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Les Nouveaux chemins de la connaissance

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 10h50

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Les vertus du non (3/4) : Le non en politique : de l’opposition à l’indignation 7

16.10.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Georges Claisse

 

Frédéric Gros © Radio France

 

Troisième temps aujourd’hui de notre semaine consacrée aux vertus du non. Pour l’occasion, nous recevons aujourd’hui le philosophe foucaldien Frédéric Gros qui vient s’interroger sur les vertus du non en politique, de l’opposition nécessaire à la démocratie jusqu’au jeu avec la loi, entre désobéissance et indignation.

 

Références musicales:

- Grazelia Perez, Si, si, no, no

- Jacno, La poupée qui dit non

 

Extraits:

- Gandhi, film de Richard Attenbourough (1982)

- Sacré Graal, film des Monthy Python (1975)

 

 

 

 

 

 

Adèle Van Reeth, Géraldine Mosna-Savoye et Frédéric gros MC © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye: les partis politiques sont-ils capables de s'opposer ? 

Réponse avec le politologue Vincent Tiberj, pour qui les partis politiques français s'accordent quand ils s'opposent à la majorité, mais se déchirent quand ils sont au pouvoir. 

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Invité(s) :
Frédéric Gros, professeur de philosophie à l'université Paris XII.

Thème(s) : Idées| Philosophie

7 commentaires

Portrait de Anonyme Kercoz17.10.2013

"""les vertus du non en politique, de l’opposition nécessaire à la démocratie jusqu’au jeu avec la loi, entre désobéissance """"
La démocratie n' a pas a se prévaloir de l' opposition ....La stabilité d' un système est dynamique est supérieur a la stabilité d' un système statique ( essayez de faire tenir une toupie sur sa pointe)...La stabilité dynamique s' obtient pas la "somme" d' instabilités ...

Portrait de Anonyme Alain M.17.10.2013

Comme l'a bien dit, aujourd'hui sur France-Culture, François Huguenin, histo-rien des idées et essayiste, auteur d'une "Histoire intellectuelle des droi-tes", la liberté sans bien est une liberté qui a perdu son âme! Ce qui man-que aujourd'hui, c'est l'idée d'un "bien commun",car la démocratie, ce n'est pas la liberté de faire ce qu'on veut, mais la liberté de faire son bien en tant qu'individu et en commun avec les autres! Comme l'a dit Raymond Aron, la démocratie,c'est la décentralisation du bien commun et unique en une multiplicité de biens individuels!...
La gauche socialiste a caricaturé la liberté au sens libéral pour mieux la discréditer et en faire l'épouvantail "ultralibéral" qui n'existe que dans son phantasme paranoïaque! : « il y a eu en France une vraie et grande pen-sée libérale comme avec Benjamin Constant ou Tocqueville mais le constat que l’on peut faire c’est qu’effectivement à droite, il n’y a pas beaucoup de souffle sur de véritables débat d’idées. A droite, qui lit Aron, Burke, Maur-ras, ne serait-ce que pour les réfuter ? » (François Huguenin). Il y a chez ces auteurs une "exigence aristocratique de liberté" qui n'a rien à voir avec la liberté "bourgeoise" érigée en épouvantail par la gauche pour mieux pouvoir s'en épouvanter!...

La gauche a dégradé la liberté.
Elle accuse la droite de cette dégradation.
Elle prend le pouvoir pour continuer cette dégradation en toute bonne con-science.
Une fois au pouvoir elle continue d'accuser la droite de cette dégradation :
C'est Vous, mais Nous....! C'est Vous, mais Nous...! C'est Vous..., mais Nous...! Alternance sans Alternative! Fausse Opposition! Mascarade! La Comé-die Humaine à l'Assemblée Nationale! Rira bien qui rira le dernier!...

Le libéralisme a perdu son âme en singeant le social!
Le socialisme a perdu son âme en singeant la liberté!
Qui rafle la mise? L'extrême-droite!
La politique : une histoire de singes qui s'opposent pour mieux faire avan-cer l'Histoire?Où est là le progrès?Je ne vois là que de ridicules singeries!

