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Les Nouveaux chemins de la connaissance

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 10h50

Ecoutez l'émission 49 minutes

Philosopher avec Stanley Kubrick (3/4) : 2001 : l’odyssée de l’espace 35

09.10.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

 

 

Carole Desbarats G. Méric © Radio France

 

Stanley Kubrick, troisième étape: 2001, l'Odyssée de l'espace.

Nous recevons aujourd'hui Carole Desbarats pour évoquer l’odyssée temporelle d’une humanité qui, entre les hurlements des singes et le silence de l’espace, ne sait où trouver sa place, à l’image des vaisseaux qui peuplent l’univers en une valse gracieuse.

 

 

 

 

 

 

 

Références musicales:

- Strauss, Le beau Danube bleu

 

Lecture:

- Jean Paulhan, Les fleurs de Tarbes (Gallimard)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye:  pourquoi agir de manière désintéressée peut-il nous faire chuter ? 

Réponse avec Paul Mathias, philosophe et adepte de Stanley Kubrick, pour qui la chute de Barry Lyndon est causée par son seul acte gratuit et juste. 

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Invité(s) :
Carole Desbarats, critique et historienne du cinéma, directrice de la diffusion des savoirs à l'ENS

Thème(s) : Idées| Philosophie| Stanley Kubrick

35 commentaires

Portrait de Anonyme Apologue06.01.2014

Ce film est une immonde daube !

J'ai discuté des dizaines de fois avec des fans, et les mêmes arguments reviennent de manière récurrente :
1) Le fait que le film soit abscons permet une libre interprétation, une redécouverte à chaque fois. Ben non. Il n'y a rien à comprendre. Kuku a tout jeté en l'air pour faire comme s'il était un génie, en attendant de voir comment cela allait retomber.
2) Les trucages sont extraordinaires. Ben non, ils sont merdiques, désolé. Je déteste cette tendance à s'extasier devant un bol en bois précolombien et à crier à l'artiste. Quand c'est pourri ou dépassé, il faut le dire.
3) C'est philosophique...Heu...Vous avez déjà lu un vrai ouvrage de philosophie ??

Tout le reste n'est qu'atermoiement de pseudos geek qui comptent le nombre de fois que le mot "homme" est prononcé dans le film et qui se pâment parce que ça constitue un nombre premier...

Portrait de Anonyme la serrure18.10.2013

Une modeste contribution, écrite il y a quelques années, autour des formes rondes dans 2001 l'Odyssée de l'espace et de du thème esthétique de la Vanité : http://lapremiereporte.canalblog.com/archives/2006/11/21/3234468.html

Portrait de Anonyme dolbout12.10.2013

Je suis un fan absolu de 2001.
En toute logique j'ai donc podcasté cette émission.
Cependant je n'ai pas eu le courage d'aller au delà de
quelques minutes d'écoute.
Ainsi que déclare l'intervenante en citant Kubrick
"2001 est une expérience non verbale".
Alors pourquoi s'acharner?
Tout a déjà été dit et écrit sur 2001.

Portrait de Anonyme Jean-David10.10.2013

Bonjour, visiblement personne n'a lu le livre de Arthur C Clarke 2001 l'odyssée de l'espace et je regrette qu'il n'ai pas été mentionné une seule fois dans l'émission.
Stanley Kubrick est resté fidèle au livre et en apporte juste sa représentation.
L’émission aurais été plus riche une fois débarrassé d'interprétations qui n'avais pas lieu d'être.

Quand j'avais vu le film en entier et cette fois sans m'endormir en chemin vers la lune, j'avais eu la réflexion qu'il était impossible de comprendre la trame originale en voyant seulement le film.
Je vous donne donc quelques éléments et je vous invite à lire les œuvres de Mr Clarke qui sont en général bonnes et basée sur des théories, parfois un peu fumeuses des employés de la NASA.

