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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 13-14

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 10h50

Ecoutez l'émission 49 minutes

Philosopher avec Stanley Kubrick (4/4) : Barry Lyndon 16

10.10.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

 

Kubrick, suite et fin. Aujourd’hui,  Michel Ciment vient nous livrer sa lecture de Barry Lyndon, le roman picaresque de William Thackeray dont Stanley Kubrick a tiré un chef d’œuvre, et qui, plus encore que ses autres films, met en scène le tragique d’une existence humaine déchirée entre raison et passion.

 

Michel Ciment © Radio France/ Hélène Combis-Schlumberger

 

Références musicales:

- The Christians, Words Haendel, Sarabande duel   (BOF Barry Lyndon)  

- Haendel, Sarabande main title  (BOF Barry Lyndon)

- Antonio Vivaldi, Cello concerto in e-minor   (BOF Barry Lyndon) -

- Something A La Mode, Schubert à la mode

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Deux minutes papillon" par Géraldine Mosna-Savoye:  faut-il regarder Eyes Wide Shut ? 

Réponse avec Paul Mathias, philosophe et adepte de Stanley Kubrick, pour qui le dernier film du cinéaste est bien le pire. 

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Invité(s) :
Michel Ciment, ecrivain, universitaire, critique de cinéma, journaliste et producteur de radio

Thème(s) : Idées| Philosophie| Stanley Kubrick

16 commentaires

Portrait de Anonyme A.K.11.10.2013

"Comment un des peuples les plus civilisés, qui lisait Goethe et Thomas Mann, a-t-il pu sombrer dans la barbarie nazie ?"
Incompréhensible, n'est-ce pas ?
Autre phénomène historique paranormal : comment un autre peuple ultra-civilisé, le peuple français de 2013, dont chaque membre lit quotidiennemment Proust et Montaigne, peut-il avoir voté à 53% pour un démagogue nommé Sarkozy, puis croire accéder à une autre politique en élisant un François Hollande et se tourner désormais de plus en plus massivement vers les idées aussi simplistes qu'obscènes du Front National ?
C'est dingue aussi, ça, non ? Des mecs qui ont tous lu Proust et Montaigne, moi ça me dépasse, j'ai du mal à comprendre, c'est comme tous ces lecteurs de Thomas Mann qui du jour au lendemain sont devenus nazis.
A force de tout mélanger, volontairement ou non, on en arrive à dire que les idéaux des Lumières ont conduit aux chambres à gaz, puisqu'il s'agissait d'un génocide organisé de façon RATIONNELLE. "Rationnelle", donc lié à la Raison, donc aux Lumières, ça c'est puissamment pensé ... Que les Lumières se fondent aussi notamment sur l'idée de tolérance importe visiblement peu. Ce genre de confusions grotesques est pain béni pour certains "intellectuels" anti-Lumières.

Portrait de Anonyme paul kefir10.10.2013

J'adore le chant lyrique et les chnsons branchouilles me plaisent au plus haut point! Elles sont piquantes, touchantes, étonnanantes, et font partie de ma culture, quoique philosophe de formation.

Portrait de Anonyme Georges10.10.2013

Les trois dernières émissions confirment ce que j'osais suggérer lundi.
Lorsque vous réduisez la littérature ou le cinéma à un simple support et prétexte à "philosopher", je ne saurais dire si la philosophie en sort grandie mais ce n'est malheureusement pas le cas du cinéma ou de la littérature.
En revanche, lorsque des spécialistes du cinéma viennent parler de Kubrick, c'est passionnant et cela donne trois belles émissions.

PS : Je suis heureux de constater au passage que je ne suis pas le seul à déplorer la diffusion de chansons branchouilles.
Philippe Petit, jadis aux commandes des NCC du vendredi, s'en dispensait et il ne m'a jamais paru que cela rendait ses émissions plus ennuyeuses, loin de là.

Portrait de Anonyme Blaise10.10.2013

Sur votre PS, je ne peux qu'être dakodak (kubrick style) et ça donne tout son sens aux récentes exégèses de P. Manent dans une émission consacrée à A. Bloom autour de la musique populaire. Cette approche platonicienne avait d'ailleurs souligné l'agacement d'Adèle, dont on ne peut que souligner par ailleurs la qualité du travail.