Quelqu'un a dit que la droite française est "la droite la plus bête du mon-de"! Il faut effectivement être bien bête pour ne pas savoir intégrer à son programme politique la "question sociale"! Car, comme dit François Hugue-nin, "pour régénérer la droite, il me paraît extrêmement important que la question sociale soit au centre de la pensée intellectuelle de la droite".
C'est quand-même pas sorcier!...
La gauche socialiste n'a plus rien d'intéressant à proposer! Mais elle empê-che la droite de proposer quelque chose d'intéressant et de résoudre le moin-dre problème social ou économique en rendant stérile tout renouvellement de la pensée libérale par le fait d'agiter démagogiquement devant ses yeux l'épouvantail de l'"ultra-libéralisme" et de l'extrême-droite! « Au FN il y a un discours très simpliste, un discours populiste qui joue sur la peur et sur bouc-émissairisation » a dit François Huguenin! Oui! Certes!Mais ce que ces énarques et polytechniciens socialistes oublient, c'est qu'en politique il n'y a que les idées "simplistes" qui fonctionnent! Car il s'agit d'entraî-ner les volontés et de mobiliser les énergies, non de tenir de beaux dis-cours et de nous faire des leçons d'économie et de morale! On n'écoute pas les raisonnements sophistiqués des économistes et on se fiche de leurs sta-tistiques qui sont de toutes façons idéologiquement orientées! On veut des actes et des faits! Et de quoi nourrir notre espoir! On en a assez de toutes ces belles paroles qui sonnent creuses! On n'est plus dupe!Même s'il ne faut pas accorder le moindre crédit à des idées simplistes d'où qu'elles vien-nent, que ce soit de gauche ou de droite, il ne faut cependant pas sous-esti-mer, en démocratie, l'impact des idées simples sur les esprits simples! Si-non on risque bientôt d'avoir de désagréables surprises!...

Portrait de Anonyme Zabriskie Point16.10.2013

Bien le bonsoir à tous. Ayant la faiblesse de me considérer comme un désobéissant parfois fort civil, j'ai été proprement ravi de jouir à vos yeux, en tant que tel, des qualités que confère l'autonomie dans le respect de lois dites supérieures. Ces lois sont elles dites supérieures en vertu de leur caractère implicite ou de leur caractere individuel ? Quel est le garant dans ces lois supérieures individuelles qu'il ne s'agit pas de lois de circonstance, de lois continûment variables ?
Plus généralement, une pérennité minimale des lois n'est elle pas en quelque sorte garante de leur justesse, donc de leur justice ?

Portrait de Anonyme Kercoz17.10.2013

"""Ces lois sont elles dites supérieures en vertu de leur caractère implicite ou de leur caractere individuel ? Quel est le garant dans ces lois supérieures individuelles qu'il ne s'agit pas de lois de circonstance, de lois continûment variables ?""""

Mon avis :
Ces lois ( non écrites) sont dites supérieures, dans la mesure ou elle sont nécessaires a la structuration et stabilité de notre système .Ce sont les procédures qui ont autorisé une espece isolée a devenir espece sociale .L' Ethologie montre que la rigidité du comportemental entre individus sociaux est primordial pour la pérènité de l' espece .
A ces lois millénaires s' oppose la "Raison" émergente , issue de l' évolution cognitive. Mais cette "raison" est trop opportuniste et va privilègier les linterets de l' individu au détriment de ceux de son groupe , de son groupe dans le temps ( civilisation) et meme des interets de l' espèce .
Un équilibre entre raison et rites ( mémoires gagnantes des galères passées ...ère glaciaire par ex)s'est établi chez les autres especes sociales ...sauf chez Sapiens qui prend le risque de la "raison" avec les dégats que l' on constate.
A mon avis le problème n' est pas idéologique mais structurel ...Nous sommes formaté pour vivre en groupes restreints ou l' affect contraint et interdit l' Ubris .

Portrait de Anonyme abscon16.10.2013

La figure de Socrate m'a irrémédiablement fait penser a celle de l'Antigone d'Anouilh, qui n'accepte pas les petits arrangements de son oncle. J'ai apprécié aussi le discours de l'invité en faveur de l'indignation, ce qui finissait par se faire rare.

bonne continuation .

Portrait de Anonyme sabinemaurel16.10.2013

Superbe sujet le Non. Un regret pourtant: qu'une séance n'ait pas été consacrée à Bartleby. Mais, sachez-le, ce regret n'entame pas mon admiration pour la qualité de votre travail. Amicalement.
S.M

