Commentaire 1
[Leo Strauss et les choses politiques
Se rapportant conjointement aux traditions de l'Antiquité, grecque et biblique, philosophique et religieuse, Leo Strauss pense les « choses politiques » à partir d'un modèle d'excellence : l'essence du meilleur régime fondé sur la transcendance de la Loi. Articulant un pragmatisme du moindre mal (le libéralisme démocratique) avec la dimension utopique d'un retour à cet horizon partagé et conflictuel des Grecs et des Juifs, il pense la maturité des choses politiques telles que l'Antiquité en a posé les fondements, mais dans les conditions qui sont celles de notre temps.
Sa critique du choix des Modernes, égarés par la consécration du Droit et par l'invention de l'Histoire, procédant à un rabaissement des fins du politique, lui fait dénoncer les illusions du progressisme et de l'historicisme, leurs faiblesses communes face aux tyrannies modernes.
Chaque ouvrage de « Philosophie en cours » croise une notion et un auteur ou une œuvre, pour approfondir les enseignements de philosophie.
-4ème de couverture-]
Pour Strauss il faut penser le dialogue incessant entre les cultures dans un esprit de conciliation d’apports différents.
Le libéralisme politique ne protège pas de la discrimination privée et de la violence sociale.
Le remède contre la médiocratisation de la démocratie est l’éducation libérale au sens antique (Athènes et tradition juive) qui n’exclut pas une certaine aristocratie de la pensée (les plus instruits et les plus réfléchis d’entre nous…).
Leo Strauss considère qu’il y aura toujours un écart entre le plus grand nombre et ceux qui seront inattentifs. Il rejoint en cela les « avertissements » de Tocqueville. Pour Strauss il faut écrire comme si l’on était persécuté par un certain ostracisme, qui a lieu sous le mode de la tyrannie de l’opinion qui est manipulée par les Etats « dits » démocratiques.
Bien à vous, L.R.

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