Portrait de FramboiseDK FramboiseDK10.10.2013

Merci pour votre émission en général...Pour le thème Stanley Kubrick - l'un des très grands [LE plus grand étant Kurosawa... pour moi!]... et pour le bouquet final de ce jour avec Michel Ciment... Bonheur total d'entendre Ciment (dont je suis une fidèle, le samedi ET dans POSITIF!)...Très intéressée par la notion de "mélancolie" traversant l'oeuvre de S.K...J'avais oublié "Barthes" en Thackeray..Cela m'amuse moi qui relis actuellement, en les dégustant, ses "Fragments d'un discours amoureux.."
Encore merci, Adèle... !

Portrait de Anonyme Teissier10.10.2013

J'ai souvent remarqué votre tendance à interrompre tout et n'importe quoi par des chansons de qualité assez diverse (on va essayer d'être gentil) — comme si toute parenthèse dans le cours "normal" de l'émission devait impérativement s'achever de cette façon, sans doute conformément la règle légèrement dictatoriale de la "légèreté de ton" —, ce qui le plus souvent ne réussit qu'à réduire en miettes la belle ambiance créée par l'extrait ou la lecture précédente... Mais il me semble que le pompon a été atteint ce matin, avec l'interruption brutale du Largo du RV40 de Vivaldi – pourtant muni du double atout d'être magnifique et de faire partie de la B.O. du film – par un "Words" des Christians n'ayant aucune de ces deux qualités.

Ignoreriez-vous que parmi vos auditeurs fidèles (et malgré tout globalement heureux), il en existe dont l'ouïe n'est pas encore totalement atrophiée ? Peut-être pourriez-vous vous soucier un peu plus de cette espèce menacée : ce n'est pas parce que la chanson grignote peu à peu tout ce qui reste de silence (et de musique d'ailleurs), et que le traitement réservé à la musique classique est de plus en plus humiliant y compris sur cette chaîne, que vous devez faire vous aussi n'importe quoi...