Au début l'homme est proche de son extinction et un monolithe arrive de l'espace et tombe avec un bruit métallique. Un de homme le touche et vois apparaître dans son esprit de forme géométrique.
Ce monolithe est envoyé pour introduire, ou accélérer la capacité de réflexion de l'homme et permettre son évolution.
Quand le deuxième monolithe est trouvé sur le lune il émet un signal vers Jupiter et l'homme suis ce signal et cour sans le savoir vers le créateur de son intelligence. Ce deuxième monolithe doit être découvert et par là, démontrer que l'homme est arrivé à un certain degré d'évolution et maintenant prêt à atteindre un nouveau stade.
Les extraterrestre qui envois ces monolithe sont des êtres dématérialisés, des esprits purs.
A la fin du film, Bowman est accueilli par ces extraterrestres qui le mette d'abord dans un environnement qui ressemble à une habitation puis est dématérialisé et accède à un nouveau stade de conscience. Kubrick à choisis la métaphore du fétus pour exprimer la position de Bowman qui est désormais comme un nouveau né dans son nouvel état de conscience et doit apprendre les nouveaux sens qu'il possède désormais. l'enfant des étoiles ... (ce que nous sommes déjà finalement).
Hal, l'ordinateur est exactement par rapport à l'homme, ce que l'homme est à ces extraterrestres, une intelligence artificielle crée. Ils ne sont pas dieux puisqu'il n'ont pas créé la matière dont son faite les hommes.

Les monolithe symbole du judaïsme de Kubrick.... Voila voilà voilà, Bien Bien Bien. Kubrick n'a pas créé le monolithe mais Clarke.

Allez, tiens je vais relire la série. 2001, 2010, 2061 et 3001.

Merci

Portrait de Anonyme Anonyme12.10.2013

Le livre de Clarke a été écrit APRES que le film de Kubrick soit sorti.
Clarke a collaboré au scénario.
Le film est inspiré d'une nouvelle de Clarke: La sentinelle.
Le film reste à l'interprétation du spectateur
C'est une "expérience non verbale"

Portrait de Anonyme J.Guibert10.10.2013

Bonjour à tous,

Pour aider au débat : comme nous parlons ici d’un film, un déroulement d’images, je suggère pour comprendre 2001 de se concentrer sur le dispositif filmique. La faiblesse de l’image est qu’elle ne peut articuler un discours à la fois complexe et précis ; sa puissance vient de ceci qu’elle fait d’abord ressentir, et ensuite qu’elle est justement polysémique. Elle engendre sensations, évocations et interprétations en circulations incessantes – jamais figées et toujours mouvantes. C’est une condensation, au sens freudien (voir les travaux de Didi-Huberman).

Il serait donc périlleux d’essayer de définir tel élément ou tel moment d’un film, et de l’appliquer en grille de lecture définitive à l’ensemble que constitue le film. Un élément (le monolithe par ex.) ne « symbolise » pas ceci OU cela (ce qui imposerait une vision figée et fermée sur elle-même), mais « permet de penser » ceci ET cela (offrant alors support à une réflexion en mouvement).
Naturellement cela ne signifie pas que l’on puisse dire tout et n’importe quoi : une théorie propose un système de relations cohérent (un champ spécifique), validé par l’analyse d’éléments présents dans l’œuvre. Ainsi les hypothèses de lectures coexistent (en parallèles ou en convergences), s’ajustent et s’ajoutent à l’œuvre en l’augmentant.

Pour exemples donc, un ouvrage : « 2001 L’odyssée de l’espace - Puissance de l’énigme » de Jean-Michel Bertrand (Edition L’Harmattan), ou encore ma modeste contribution par ce texte « Expérience cinéma » (qui élabore un axe d’interprétation de 2001) publié par Revue & corrigée (septembre 2012) et disponible ici :
http://revue-et-corrigee.net/?v=parutions&parution_num=93

Bien à vous

Portrait de luroluro luroluro10.10.2013

Réponse @ BERNARD PETIT Merci pour votre contribution très enrichissante qui repose sur un travail visiblement très approfondi nécessitant des années de recherche, d’analyse et de synthèse.
Toutefois autant j’applaudis à la Première parie de votre dernière phrase : « Au fond, ce que valorise "2001", c'est peut-être la dimension ondulatoire, rythmique et musicale de la matière et du cosmos, où l'histoire humaine est une aventure tragique (mais palpitante!...) », autant je reste perplexe sur sa chute « …et non l'effectuation mystique d'un programme divin ».
En fait c’est peut-être un doute sur l’intérêt que pourrait avoir une puissance transcendante (Dieu ?) envers un individu qui hante Kubrick.
De même que la mort d’un robot serait sans conséquence du fait qu’il pourrait être remplacé par un autre, la mort d’un animal ou d’un être humain serait un événement banal pour l’espèce.
Le « monolithe » serait donc indifférent à la disparition d’un individu tout en continuant à expérimenter l’intégration progressive de l’intelligence dans la matière à la manière d’un alchimiste dont la patience serait l’une des vertus fondamentales.
Ainsi la perpétuation de la violence et de la mort serait sans grande conséquence dans l’exécution d’un plan où la beauté (couleurs, musique, silence, immensité, harmonie des formes et des sons etc…) et l’amour seraient également omniprésents sous des formes et selon des rythmes et des cycles toujours changeants (danse de Shiva).
Cependant, là où je vous rejoins, c’est que « l’effectuation mystique du programme divin » n’a rien à voir avec celle que l’on imagine (d’où l’interdiction dans certaines religions de représenter Dieu et de prononcer son nom).
Kubrick insiste sur le fait que les hommes sont très limités et ne peuvent qu’entre-percevoir certains reflets d’une réalité infinie et changeante qui leur échappe dans sa quasi-totalité, même celle qui semble être le fruit de leur réflexion et de leur travail.
Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme jpM10.10.2013

