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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

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Les écoles de Chicago (2/4) : Le néolibéralisme américain 5

25.06.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Philippe Baudouin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

 

Deuxième temps de notre semaine consacrée aux écoles de Chicago, après Leo Strauss, avant Allan Bloom et l’école de sociologie, du colloque Walter Lippmann à la création de la Mont Pelerin Society, de Milton Friedman à Gary Becker, c’est l’école économique de Chicago qui est à l’honneur.  Que désigne l’école de Chicago ? Quelle est la spécificité du libéralisme américain et quelle est la différence entre le libéralisme et le néo-libéralisme ? J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui Alain Laurent pour répondre à ces questions.

 

Alain Laurent MC © Radio France

 

Références musicales:

- Baba Brinkman, Human Capital

- Tom Waits, Way down in the hole

- Rose Murphy, Pennies from heaven

 

Extraits:

- "La dette des étudiants" , documentaire diffusé sur Arte, réalisation Laurent Cibien, pascal Carcanade et Marie Semelin)

-  Série The wire (saison 3, épisode 4)

 

Lecture:

- Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, cours au Collège de France 1978-1979 (Gallimard-Seuil, 2004)

 

Invité(s) :
Alain Laurent, philosophe, essayiste

Thème(s) : Idées| Philosophie

5 commentaires

Portrait de Anonyme luroluro25.06.2013

Je souhaitais être plus précis et plus complet dans ma réponse adressée à Annie. Je suis étonné du faible nombre de commentaires sur un sujet aussi sensible.
Pour ma part, j’associe les termes "libéralisme et néo-libéralisme" à l’histoire récente de l’économie libérale, dont les bases ont été mises en place par Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Ces nouvelles bases sont à l’origine de la déréglementation et de la dérégulation dans un contexte de globalisation mettant en concurrence des pays où les réglementations sociales et fiscales étaient plus que divergentes, créant ainsi des concurrences déloyales et des pertes de ressources pour de nombreux Etats.
Il s’agit bien là d’un nouveau paradigme économique où le capitalisme s'est adapté à toutes les formes de régimes politiques.
Dans ce système l'enrichissement accéléré d'une petite minorité épuise les masses (y compris les classes moyennes qui disparaissent, sauf dans les pays émergeant où elles constituent un noyau) et accroît le chômage, les gains de productivité étant confisqués par les propriétaires de l'outil de production.
Mais le capitalisme se trouve très vite lui-même en crise faute de débouchés suffisants et d'une concentration de capitaux productifs excessive (contradiction annoncées par Karl Marx). A tel point que certains placements sont effectués à taux négatif !
Nous voyons tous aujourd’hui les résultats désastreux de cette politique qui se met au service des pouvoirs économiques et financiers (les multinationales, leurs filiales et leurs holdings) dont la gouvernance se fait uniquement à court terme.
Je vous invite pour vous en « persuader », à lire Crise du "capitalisme de dérégulation financière", article de Frédéric Lordon. Il vous suffit pour cela de consulter le lien (je sais, un de plus !) ci-dessous :
http://et-pendant-ce-temps-la.eklablog.com/crise-du-capitalisme-de-dereg...
Bien à vous, L. R.

Portrait de Anonyme Rousselle25.06.2013

Le "chèque éducation" est en fait un subside versé par les contribuables aux établissements d'enseignement privé : avec ce chèque l'écolier a en effet le "droit de choisir" son établissement... ce qui permet de les mettre en concurrence et donc de les rendre plus efficaces (l'inférence va de soi, le dévouement n'ayant aucune efficacité...) ... grâce à des moyens publics. C'est en fait non pas un généreux don fait aux individus, mais une mesure permettant la privatisation d'une richesse commune, d'un bien public, transmis de génération en génération et qui jusqu'à présent n'était pas considéré comme un don, mais comme une obligation des parents envers leurs enfants, d'une génération envers la suivante. Le problème des "prêts" aux étudiants n'est qu'une conséquence de ce principe de "liberté de choix".
Il y a toujours, derrière les idées néo libérales (on m'excusera ce gros mot) un intérêt : on ne voit pas pourquoi les philosophes en question n'appliqueraient pas leurs principes jusqu'au bout.

Portrait de Anonyme Annie Stasse25.06.2013

Merci à luroluro bien que ce soit un peu confus.

J'ai découvert un autre point de vue sur Friedman : en fait il part du fait que les Hommes seraient tous bons. C'est une blague ma parole. En effet sa thèse ne fonctionne qu'avec ce concept, ils ne sont pas seulement des êtres rationnels, une autre blague et les émotions et pulsions il en fait quoi ?

