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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Philosopher avec Wagner (3/4) : La critique d’Adorno 9

10.04.2013 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Gaël Gillon

Lectures : Georges Claisse

 

Richard Wagner 

Theodor W. Adorno 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suite de notre semaine Wagnérienne, après Wagner et les philosophes, lundi, l’aventure Bayreuth, hier mardi, et avant l’esthétique musicale et son influence sur la création contemporaine, demain, c’est aujourd’hui le philosophe Marc Jimenez qui vient nous présenter la lecture que Theodor Adorno fait du travail de Wagner,  lecture serrée, attentive, et pourtant  résolument critique.

 

Marc Jimenez MC © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Références musicales:

- Prélude des Maîtres Chanteurs de Nuremberg

- Ouverture de Tannhäuser

- Siegfried, Acte I

- L'or du Rhin, Leitmotiv des forges du Nibelung

- La Walkyrie, la chevauchée

 

Lecture:

- Theodor W. Adorno, Essai sur Wagner (Gallimard)

 

Extrait:

- Django de Quentin Tarantino

- Ludwig ou le crépuscule des dieux de Luchino Visconti (1972)

 

 

Invité(s) :
Marc Jimenez

Thème(s) : Idées| Philosophie| Theodor W. Adorno

9 commentaires

Portrait de Anonyme Puck10.04.2013

@luroluro,
oui il me semble qu'il faut garder à l'esprit les réalités du monde.
faire une étude musicologie de Wagner équivaut à peu près à faire une étude grammaticale de mein Kampf....
bien à vous.

Portrait de Anonyme Alain M. 10.04.2013

Adorno a aussi écrit un livre sur la musique de BEETHOVEN! (« Beethoven. The Philosophy of Music », Chapter Two : MUSIC and CONCEPT). Dans son livre, Adorno cherche à montrer qu’il y a une analogie étroite entre le MOUVEMENT de la musique de Beethoven et le MOUVEMENT DIALECTIQUE de Hegel (comme l'a aussi bien montré Alain Patrick Olivier dans son livre passionnant sur « Hegel et la musique » (Champion, 2003)) ! Adorno s’attarde surtout sur ce point... (voir op. cit., pp. 21 et 24). Or, Wagner avoue lui-même que ce qui lui a véritablement inspiré l’idée d’un DRAME MUSICAL, c'est la MUSIQUE "AB-SOLUE" de Beethoven (comme « RYTHME dans l’ESPRIT »!). Beethoven lui aurait suggéré cette IDEE, paradoxalement, par le fait même que lui, Beethoven, au-rait échoué à la REALISER dans sa musique, même s’il y tendait ! Comme le rêve ROMANTIQUE de l'ART est de réconcilier l'IDEAL et le REEL (comme l'a bien montré Schelling dans sa "PHILOSOPHIE de l'ART" et ses autres ouvrages esthétiques!), n'est-ce pas dans la MUSIQUE de Beethoven qu'il faut aller chercher la véritable inspiration de la MUSIQUE de Wagner!?...

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)10.04.2013

Aujourd’hui les NCC nous ont invités à l’écoute d’une belle conversation sur Adorno et sa perception de Wagner. En voici quelques fragments que j’ai souhaité retenir ainsi que quelques impressions personnelles.

La démarche d’Adorno à propos de Wagner peut sembler purement dialectique. Il semble insister trop sur les aspects négatifs. Pourtant il lui rend aussi des hommages dans son ouvrage. Notamment il le distingue favorablement d’autres compositeurs pourtant reconnus.

La musique de Wagner provoque l’arrêt du temps ou l’écoulement d’un temps qui coule vers un ailleurs. Wagner pouvait il composer le Ring en moins de 15 h ? Certainement non.
Cette musique a quelque chose qui fascine et qui tient de l’ensorcellement, de l’étourdissement provoqué par des répétitions mélodiques « à l’infini ».
Cette histoire sans fin rappelle l’art de a fugue de Bach sur un registre bien sûr totalement différent.
Les opéras de Wagner tournent à la marchandise car ils sont à l’orée du capitalisme.

Adorno dénonce la fantasmagorie qui fait naître l’illusion de l’éternité. La musique de Wagner éternise l’instant noyé dans un romantisme qui disparaît peu à peu au profit d’une société capitaliste à laquelle Wagner n’adhère pas et résiste. Il sent qu’il est à la charnière d’une évolution musicale. Sa musique tonale est tendue à l’extrême car elle parvient à l’épuisement des possibilités d’un univers musical. Wagner ne libère pas les dissonances il reste dans le registre de la tonalité, même s’il la tend à l’extrême. Il ne bascule pas dans la modernité d’une musique dysharmonique

Wagner utilise des moyens techniques pour parvenir à séduire mais à certains moments il doute que les conditions de réalisation de l’art total qu’il préconise puissent être réunies.