Je trouve la lecture proposée par Carole Desbarats un peu trop «gentille ».

1 – Ce n’est pas seulement à propos de l’interdit de la représentation que Kubrick se sentirait juif. La question du nazisme ne cesse de hanter totalement l’Odyssée. « Du chasseur de l’âge des cavernes à Rudolf Hoess, commandant d’Auschwitz », pourrait être un sous-titre. Le plus beau signifie souvent, comme chez Freud, le plus hideux. Les valses viennoises cosmiques, interprétées sous la direction de Karajan – qui fut l’enfant chéri de Goebbles – renvoient par antiphrase à l’horreur des camps.

2 – HAL ne s’humanise pas seulement en manifestant de l’hésitation. Il devient « humain » en mentant et en exterminant les cosmonautes endormis.

3 – Le blanc ne signifie pas seulement l’univers technique. A travers cette question il signifie aussi, à mon avis, la domination blanche et ses cruels excès. Dans l’univers de 2001 les américains (blancs) et les soviétiques (blancs) sont les seuls à se partager le pouvoir. Cela renvoie aux indiens morts de Shining et au combat désespéré de la jeune vietnamienne de Full métal. Au reste, dans l’Odyssée, on entrevoit à un moment une personne de couleur et elle est dans un emploi subalterne.

4 – Les formes kubrickiennes sont ouvertes à l’interprétation. Le nom HAL renvoie à IBM.
H = I – 1.
A = B – 1
L = M - 1

Mais HAL peut tout aussi bien vouloir dire : Hitler Adolf Living. Or il s’avère qu’IBM a été impliquée, par des sociétés écrans, dans l’extermination perpétrée par les nazis en fournissant notamment des machines mécanographiques destinées à la « gestion » des camps. IBM a par ailleurs reconnu sa responsabilité et a versé des dédommagements symboliques.

5 – Le monolithe ne signifie pas seulement l’interdit de la représentation, (interdit que par ailleurs Kubrick subvertit en faisant de l’image une pensée et non un « eidolon », une idole).
Le monolithe c’est aussi la table de la loi. Mais une table vide où rien n’est écrit et surtout pas l’interdit du meurtre.
De même que Barry Lindon amorce sa chute après avoir refusé de tuer en duel son beau fils le peuple juif a subi la shoah alors qu’il a été élu pour porter la loi mosaïque (Tu ne tueras pas…).

6 – De manière extraordinaire Kubrick nous rappelle cette loi en nous faisant nous émouvoir de la mort pathétique de HAL. HAL s’est rendu coupable de mensonges et de meurtres. Mais son extermination cinématographique ne nous laisse pas indifférent. Beau manifeste contre la peine de mort !

Portrait de Anonyme Éric Symak10.10.2013

Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye : pourquoi agir de manière désintéressée peut-il nous faire chuter ? Réponse avec Paul Mathias, philosophe et adepte de Stanley Kubrick, pour qui la chute de Barry Lyndon est causée par son seul acte gratuit et juste.

Sans se risquer à définir ce qui est juste et bon, on peut observer qu'ici encore, comme dans les cas d'Hal et d'Alex, c'est, par delà bien et mal, la question du libre arbitre qui est posée : Lyndon choisit d'aller, à son détriment, contre le processus rigide régissant le duel en le subvertissant, tandis que Bullingdon suit le scénario prédéfini comme du papier à musique.

Portrait de Anonyme Alem10.10.2013

Je souhaite réagir à l'interprétation de Carole Desbarats concernant le monolithe noir. A son sens, il s'agirait bien de la représentation symbolique de Dieu et d'une évocation rare, sans doute unique, du rapport de Kubrick au sacré, à sa judaïté. J'ai trouvé cette remarque fort intéressante. Surtout, elle m'a fait me souvenir qu'au sein de la Kaâba, à la Mecque, est conservée la "Pierre Noire", soit un monolithe noir...