Portrait de luroluro luroluro16.10.2013

Merci pour cette émission passionnante et la clarté des propos tant de votre invité Frédéric Gros que des incitations d’Adèle, comme à son habitude, à l’approfondissement de la réflexion.
Il y a tant à dire sur le sujet qu’il faudrait lui consacrer plusieurs heures.
Pour ma part j’aurais plutôt intitulé l’émission « Le non en politique : de l’indignation à l’opposition.». L’opposition me semble en effet plus radicale et susceptible de conduire à l’action que l’indignation qui est davantage, au moins jusqu’à ce jour, une posture morale.
Certes, chez les indignés on retrouve la volonté d’en finir avec la « dictature des marchés » et ses conséquences sociales, environnementales, sur le vivre-ensemble et la démocratie. Mais leur mouvement cherche surtout à se démarquer des mouvements précédents en pratiquant la désobéissance civile et surtout la non-violence, voulant éviter que des revendications qu’il estime justes soient délégitimées par un enchaînements d’actions violentes entre la police et les manifestants. Il met en avant le fait de n’avoir ni représentants ni porte-parole. Il en résulte que l’objet de l’indignation est non identifié. Certes, l’indignation se fait toujours sur un fond de valeurs et une revendication de justice et se traduit par une position de rejet moral au regard du décalage entre les sphères du pouvoir qui décident et la société qui subit.
L’indignation souligne ce qui est obscène dans le système actuel où l’écart se creuse de façon parfois scandaleuse entre les classes sociales.
Toutefois, la désobéissance civile ou l’indignation ne transgresse pas la loi. Elle se contente d’en souligner le caractère inefficace, injuste, voire ses effets néfastes.
Il est vrai qu’elle s’est révélée efficace en Inde où Gandhi a réussi à fédérer tout un peuple, et non le moindre, contre l’empire britannique et à entraîner son départ du sous continent. Quant à Socrate, son attitude est restée comme l’un des plus grands exemples de vertu de la philosophie occidentale.
Néanmoins, la question est de savoir si l’indignation se suffit à elle-même quand elle ne propose rien de concret, ce qui a été le cas en ce début du 21ème siècle. L’injonction « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel est loin d’un « Révoltez-vous » qui incite à l’insurrection. En outre il ne propose pas une stratégie efficace pour provoquer un changement, les indignés ayant des motivations très hétérogènes et parfois même contradictoires (revendication d’un travail, plaide pour la décroissance …)
Le souci du XXIème siècle sera probablement de trouver d’autres formules de confrontation que celles du 20ème siècle dont l’histoire a conduit à un discrédit du politique, les révolutions qui ont triomphé ayant conduit à des dictatures monstrueuses ou à des guerres sanglantes.
Désormais, pour cette raison, les mouvements sociaux se méfient du modèle révolutionnaire.
Il est demandé aux dirigeants de modifier leur politique dans le sens d’une plus grande justice et d’une meilleure répartition des richesses. En fait ces mouvements d’un nouveau genre se cherchent et peuvent déboucher sur de nouvelles formes de désobéissance civiles plus efficaces s’ils s’organisent et clarifient mieux leurs revendications. Les nouvelles technologies
Et les réseaux sociaux devraient faciliter cette évolution.
Au-delà de l’indignation, l’opposition s’avère nécessaire en démocratie pour qu’il puisse y avoir une évolution et une alternative politique. Elle est censée être structurée et organisée en vue de proposer une alternative concrète au pouvoir en place.
Mais depuis des années, le non de l’opposition à la majorité en place finit toujours par raisonner comme une attitude systématique et creuse, une répétition de slogans et de petites phrases. Cette forme de non qui devrait être nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie est ressentie comme un simulacre d’opposition, un jeu dont les citoyens ne sont plus dupes. Il en résulte une usure de l’espérance politique voire un écœurement qui conduit à un désintérêt croissant pour ce qui apparaît comme une agitation permanente. L’alternance représente de ce fait de moins en moins une réelle alternative.
Les affaires, les conflits d’intérêts, le poids des sphères financières, des dirigeants de multinationales et des lobbies en tout genre ainsi que la faible marge de manœuvre des politiques du fait d’un endettement considérable et des décisions prises au niveau européen sont le lot de tous les politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche. De ce fait, le non du citoyen au moment du vote apparaît illusoire et ne joue qu’à la marge.
Les politiques se focalisent sur ces moments où le citoyen s’exprime par son vote et n’hésitent pas à faire des surenchères et des promesses qu’ils savent ne pas pouvoir tenir une fois au pouvoir. Dans les moments d’alternance possible il y a cette même passion pour un jeu qui s’apparente au poker, fondé sur l’apparence et le mensonge.
Ensuite, les élections passées, c’est le retour d’un non systématique d’une opposition qui se trouve dans une situation confortable d’irresponsabilité.
En outre, il ne faut pas oublier que si les présidents et les gouvernements changent, la haute administration reste en place et coopère plus ou moins à la mise en oeuvre des mesures d’applications des nouvelles lois en créant des réglementations qui peuvent rendre les réformes plus ou moins efficaces. Enfin, l’interprétation de la loi par les juridictions n’est pas non plus sans effet sur la manière d’appliquer les lois de façon plus ou moins coopérative.
Reste une autre forme d’opposition qui s’appuie sur les deux mamelles que sont la dérision et l’humour. Ainsi la caricature reste une tradition fort heureusement bien encrée dans la tradition française, quand bien même ses limites donnent toujours lieu à des controverses
Voici un texte intitulé « La caricature, dernier avatar de l’opposition politique en France ? »
que je vous invite à lire, car le rire est bon pour la santé :
http://www.actuabd.com/La-caricature-dernier-avatar-de-l'opposition-politique-en-France
Bien à vous, L.R.Tapez ici vos commentaires

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