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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Les écoles de Chicago (4/4) : Naissance de la sociologie américaine 5

27.06.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Philippe Baudouin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

 

Voyage à Chicago, dernier arrêt. Entre les quartiers riches et le ghetto, se trouve l’Université de Chicago, qui a vu naître, au début du vingtième siècle, une pensée sociologique qui prenait ses distances vis-à-vis du travail de Durkheim, en appelant à produire des connaissances sociologiques qui soient utiles au règlement des problèmes sociaux concrets. Non pas simplement expliquer, mais comprendre, non pas décrire, mais observer,  et pour se faire se trouvait sous leurs yeux un terrain d’étude particulièrement approprié à la mise en œuvre de ces nouvelles méthodes : la ville de Chicago, dont la moitié de la population, en 1900, était née en dehors des Etats-Unis, en proie aux problèmes de gangs, de criminalité et d’immigration.

Alors après Leo Strauss, lundi, Milton Friedmann et l’école économique de Chicago, mardi et Allan Bloom hier mercredi, aujourd’hui découvrez l’aventure passionnante  des sociologues de Chicago, relatée par le sociologue David Le Breton.

David Le Breton © Radio France

 

Références musicales:

- Foued et le top boogie, Chicago

- East, He left his pain

- Theo Sarapo, Comme Al Capone

- Tom Waits, Chicago

 

Extrait:

- Les incorruptibles , film de Brian de Palma (1987)

Invité(s) :
David Le Breton, professeur de sociologie et anthropologie à l'université de Strasbourg et membre du Laboratoire Cultures et Sociétés en Europe au CNRS

Thème(s) : Idées| Philosophie| Sociologie

5 commentaires

Portrait de Anonyme Kercoz27.06.2013

Grand merci d' aborder l' interactionnisme , Goffman , Simmel , Mead ...
Pourtant je me permets humblement une critique de cette ecole ...sur le fait qu' elle part des constats de l' interaction individu /individu et individu -Groupe pour en chercher des applications psycho ou psycha ....
Il me semble qu'étudier les interactions relationnels,les rites, , la "Face" etc ...comme l' a si bien fait Goffman, en tant que CONSEQUENCE d' un processus serait bien plus profitable aux sciences sociales .
J' ai eu la chance de lire quasi simultanément Goffman( les rites) , Lorenz( l' agression) et Gleick ( la th.du Chaos)....et la complémentarité de ces études m'a semblé évidente .
Il me semble lumineux que les rites ( rituels inconscients) de Goffman servent a inhiber l' agressivité intra-spécifique de K.Lorenz pour autoriser la socialisation d' une espece .
L' éthologie permet de comprendre l' extreme rigidité comportementale issue de ces rites et le risque de transgresser cette rigidité .
Il me semble aussi important de surligner le fait que si ces rites sont importants pour la stabilité des groupes ,les interactions s'appuient sur l' affect et que ces interactions ne "fonctionnent" que dans un groupe restreint , seule structure permettant aux acteurs de se connaitre ...
Il en résulte que la structure vertueuse des groupes ne peut etre que morcelée et fractale ..

Portrait de Anonyme Kercoz28.06.2013

@ Luroluro:
Merci de me lire dans le bon sens ..
Je me permets de surligner l' interet de l' ethologie pour la sociologie .
En effet, l'espece humaine ne possède plus ( comme par ex les corvidés de K.Lorenz) de variantes génétiques ou sous especes ....., ces variantes génétiques montrent l' extreme rigidité comportementale dans des comportements similaires sans etre identiques ....
C'est , me semble t il , un argument majeur pour ne pas admettre un éloignement trop marqué et dé-naturé du comportement originel du couple individu-groupe, ...si , bien sur , l' optimisation de l' individu est ( encore ) le but recherché.

Portrait de Anonyme luroluro28.06.2013

Bonjour Kercoz

Vous soulignez souvent l'interdépendance ou la complémentarité qui existe entre sociologie (Science Macro sociale)et l'ethnologie (science micro sociale). Tout ce qui conduit à la rencontre de disciplines différentes va dans le bon sens pour contrebalancer l'excessive spécialisation qui caractérise notre époque.

Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme luroluro27.06.2013

Merci pour cette émission passionnante qui a insisté sur ce qu'est une sociologie de terrain s'intéressant à des acteurs en interaction [(influence des sociologues allemands tels que Siemel (concept d'action réciproque) et Max Weber]

A titre de contribution

I - Voici un lien sur un article relatif à l’École de Chicago et à la sociologie (doc PDF)

http://leviethandusavoir.unblog.fr/files/2010/01/coledechicago.pdf

II - Un extrait de Wikipedia portant sur la criminalité : http://www.franceculture.fr/oeuvre-modernite-de-robert-ezra-park-de

Criminalité et écologie urbaine
La sociologie de Chicago est légitimement célèbre pour ses études sur la criminalité, la déviance et la délinquance juvénile, qui sont des questions liées étroitement aux notions et concepts que nous venons de voir et qui constituent à elles seules un champ dont nous allons maintenant examiner quelques unes des œuvres principales.
La criminalité
L'école de Chicago a fortement contribué aux études de la criminalité en abordant le lien entre villes et délinquance. L'extension urbaine de Chicago en zone concentrique a mis en évidence des zones en transition dans lesquelles la délinquance est plus importante, selon Clifford Shaw. Il va contribuer au Chicago Area Project, l'une des premières expériences de sociologie appliquée qui s'attaque à la désorganisation sociale par l'amélioration de la vie sociale du quartier. Le sociologue Saul Alinsky participera au Chicago Area Project, avant de fonder le community organizing comme réponse à la désorganisation sociale.
Selon les estimations de Frederic Thrasher, les gangs de Chicago en 1927 représenteraient 25 000 adolescents et jeunes hommes. Cette population se regroupe dans la zone interstitielle, c'est-à-dire la zone comprise entre le centre ville (the loop) avec tous ses bureaux et commerces et la zone résidentielle des classes moyennes puis aisées. […] .En 1924, la guerre des gangs fait rage à Chicago et l’Illinois Association for Criminal Justice décide de lancer une vaste enquête sur la criminalité. John Landesco publie un rapport en 1929, Organized crime in Chicago, dans lequel il veut démontrer qu’il existe un lien entre le crime et l’organisation sociale de la ville. Selon lui, « de la même manière que le bon citoyen, le gangster est un produit de son environnement. Le bon citoyen a été élevé dans une atmosphère de respect et d’obéissance à la loi. Le gangster a fréquenté un quartier où la loi est au contraire enfreinte constamment ».
La délinquance juvénile
Dans The Jack roller : a delinquent boy’s own story, Clifford Shaw étudie la situation d’un jeune délinquant qu’il suit depuis qu’il a 16 ans. L’histoire de vie est un nouveau dispositif de recherche dans le domaine de la criminologie. Shaw insiste pour que les histoires de vie soient vérifiées, croisées avec d’autres données, familiales, historiques, médicales, psychologiques, scolaires bien que « la validité et la valeur d’un document personnel ne dépende pas de son objectivité ou de sa véracité », ce qui importe n’est pas la description objective mais précisément les attitudes personnelles. Il faut entrer dans le monde social du délinquant. C’est pourquoi le récit doit être à la 1re personne, ne soit pas « traduit » par le langage du chercheur pour garder l’« objectivité » du récit. Dans la discussion de l’ouvrage [réf. nécessaire], Ernest Burgess explique en quoi le cas lui apparaît typique et représentatif :
• élevé dans un quartier à risque, délinquance importante (1926, 85 % des jeunes arrêtés par police viennent de ces quartiers) ;
• vient d’une « famille brisée » comme 36 % des jeunes délinquants ;
• sa « carrière » de délinquant commence avant même qu’il aille à l’école ;
• toutes les institutions « de redressement » ont échoué (idem dans 70 % des cas) ;
• finit par traîner comme fugueur dans le quartier mal fréquenté de Chicago.
Shaw et Mac Kay écrivent Juvenile Delinquency and Urban Areas en 1942 où ils proposent d’établir une « écologie de la délinquance et du crime » : ils étendent la recherche à d’autres grandes villes. […].
II - Livres :