Portrait de Anonyme Anonyme13.10.2013

Si le monolithe est noir, c'est pour des raisons
liées aux techniques cinématographiques de l'époque.
Kubrick avait envisagé dans un premier temps de le rendre entièrement transparent, comme un immense cristal,et animé en son intérieur de
mouvements de couleurs translucides.
Seul problème,les technologies de l'époque ne permettaient pas
de tels effets.

Portrait de Anonyme Gilles. V.09.10.2013

Pour une fois que le doublage dépasse l'original, je voudrais rendre hommage à François Chaumette, la voix française de l'ordinateur. Cet acteur à la diction cristalline faisait les belles heures de France Culture quand Adèle Van Reeth n'était encore que poussière d'étoiles...

Portrait de Anonyme BéaM10.10.2013

Merci pour l'info Gilles V , c'est vrai que cette voix est magnifique.
Elle m'intriguait...

Portrait de Anonyme percehaie09.10.2013

Merci pour ces émissions, car Kubrick est à mes yeux l'un des, si ce n'est le cinéaste le plus surévalué... Savoir-faire indéniable mais propos confinant à la grande vacuité cosmique...
Après avoir vu ses films plusieurs fois, ces discussions m'encouragent à lui donner — si j'ose dire — encore une chance... nous verrons...

Portrait de Anonyme nico09.10.2013

Très belle émission, magnifiquement réalisée, et avec des nourritures (extra)terrestres intellectuelles et sonores qui honorent le format radio - et nos jolies petites oreilles. Merci infiniment !

Portrait de luroluro luroluro09.10.2013

Très belle émission. Merci à Carole Desbarats et Adèle pour ces moments d’une intense émotion.
J’ai vu ce film lors de sa sortie. J’étais jeune mais il m’avait marqué par sa dimension cosmique et poétique et le rapport futuriste possible entre l’homme et les robots.
Un petit résumé des [passages] que j’ai le plus apprécié et/ou que j’ai pu saisir lors de votre discussion entrecoupé de quelques « réflexions personnelles » :
[Ce film met en scène une lutte à mort entre la machine Dicovery et les hommes sensés piloter le vaisseau spatial.
Kubrick éprouve un grand « amour » pour les machines. Il utilise toujours les techniques les plus en pointe pour filmer les scènes les plus spectaculaires. Il a pensé que la machine pouvait devenir plus intelligente que l’homme.
C’est dans les années soixante que l’on se rend comte de ce que peut devenir l’intelligence artificielle.
En fait, Kubrick est très inquiet que l’homme ne se rende pas compte à quel point il est petit face à l’univers mais aussi face aux intelligences supérieures dont le sommet est symbolisé par le monolithe noir (Dieu ou instance supra naturelle qui oriente la destinée des êtres vivants et de l’homme…] « qui se donne à voir sous une forme géométrique apparemment banale et sans couleur (noir) et reste muet ».
[Il est impossible de ne pas faire allusion ici à cette Pensée de Pascal « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ».
Il faut souligner au passage la poésie de la machine et du robot dont la vue est toujours accompagnée d’une musique, tantôt très lente, tantôt très rapide ou d’un silence absolu.
Tout au long des 70 minutes du film le metteur en scène nous en met plein la vue et les oreilles, au point de provoquer une sidération du téléspectateur.
Le blanc est la couleur métonymique de la technique moderne]. « Elle fascine par contraste dans l’espace où tout est coloré ou très sombre ».
[Lorsque les hommes découvrent le monolithe noir, ils ne comprennent rien au sens de cet « objet » et leur conversation est dérisoire] « au regard de ce qui pourrait être pour certains le « Graal », pour d’autres l’arche d’alliance … »
L’un des moments cruciaux est sans doute celui où HAL refuse l’entrée dans le vaisseau à Dave du fait qu’il a perçu l’intention de Franck et de Dave de le débrancher en lisant leurs paroles sur leurs lèvres.
Autre moment fort : celui où HAL, peu avant de faire un rapport psychologique sur les spationautes hésite, ce qui est un comportement purement humain.
Ce degré de conscience du robot rend le moment où on le débranche tout à fait poignant. HALL exprime sa peur. Il chante pendant que son cerveau se vide.]
« Le spectateur éprouve alors une réelle compassion pour ce qui ne devrait être qu’une machine devenue inutilisable. Kubrick est peut-être effrayé par l’idée que l’Intelligence qui a créé les hommes pourrait être aussi insensible à leur devenir que le sont les hommes vis-à-vis des machines « intelligentes » qu’ils ont créées. ».
En ce moment je lis « Le cycle des robots 1 » d’Isaac Asimov (1950). L’on retrouve dans ce livre l’histoire d’un robot qui parvient à ressentir des émotions aussi puissantes que celle des hommes qui l’ont créé et qui est voué à une destruction contre laquelle il se révolte. Asimov est l’instigateur des fameuses et révolutionnaires trois Lois de la robotique, qui brisent le mythe du robot envahisseur ou aliéné pour en faire un être enclin au doute et à la contradiction].