Bien à vous

Portrait de Anonyme Alain Muller10.10.2013

VICTIME, EXIL, BOUC EMISSAIRE ! On a là tous les ingrédients des films de Stanley Kubrick. Parce qu'il est juif.(ça a été dit! je n'invente rien!). Parce qu’il est juif!? Peut-être… En tous les cas, parce que c’est lui !, Parce que c’est Stanley Kubrick ! Parce qu’il faut, pour CREER, des RESSORTS créateurs, une TENSION CREATRICE ! Et VICTIME, EXIL, BOUC EMISSAIRE, ce sont de très bons RESSORTS créateurs ! Pour tirer les ficelles du THEÂTRE de DIEU ! (Il faut s’en prendre à Dieu, si on est VICTIME, pas aux hommes !, bandes de fous qui vous entretuez pour des broutilles, des statues creuses et des lopins de terre qui n’en valent pas la peine !). Il y a de quoi être PESSIMISTE et MELANCOLIQUE avec une bande de fous comme vous qui vous lais-sez mener par le bout du nez de vos religions et ne réfléchissez pas plus loin que le bout de votre nez! Demandez-vous plutôt s’il suffit de DESIGNER le MAL pour le CONJURER et pour éviter la "CATASTROPHE", s’il suffit sans cesse de parler de la « CATASTROPHE » qui a EU lieu pour réussir à EMPÊCHER la « CATASTROPHE » qui AURA lieu ! Bref, il faut savoir si votre THERAPIE CI-NEMATOGRAPHIQUE est productive ou CONTRE-PRODUCTIVE ! Pour ma part, j’opte-rais plutôt pour la dernière possibilité, et, donc, malgré votre battage mé-diatique, je ne vais pas voir vos films ! (cela dit je les ai presque tous vus et je ne les ai pas trop aimés, sauf "Barry Lindon", à cause de la beau-té des IMAGES et la beauté de la MUSIQUE !...) ...
La fameuse référence au "MALAISE dans la CIVILISATION" ! : la CIVILISATION n’est qu’une CROUTE qu’il suffirait de gratter un peu pour que réapparaisse, sous la croute hypocrite, la BARBARIE,barbarie qui n'avait pas disparu, mais n’était que refoulée, névrotiquement refoulée, donc : "Malaise NEVROTIQUE dans la CIVILISATION qui a REFOULé (névrotiquement) sa BARBARIE"!Et puis on rapproche FREUD de… ROUSSEAU (alors que ça n’a rien à voir !) pour mieux ex-clure ce dernier et en faire sa « BÊTE NOIRE » ! Or, peut-on comprendre quoi que ce soit au XVIIIe siècle FRANÇAIS (celui de Diderot !) sans se référer à Rousseau, BÊTE NOIRE des « Lumières » du XVIIIe siècle et précisément pour cela intéressant ! Ce qu’il faut penser, c’est pas Diderot OU BIEN Rousseau, mais Diderot ET Rousseau ! Ce qu’il faut essayer de comprendre, c’est pour-quoi ces DEUX grands AMIS sont devenus DEUX grands ENNEMIS ! Ce n’est pas le schéma simpliste RAISON contre PASSION, mais le schéma plus complexe et sub-til : RAISON-EMOTION contre EMOTION-RAISON ! Car Diderot aussi, comme Rous-seau, est un homme EMOTIF et SENSIBLE !...
Stanley Kubrick, en tant que JUIF, ne peut pas comprendre cela ! Il a une conception MANICHEENE du BIEN et du MAL, car la théologie JUIVE a pour but et fonction d’AIGUISER les CONTRADICTIONS et d'ergotter et de discutailler avec Dieu pour TEMPORISER et TIRER en LONGUEUR le point oscillant de DIEU !, au lieu de se tenir en SON MILIEU et JOUIR avec lui ! « Voyez-vous cet ŒUF!? Qu’est-ce qu’un ŒUF ? Un point qui OSCILLE et qui S’ETIRE en LONGUEUR » ! Il faut « ELARGIR DIEU », nous dit Diderot, et non pas le RETRECIR et l’enfer-mer dans nos pauvres étiquettes et catégories théologiques ! C’est ça la RAI-SON des « Lumières » !:pleine d’EMOTIVITE !, pleine de SENSIBILITE ! (Qu’est-ce que cet ŒUF ? Une matière initialement insensible qui devient graduelle-ment, et de plus en plus, SENSIBLE ! Mais la pierre, déjà, SENT ! TOUT est donc MATIERE SENSIBLE ! : sensibilité PASSIVE et sensibilité ACTIVE !, mais SENSIBILITE quand-même !)...
Pourquoi Rousseau en est venu à mettre son GRAIN de SEL dans les ROUAGES de la MACHINE de Diderot, - ce matérialiste athée qui fut en même temps, et con-tradictoirement, vitaliste et déiste !? -, jusqu’à réussir à la GRIPPER !?
La RAISON des « Lumières » a ses émotions que la raison cartésienne ne con-naît pas! Elle n’a pas du tout étouffé la PASSION et les SENTIMENTS ! Mais c’est vous qui avez étouffé la PASSION ROUSSEAUISTE, parce que c’est votre VICTIME (- vitime sacrificielle! -) et votre BOUC EMISSAIRE idéal ! (c’est pas moi qui le dit, c’est lui !)! Votre INJUSTE JUSTICE a victimisé une JUS-TE INNOCENCE ! Vous avez MALTRAITE et MAL INTERPRETE celui qui savait BIEN INTERPRETER les SIGNES avec justesse et JUSTICE ! Par votre PERSECUTION vous l’avez RENDU "MALADE" ! Il a dû, pour se sauver, se réfugier dans un… DELIRE de PERSECUTION !... dont, rétrospectivement, vous l’ACCUSEZ et interprétez PATHOLOGIQUEMENT de ce qui, en vérité, n’est que le REFLET en MIROIR de vo-tre propre PATHOLOGIE… dont Rousseau vous ACCUSE ! C’est pourquoi, paradoxa-lement et sado-masochistement, il s’est à la fois AUTO-ACCUSE et DISCULPE pour que vous preniez mieux CONSCIENCE de votre propre CULPABILITE !...