Portrait de Anonyme luroluro25.06.2013

Bonjour Annie,

Je vous accorde que c'est un peu confus, je dirais plutôt touffu.
Cela est lié à la difficulté de circonscrire l'étendue du sujet, d'autant plus que le terme "libéralisme" est polysémique.
Sa signification a beaucoup évolué dans le temps.
Pour ma part je l'associe, dans l'histoire la plus récente, à la dérégulation et à la déréglementation qui ont été à l'origine de la crise financière de 2008 qui n'a pas fini de produire ses effets.
J'ajoute ici un lien sur un article circonscrit à "Milton Friedman et l école de Chicago sur le rôle de l État" (Site Contrepoints).
Milton Friedman et l école de Chicago sur le rôle de l État (Site Contrepoints)

Portrait de Anonyme luroluro25.06.2013

Merci à M. Alain Laurent pour ses éclairages sur un sujet qui mériterait à lui seul plusieurs émissions tant il a eu de conséquences sur la vie des pays occidentaux depuis plus de trente ans.
J’ai bien aimé la façon dont vous avez abordé les enjeux de l’indépendance de la Banque Centrale Européenne (BCE) et sur les origines allemandes des règles strictes sur lesquelles elle a été fondée.
Je pense qu’il faut réécouter toute l’émission pour approfondir tous les aspects que vous n’avez pu aborder sans les développer, au risque de sembler contradictoire, du fait du temps qui vous était imparti.
Je suis étonné que vous vous soyez excusé apurés des auditeurs « libéraux » d’avoir été peut-être un peu trop sévère à l’égard de l’école de Chicago. Pour ma part, je pense plutôt l’inverse, et c’est pourquoi je vous propose de lire les extraits de documents ci-dessous ainsi que certains liens sur Internet.
CONDENSE D’UN ARTICLE INTITULE « LES RAISONS DE LA FAILLITE DU LIBERALISME AMERICAIN »
[[Durant la grande dépression des années 1930, le capitalisme américain devait faire face à une crise mortelle. Les travailleurs ont mené de grandes luttes pour le droit de se syndiquer et de grandes grèves, très souvent organisées par des socialistes et des communistes. En tant qu'idéologie, le socialisme avait une influence importante sur les idées des travailleurs, des intellectuels et des artistes. Dans ces conditions, – la force de plus en plus organisée de la classe ouvrière, la menace que constituaient le socialisme et le désastre économique de la Grande Dépression – Franklin Delano Roosevelt traîna la classe dirigeante, qui freinait des quatre fers, sur la voie d'un réformisme très limité [….]
À l'apogée de cette crise, la faillite du libéralisme a été exposée par son meilleur philosophe et intellectuel, John Dewey, qui a écrit une série d'exposés décrivant sa contradiction indépassable - entre la « liberté » économique des capitalistes monopolistes d'exploiter et la liberté des masses de vivre une vie pleine et entière. Ce que Dewey décrivait était en essence la polarisation du Tiers-état, c'est-à-dire la fin de la prétention de la bourgeoisie à parler au nom de toute la nation. [….]
Dewey admettait que « l'effondrement tragique de la démocratie est dû au fait que l'assimilation de la liberté avec le maximum d'actions individuelles sans entraves dans la sphère économique, dans le cadre des institutions de la finance capitaliste, est aussi néfaste pour la réalisation de la liberté pour tous qu'elle l'est pour la réalisation de l'égalité. » Dewey arrivait à envisager un libéralisme sorti de ce dilemme, il proposait un système de propriété publique, mais il n'admettait pas l'existence d'une lutte des classes et était opposé au mouvement indépendant de la classe ouvrière. Ses plans n'ont jamais quitté la planche à dessins. […]
La tentative du libéralisme de trouver un équilibre entre un réformisme limité, aux États-Unis, et l'impérialisme, à l'étranger, se termina lors de la guerre du Vietnam et des émeutes urbaines de la fin des années 1960 sous l'administration Johnson. Elle était tombée sous les coups des contradictions que Dewey avait étudiées dans les années 1930. Elle ne pouvait pas réduire la fracture entre les conceptions monopolistiques des nantis – le projet impérialiste – et les besoins sociaux de la classe ouvrière – le projet de réformisme social. Ensuite, et avant même que les flammes de 1968 ne soient éteintes, le déclin économique des États-Unis au cours des années 1970, dû à la guerre du Vietnam et à la réapparition de leurs rivaux capitalistes, a fragilisé les fondements des réformes économiques. Ces réformes n'avaient été rendues possibles que par l'expansion des forces productives entre les années 1940 et 1960. […]
L'effondrement du réformisme libéral et sa faillite intellectuelle exhibée dans la chronique d'Herbert, est la conséquence de longs processus historiques. Le libéralisme n'a jamais été une tendance qui mettait en avant les besoins de la classe ouvrière. Au vingtième siècle, il a plutôt cherché à repousser les changements fondamentaux à travers un timide agenda réformiste afin de mieux atteindre les objectifs impérialistes du capitalisme américain. Ce numéro d’équilibriste s'est révélé irréalisable. (Article original paru en anglais le 19 septembre 2008) Web Socialist Web Site (WSWS)]]
http://www.wsws.org/francais/News/2008/sep08/libe-s29.shtml
L’ECOLE DE CHICAGO ET LE MONETARISME SONT A L’ORIGINE DE LA CRISE :

Lien : http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/l-origine-de-la-crise...

Lien : Http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2007-4-page-67.htm ou http://1libertaire.free.fr/WBrown09.html

LE JOURNAL DE LA PHILOSOPHIE DU 24 11 2011 :
François Noudelmann a reçu Alain Laurent pour son ouvrage Ayn Rand ou la passion de l’égoïsme rationnel paru aux Belles Lettres.
http://www.franceculture.fr/emission-le-journal-de-la-philosophie-ayn-ra...

Bien à vous, L.R.

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