EXTRAITS DE WIKIPEDIA EN RAPPORT ETROIT AVEC LES ELEMENTS DE LA DISCUSSION :
Stanley Kubrick a déclaré que pour la réalisation de ce film, il avait été influencé par le film de Pavel Klouchantsev, En route vers les étoiles sorti en 1958.
Également, ce film est supposé suivre, selon certaines interprétations, une constante mythologique comme celle des Argonautes. Joseph Campbell, dans son livre Les héros sont éternels, a analysé cette constante, courante en alchimie (départ du héros de sa contrée, combat contre le monstre mythologique, révélations initiatiques faites au héros, retour du héros dans sa contrée d'origine, le héros devient maître des deux mondes). Sous cet aspect, le film prend un relief inattendu.
Une des clés de ce film peut être trouvée dans l'œuvre de Robert Ardrey, African genesis. L'auteur arrive à cette conclusion : « L'être qui assure la liaison entre l'animal et l'homme, le maillon intermédiaire dans cette chaîne mystérieuse de l'évolution, est un tueur - l'être qui a dominé le monde animal, qui en est sorti définitivement, est celui qui a su apprendre à se servir d'une arme pour mieux tuer. » Stanley Kubrick a illustré cette théorie depuis la séquence L'aube de l'humanité jusqu'au meurtre perpétré par HAL 9000

Le nom de HAL 9000 correspond au décalage alphabétique des lettres d'« IBM », entreprise qui a participé à la réalisation du film ; Arthur C. Clarke eut beau démentir que cela soit volontaire, certains pensent toujours qu'il s'agit de l'origine du nom. La signification de l'acronyme HAL est Heuristically programmed ALgorithmic computer d'après le roman 2001 et Heuristic ALgorithmic computer dans la suite 2010. Dans la version française, l'ordinateur s'appelle Carl (acronyme de Cerveau analytique de recherche et de liaison).

Les proportions de l’objet ne sont évoquées que dans le roman par C. Clarke (à plusieurs reprises) : 1 × 4 × 9, c'est-à-dire les carrés des trois premiers entiers naturels non nuls. Ces chiffres magiques se révèlent soudainement être pour David Bowman, vers la fin de son épopée d’être humain, la clé du secret qui régit le comportement du monolithe et ce pourquoi il a été créé.

Comme Michel Chion le fait remarquer dans son livre, il existe un passage précis où le spectateur assiste au changement de comportement de HAL 9000 qui annonce sa future tentative de tuer les astronautes. Cette scène est celle où HAL questionne Bowman sur sa motivation et ses craintes concernant leur mission. Après quelques phrases échangées, Bowman demande à HAL si ces questions ont pour but de permettre à l'ordinateur de préparer un rapport psychologique. Après quelques instants, HAL le reconnaît et s'en excuse. C'est à partir de ce moment que les deux astronautes vont commencer à se méfier d’HAL et que celui-ci va chercher à les éliminer. Il s'est produit dans cette scène un véritable changement dans l'attitude de la machine. Le spectateur peut ressentir cette rupture dans les longues secondes où HAL a hésité avant de donner sa réponse. Une sorte de malaise s'installe dans l'esprit du spectateur car ce temps d'attente n'est pas normal étant donné qu'une machine ne peut pas hésiter mais seulement calculer ou répondre rationnellement. Il s'est donc produit une véritable rupture sous les yeux du spectateur et cela s'est fait par un silence.

http://fr.wikipedia.org/wiki/2001,_l%27odyss%C3%A9e_de_l%27espace
Bien à vous, L.R.