Vous avez cité « L’invention de la LIBERTE » de Jean Starobinski.
Il se fait que ces derniers jours, - je ne l’ai pas fait exprès ! -, je me suis plongé dans la lecture de « Jean-Jacques Rousseau. La TRANSPARENCE et l’OBSTACLE » de Jean Starobinski ! Et, comme Vous pouvez le constater, j’en ai été tout EBLOUI ! C’est encore tout frais dans ma tête! C’est pourquoi je vous le donne à l’état brut ! (donc forcément avec maladresse et sous des traits grossiers et véhéments !). Mais l’occasion était trop belle ! Je ne pouvais pas, dans ma profonde solitude, ne pas la saisir !...
Merci pour la belle occasion que Vous m’avez donnée de parler de Rousseau ! Car il n’est pas, - le temps d’une lecture passionnante! -, devenu, comme chez Stanley Kubrick, ma « BÊTE NOIRE », mais mon… « AGNEAU MYSTIQUE » !...

« Nous l’avions noté en commentant la REFORME PERSONNELLE de Jean-Jacques, le repli vers la vie intérieure est lié à l’ACCUSATION d’une société INJUS-TE : cela est vrai jusque dans les derniers écrits de Rousseau, où l’image du MAL SOCIAL prend une forme de plus en plus MYTHIQUE et DELIRANTE… ». (Jean Starobinski, "Jean-Jacques Rousseau. La Transparence et l'Obstacle", p. 314).
Cela dit, une fois que l’homme a mangé de l’ARBRE de la CONNAISSANCE, il faut qu’il AILLE de l’AVANT et ne REGARDE plus en ARRIERE vers le passé ! (A condition, toutefois, de tendre vers… l’ARBRE de la VIE !, ce qui est une... AUTRE HISTOIRE !...). C’est pourquoi Hegel reproche à Rousseau sa « BELLE ÂME » ! Mais ce CŒUR TRANSPARENT fut-il vraiment une « belle âme », comme le prétend Hegel, obnubilé qu'il était par son propre point de vue !? Pas sûr ! En tous les cas, selon Jean Starobinski (- encore lui ! -), le reproche de Hegel est injuste, car Rousseau fut précisément ACTIF dans l’Histoire par son… INACTIVITE (apparente) même ! Car se plaindre, la PLAINTE, c’est aussi de l’ ACTION !, une action qui AGIT en RENONCANT au POUVOIR ! (avis à nos politiciens politicards !) La BELLE ÂME n’est pas forcément INACTIVE, mais peut être « ACTIVE » à SA FACON ! :
« … On ne peut rien séparer ; Rousseau est une « BELLE ÂME » qui se perd dans sa propre TRANSPARENCE, mais dont la PLAINTE et le chant deviennent une ACTION dans le monde ; et le POUVOIR [s.a.] de cette action n’est jamais si grand que dans les pages où Rousseau semble RENONCER à tout POUVOIR [s. p. m.]...". (Jean Starobinski, "Jean-Jacques Rousseau. La Transparence et l'Ob-stacle », p. 314).
Rousseau n’est pas une VICTIME de l’Histoire CONSENTANTE, mais AGISSANTE!, agissante, non pas par l’IMPUISSANCE de son action, mais par la PUISSANCE de son REGARD ! :
« … Se rendre INVISIBLE, c’est ne plus être (pour un moment) une TRANSPAREN-CE CERNEE, mais devenir un REGARD qui ne connaît pas d’INTERDIT ; c’est vrai-ment « DEVENIR un ŒIL VIVANT » … ». (id., p. 302).
Le REFUS d’AGIR de Rousseau est donc volontaire et conscient!, conscient de l’IMPUISSANCE de l’ACTION politique et de la PUISSANCE de la PLAINTE et du chant! En cela, ROUSSEAU est plus proche de HÖLDERLIN (qui le comprenait mieux que Hegel ! et qui lui a écrit un hymne « Rousseau » pour rendre hom-mage à son « esprit audacieux »!) :
« Pour avoir, face à la PERSECUTION, REFUSé d’AGIR, peut-être [Rousseau] a-t-il mystérieusement reçu le DON d’AGIR au centuple. Pour Hegel, la « BELLE ÂME » s’épuise en elle-même, « comme une vapeur sans forme qui se dissout dans l’air ». Mais Hölderlin, lui, compare Rousseau à l’AIGLE qui vole à la recontre de l’ORAGE. Et l’image la plus juste ici, est sans doute la LOURDE NUEE de l’ORAGE, la REVOLUTION, et les « DIEUX qui VIENNENT » :
« Et il prend son vol, l’esprit audacieux, comme les aigles
A la rencontre des ORAGES, prophétisant
Ces DIEUX qui VIENNENT ».
(Hölderlin, « Rousseau », strophe finale, « Sämtliche Werke » (Stuttgart, Kohlhammer, 1953), t. II, 13 ; cité par Jean Starobinski, op. cit., Chap. X, 1. La transparence du cristal, p. 314-315).