1) Modernité de Robert Ezra Park
Modernité de Robert E. Park est le premier ouvrage publié en France sur l'un des pères fondateurs de la sociologie américaine. Ecrit par les meilleurs spécialistes américains, britanniques et français, l'ouvrage propose des interprétations nouvelles de concepts connus, une réflexion sur son oeuvre de jeunesse : La Foule et le Public, une traduction en langue française de son premier article sur un sujet sociologique : la place des Noirs américains dans la société. Park est présenté dans ses différents appartements de la ville nouvelle qu'il a occupés lors de son séjour strasbourgeois. L'apport de Robert Park à la méthodologie de l'enquête est analysé à propos de sa grande enquête le long de la côte du Pacifique. L'impulsion donnée à la sociologie américaine grâce à son manuel de 1921 est présentée ainsi que sa réflexion sur l'opinion, la foule, les publics, mais aussi l'écologie. Qui savait que Park avait fait sa thèse à l'université de Strasbourg, la Kaiser Wilhelm's Universität (Université de l'Empereur Guillaume), sous la conduite du philosophe Wilhelm Windelband, le fondateur du néokantisme ? Elle fut finalement soutenue à Heidelberg, et parmi les signataires du registre des thèses on note le paraphe de Max Weber. -4ème couverture-
http://www.franceculture.fr/oeuvre-modernite-de-robert-ezra-park-de

2) L'interactionnisme symbolique
Comment l'interactionnisme symbolique s'est-il historiquement constitué ?
Quels sont ses grands axes théoriques ?
Comment l'oeuvre de Georg Simmel a-t-elle influencé ses fondateurs ?
Qu'est-ce que l'ethnométhodologie ?
Courant majeur de la sociologie américaine, l'interactionnisme symbolique est l'une des formes de la sociologie compréhensive. Ce manuel retrace l'histoire de son développement à partir des philosophies pragmatistes et de l'École de Chicago et présente ses concepts clé et ses principaux auteurs. À travers une étude approfondie de la dramaturgie sociale d'Erving Goffman et de la labeling theory d'Howard Becker, il montre comment ses analyses, fondées sur des études de terrain, ont profondément renouvelé l'approche de la déviance et de l'éducation, mais aussi de la médecine, de la maladie, des institutions, du travail et de l'art.
-4ème de couverture- http://www.franceculture.fr/oeuvre-l-interactionnisme-symbolique-de-davi...
3) Signes d'identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles
L'industrie du design corporel s'épanouit. Le corps est devenu la prothèse d'un moi éternellement en quête d'une incarnation pour sursignifier sa présence au monde, pour adhérer à soi. Tatouage et piercings sortis de la marginalité sont devenus les accessoires de la mise en scène de soi. Partant du constat que le "corps marqué" a, depuis l'Antiquité et dans les sociétés traditionnelles, été l'expression d'un parcours, d'un message et surtout d'une identité, David Le Breton montre comment l'Eglise s'est fortement opposée à cette pratique, mais aussi comment, après les marins et les soldats, la justice s'en est emparée comme d'une "marque infamante". Il étudie la façon dont le tatouage intervient comme langage de révolte jusqu'à aujourd'hui où le piercing est bel et bien une identité à fleur de peau qui concerne la jeunesse. David Le Breton s'appuie sur une recherche de terrain pour analyser successivement : les marques corporelles dans les sociétés occidentales, le passage de la dissidence à l'affirmation de soi, la recherche, la recherche d'une identité, les rites de passages, la naissance d'une culture. Il s'intéresse à la différence entre souffrance, douleur et plaisir sexuel qui restent liés à l'acte même du piercing. Il note enfin ce paradoxe selon lequel, si ce système de marquage corporel régresse fortement dans les sociétés traditionnelles, il se développe de façon rapide et inventive dans le monde occidental nanti, et il s'interroge sur notre désir individualiste de vouloir modifier notre corps. Extrêmement documenté, son livre fait le tour de la question, tant historique qu'anthropologique et philosophique, sur une mode nouvelle et en pleine expansion. - Présentation de l'éditeur –
(Date de publication : 2008. (1ère éd 2002))

http://www.franceculture.fr/oeuvre-signes-d-identit%C3%A9-tatouages-pier...

Portrait de Anonyme Abaris26.06.2013

Bonjour,
Si vous aviez invité Jean-Michel Chapoulie, il aurait, me semble-t-il, contesté la notion d'"école" pour lui substituer plutôt la notion de "tradition", tant les auteurs que l'on regroupent sous cette appellation sont hétéroclites, si ce n'est l'importance qu'ils accordent au sens que les acteurs donnent à leurs agissement, à leurs actions proprement dites, c'est-à-dire à la "définition de leur situation".
Quand je pense qu'il aura fallu attendre les années 80 pour avoir connaissance des travaux, d'une valeur heuristique incontestable, de ces quelques chercheurs (de Thomas à Becker et consort)qui avait, aux yeux de nos sociologues structuro-fonctionnalistes l'inconvénient d'être du mauvais côté de la barrière...

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