Portrait de Anonyme Anonyme13.10.2013

Clarke évoque clairement dans son roman la raison
qui pousse HAL à agir de la sorte.
Ses programmeurs ont introduit dans ses lignes de commandes la nécessité
de mentir au reste de l'équipage quant au but réel de l'expédition.
Il s'agit en quelque sorte d'un péché originel.On dirait maintenant
un bug.Cette machine qui se perçoit comme infaillible est donc
condamnée à agir de la manière dont elle agit compte tenu des circonstances auxquelles elle est confrontée.

Portrait de Anonyme Juan09.10.2013

Bonjour tout le monde et merci à France culture pour ses émissions.
Je dois admettre d'abord n'être pas un grand admirateur de Kubrick, mais l'odyssée représente un tel appel à l'interprétation que je m'y risque. Généralement, de ce que j'ai lu, c'est la transcendance, avec le monolithe comme symbole qui est mise en avant. D'autant que l'espace est omniprésent dans son infinité. Pour ma part, j'aime à penser que l'ouverture et fermeture du film sur Zarathoustra donnent un point d'appui intéressant à une réflexion interprétative inverse.
Quelques éléments épars de réflexion :
La pensée nietzschéenne de l'éternel retour est omniprésente : le monolithe, les vaisseaux qui tournent sur eux-mêmes, la musique, la curiosité et recherche de sens de l'humain, la pulsion qui revient même dans la machine (HAL).
Ce qui assourdit avec ce monolithe, ce qu'il semble appeler à cris ondulatoires, et que l'homme n'entend plus à mesure de son évolution, est le néant de sens, le fait même qu'il n'a rien à dire, rien à montrer. "Dieu est mort" disait l'un des Karamazov, repris par Zarathoustra. Le monolithe pourrait ainsi symboliser très "bêtement" le rien venant de l'infini. Ce rien qui appelle du sens. Celui de la terre, de l'animal, de l'instinct, du mal ou alors de la transcendance dont la quête est infinie et mène les astronautes à la mort ou la folie. Il n'y a rien au-delà de la terre et de notre subjectivité. Est-ce le message de fin avec le "surhomme" qui fait retour dans son oeuf ?

Portrait de Anonyme Bernard Petit09.10.2013

Bonjour
Bravo pour cette bonne série d'émissions sur l'un des grands cinéastes-penseurs de notre temps.
Juste un mot sur deux points d'interprétation difficiles de ce film, sur lequel je travaille pour une thèse de doctorat: le monolithe et le langage.

1) le monolithe peut donner un sens mystico-théologique à l'histoire humaine: puissance supérieure,obscurité, silence et négation de l'image, caractères qui peuvent effectivement évoquer un dieu biblique. Mais on peut se demander si Kubrick ne joue pas de cette ambiguité pour parodier justement la téléologie biblique dans une histoire à caractère épico-tragique la notion d’odyssée est grecque et non biblique. D'abord parce que l'image du monolithe est secondaire dans cette histoire: pierre tombale parfaitement lisse et neutre, sa fonction n'est pas visuelle, puisque sa découverte n'apporte rien aux hommes, ni verbale: il n' y a rien à déchiffrer sur sa surface, qui aurait pu être un tableau riche en inscriptions archéologiques ou un écran de projection pour des images (mais c'est un écran noir, antithèse de l'écran de cinéma).Non, ce que produit le monolithe, ce sont des ondes électromagnétiques et parfois sonores qui défient l'espace-temps: c'est un être vibratoire et temporel,donc rythmique,qui inspire l'intelligence humaine aussi bien dans la technique et le langage, mais aussi la musique et la danse: a)le sommet de la technologie est un ordinateur qui parle HAL, et pas seulement de façon programmée, puisqu'il va apprendre à mentir, à éprouver des sentiments et à chanter avant de mourir dans la scène de déconnexion de Bowman; b)la fameuse et magnifique ellipse visuelle du fémur lancé par le primate puis transformé en vaisseau spécial nous montre à la fois la naissance de la technique( arme/moyen d'exploration), de la musique (qui remplace le cri animal) et de la danse (celle des vaisseaux dans l'espace ou des voyageurs en apesanteur dans les vaisseaux).
2) en ce sens,la méfiance de Kubrick envers le langage, auquel il préférerait l'image et les sons du cinéma, risque d'être surestimée par l'interprétation: ce sont certains usages du langage qu'il "critique", pas le langage en totalité. On ne peut pas dire qu'il lui préfère le silence, car les silences du film ne sont jamais complets: la nature bruisse, les primates crient, le monolithe vibrent , parfois jusqu'à une intensité insupportable (dans la carrière sur la Lune)et les machines dansent (les vaisseaux, le stylo...) ou font de la musique (les cliquetis des claviers ou la comptine funèbre de HAL...). Au fond , ce que valorise "2001", c'est peut-être la dimension ondulatoire, rythmique et musicale de la matière et du cosmos, où l'histoire humaine est une aventure tragique (mais palpitante!)et non l'effectuation mystique d'un programme divin...