Nous attendons avec impatience que les « DIEUX » REVIENNENT !...

Portrait de Anonyme Alain Muller10.10.2013

"Barry Lindon", n'est-ce pas l'histoire d'un IRLANDAIS qui va être persécuté par les ANGLAIS, donc une histoire de "LUTTE des CLASSES"!?...

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.10.10.2013

"Barry Lyndon" est (selon moi) l'un des plus beaux films... D'ailleurs, je l’emmènerais volontiers sur une île déserte avec toute la filmographie de Visconti, ainsi que l’œuvre de Proust, et la pensée de Nietzsche.
Jeanne R.

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.10.10.2013

Merci pour vos belles et variées émissions !

Portrait de Anonyme Patrice Tardieu10.10.2013

Je trouve intéressante cette idée de l’invité du « dérapage » de l’histoire qui commence au dix-huitième siècle avec l’éveil des sentiments et se termine dans la terreur avec Robespierre, comme le film Barry Lyndon qui commence par cette scène charmante du ruban ( qui me fait penser aux Confessions de Rousseau ) et se termine dans un « Œdipe » familial où le beau-fils hait et blesse son beau-père. Les lendemains qui chantent sont un mensonge diffusé par le film Spartacus auquel Kubrick avait participé et dont il avait dénoncé la propagande. Il y a un grain de sable qui fait tout déraper et conduit à « l’ Œdipe historique ».
Patrice Tardieu

Portrait de Anonyme Schneider10.10.2013

Bonne idée que celle de terminer cette série (passionnante) par une critique "négative"du dernier film de Kubrick. Elle a pour le moins le mérite d'ouvrir le débat mais elle nous frustre de ne pouvoir écouter les spécialistes entendus cette semaine à ce sujet! Nous sommes surement beaucoup à avoir été déçu et décontenancé par Eyes Wide Shut au moment de sa sortie et donc lors de sa première vision. Pour ma part, j'apprécie néanmoins de plus en plus ce film (je l'ai revu pour la troisième fois la semaine dernière) qui me semble être d'une intelligence visionnaire -sur l'amour, l'image et le pouvoir par exemple - aussi puissante que les autres. L'absence de sensualité et l'aspect kitsch des décors et des personnages nous gêne ô combien. Au profit d'une réflexion possible de notre part que nous offre ce génie du cinéma juste avant de disparaitre... Salut l'artiste !

Portrait de Anonyme Baptiste10.10.2013

Bonjour, comment puis-je retrouver la référence de la reprise électro du trio de Schubert que vous avez passé enfin d'émission? Merci pour ce génial cycle sur Kubrick! :)

Portrait de marianne marianne10.10.2013

Bonjour,

Voici les références de la musique qui a retenu votre attention:
- Schubert à la mode du groupe Something A La Mode.
En vous remerciant de l'intérêt que vous portez à notre émission,
cordialement

Portrait de éric@fcul éric@fcul10.10.2013

Merci pour cette émission et plus largement pour cette semaine consacrée à S Kubrick !