Enfin, Adorno trouve une explication psychanalytique : l’on trouve chez Wagner le « Plaisir de la catastrophe grandiose, de l’esthétique apocalyptique ».
Il y aurait donc chez ce grand musicien une esthétique de la mort par la création d’un univers d'espace et de temps, dans l'indéterminé ou dans l'imaginaire de l'ailleurs que certains appellent à mon sens improprement l’« au-delà ».
En effet cet ailleurs n’est peut-être rien d’autre que ce qu’il y a de plus intérieur et de plus profond en nous, qui nous ravit et nous effraie tour à tour.
La création artistique pourrait n’être rien d’autre que cette exploration qui nécessite la suspension, voire l’inversion (comme chez Proust) du temps linéaire qui n’est qu’un phénomène superficiel d’une conscience endormie.

P.S. : Réponse à Puck

C’est un fait, mais Wagner n’est pas responsable de la confiscation de son œuvre par le nazisme, de même que Nietzsche n’est pas responsable de l’interprétation fallacieuse du « Surhomme » par ce même mouvement inqualifiable.

Bien à vous, L. R.

Portrait de Anonyme ROR10.04.2013

A l'attention de Adèle Van Reeth

Bonjour,après avoir écouté votre émission de ce jour,j'ai fait quelques recherches sur internet à propos des dires d'Adorno. Je vous donne ci-après le lien de ce très intéressant article. Il est en anglais mais je pense que cette langue ne vous est pas in connue si je juge par votre excellente prononciation de cette langue, qui diffère agréablement de celles de la majorité des chroniqueurs, journalistes et autres "animateurs" soit à la radio soit à la télévision.
Sincèrement,
Ruth

thinkclassical.blogspot.com/.../adorno-and-wagner

Portrait de Anonyme Alain M. 10.04.2013

La théorie de la MUSIQUE de Wagner est nettement fondée sur le mouvement dialectique hégélien : THESE, ANTITHESE, SYNTHESE ! Or, la "Dialectique NE-GATIVE" d’Adorno cherche précisément à NEUTRALISER la SYNTHESE hégélienne!
La BÊTE noire des intellectuels de l’Ecole de Francfort, ce fut la SYNTHESE hégélienne ! A celle-ci, ils ont opposé la NEGATIVITE SINGULIERE ou la néga-tivité comme résultat d’un PROCESSUS de SINGULARISATION ! (à la manière, mu-tatis mutandis, de Franz Rosenzweig). Ils refusent donc la DIALECTIQUE TOTA-LISANTE non totalitaire de la musique de Wagner !...

Portrait de Anonyme Alain M. 10.04.2013

Dans la théorie de la MUSIQUE de Wagner il y a à la fois des éléments CHRE-TIENS, PAÏENS et PROMETHEENS ! Donc la musique de Wagner : une musique « DIABOLIQUE » apocalyptique ou une musique « HUMANO-DIVINE » utopique !?...

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.10.04.2013

Il est à savoir que l’antisémitisme à l'époque de Wagner n'était pas du tout le même que celui qui suivit - des années après - l'arrivée des nazis au pouvoir ; qui plus est, ce compositeur génial avait autour de lui bon nombre d'amis juifs. Pour en finir tout à fait, rappelons qu'Hitler n'était pas encore né quand Richard Wagner mourut... à Venise, en 1833.
Jeanne R.

Portrait de Anonyme Puck09.04.2013

quel dommage de ne pas pouvoir écouter cette émission en direct.
je l'écouterai en différé.

je ne sais pas si votre invité en parlera mais il me semble que le nazisme s'est construit sur 4 piliers : un pilier politique incarné par Hitler, un pilier juridique avec Schmitt, un pilier métaphysique avec Heidegger et un pilier esthétique avec Wagner.

Portrait de Anonyme Lafcadio11.04.2013

Franchement, vous pensez que les nazis se référaient quotidiennement à Heidegger? La plupart ne savaient même pas qu'il existait. C'est lui qui tout gonflé de son importance (qui est réelle, qui est immense) a voulu se faire le philosophe officiel du régime, mais complètement en vain, et on peut faire grâce à la pensée de Heidegger la critique de l'homme Heidegger. Je vous recommande beaucoup L'ombre de cette pensée, le livre du regretté Dominique Janicaud qu est un chef d'oeuvre sur cette question.

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