Portrait de Anonyme T GODEFROY09.10.2013

...Et suite à mon précédent commentaire : Sur 2001 toujours , parler du Monolithe sans citer la dernière phrase de Bauman qui le survole dans sa capsule : "Mon Dieu ! C'est plein d'étoiles..."
Et votre Kubrickologue et vous avez raté ça...Hé ben...

Portrait de Anonyme Olrik10.10.2013

La phrase n'est pas dans 2001 mais au début de sa (très mauvaise) suite, 2010. Remarquez vous ne vous êtes pas trompé de beaucoup, il fallait juste décaler le 1 vers la gauche.
Par ailleurs c'est Arthur C. Clarke, et non pas "Clarck". Et "Shining" s'écrit avec un seul -n. Bon, il y a aussi "Bauman", mais on va pas chipoter non plus. Il n'est pas dans mon habitude de jouer les maîtres Capello mais face à une assurance si pleine d'elle-même face "aux anneries pseudo-intello à deux balles des critiques de cinéma", difficile de résister.

Portrait de Anonyme Sinister09.10.2013

"Mon Dieu ! C'est plein d'étoiles..."

Désolé mais cette phrase ne fait pas partie du film, ni du document donné pour script du film sur http://www.palantir.net/2001/script.html entre autres, ni de la nouvelle de Clarke "The Sentinel" qui est considérée comme ayant été à la base de l'inspiration de 2001, mais seulement du livre 2001 qui impose plusieurs interprétations que Kubrick laissait ouvertes.

Portrait de Anonyme Bernard Petit09.10.2013

Et cette scène voudrait dire quoi, selon vous?...

Portrait de Anonyme T GODEFROY09.10.2013

Tapez ici vos commentaires
Bonjour ! Sur Kubrick ,parler du Steadycam (Shinning) comme d'une caméra sur coussin d'air était assez savoureux mais révélateur de l'ignorance crasse des critiques de cinéma à propos des dispositifs techniques élémentaires d'un tournage. Passons.
Mais faire une heure d'émission sur 2001 sans prononcer le nom d'Arthur Clarck est un exploit. La ou cela m'agace c'est quand votre "Kubricologue" se lance sur son couplet sur le Monolithe révélateur de la judaïté de Kubrick...Kubrick était un géant et comme Clarck je ne pense pas me tromper en disant qu'il était bien loin des stupidités et superstitions religieuses. Ce qui peut contrarier dans une émission philo.Ce qui n'exclut pas la spiritualité. Encore une fois ce n'est pas pour rien que Kubrick a adapter Clarck. Lisez ou relisez...Mais évitez les anneries pseudo intello à deux balles de ces critiques de cinoche.
Dernier point : Pourquoi ne pas affronter Eyes wide shut ? Peur de parler d'un film difficile, très contemporain et surtout d'où les élites ne sortent pas indemnes?
Encore un réflexe inconscient de bon chien de garde ? Jamais beaucoup d'audace dans votre émission. Raphaël , sort de ce studio !!!
Cordialement quand même.TG

Portrait de Anonyme percehaie09.10.2013

Tout comme vous, l'antinomie « juif laïque » m'a fait bondir...
Merci en tout cas pour ces émissions, car Kubrick est à mes yeux l'un des, si ce n'est le cinéaste le plus surévalué... Savoir-faire indéniable mais propos confinant à la grande vacuité cosmique...
Après avoir vu ses films plusieurs fois, ces discussions m'encouragent à lui donner — si j'ose dire — encore une chance... nous verrons...

Portrait de Fab Black Fab Black09.10.2013

Encore une belle émission. En complément, je ne peux que vous conseiller le magnifique site Kubrick2001 qui propose une analyse très convaincante du film.
Pouvons-nous espérer une semaine lynchienne dans le futur.
Mille mercis à Adèle et son équipe d'avoir repris le flambeau de ces Chemins toujours érudits et passionnants.