Portrait de luroluro luroluro10.10.2013

Une contribution visant à faciliter la connaissance et l’appréciation (subjective) de l’œuvre avant d’écouter l’émission en podcast.
RESUME :
Servi par le jeu de Ryan O'Neal, dans le rôle-titre, et celui de Marisa Berenson, dans le rôle de lady Lyndon, servi également par une photographie admirable et la musique de Haendel, de Schubert et de Bach, le film de Stanley Kubrick, Barry Lyndon (1975), obtint un succès mérité. Si le metteur en scène a suivi la lettre du récit, il en a néanmoins gommé partiellement le ton satirique pour lui conférer la dimension d'une fable tragique sur l'ambition. Les Mémoires de Barry Lyndon furent publiés en 1844 sous forme de feuilleton dans le Fraser's Magazine, ce qui rendait nécessaire une construction linéaire, une intrigue riche en rebondissements et un style alerte afin d'attacher le lecteur. L'incroyable ascension sociale et la chute d'un aventurier irlandais au XVIIIe siècle.
http://www.devoir-de-philosophie.com/dissertation-william-makepeace-thac...
CRITIQUE :
Si 2001 avait le mérite de donner à la Science-Fiction cinématographique les lettres de noblesse métaphysique qu'elle méritait depuis au moins Metropolis, Barry Lyndon reste d'après moi le chef-d'œuvre de Stanley Kubrick. C'est son film le plus touchant, le plus parfait, le plus riche et surtout le plus humain. Humain, oui, dans la caractérisation de ses personnages, humain dans sa photographie en lumière naturelle, humain dans son récit d'apprentissage digne des plus grandes œuvres littéraires (on flirte parfois avec Stendhal). A l'époque de la sortie du film, tout le monde s'y est trompé, et beaucoup s'y trompe encore. On a qualifié Barry Lyndon d'œuvre cynique alors qu'elle est profondément humaniste et surtout on s'est focalisé sur des détails aussi triviaux (tout en étant essentiels) que la performance du Di Caprio de l'époque, Ryan O'Neal, ou l'utilisation de la pellicule extra-sensible de la NASA pour les scènes éclairées à la bougie.
Barry Lyndon impressionne, car c'est peut-être le film qui se rapproche le plus de cette fameuse synthèse rêvée entre toutes les formes d'art (ou du moins le plus grand nombre d'entre elles). Il y a le cinéma, le mouvement, magnifiquement rendu dans quelques scènes de violence ou de déplacement dans l'espace (avec des travellings arrières, certes). Il y a la peinture, chaque plan étant conçu comme une œuvre picturale d'une grande sophistication. On peut évoquer l'emploi du zoom arrière, justifié ainsi par Kubrick : quand on découvre une peinture on s'attache d'abord à un détail avant d'en découvrir l'ensemble et de saisir le sens de l'image. On peut parler aussi de l'abandon du Cinémascope, qui donne aux plans de Barry Lyndon une douceur, une proximité, une humanité troublantes. Il y a le théâtre, dans le jeu parfois caricatural des acteurs, en état de grâce dans leur grande majorité. Et bien sûr il y a la musique, magnifique musique, sublime musique, peut-être encore plus finement utilisée ici que dans 2001 ou dans Orange Mécanique. La très mythique scène de séduction de Lady Lyndon par Redmond Barry (citée en référence par Scorsese à tout bout de champ) est tout simplement, je le clame haut et fort, ce que Kubrick a tourné de plus parfait, de plus beau et de plus bouleversant. Et c'est aussi son utilisation la plus splendide de la musique, grand merci à Schubert et à son piano trio.
Si on ajoute à tout cela un sens du rythme à la fois ample mais jamais ennuyeux, une construction dramatique qui évite tout pathos (grâce à la voix off qui anticipe les grands retournements narratifs, supprimant ainsi les vilains "suspens" larmoyants) tout en préservant l'émotion, la richesse du personnage de Redmond Barry et un épilogue qui est aussi ce que Kubrick nous a offert de plus fort et de plus marquant (plus encore que le fœtus de 2001, l'apocalypse de Docteur Folamour ou la photographie terrifiante de Shining). Beau à crever sur place, Barry Lyndon n'est pas seulement mon Kubrick favori (sans doute à égalité avec 2001), je pense qu'il peut prétendre à la position de meilleur film en costumes (un genre en soi) de l'histoire du cinéma. Justement parce que, comme toujours avec Kubrick, il explose les limites de son genre, tout en le magnifiant à chaque instant. Impossible depuis de mettre en scène un film en costumes sans avoir Barry Lyndon en référence.
A aucun instant dans Barry Lyndon la maîtrise kubrickienne ne vient noyer la puissance dramatique de son histoire, au contraire. Chaque son, chaque geste, chaque positionnement dans le cadre, chaque mouvement d'appareil, chaque longueur ou chaque ellipse, possède une résonance qui ne doit rien au hasard. Ces trois heures pourraient être étouffantes, elles interrogent au contraire les sens et l'esprit, elles éclairent et tourmentent avant, au final, de nous apaiser après une telle succession de duels et de rebondissements, de souffrances et de voyages (géographiques ou spirituels). Les scènes de bataille révèlent l'absurdité de la guerre avec encore plus de force que tout Full Metal Jacket et les scènes en haute société en disent plus long que tout Eyes Wide Shut. On pourrait aussi dire, que le point de vue sur la famille évoquée dans Barry Lyndon est aussi puissant que celui de Shining. La critique bouda l'oeuvre, le public passa logiquement à côté et on remercia Kubrick d'avoir mis en scène l'un des plus grands films de tous les temps en le snobant comme toujours à la cérémonie des Oscars, où le film reçut des récompenses techniques dont l'évidence pouvait difficilement être niée. Comme s'il n'était pas évident que Barry Lyndon était au moins le meilleur film de l'année 1975 et que Kubrick était toujours le plus talentueux metteur en scène de son temps.
Certains ont eu du mal à cerner la psychologie de Redmond Barry. Souvent émouvant, parfois cruel, opportuniste et violent, Redmond Barry n'est pas un "héros" hollywoodien. C'est au contraire une figure humaine (décidément), avec toutes ses contradictions. Barry a ses grandeurs et ses faiblesses, ses ambitions et ses passions. Barry Lyndon n'est pas un film cynique, bien au contraire, c'est un film gorgé de la complexité humaine, des ses imperfections et de ses instants héroïques. Ainsi Kubrick pourra enchaîner des scènes d'adultères froides et des scènes déchirantes de rapports père/fils. Et cette émotion jamais gratuite, jamais mielleuse, en est d'autant plus foudroyante.
Comme avec 2001, Kubrick a dompté la technique la plus sophistiquée pour la mettre au service de son histoire, des ses idées, de ses caractères. Et il y réussit encore mieux que dans l'Odyssée de l'Espace. Car dans Barry Lyndon, si l'on reste subjugué d'un bout à l'autre par l'incroyable perfection esthétique, il ne faut pas plus de dix minutes pour s'immerger totalement dans les enjeux de cette biographie qui ne se veut pas exemplaire.
Souvent oublié dans la filmographie de Stanley Kubrick au profit d'œuvres plus polémiques (Orange Mécanique, Eyes Wide Shut, Les Sentiers de la Gloire, Dr. Folamour, Lolita...) ou plus directement percutantes (2001, Shining, Full Metal Jacket...), Barry Lyndon est le grand film de sagesse de son auteur. C'est dans cette œuvre qu'il va le plus loin dans sa vision du monde, de la vie, de la famille, de la société. Et aux allégories de 2001, répond ici une richesse encore plus grande et peut-être pas moins métaphysique, quand un plan digne d'un tableau de maître se transforme en concept philosophique. C'est pour ces raisons et bien d'autres, que je n'ai ni le temps ni le courage d'évoquer pour l'instant, que Barry Lyndon est devenu peu à peu l'égal de 2001 dans mon idéal de 7e art et avec les années qui passent il finit par être le film de Kubrick le plus cher à mon cœur. Et peut-être est-ce le plus beau film du monde, mais là je m'emporte... http://www.ed-wood.net/barry_lyndon.htm
AUTRE LIEN : : http://www.indelibleinc.com/kubrick
Bien à vous, L.R.

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