Portrait de Fab Black Fab Black09.10.2013

Quel ton péremptoire! Vous n'êtes pas habité par le doute...
Hélas, vous n'avez apparemment rien compris à ce qui est expliqué sur le site Kubrick2001, trop entêté à entendre ce que vous avez envie d'entendre et à faire des digressions ex cathedra.
Je ne sais de quel chapeau vous sortez le divin (d'un christianisme refoulé ?),ou pourquoi vous reprochez au site de donner une leçon, mais le donneur de leçon c'est vous :))
J'invite les auditeurs à se faire une idée par eux-même et a ne pas obéir à votre fatwa. D'ailleurs vous vous contredisez vous-même en citant le sens "mystico-théologique" du monotithe et en raillant la soi-disant "interprétation moralisatrice et christianisante new age du monolithe" lol.
Les grands films de Kubrick sont des films ouverts à l'interprétation et nécessitent un travail d'investigation du spectateur,et peut-être, un peu de modestie.

Portrait de Anonyme Bernard Petit09.10.2013

Non, Fab Black, la lecture de film faite par la vidéo "Kubrick2001", qui usurpe un peu le nom du cinéaste, n'est pas du tout convaincante à la réflexion: aucune explication argumentée, mais seulement une paraphrase d'animation assez puérile du film techniquement réussie, ok), avec une interprétation moralisatrice et christianisante "new age" du monolithe : d'où sort l'extra terrestre du début? d'ou sort la leçon de morale finale? d'où sort "l'enfant pur esprit" ici devenu une sorte de petit Jésus sauveur potentiel de l'humanité enfin corrigée de ses "vilains péchés de jeunesse"?...on ne sait pas, mais surement pas du film de Kubrick...une référence qu'on peut éviter, donc si l'on veut vraiment comprendre "2001: A Space Odyssey" ...

Portrait de marianne marianne09.10.2013

Bonjour et merci pour votre message. En ce qui concerne David Lynch, nous lui avons déjà consacré une semaine (du 8 au 11 octobre 2012). Vous pouvez la réécouter à l'adresse suivante:
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaiss...

Bien cordialement

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu09.10.2013

J’aimerais revenir sur le Décalogue ( Exode, XX, 4; répété dans Deutéronome, V, 8 ) où Dieu dit: « Tu ne feras point d’image taillée, de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux ». Or, quelques pages plus loin ( Exode, XXV, 18-20 ) il y a une description très détaillée des deux chérubins d’or avec des ailes de dix mètres, gardiens entre lesquels Dieu aura sa demeure, dans le Temple de Salomon. On voit que le problème de l’image est complexe dans le texte biblique lui-même.
En ce qui concerne la violence qui est « misologue » selon Jean Paulhan, on retrouve cette même affirmation chez Georges Bataille que j’ai traitée sur mon Philo-blog: « La violence est muette tandis que le langage raisonne, silence de la démesure. G. Bataille » le 03/10/2013, et « Voluptueuse frénésie, réduire ce qui ne va pas admettre la souveraineté de nos passions. Paulhan » le 07/10/2013.
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme Éric Guéguen09.10.2013

Merci pour cette semaine kubrickienne.
Dommage, cependant, que Docteur Folamour, injustement méconnu en France, soit une fois de plus passé à la trappe.

Portrait de Anonyme chauvet09.10.2013

Merci Adèle pour la qualité de cette émission,bien plus qu'une simple écoute,ce fut une réelle expérience initiatique,l'impression de lever le voile pour une conversion du regard et une nouvelle connaissance.
encore merci .
Mr Chauvet

Portrait de Anonyme Pierre-Emmanuel Herbain09.10.2013

Je réagis en direct à votre passionnante émission sur l'un de mes films préférés : le nom de l'ordinateur HAL correspond dans la version originale à certaines lettres de Heuristically programmed ALgorithmic Computer, et le nom de CARL dans la version française signifie Cerveau Analytique de Recherche et de Liaison.

Portrait de Anonyme Am Barrier-Pasquero09.10.2013

pouvez vous analyser le nom du héros, en faire un commentaire
MANN en allemand c'est Homme et BAU Construire ( construire sa maison)
est ce insignifiant???

Portrait de Anonyme Sinister09.10.2013

Désolé je ne suis pas germaniste, mais pour moi David Bowman c'était avant tout l'archer, en référence à Ulysse dans l'Odyssée d'Homère, à qui HAL conseille de se "détendre", et va, sans émotion, se débarrasser de ce prétendant à la conscience.

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